Élections législatives singapouriennes de 2020

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Élections législatives singapouriennes de 2020
93 députés du Parlement
(Majorité absolue : 47 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 2 651 435
Votants 2 535 565
95,63 %  +2,1
Votes blancs et nuls 115 870
Lee Hsien Loong June 2018.JPG Parti d'action populaire – Lee Hsien Loong
Voix 1 524 781
61,24 %
 −8,6
Sièges obtenus 83  0
Pritam Singh at the Workers' Party general election rally, Serangoon Stadium, Singapore - 20110505.jpg Parti des travailleurs – Pritam Singh
Voix 279 245
11,22 %
 −1,3
Sièges obtenus 10  +1
Dr-Tan-Cheng-Bock-at-Nomination-Centre-1.jpg Parti du progrès – Tan Cheng Bock
Voix 253 459
10,18 %
 +10,2
Sièges obtenus 2  +2
Premier ministre
Sortant Élu
Lee Hsien Loong
PAP
Lee Hsien Loong
PAP

Les élections législatives singapouriennes de 2020 ont lieu le afin d'élire les 93 députés directement élus du Parlement de Singapour.

Pour la 15e fois consécutive le Parti d'action populaire (PAP), au pouvoir depuis 1959, remporte une large majorité absolue des sièges. Le Parti des travailleurs (en) demeure le principal parti d'opposition au Parlement, malgré l'entrée à la chambre du Parti du progrès, récemment créé.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1959, le Parti d'action populaire (PAP) est largement attendu vainqueur, malgré la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, qui marque notamment la campagne en contraignant les différents partis à une propagande réduite[1],[2],[3].

L'omniprésence du Parti d'action populaire depuis plusieurs décennies, celle de la famille du premier Premier ministre Lee Kuan Yew à la tête du pays, ainsi que le contrôle très strict de l'information — qui place notamment Singapour au 158ème rang sur 180 dans le classement mondial de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse — amènent la plupart des observateurs à remettre en cause le caractère démocratique de ses scrutins[4].

Durant la campagne électorale le Parti des travailleurs, principal parti d'opposition, prend d'ailleurs le soin d'indiquer qu'il ne vise pas à gouverner, mais plutôt à obtenir suffisamment d'influence au Parlement pour pouvoir y exercer un certain contre-pouvoir[5].

Le scrutin devrait pour la première fois conduire dans un futur proche à l'élection d'un Premier ministre ne faisant pas partie de la famille Lee, le Premier ministre sortant Lee Hsien Loong ayant annoncé vouloir à terme se retirer[6].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le bâtiment du parlement, anciennement siège de la Cour suprême.

Singapour est doté d'un Parlement unicaméral composé d'au moins 93 sièges pourvus pour cinq ans, dont 14 au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions à siège unique (Single Member Constituency ou SMC), et 79 au scrutin majoritaire plurinominal dans 17 circonscriptions de 4 à 5 sièges. Ces dernières, appelées circonscriptions à représentation groupée (Group Representation Constituency ou GRC), doivent obligatoirement comporter au moins un candidat des minorités malaise ou indienne, ou d'une autre minorité nationale. Les candidats d'une même GRC doivent tous être du même parti politique, ou être tous indépendants. Six GRC comportent quatre sièges chacune, et les onze autres cinq[7].

Le droit de vote s'acquiert à vingt et un ans. Les électeurs votent pour un seul candidat dans les SMC, ou une liste de candidats dans les GRC. Dans les deux cas, le ou les candidats ayant recueilli le plus de suffrages dans leurs circonscriptions sont déclarés élus[7].

Circonscriptions électorales.

Aux députés directement élus s'ajoutent jusqu'à douze députés additionnels nommés par un comité de sélection, appelés « Membres du parlement non issus d'une circonscription » (Non-constituency Member of Parliament, NCMP). Ils sont choisis à partir des candidats de l'opposition dits « meilleurs perdants » car ayant obtenu les meilleurs résultats parmi les candidats n'ayant pas réussi à se faire élire. Ces nominations se font dans l'objectif de corriger une trop grande domination du parti au pouvoir. Leur nombre est ainsi directement lié à celui des députés directement élus de l'opposition. Si ces derniers sont plus de douze, aucun NCMP n'est choisi. S'ils sont moins de douze, il est procédé à la nomination d'autant de NCMP que nécessaire pour que le total des élus et des NCMP atteigne douze. Bien que désignés membres du parlement malgré leur échec aux élections, les candidats en question doivent tout de même avoir chacun recueilli un minimum de 15 % des voix dans la circonscription où ils concouraient. Il ne peut également y avoir deux NCMP provenant d'une même GRC, ni au total plus d'un NCMP provenant d'une SMC. Les sièges sont proposés aux candidats en question, qui sont libres de les refuser[8]. Les élections de 2020 sont les premières depuis l'augmentation de neuf à douze du nombre maximum de NCMP suite à une révision de la constitution en [9].

