Élections législatives vénézuéliennes de 2020

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Élections législatives vénézuéliennes de 2020
277 députés de l'Assemblée nationale
Corps électoral et résultats
Population 28 427 493
MUD-Logo.png Table de l'unité démocratique
Sièges sortants 112
Gran Polo Patriotico Simon Bolivar.png Grand Pôle patriotique Simón Bolívar
Sièges sortants 55

Les élections législatives vénézuéliennes de 2020, ont lieu le afin de renouveler les 167 députés de l'Assemblée nationale du Venezuela. Un temps avancées à 2018 puis reportées à une date indéterminée suite à la pandémie de Covid-19, elles sont finalement organisées l'année prévue, dans le contexte de crise politique entre le gouvernement et l'assemblée sortante, au sein de laquelle l'opposition est majoritaire depuis les élections législatives de 2015.

Contexte[modifier | modifier le code]

Initialement prévues pour 2020[1], le président Nicolás Maduro et le vice-président de l'Assemblée nationale constituante, Diosdado Cabello émettent le souhait de les anticiper et de les organiser le , le jour même de l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018[2],[3], et d'organiser en ce jour les élections des conseils législatifs des États et des conseils municipaux[4]. Le , pour des raisons techniques et d'organisation, le Conseil national électoral rejette cette date et annonce qu'il communiquera le calendrier électoral la semaine suivante[5]. Finalement, Maduro, en accord avec une partie de l'opposition, reporta le scrutin[6].

Le , Maduro propose de nouveau des législatives anticipées pour 2019[7]. Il fait de même le [8]. Le , Diosdado Cabello, devenu entretemps président de la Constituante, propose l'organisation du scrutin en 2019 ou le [9].

En raison de la pandémie de Covid-19, le président Maduro annonce en avril 2020 que le scrutin n'aura pas lieu durant l'année[10].

Les partis d'opposition présentent des divisions internes entre partisans du boycott et tenants de la participation. Le Tribunal suprême de justice (TSJ) arbitre ces conflits[11].

L'Assemblée nationale devait sélectionner les membres du Conseil national électoral (CNE) avant les élections législatives, mais les conflits entre les courants de l’opposition qui avaient entrepris de négocier avec les "chavistes" le renouvellement du CNE et ceux qui s'opposent à toute négociation avec le gouvernement empêchent toute majorité des deux tiers de se dégager[12]. Conformément à ce que stipule la Constitution, c’est donc au Tribunal suprême de justice de renouveler la composition du CNE, ce qu'il fait en [12]. Le TSJ nomme ainsi une magistrate ciblée par des sanctions canadiennes à la tête du conseil électoral. L'opposition vénézuélienne accuse la magistrate d'être partisane de l'administration de Maduro qualifie le processus électoral de « farce » et annonce se retirer des élections[13].

Les 16 et , le Tribunal suprême de justice décide de remplacer les dirigeants des partis d'opposition Action démocratique et Primero Justicia[14]. Il fait de même le avec ceux de Volonté populaire[15].

Début , le conseil électoral national annonce finalement l'organisation des élections le suivant[16].

La Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet dénonce dans un rapport sur la situation humanitaire du Venezuela que les décisions du TSJ réduisent « la possibilité de créer les conditions nécessaires à des processus électoraux crédibles et démocratiques ». Bachelet indique que les nouveaux représentants du CNE étaient choisi « sans le consensus de toutes les forces politiques et ont interféré avec l’organisation interne de deux des principaux partis politiques d’opposition »[17].

En août 2020, les tendances pro-Guaidó des partis Action démocratique, Primero Justicia, Volonté populaire et Un nouveau temps, annoncent leur boycott du scrutin[18],[19]. Au contraire, Henrique Capriles, le candidat de la droite aux élections présidentielles de 2012 et 2013, a appelé l'opposition à « jouer le jeu de la démocratie » et à prendre part aux élections. Le député Stalin Gonzalez, jusqu'alors le plus proche conseiller de Juan Guaidó, prend ses distances avec ce dernier et se rallie à Capriles[20].

Le Venezuela demande en septembre à l'Organisation des nations unies et à l'Union européenne de dépêcher des observateurs électoraux pour surveiller le déroulement du scrutin[21].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Les États-Unis annoncent qu'ils ne reconnaîtront pas les résultats des élections et l'Union européenne demande qu'elles soient reportées, considérant que les conditions d'un scrutin transparent et juste ne sont pas réunies. Une trentaine de pays demande dans une déclaration commune, publiée le 21 aout 2020, la création au Venezuela d'un gouvernement de transition qui conduirait à « une élection présidentielle libre et juste le plus tôt possible »[22].

