Élections régionales de 2021 en Occitanie

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Élections régionales de 2021 en Occitanie
158 sièges du conseil régional
et
Type d’élection Élections régionales
Carole DELGA SECACESS.jpg Carole Delga – PS
Sièges sortants 72
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Jean-Paul Garraud – LDP
Sièges sortants 36
Christophe-Rivenq.jpg Christophe Rivenq – LR
Sièges sortants 24
Antoine Maurice - 2012-12-16.jpg Antoine Maurice – EÉLV
Sièges sortants 14
Myriam Martin et Manuel Bompard.jpg Myriam Martin et Manuel Bompard – LFI
Sièges sortants 5
Françoise Dumas AN 16806.jpg Françoise Dumas et Jean-René Cazeneuve – LREM
Sièges sortants 2
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Marie-Dominique Bagur – DLF
Sièges sortants 1
Président du conseil régional
Sortant
Carole Delga
PS

Initialement prévues en mars 2021, les élections régionales de 2021 d'Occitanie de se dérouler les 13 et afin de renouveler les membres du conseil régional de la région française d'Occitanie. Cette élection permettra de constituer la seconde mandature du conseil régional depuis la fusion des régions de 2015 ayant donné naissance à l'Occitanie administrative.

Contexte[modifier | modifier le code]

Précédente mandature[modifier | modifier le code]

À la suite des Élections régionales de 2015, la socialiste Carole Delga est élue Présidente du conseil régional d'Occitanie, suite à sa victoire au second tour avec 44,81% des voix, devant le candidat du Front national, l'actuel maire de Perpignan Louis Aliot qui lui avait obtenu 33,87% des voix et enfin le candidat d'union de la droite et du centre Dominique Reynié, ce dernier ayant obtenu 21,32% des suffrages. La participation s'était alors élevée à 52,24% au premier tour et de 62,02% au second.

La victoire de Carole Delga ne fut rendue possible que par une union des listes de gauches. En effet si au premier tour, elle amenait dans sa liste les socialistes, les radicaux de gauche, le MRC et Génération Écologie, elle fusionna au second tour avec la liste Europe Écologie Les Verts de Gérard Onesta, lui-même en alliance avec le Front de gauche, le Partit occitan et Esquerra Republicana de Catalunya. De même, la candidature divers gauche de Philippe Saurel, maire de Montpellier d'alors n'ayant pu se maintenir au second tour entraîna un rapport de voix sur cette dernière.

Les six ans de cette première mandature ont dévoilé une opposition marquée entre les deux principaux groupes, à savoir celui de la majorité et celui du Rassemblement national. En effet plusieurs passes d'armes en séance au conseil régional furent repris par la presse nationale[1].

Condamnation de Carole Delga pour discrimination[modifier | modifier le code]

Carole Delga qui était visée par une citation directe du maire RN de Beaucaire, Julien Sanchez pour « discrimination fondée sur des opinions politiques » et « entrave à l'exercice d'une activité économique », a été condamnée le par la Cour d'appel de Nîmes à 1 000 euros d'amende, 5 000 euros de dommages et intérêts à verser à la commune au titre du préjudice moral, et 2 000 euros au titre du remboursement des frais de justice[2]. En effet, l'élu gardais reproche à la présidente de la région Occitanie de ne pas avoir signé le contrat de ville validé par les élus gardois et de ne pas avoir choisi Beaucaire pour accueillir le futur lycée général construit par la région dans le Gard.

De son côté Carole Delga a réagi via un communiqué réaffirmant ses positions "le choix d'implantation d'un lycée, qui concerne chaque région de ce pays, ne peut se faire sous injonction de la justice ou de caprice politique, mais bien à partir d'éléments réalistes, dûment visés par l'Éducation nationale, notamment sur des études de croissance démographique. Dans le Gard, le besoin clairement identifié était ainsi à l'Ouest de Nîmes, les lycéens de Beaucaire bénéficiant déjà de deux lycées à moins de 15 minutes et qui ne sont pas saturés"[3].

En , la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la présidente de la région Occitanie, confirmant ainsi la condamnation et les peines prononcées en appel le . Dénonçant une décision "politique", Delga annonce qu'elle saisira la Cour européenne des droits de l'homme en conséquence[4],[5].

