Élections à l'Assemblée de Madrid de 2015

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Élection régionale de 2015 en Communauté de Madrid
129 sièges de l'Assemblée
(Majorité absolue : 65 sièges)
le
Type d’élection  Élection parlementaire
Électorat et résultats
Inscrits  4 880 495
Votants 3 205 931
  
65,69 % Red Arrow Down.svg 0,3 %
Votes valables 3 139 858
Votes nuls 31 217
Votes blancs 34 856
Cristina Cifuentes 2015i (cropped).jpg
PPM – Cristina Cifuentes
Voix 1 050 256 Red Arrow Down.svg 32,2 %
  
33,45 %
Sièges obtenus 48 Red Arrow Down.svg 24
Ángel Gabilondo 2012b (cropped).jpg
PSM-PSOE – Ángel Gabilondo
Voix 807 385 Green Arrow Up.svg 2,7 %
  
25,71 %
Sièges obtenus 37 Green Arrow Up.svg 1
José Manuel López Rodrigo 2015 by Leyre Pérez González (cropped).jpg
Podemos – José Manuel López
Voix 591 697
  
18,84 %
Sièges obtenus 27 Green Arrow Up.svg 27
Ignacio Aguado 2015 (cropped).jpg
C's – Ignacio Aguado
Voix 385 836 Green Arrow Up.svg 7 808,1 %
  
12,29 %
Sièges obtenus 17 Green Arrow Up.svg 17
Président
Sortant
Élu

L’élection régionale de 2015 en Communauté de Madrid (en espagnol : Elecciones a la Asamblea de Madrid de 2015) s'est tenue le dimanche , afin d'élire les cent-vingt-neuf députés de la dixième législature de l'Assemblée de Madrid.

Le scrutin voit la victoire du Parti populaire de Madrid (PPM), qui perd toutefois la majorité absolue dont il disposait depuis 1995.

Contexte[modifier | modifier le code]

Depuis le basculement régional opéré en 1995, la Communauté de Madrid est une place forte du Parti populaire (PP).

Au cours de l'élection régionale du 22 mai 2011, le PPM est une nouvelle fois le vainqueur incontesté du scrutin. En tête, il totalise 53 % des suffrages exprimés, toujours au-dessus des 1 500 000 voix, et obtient ainsi 72 députés sur 129 à l'Assemblée. Il laisse loin derrière le Parti socialiste de Madrid-PSOE (PSM-PSOE), qui passe à 26,9 %, en-dessous des 800 000 suffrages, et 36 députés. Il s'agit tout simplement de son plus mauvais résultat depuis les 24 % aux européennes de 1994. Cet échec fait les affaires de la Gauche unie Communauté de Madrid, qui atteint 8,7 % et 13 mandats, et surtout d'Union, progrès et démocratie (UPyD), parti centriste social-libéral qui entre à l'Assemblée avec 6,5 % et 8 élus, rompant le tripartisme en vigueur depuis 1991.

Dans le même temps se tiennent les élections municipales, qui confirment la situation. Virant en tête, les conservateurs s'adjugent 48,2 % des voix, contre 24,1 % aux socialistes. Jamais un tel écart n'avait été constaté au cours d'un scrutin de cette nature. Les écosocialistes confirment leur troisième place avec 10,8 %, tandis que les centristes confirment leur ancrage avec un total de 7 %. À Madrid, le PP compte 49,7 % des voix et 31 élus sur 57, très loin devant le PSOE et ses 24 % qui lui donnent 15 mandats. IU, toujours troisième, obtient 10,8 % et 6 sièges, tandis qu'UPyD intègre le conseil municipal avec 7,9 % soit 5 conseillers. Sur les vingt-cinq autres villes de plus de 30 000 habitants de la communauté autonome, les socialistes en abandonnent six et ne contrôlent plus que Fuenlabrada et Parla. Les écosocialistes sauvant leurs deux mairies, à savoir Rivas-Vaciamadrid et San Fernando de Henares, les conservateurs détiennent le pouvoir dans les vingt-et-une restantes.

