Élections législatives régionales de 2014 en Thuringe

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Élections législatives régionales de 2014 en Thuringe
91 députés du Landtag
Majorité absolue : 46 députés
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 1 812 370
Votants 954 927
52,69 %  −3,5
Votes exprimés 941 719
Votes nuls 13 208
2014-09-14-Landtagswahl Thüringen by-Olaf Kosinsky -145.jpg CDU – Christine Lieberknecht
Voix 315 104
33,46 %
 +2,2
Députés élus 34  +4
2014-09-14-Landtagswahl Thüringen by-Olaf Kosinsky -103.jpg Linke – Bodo Ramelow
Voix 265 428
28,19 %
 +0,8
Députés élus 28  +1
2014-09-14-Landtagswahl Thüringen by-Olaf Kosinsky -120.jpg SPD – Heike Taubert
Voix 116 889
12,42 %
 −6,1
Députés élus 12  −6
Björn Höcke.jpg AfD – Björn Höcke
Voix 99 545
10,57 %
 +10,6
Députés élus 11  +11
Anja Siegesmund DSC 3507.jpg Grünen – Anja Siegesmund
Voix 53 407
5,67 %
 −0,5
Députés élus 6  0
Vainqueur par circonscription
Carte
6e législature du Landtag
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
Christine Lieberknecht
CDU
Bodo Ramelow
Linke
wahlen.thueringen.de

Les élections législatives régionales de 2014 en Thuringe (en allemand : Landtagswahl in Thüringen 2014) se tiennent le , afin d'élire les 88 députés de la 6e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. En vertu de la loi électorale, 91 députés sont finalement élus.

Le scrutin est marqué par la victoire de la CDU, qui renforce sa majorité relative. Christine Lieberknecht cède toutefois le pouvoir à Bodo Ramelow, investi ministre-président à la tête d'une « coalition rouge-rouge-verte ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections législatives régionales du constituent un tournant politique majeur dans le très stable échiquier politique de la Thuringe. Depuis en effet, seuls trois partis siègent au Landtag avec une claire domination de l'Union chrétienne-démocrate.

Au pouvoir depuis , disposant de la majorité absolue depuis et emmenée par le ministre-président Dieter Althaus, la CDU une déroute historique. En réalisant un score de 31,2 % des voix, elle obtient le plus mauvais résultat de son histoire régionale. Cet effondrement pousse Althaus à se retirer de la vie politique. Il profite partiellement au FDP, qui revient à l'assemblée après 15 ans d'absence en rassemblant 7,6 % des suffrages exprimés.

À peine 40 000 voix derrière la CDU, la Linke confirme son statut de première force de gauche avec 27,1 %. Elle devance nettement le SPD, coincé à la troisième place depuis et qui réunit 18,5 % des voix. Les Grünen, comme le FDP, reviennent au Landtag dont ils sont exclus depuis , après avoir récolté récoltant 6,2 % des suffrages exprimés. Par ailleurs, malgré une forte progression, le NPD échoue à 0,7 point du seuil électoral.

Cet éclatement inédit du Landtag, l'impossibilité de former une « coalition noire-jaune » ou une « coalition rouge-rouge]] », amène la CDU et le SPD à entreprendre des négociations.

Le , la ministre des Affaires sociales Christine Lieberknecht est investie ministre-présidente et forme un cabinet dont le ministre de l'Éducation social-démocrate Christoph Matschie est vice-ministre-président. C'est la première fois en ex-Allemagne de l'Est et au sein de l'Union chrétienne-démocrate qu'une femme prend la direction du gouvernement d'un Land.

En cours de législature sont survenues les élections fédérales du 27 septembre 2009 et du 22 septembre 2013. Le premier scrutin a révélé un rapport de force comparable aux élections régionales, la CDU dominant de peu avec 31,2 %, juste devant la Linke avec 28,8 %. Derrière, le SPD se consolide à la troisième place avec 17,6 %, devançant le FDP qui bondit à 9,8 % et les Grünen, stables à 6 %. Quatre ans plus tard, l'échiquier politique évolue en faveur des chrétiens-démocrates qui remportent 38,8 % des suffrages au détriment des libéraux-démocrates, qui s'effondrent avec 2,2 %. Si la gauche radicale confirme sa deuxième position, elle recule jusqu'à 23,4 %, le SPD étant lui aussi en baisse à 16,1 %. En tombant à 4,9 %, les Grünen se voient distancés par l'AfD, qui signe un score de 6,2 %.

Au cours de la campagne électorale, la chancelière fédérale Angela Merkel met en garde les sociaux-démocrates et les écologistes contre une éventuelle « coalition rouge-rouge-verte », déclarant que cela reviendrait à « faire entrer Karl Marx dans les bureaux du gouvernement régional »[1].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag est constitué de 88 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Hare.