Conseil régional sortant[modifier | modifier le code]

Président du Conseil régional
Carole Delga (PS)
Parti Sigle Élus Groupe
Majorité (87 sièges)
Parti socialiste PS 50 Socialiste républicain et citoyen
Gauche républicaine et socialiste GRS 1
Europe Écologie Les Verts EÉLV 11 Nouveau monde
Parti communiste français PCF 6
Divers gauche DVG 2
Parti occitan POC 1
Parti radical de gauche PRG 15 Radicaux
Les Radicaux de gauche LRDG 1
Opposition d'extrême-droite (39 sièges)
Rassemblement national RN 36 Rassemblement national
Debout la France DLF 1 Non-inscrits
Dissidence française DF 1
Divers extrême-droite EXD 1
Opposition de droite (26 sièges)
Les Républicains LR 16 Union des élus de la droite et du centre
Union des démocrates et indépendants UDI 4
Divers droite DVD 4
Mouvement démocrate MoDem 1
La République en marche LREM 1
Minorité (6 sièges)
La France insoumise LFI 3 Non-inscrits
Parti communiste français PCF 1
Nouvelle gauche écosocialiste NGS 1
Divers gauche DVG 1
Partis au conseil régional d'Occitanie.png

Modalités du scrutin[modifier | modifier le code]

Système électoral[modifier | modifier le code]

L’hôtel de région à Montpellier.

Le Conseil régional d'Occitanie est doté de 158 sièges pourvus pour six ans selon un système mixte à finalité majoritaire. Il est fait recours au scrutin proportionnel plurinominal mais celui ci est combiné à une prime majoritaire de 25 % des sièges attribuée à la liste arrivée en tête, si besoin en deux tours de scrutin. Les électeurs votent pour une liste fermée de candidats, sans panachage ni vote préférentiel. Les listes doivent respecter la parité en comportant alternativement un candidat homme et une candidate femme[6].

Au premier tour, la liste ayant obtenue la majorité absolue des suffrages exprimés remporte la prime majoritaire, et les sièges restants sont répartis à la proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant franchies le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés, y compris la liste arrivée en tête[6].

Si aucune liste n'a recueillie la majorité absolue, un second tour est organisé entre toutes les listes ayant obtenues au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour. Les listes ayant obtenus au moins 5 % peuvent néanmoins fusionner avec les listes pouvant se maintenir. La répartition des sièges se fait selon les mêmes règles qu'au premier tour, la seule différence étant que la prime majoritaire est attribuée à la liste arrivée en tête qu'elle ait obtenue ou non la majorité absolue[6].

Une fois les nombres de sièges attribués à chaque liste au niveau régional, ceux-ci sont répartis entre les sections départementales, au prorata des voix obtenues par la liste dans chaque département.

Date de l'élection[modifier | modifier le code]

Les élections régionales de 2020 en Occitanie, tout comme celles des autres régions françaises furent initialement programmés en , soit 6 ans après celles de 2015. Néanmoins en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, le gouvernement a confié à Jean-Louis Debré la mission de mener des consultations et de faire des propositions quant à un éventuel report des élections territoriales[7].

Liste des candidats[modifier | modifier le code]

Têtes de liste départementales au premier tour[modifier | modifier le code]

Listes Ariège Aude Aveyron Gard Gers Haute-Garonne Hautes-Pyrénées Hérault Lot Lozère Pyrénées-Orientales Tarn Tarn-et-Garonne
Fédération populaire en Occitanie Myriam Martin
(LFI-E!)
Guilhem Serieys
(LFI)
Manuel Bompard
(LFI)
Muriel Ressiguier
(LFI-E!)
L'Occitanie en commun Kamel Chibli
(PS)
Damien Alary
(PS)
Jean-Louis Guilhaumon
(PS)
Carole Delga
(PS)
Jean-Louis Cazaubon
(DVG)
Vincent Labarthe
(PS)
Aurélie Maillols
(PS)
Agnès Langevine
(DVG)
Dominique Salomon
(PRG)
L'Occitanie naturellement Kathy Wersinger
(EÉLV)
Justine Torrecilla[8]
(EÉLV)
Aurélie Genolher
(EÉLV)
Fatma Adda
(EÉLV)
Antoine Maurice
(EÉLV)
Romain Pagnoux[9]
(EÉLV)
Christian Dupraz
(EÉLV)
Guillaume Cros[10]
(EÉLV)
Majorité présidentielle Françoise Dumas[11]
(LREM-TdP)
Jean-René Cazeneuve[11]
(LREM)
Vincent Terrail-Novès
(LREM)
Julien Miro[12]
(Agir)
Union de la droite et du centre Michel Py
(LR)
Arnaud Viala
(LR)
Christophe Rivenq[13]
(LR)
Gérard Dubrac
(LR)
Sacha Briand
(LR)
Gérard Trémège
(LR)
Aurélien Pradié
(LR)
Bernard Carayon
(LR)
Thierry Deville
(LR)
Liste Debout la France Marie-Dominique Bagur
(DLF)
Liste Rassemblement national Bernard Gondran
(RN)
Christophe Barthès
(RN)
Bruno Leleu
(RN)
Julien Sanchez
(RN)
Jean-Luc Yelma
(RN)
Jean-Paul Garraud
(LDP)
Olivier Monteil
(RN)
France Jamet
(RN)
Thierry Viallon
(RN)