Enfin, à ce total s'ajoutent un nombre variable de députés nommés par le président de Singapour sur proposition d'un comité parlementaire dédié, pour un maximum de neuf députés. Obligatoirement indépendants, ces députés sont nommés pour la moitié du mandat du parlement, soit deux ans et demi, et visent à apporter davantage de représentativité au parlement. Leurs nomination est ainsi effectuée en dehors des lignes politiques, dans les secteurs des arts et des lettres, de la culture, des sciences, des affaires, de l'industrie et des professions sociales. S'ils peuvent participer aux débats et aux votes du parlement, les députés nommés ne peuvent en revanche voter lors des motions de censure, des votes relatifs au budget ou sur les amendements de la constitution[10].

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des législatives singapouriennes de 2020[11],[12],[13]
Singapour Parlement 2020.svg
Parti Voix % +/– Sièges +/–
Élus NCMP Total
Parti d'action populaire (PAP) 1 524 781 61,24 Decrease2.svg 8,62 83 0 83 Steady.svg
Parti des travailleurs (WP) 279 245 11,22 Decrease2.svg 1,26 10 0 10 Increase2.svg 1[a]
Parti du progrès (PSP) 253 459 10,18 Nv 0 2 2 Increase2.svg 2
Parti démocratique (SDP) 110 827 4,45 Increase2.svg 0,69 0 0 0 Steady.svg
Parti de la solidarité nationale (NSP) 93 546 3,76 Increase2.svg 0,23 0 0 0 Steady.svg
Voix du peuple (PV) 59 060 2,37 Nv 0 0 0 Steady.svg
Parti de la réforme (RP) 54 505 2,19 Decrease2.svg 0,44 0 0 0 Steady.svg
Parti du peuple (SPP) 37 869 1,52 Decrease2.svg 0,65 0 0 0 Steady.svg
Alliance démocrate (SDA) 37 179 1,49 Decrease2.svg 0,57 0 0 0 Steady.svg
Point rouge uni (RDU) 31 191 1,25 Nv 0 0 0 Steady.svg
Parti du pouvoir au peuple (PPP) 7 477 0,30 Decrease2.svg 0,83 0 0 0 Steady.svg
Indépendants 654 0,03 Decrease2.svg 0,09 0 0 0 Steady.svg
Votes valides 2 489 793 98,19
Votes blancs et nuls 45 772 1,81
Total 2 535 565 100 - 93 2 95 Increase2.svg 3
Abstention 115 870 4,37
Inscrits / participation 2 651 435 95,63

Analyse et conséquences[modifier | modifier le code]

Résultats par circonscription.

Le Parti au pouvoir sort victorieux du scrutin, bien qu'en net recul en terme de suffrages. Ces résultats mènent le Parti des travailleurs, bien qu'en légère baisse également, à remporter dix sièges directement élus, contre six en 2015. La formation se dispense ainsi du recours aux membres non élus, dont seuls deux sont attribués cette année, au profit du Parti du progrès nouvellement créé[14],[15].

Reconnaissant le relativement bon résultat du Parti des travailleurs, le gouvernement accorde à Pritam Singh (en) le titre de Chef de l'opposition officielle, créé à cette occasion. Ceci permet à l'opposition parlementaire d'avoir accès à des fonds publics pour l'exercice des ses fonctions[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Parti des travailleurs obtient 10 sièges directement élus, soit 4 de plus qu'en 2015, mais n'obtient aucun NCMP, contre trois en 2015

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le parti au pouvoir attendu vainqueur des élections générales de Singapour », sur www.lesechos.fr (consulté le 11 juillet 2020).
  2. « Singapour renouvelle son Parlement sur fond de querelle dynastique », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 11 juillet 2020).
  3. « Singapour se rend aux urnes malgré les craintes du COVID-19 -Laminute.info », sur Laminute.info, laminuteinfo, (consulté le 11 juillet 2020).
  4. « Élection du Parlement à Singapour : quels enjeux politiques pour la république autoritaire la plus riche du monde ? », sur TV5MONDE, (consulté le 11 juillet 2020).
  5. a et b (en) "Singapore election: Does the political shake-up change anything?", BBC News, 22 juillet 2020
  6. https://www.facebook.com/RFI, « À la veille des élections législatives, Singapour à la croisée des chemins », sur RFI, RFI, (consulté le 11 juillet 2020).
  7. a et b Inter-Parliamentary Union, « IPU PARLINE database: SINGAPOUR (Parliament), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 24 juin 2020).
  8. « Loi électorale », sur sso.agc.gov.sg (consulté le 24 juin 2020).
  9. (en) LEE MIN KOK, « PM Lee Hsien Loong: NCMPs to get equal voting rights as MPs; opposition MPs to increase from 9 to 12 next GE », sur The Straits Times, (consulté le 29 juin 2020).
  10. (en) « Constitution », sur sso.agc.gov.sg (consulté le 24 juin 2020).
  11. « Résultats ».
  12. (en) « Singapore GE2020: Live results », sur The Straits Times (consulté le 11 juillet 2020).
  13. « Résultats », sur psephos.adam-carr.net (consulté le 22 juillet 2020).
  14. « A Singapour, le parti au pouvoir sort victorieux mais affaibli du scrutin législatif », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 11 juillet 2020).
  15. RFI, « Élections à Singapour: progrès historique de l'opposition », sur RFI, RFI, (consulté le 11 juillet 2020).