Élections législatives régionales de 2012 en Sarre

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Élections législatives régionales de 2012 en Sarre
51 députés du Landtag
Majorité absolue : 26 députés
Type d’élection Élection parlementaire
Kramp-Karrenbauer CDU Parteitag 2014 by Olaf Kosinsky-9.jpg CDU – Annegret Kramp-Karrenbauer
35,24 %
 +0,7
Députés élus 19  0
Heiko Maas Berlin 2015-08-29.jpg SPD – Heiko Maas
30,57 %
 +6,1
Députés élus 17  +4
Oskar Lafontaine, 2011-03-21.jpg Die Linke – Oskar Lafontaine
16,12 %
 -5,2
Députés élus 9  -2
Jasmin Maurer.jpg Pirates – Jasmine Maurer
7,4 %
 +7,4
Députés élus 4  +4
Simone Peter 2014.jpg Grünen – Simone Peter
5,03 %
 -0,9
Députés élus 2  -1
15e législature
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
A. Kramp-Karrenbauer
CDU
A. Kramp-Karrenbauer
CDU

Les élections législatives régionales de 2012 en Sarre (Landtagswahl im Saarland 2012) se sont tenues le [1], afin d'élire les cinquante-et-un députés de la quinzième législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans.

Contexte : l'échec de la coalition jamaïcaine[modifier | modifier le code]

À la suite des élections législatives régionales du 27 septembre 2009, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis dix ans et dirigée à l'époque par le ministre-président sortant Peter Müller, avait nettement perdu sa majorité absolue avec un score en recul de treize points et huit députés. Dans son ensemble, la gauche avait remporté 51,2 % des suffrages et vingt-sept députés, notamment grâce à la percée de Die Linke, emmenée par le coprésident fédéral de l'époque, et ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine.

Toutefois, la CDU est parvenue à se maintenir au pouvoir, grâce à la formation d'une « coalition jamaïcaine » avec le Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) et l'Alliance 90 / Les Verts, une première en Allemagne, qui détenait vingt-sept sièges sur les cinquante-et-un du Landtag.

Le , Müller annonce son retrait de la vie politique pour les prochains mois[2]. La ministre du Travail et des Affaires sociales du Land, Annegret Kramp-Karrenbauer, membre du gouvernement depuis 2000, est aussitôt choisie comme candidate pour lui succéder, à l'unanimité du comité directeur et du groupe parlementaire de la CDU de Sarre[3]. Élue présidente de la fédération régionale chrétienne-démocrate le 28 mai, par 95 % des voix[4], elle est investie ministre-présidente par le Landtag le 10 août, par 26 voix, contre 25 au social-démocrate Heiko Maas, au second tour de scrutin.

À la suite d'importantes dissensions internes au FDP/DPS, elle décide, en , d'entamer des discussions exploratoires avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en vue de constituer une éventuelle « grande coalition ». Devant l'échec de ces discussions et face à l'éclatement de l'alliance au pouvoir, les deux grands partis se mettent finalement d'accord pour convoquer des élections régionales anticipées[5]. Le jeudi 26 janvier, le Landtag, réuni en session spéciale, vote sa dissolution avec les suffrages de la CDU, du SPD, de la Linke et des Grünen[6].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag est constitué de 51 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur vote à la fois pour une liste dans sa circonscription – le Land en compte trois qui totalisent 41 sièges – et au niveau du Land. À l'issue du scrutin, les 51 sièges sont répartis entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés dans l'ensemble du Land. L'opération est ensuite recommencée dans chaque circonscription, la différence entre le total régional et le total des circonscriptions étant comblée par les candidats de la liste régionale. Si un parti n'en a pas présenté, le calcul est réajusté et ses mandats reviennent aux autres forces politiques.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Score en 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Annegret Kramp-Karrenbauer
(Ministre-présidente)
34,5 % des voix
19 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Heiko Maas 24,5 % des voix
13 députés
Die Linke Oskar Lafontaine 21,3 % des voix
11 députés
Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre
Freie Demokratische Partei/Demokratische Partei Saar
Oliver Luksic 9,2 % des voix
5 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Simone Peter 5,9 % des voix
3 députés
Parti des pirates
Piratenpartei Deutschland
Jasmin Maurer Absent

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke Parti des pirates
Forsa 09.03.2012 34,0 % 34,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 6,0 %
Infratest 15.03.2012 33,0 % 33,0 % 5,0 % 3,0 % 16,0 % 6,0 %
Forsa 09.03.2012 35,0 % 37,0 % 4,0 % 1,0 % 14,0 % 5,0 %
Infratest 23.02.2012 35,0 % 36,0 % 4,0 % 2,0 % 15,0 % 5,0 %
Emnid 27.01.2012 36,0 % 36,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 4,0 %
ZDF 26.01.2012 34,0 % 38,0 % 6,0 % 2,0 % 13,0 % 5,0 %
Emnid 16.11.2011 32,0 % 35,0 % 8,0 % 5,0 % 12,0 % 4,0 %
Dernières élections 27.09.2009 34,5 % 24,5 % 5,9 % 9,2 % 21,3 % 0,0 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- Députés +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 169 594 35,24 % en diminution 0,26 19 en stagnation
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 147 160 30,57 % en augmentation 6,03 17 en augmentation 4
Die Linke 77 612 16,12 % en diminution 5,13 9 en diminution 2
Parti des pirates (Piraten) 35 646 7,40 % en augmentation 7,40 4 en augmentation 4
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 24 248 5,03 % en diminution 0,86 2 en diminution 1
Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) 5 871 1,22 % en diminution 7,95 0 en diminution 5
TOTAL (participation : 61,64) 460 091 93,78 % N/A 51 N/A

Analyse[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, au pouvoir depuis 1999, reste le premier parti du Land, d'environ cinq points, tout en obtenant un résultat similaire à celui de 2009. Le Parti social-démocrate d'Allemagne effectue, de son côté, un net redressement, en progressant de plus de six points et quatre sièges, ce qui lui permet de maintenir Die Linke, pourtant emmenée par l'ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine, à distance, d'autant que la formation de gauche radicale recule sous la barre des 20 %.

Après les élections de Berlin, en 2011, le Parti des pirates confirme son implantation dans la vie politique allemande en dépassant nettement la barre des 5 % et se classant directement en quatrième place des forces politiques régionales. Il passe devant l'Alliance 90 / Les Verts, qui se maintient de justesse au Landtag, au contraire du Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre, qui s'effondre complètement avec moins de 1,5 % des voix, pire qu'en 1994, quand il avait obtenu 2,1 %.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le , la conservatrice Annegret Kramp-Karrenbauer est réinvestie ministre-présidente du Land. Elle est soutenue par une grande coalition, formée avec les sociaux-démocrates.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Das Ende vom Leid », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  2. (de) « Saar-Ministerpräsident kündigt Rückzug an », Spiegel Online,‎ (lire en ligne)
  3. (de) « Kramp-Karrenbauer statt Müller », Der Tagesspiegel,‎ (lire en ligne)
  4. (de) « Kramp-Karrenbauer neue CDU-Chefin an der Saar », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  5. (de) « Neuwahl nach gescheiterter Sondierung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  6. (de) « Landtag beschließt Auflösung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]