À peine quelques mois plus tard, lors des élections législatives anticipées du 20 novembre 2011, le PP s'impose avec 50,8 % des voix et 19 députés sur les 36 à pourvoir. Deuxième loin derrière, le PSOE capte 26,1 % des suffrages et 10 sièges, son plus mauvais score à ce type de scrutin. La troisième place revient cette fois-ci à UPyD, qui atteint son record à 10,3 % et 4 parlementaires. IU, quatrième, engrange 8 % des voix et les 3 mandats restants. Le 22 décembre, le maire de Madrid Alberto Ruiz-Gallardón est nommé ministre de la Justice ; il abandonne ses responsabilités à Ana Botella, première femme à prendre la direction de la capitale espagnole.

Lors d'une conférence de presse surprise convoquée le , la président de la Communauté de Madrid Esperanza Aguirre, au pouvoir depuis , annonce subitement sa démission pour raisons personnelles. Onze jours plus tard, le vice-président Ignacio González, secrétaire général du PPM dont elle reste la présidente, prend sa suite.

Les élections européennes du 25 mai 2014 vont constituer un véritable bouleversement dans la scène politique de la communauté autonome. S'il est toujours premier, le PP s'écroule puisqu'il capte seulement 30 % des suffrages exprimés. Jamais depuis le scrutin européen de 1987 il n'était tombé si bas. Le PSOE est encore plus en difficulté avec un résultat de seulement 19 %. Il s'agit d'un plancher historique pour les socialistes. Ce double échec profite en premier lieu à un nouveau parti de gauche antilibéral, Podemos, formé quelques mois avant et qui atteint 11,4 %. Derrière, UPyD s'affirme comme un acteur de la vie politique régionale avec 10,6 %, soit tout juste 500 voix de plus qu'IU.

Le , la commission exécutive fédérale du PSOE annonce la destitution de la commission exécutive du Parti socialiste de Madrid-PSOE et la révocation de la candidature de son secrétaire général Tomás Gómez à la présidence de la région, au prétexte d'une enquête sur de possibles faits de corruption à l'époque où il était maire de Parla. Une direction provisoire dirigée par Rafael Simancas est installée et l'ancien ministre de l'Éducation Ángel Gabilondo, qui n'appartient pas au parti, est investi chef de file électoral.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

L'Assemblée de Madrid (en espagnol : Asamblea de Madrid) se compose de 129 députés, élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Le nombre d'élus n'est pas fixe puisque le statut d'autonomie prévoit que chaque député représente 50 000 habitants.

La Communauté de Madrid constitue une circonscription unique. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du territoire régional participent à la répartition des sièges.

Campagne[modifier | modifier le code]

Partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Formation politique Tête de liste Idéologie Score en 2007
Parti populaire de Madrid
Partido Popular de Madrid
Cristina Cifuentes Centre droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
53 % des voix
72 députés
Parti socialiste de Madrid-PSOE
Partido Socialista de Madrid-PSOE
Ángel Gabilondo Centre gauche
Social-démocratie, progressisme
26,9 % des voix
36 députés
Gauche unie - Les Verts
Izquierda Unida - Los Verdes
Luis García Montero Gauche
Communisme, écologie, républicanisme
9,9 % des voix
13 députés
Union, progrès et démocratie
Unión Progreso y Democracia
Ramón Marcos Centre
Social-libéralisme, progressisme, centralisme
6,5 % des voix
8 députés

Sondages[modifier | modifier le code]

65 sièges nécessaires pour la majorité absolue
Institut Date PP PSOE IU UPyD Podemos C's Autres En-tête
ABC septembre 41,8%
61
16,4%
24
5,4%
8
7,7%
11
4,4%
0
17,5%
25
7,0%
0
24,3%
Metroscopia 24–28 avril 36,7%
53
21,3%
31
18,8%
27
12,7%
18
- - 10,5%
0
15,4%
Invymark 21 avril 42,3%
60
23,9%
34
14,4%
20
10,5%
15
- - 8,9%
0
18,4%
2014
NC Report 19 novembre -
52-53

33-34

24-25

18-19
- -
0
Vozpopuli 6 juin -
63

31

18

17
- -
0
NC Report 15 avril - 10 mai 38,5%
56–57
21,8%
31–32

24–25

16–17
- -
0
16,7%
Metroscopia 29 avril 35,2%
54
20,1%
30
18,9%
29
10,4%
16
- - 15,4%
0
15,1%
2013
EQUO 31 décembre 33,0%
43
29,0%
38
15,0%
19
16,0%
20
- - 7,0%
9
4,0%
2012
Élections générales
(projections)
20 novembre 2011 51,0%
(70)
26,0%
(35)
8,0%
(10)
10,3%
(14)
- - 4,7%
(0)
25,0%
Élections locales 22 mai 2011 51,7%
72
26,3%
36
9,6%
13
6,3%
8
- - 6,1%
0
25,4%