Campagne[modifier | modifier le code]

Parti socialiste[modifier | modifier le code]

En est créée la plateforme L'Occitanie en commun, présentée comme une initiative de la présidente Carole Delga pour rassembler « au-delà des parties, l'ensemble des énergies positives »[14]. Le nom de la liste rappelle celui utilisé par la gauche catalane de Catalogne en commun ou la liste Paris en commun d'Anne Hidalgo aux élections municipales de 2020 à Paris. Le 29 spetembre 2020, Carole Delga annonce officiellement sa candidature[10]. En janvier 2021, Place publique s'allie à la liste PS[15].

Les partisans de la Présidente sortante axent leur communication notamment sur leur bilan. En effet dans le texte de présentation de la plateforme, Carole Delga rappelle les principales mesures votées depuis son arrivée à la tête de la région : la région la moins chère de France pour les lycéens et les apprentis, le soutien aux petites entreprises multiplié par deux, le développement des transports publics, la hausse du budget de la culture et des aides aux agriculteurs ainsi que l'accélération de la transition écologique et énergétique[14].

Les Républicains[modifier | modifier le code]

Les députés LR Aurélien Pradié et Arnaud Viala sont respectivement pressentis pour devenir tête de liste[16],[17]. Christophe Rivenq, premier adjoint au maire d'Alès et président de Alès Agglomération se dit uniquement prêt à être chef de file pour le département du Gard[13]. Le 17 février, il est annoncé que Christophe Rivenq sera le candidat tête de liste pour la région[18].

Europe Écologie Les Verts[modifier | modifier le code]

Tout juste désigné candidat pour le parti Europe Écologie Les Verts, le candidat malheureux aux élections municipales de 2020 à Toulouse Antoine Maurice lance sa campagne pour les élections régionales dès le à l'L'Isle-Jourdain dans le Gers, ville d'où le toulousain est originaire. Ses premiers éléments de langage tendent à faire campagne sur la complémentarité ville/campagne[19]. En décembre 2020, le parti Génération.s s'ajoute à Génération Écologie, Cap 21, l'Alliance Écologiste Indépendante et le Parti animaliste dans la liste EELV[20],[10].

La République en marche[modifier | modifier le code]

En févier 2020, le maire de la ville de Balma et conseiller régional Vincent Terrail-Novès déclare "réfléchir sérieusement" quant à conduire la liste LREM pour les élections régionales occitanes après avoir été pressenti pendant plusieurs mois pour la candidature[21]. Le 8 février 2021, il est annoncé que la liste sera menée par le duo Françoise Dumas-Jean-René Cazeneuve[11].

La France Insoumise[modifier | modifier le code]

Suite à l'échec d'une alliance avec Europe Écologie Les Verts dès le premier tour, La France insoumise investit en décembre 2020 le député européen Manuel Bompard et Myriam Martin, conseillère régionale et porte-parole du parti Ensemble ! en tant que binôme de tête de liste pour les élections régionales[22].

Rassemblement National[modifier | modifier le code]

Alors que le maire de Beaucaire et porte-parole du Rassemblement National Julien Sanchez est pressenti comme future tête de liste pour les élections régionales, le député européen Jean-Paul Garraud serait aussi un candidat probable[23],[24]. Ce dernier est investi le 23 février[25].

Sondages[modifier | modifier le code]

Premier tour[modifier | modifier le code]

Institut Date Échantillon LO LFI EÉLV PS-PCF-PRG LREM LR DLF DVD LDP-RN Autre
Bompard Maurice Cros Delga Terrail-Novès Denormandie Viala Pradié Bagur Ménard Garraud Sanchez
Ifop (pour Sud Radio) au 905 - 8 10 25 12 11 3 14 16 1
Ifop (pour La Tribune et Europe 1) 1 001 1 9 12 22 11 14 4 25 2
1 9 30 (Delga) 13 14 4 26 3
1,5 9,5 12 23 19 (Viala) 5 26 4

En gras, les listes pouvant se qualifier pour le second tour

Second tour[modifier | modifier le code]

Institut Date Échantillon PS-PCF-PRG LR LDP-RN
Delga Viala Pradié Sanchez
Ifop (pour La Tribune et Europe 1) 1 001 41 27 32
43 (avec EÉLV) 24 (avec LREM) 33