Chaque électeur dispose de deux voix : la première (en allemand : Wahlkreisstimme) lui permet de voter pour un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le Land comptant un total de 44 circonscriptions ; la seconde voix (en allemand : Landesstimme) lui permet de voter en faveur d'une liste de candidats présentée par un parti au niveau du Land.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 88 sièges est répartie à la proportionnelle sur la base des secondes voix uniquement, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau du Land. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, la taille du Landtag est augmentée afin de rétablir la proportionnalité.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultat de 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Christine Lieberknecht
(Ministre-présidente)
31,2 % des voix
30 députés
Die Linke Bodo Ramelow 27,4 % des voix
27 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Heike Taubert
(Ministre des Affaires sociales)
18,5 % des voix
18 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Uwe Barth 7,6 % des voix
7 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Anja Siegesmund 6,2 % des voix
6 députés

Sondages[modifier | modifier le code]

Sondages en vue des élections législatives régionales de 2014 en Thuringe[2]
Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke AfD
Forschungsgruppe Wahlen 11/09/2014 36 % 16 % 5,5 % 26 % 8 %
Infratest dimap 04/09/2014 34 % 16 % 5 % 3 % 28 % 7 %
Forschungsgruppe Wahlen 04/09/2014 36 % 16 % 6 % 26 % 8 %
INSA 08/08/2014 34 % 19 % 6 % 4 % 26 % 5 %
Infratest dimap 15/07/2014 36 % 19 % 6 % 2 % 27 % 4 %
INSA 05/07/2014 33 % 18 % 6 % 3 % 25 % 7 %
Infratest dimap 14/05/2014 36 % 19 % 5 % 2 % 28 % 4 %
Infratest dimap 14/03/2014 36 % 17 % 6 % 2 % 28 % 5 %
INSA 20/02/2014 35 % 20 % 5 % 3 % 25 % 5 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives régionales de 2014 en Thuringe
Partis Circonscriptions Liste Total des sièges
Votes % Sièges +/- Votes % Sièges Total +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 352 051 37,67 34 en augmentation 6 315 104 33,46 0 34 en augmentation 4
Die Linke (Linke) 274 936 29,42 9 en diminution 5 265 428 28,19 19 28 en augmentation 1
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 145 634 15,58 1 en diminution 1 116 889 12,42 11 12 en diminution 6
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 20 833 2,23 0 en stagnation 99 545 10,57 11 11 en augmentation 11
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 56 189 6,01 0 en stagnation 53 407 5,67 6 6 en stagnation
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 43 026 4,60 0 en stagnation 34 049 3,62 0 0 en stagnation
Parti libéral-démocrate (FDP) 23 555 2,52 0 en stagnation 23 359 2,48 0 0 en diminution 7
Autres 18 233 1,95 0 en stagnation 33 938 3,60 0 0 en stagnation
Votes valides 934 457 97,86 941 719 98,62
Votes blancs et nuls 20 470 2,14 13 208 1,32
Total 954 927 100 44 en stagnation 954 927 100 47 91 en augmentation 3
Abstentions 857 443 47,21 857 443 47,21
Nombre d'inscrits / participation 1 812 370 52,69 1 812 370 52,69

Analyse[modifier | modifier le code]

Le scrutin, marqué par une baisse de la participation à son plus bas dans l'histoire de la Thuringe, voit la victoire de la CDU de la ministre-présidente Christine Lieberknecht. En légère progression, elle obtient même un mandat supplémentaire. Elle ne réduit cependant pas la distance qui la sépare de la Linke, qui reste extrêmement stable depuis dix ans.

Le SPD est lui en net recul et tombe à son plus bas niveau régional, effaçant son précédent record établi en . Il est talonné par l'AfD, qui réalise une percée en atteignant les 10 % des suffrages exprimés pour sa première participation à une élection régionale en Thuringe. Les Grünen confirment leur présence au Landtag, une performance inédite pour eux dans ce Land.

Si le NPD échoue de nouveau à faire son entrée à l'assemblée avec un score en baisse, le FDP est lui en déroute puisqu'il perd près de cinq points et doit de nouveau abandonner le Landtag, cinq ans à peine après y être revenu.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La Linke, le SPD et les Grünen entament des discussions afin de former une « coalition rouge-rouge-verte » sous la direction de Bodo Ramelow. Un accord est conclu entre les trois partis à la fin du mois d'[3]. Il est approuvé par 69 % des voix lors d'une consultation des adhérents sociaux-démocrates le suivant.

Le , Bodo Ramelow est investi ministre-président et forme un cabinet dans lequel la ministre des Finances sociale-démocrate Heike Taubert est vice-ministre-présidente. C'est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qu'un gouvernement est dirigé par un parti situé à la gauche du SPD.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andreas Rinke, « Merkel met en garde le SPD contre une coalition avec Die Linke », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  2. (de) « Umfragen Thüringen (#ltwth) », sur wahlrecht.de (consulté le 2 octobre 2017).
  3. « Die Linke en passe de gouverner en Thuringe », Le Temps,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]