Washington commence à émettre certaines réserves à l'égard de Juan Guaido. Donald Trump déclare en juin 2020 n’avoir « pas beaucoup confiance » en celui-ci, dont l’adoubement par son gouvernement, estime-t-il, n’a pas « eu une grande signification »[11].[pertinence contestée] Elliott Abrams, le représentant spécial des États-Unis au Venezuela, a toutefois affirmé que Washington maintiendrait son soutien à Juan Guaido quelle que soit l'issue du scrutin. Il a également fait savoir qu'il était en discussion avec quelque 60 pays afin de s'assurer qu'ils s'associeraient à la position américaine sur le Venezuela[23].

Système électoral[modifier | modifier le code]

L'assemblée est composée de 277 sièges dont les membres sont choisis pour cinq ans selon un mode de scrutin parallèle à un tour[24].

Au scrutin précédent, l'Assemblée comportait 167 députés, dont 113 élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, tandis que 51 députés étaient élus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans une unique circonscription nationale. Enfin, trois sièges étaient réservés aux indigènes[25],[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Venezuela: les législatives seront elles aussi avancées », sur La Presse (consulté le 25 février 2018)
  2. Le Point, magazine, « Venezuela : l'élection présidentielle aura lieu le 20 mai », sur Le Point (consulté le 1er mars 2018)
  3. « Le numéro deux vénézuélien va proposer des législatives anticipées », sur Le Figaro (consulté le 25 février 2018)
  4. « Venezuela: l'opposition boycottera la présidentielle du 22 avril - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 25 février 2018)
  5. Reuters, « Venezuela: Difficile d'organiser des élections groupées, selon la commission électorale », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2020).
  6. (en) Republic World, « Venezuela's Maduro urges top court to postpone elections due to coronavirus outbreak - Republic World », sur Republic World (consulté le 1er mai 2020).
  7. « Venezuela: Maduro ferme sur ses positions, l'ultimatum d'Européens expire », sur Courrier international (consulté le 4 février 2019)
  8. « Venezuela: Nicolas Maduro veut des élections législatives au plus vite - RFI », sur RFI (consulté le 22 mai 2019)
  9. « Venezuela : l'Assemblée constituante envisage des législatives anticipées », sur FIGARO (ISSN 0182-5852, consulté le 25 août 2019).
  10. (en) Fabiola Zerpa, « Maduro Says Elections in Venezuela Not a Priority Amid Virus », sur Bloomberg News,
  11. a et b « Venezuela. Trump se dit prêt à discuter avec Maduro », sur L'Humanité,
  12. a et b « La Nausée », sur Médelu,
  13. « Venezuela: l'opposition se retire des prochaines législatives », sur Le Figaro, (consulté le 15 juin 2020)
  14. « Venezuela: un nouveau parti d'opposition décapité par le tribunal suprême », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 21 juin 2020).
  15. « Venezuela: la Cour suprême suspend la direction du parti de l'opposant Guaido », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 9 juillet 2020).
  16. (es) « Prensa Latina - Agencia Latinoamericana de Noticias », sur www.prensa-latina.cu (consulté le 3 juillet 2020).
  17. « Au Venezuela, la Covid-19 exacerbe la crise socio-économique (ONU) », sur ONU Info, (consulté le 6 juillet 2020)
  18. (en) Reuters Editorial, « Venezuela's major opposition parties pledge to boycott December election », sur U.S., Reuters, (consulté le 6 août 2020).
  19. (en) SCOTT SMITH THE ASSOCIATED PRESS, « Coalition to shun election in Venezuela », sur Arkansas Online, (consulté le 6 août 2020).
  20. Rosa Moussaoui, « Au Venezuela, l’opposition n’en finit plus de se fracturer », sur L'Humanité,
  21. « Caracas invite l'ONU et l'UE à envoyer des observateurs à l'occasion des prochaines législatives », sur RT,
  22. Le Figaro avec AFP, « Venezuela: l'Assemblée constituante cessera son activité en décembre », sur Le Figaro.fr, (consulté le 23 août 2020)
  23. « Quel que soit le résultat des législatives au Venezuela, Washington continuera de soutenir Guaido », sur RT,
  24. « Le Venezuela annonce des élections législatives en décembre », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 7 août 2020).
  25. (en) « IFES Election Guide », sur electionguide.org (consulté le 1er juin 2015)
  26. (es) « :: Consejo Nacional Electoral :: », sur cne.gob.ve (consulté le 1er juin 2015)