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des élections régionales de 2021 en Occitanie
Tête
de liste
Liste Premier tour Second tour Sièges +/-
Voix % Voix %
Carole Delga PS-PRG-PCF-PP
Jean-Paul Garraud LDP-RN
Christophe Rivenq LR-UDI
Antoine Maurice EÉLV-G.s-GE-PA-POC
Myriam Martin & Manuel Bompard LFI-PG-E!
Françoise Dumas & Jean-René Cazeneuve LREM-MoDem-TDP-Agir
Marie-Dominique Bagur DLF
Votes valides
Votes blancs
Votes nuls
Total 100 100 158 Steady.svg
Abstentions
Inscrits / Participation

Conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « VIDEO. La présidente PS d'Occitanie arrache le micro d'un élu FN », sur Franceinfo, (consulté le 24 octobre 2020)
  2. « Carole Delga condamnée définitivement pour « discrimination » envers le maire RN de Beaucaire », sur Les Echos, (consulté le 24 octobre 2020)
  3. « Beaucaire : Carole Delga condamnée pour discrimination envers le maire RN », sur France 3 Occitanie (consulté le 24 octobre 2020)
  4. « Beaucaire : la justice condamne définitivement pour discrimination Carole Delga qui dénonce une "décision politique" », sur France 3 Occitanie (consulté le 24 octobre 2020)
  5. « La Cour de cassation confirme la condamnation de Carole Delga envers la mairie de Beaucaire », sur Gazette live (consulté le 24 octobre 2020)
  6. a b et c « Le mode de scrutin pour les élections régionales », sur www.vie-publique.fr (consulté le 16 octobre 2020).
  7. « Début des consultations pour un report des élections régionales et départementales de mars 2021 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 octobre 2020)
  8. « Aude : lancement de campagne "les pieds dans l'eau" pour les candidats Verts aux régionales », sur lindependant.fr (consulté le 24 février 2020)
  9. « Hautes-Pyrénées : Élections Régionales : Romain Pagnoux sera tête de liste », sur lepetitjournal.net (consulté le 10 février 2020)
  10. a b et c « Candidats pour les régionales en Occitanie : Carole Delga, Antoine Maurice en attendant les autres », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne, consulté le 9 février 2020)
  11. a b et c KIsabelle Fieck, « Régionales : En marche boucle la désignation de ses chefs de file, sans grande illusion », sur Les Echos,
  12. « Julien Miro, chef de file en Occitanie du mouvement Agir : "On ne va pas aux élections pour la figuration" », sur midilibre.fr (consulté le 18 février 2021)
  13. a et b « Occitanie : l'élu LR Alésien Christophe Rivenq se dit "sollicité" pour les Régionales », sur midilibre.fr (consulté le 9 février 2020)
  14. a et b « Régionales 2021 en Occitanie : Place Publique rallie la liste de Carole Delga », sur ladepeche.fr (consulté le 24 octobre 2020)
  15. « À un an des élections régionales, Carole Delga lance «l'Occitanie en commun» » (consulté le 24 octobre 2020)
  16. « Élections régionales en Occitanie : qui pour battre Carole Delga ? », sur francebleu.fr (consulté le 9 février 2020)
  17. « Le député Les Républicains du Lot Aurélien Pradié tâcle Carole Delga sur sa gestion de la crise sanitaire », sur francebleu.fr (consulté le 9 février 2020)
  18. « ÉDITORIAL Régionales 2021 : quand l'élève Rivenq dépasse le maître Roustan », sur Objectif Gard, (consulté le 17 février 2021)
  19. « L'Isle-Jourdain. Antoine Maurice lance sa campagne dans le Gers », sur ladepeche.fr (consulté le 24 octobre 2020)
  20. « Régionales Occitanie : Génération.s choisit Antoine Maurice », sur lejournaltoulousain.fr (consulté le 9 février 2020)
  21. « Élections régionales en Occitanie : 2 têtes de listes pour La France insoumise », sur lindependant.fr (consulté le 9 février 2021)
  22. « La campagne de Carole Delga est "déplacée" estime Vincent Terrail-Novès, probable candidat aux régionales », sur francebleu.fr (consulté le 9 février 2021)
  23. « Régionales en Occitanie : vers un duel entre Carole Delga et le RN en 2021 », sur francebleu.fr (consulté le 9 février 2021)
  24. « Jean-Paul Garraud préféré à Julien Sanchez comme tête de liste du RN en Occitanie ? », sur objectifgard.com (consulté le 9 février 2021)
  25. Le Point magazine, « Régionales: le RN investit l'ancien LR Jean-Paul Garraud en Occitanie », sur Le Point, (consulté le 23 février 2021)