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Élections régionales de 2015 en Communauté de Madrid
Inscrits 4 880 495
Abstentions 1 674 564 34,31 %
Votants 3 205 931 65,69 %
Bulletins enregistrés 3 205 931
Bulletins blancs ou nuls 66 073 2,06 %
Suffrages exprimés 3 139 858 97,94 % 129 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Parti populaire de Madrid Cristina Cifuentes 1 050 256 33,45 %
48 / 129
en diminution 24
Parti socialiste de Madrid-PSOE Ángel Gabilondo 807 385 25,71 %
37 / 129
en augmentation 1
Podemos José Manuel López 591 697 18,84 %
27 / 129
en augmentation 27
Citoyens - Parti de la Citoyenneté Ignacio Aguado 385 836 12,29 %
17 / 129
en augmentation 17
Gauche unie Communauté de Madrid Luis García Montero 132 207 4,21 %
0 / 129
en diminution 13
Union, progrès et démocratie Ramón Marcos 64 643 2,06 %
0 / 129
en diminution 8
Autres listes Néant 107 834 3,43 %
0 / 129


Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que 161 000 électeurs supplémentaires se rendent aux urnes, le taux de participation enregistre une infime descente, du fait d'une hausse de 258 000 inscrits en quatre ans.

Cette élection confirme le bouleversement enregistré aux européennes de 2014. Premier pour la septième élection régionale consécutive, le Parti populaire de Madrid subit une véritable hémorragie puisqu'il perd 498 000 voix par rapport au scrutin de 2011, soit un recul de l'ordre d'un tiers. En conséquence, il se replie sous les 35 % des exprimés, une situation inédite depuis 1987. Il perd ainsi sa majorité absolue des sièges, conquise en 1995, et se retrouve avec la plus faible proportion d'élus pour un parti vainqueur dans l'histoire de la communauté. Toujours en difficulté, le Parti socialiste de Madrid-PSOE parvient tout de même à redresser la situation. Il parvient à regagner 21 100 voix favorables en quatre ans et conquiert 1 mandat parlementaire de plus. C'est sa première progression à une élection régionale depuis l'élection de mai 2003.

Ce fort reflux des deux principaux partis, qui totalisent moins de la moitié des voix, se fait au profit de deux forces émergentes. Le parti antilibéral Podemos émerge directement en troisième position après plus de 500 000 voix et 27 députés, soit près des trois quarts du score socialiste. C'est le meilleur résultat d'un troisième parti dans l'histoire de la communauté autonome. L'autre formation qui bénéficie de ce bouleversement est celle des libéraux de Citoyens - Parti de la Citoyenneté (C's). Auteur d'un score marginal – moins de 5 000 voix – en 2011, il progresse de 8 000 % pour aller toucher la quatrième place, avec plus de 350 000 suffrages en sa faveur. Jamais, dans une Assemblée de Madrid à quatre partis, le quatrième n'avait été aussi haut.

Les émergents font en revanche deux victimes, la Gauche unie Communauté de Madrid, qui disparaît d'un Parlement dont elle est membre sans interruption depuis 1983, abandonnant 164 500 voix par rapport à 2011. Elle tombe ainsi sous les 5 % et perd sa représentation parlementaire. Il en va de même pour Union, progrès et démocratie, pourtant bien implantée depuis quatre ans. Avec un repli de 124 400 suffrages, la formation centriste s'effondre puisqu'elle dépasse à peine les 2 %, très loin du plancher légal d'entrée à l'Assemblée.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le 24 juin, Cristina Cifuentes est investie présidente de la Communauté de Madrid par 65 voix pour et 64 contre, ayant bénéficié du soutien de C's. Le 26 juillet, maire de Getafe Sara Hernández est élue secrétaire générale du PSM-PSOE, qui se renomme Parti socialiste ouvrier espagnol de la Communauté de Madrid (PSOE-M).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]