Élections législatives régionales de 2011 dans le Bade-Wurtemberg

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Élections législatives régionales de 2011 dans le Bade-Wurtemberg
139 députés du Landtag
Majorité absolue : 70 députés
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 622 873
Votants 5 051 941
66,27 %  +12,9
Votes exprimés 4 983 719
Votes nuls 68 222
Stefan Mappus 2011 (cropped).jpg CDU – Stefan Mappus
Voix 1 943 912
39,01 %
 −5,1
Députés élus 60  −9
2017-09-17 Winfried Kretschmann by Olaf Kosinsky-3.jpg Grünen – Winfried Kretschmann
Voix 1 206 182
24,20 %
 +12,5
Députés élus 36  +19
Nils Schmid 2012 (cropped).jpg SPD – Nils Schmid
Voix 1 152 594
23,13 %
 −2
Députés élus 35  −3
Ulrich Goll 2008 (cropped).jpg FDP – Ulrich Goll
Voix 262 784
5,27 %
 −5,4
Députés élus 7  −8
15e législature du Landtag
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
Stefan Mappus
CDU
Winfried Kretschmann
Grünen
www.election.de

Les élections législatives régionales de 2011 dans le Bade-Wurtemberg (en allemand : Landtagswahl in Baden-Württemberg 2011) se tiennent le , afin d'élire les 120 députés de la 15e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. Du fait de la loi électorale, 139 députés sont finalement élus.

Le scrutin est marqué par la victoire de la CDU du ministre-président Stefan Mappus, qui reste la première force politique du Land. Toutefois, l'écologiste Winfried Kretschmann parvient à accéder au pouvoir en s'associant avec le SPD, provoquant la première alternance depuis la fondation du Bade-Wurtemberg.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans ce Land où l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) gouverne, seule ou en coalition, depuis , les élections législatives régionales du n'ont pas dérogé à cette situation.

Porté au pouvoir en , le ministre-président chrétien-démocrate Günther Oettinger maintient la domination de la CDU avec un score de 44,2 % des voix, concédant un recul d'à peine un demi-point. Le Parti populaire démocratique (FDP/DVP), partenaire de la CDU depuis dix ans, réalise pour sa part une belle remontée. Avec 10,7 %, il repasse au-dessus des 10 % pour la première fois depuis près de quarante ans.

Dans l'opposition, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) ne confirme pas sa poussée de . Il retombe à 25,2 % des voix, soit un net recul de huit points. À un dixième de point, il s'agit de son second plus mauvais résultat régional. Cette régression profite en premier lieu à l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen), qui obtient 11,7 % des suffrages, une hausse de quatre points qui leur permet de signer leur deuxième meilleur score dans ce Land, mais également à l'Alternative électorale travail et justice sociale (WASG), qui atteint 3,1 %.

Par ailleurs, Les Républicains (REP), qui avaient fait sensation en et , confirment leur déclin. Ils passent effectivement de 4,4 % à seulement 2,5 %, actant la défaite de l'extrême droite dans ce bastion conservateur.

Au cours de la législature sont survenues les élections législatives fédérales du . Si les résultats confirment la prédominance de la droite dans ce territoire, elle se rééquilibre entre les chrétiens-démocrates, qui se contentent de 34,4 %, et les libéraux-démocrates, qui montent jusqu'à 18,8 %. Ils sont devancés d'un demi-point seulement par les sociaux-démocrates. Les autres composantes de la gauche confirment leur vigueur, avec un score de 13,9 % des suffrages pour les écologistes et même 7,2 % pour Die Linke, nouvelle formation de la gauche radicale qui réalise une importante percée dans ce Land acquis à la droite.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag est constitué de 120 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Sainte-Laguë.

Chaque électeur dispose d'une voix, qui compte double. Elle est d'abord attribuée au parti politique dont le candidat est le représentant, puis elle permet de déterminer le score du candidat dans sa circonscription, le Land comptant un total de 70 circonscriptions.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 120 sièges est répartie en fonction de la première attribution, à condition qu'un parti ait remporté 5 % de ces voix au niveau du Land (les voix des candidats indépendants sont donc exclues de ce décompte). Cette répartition est ensuite répétée au niveau des quatre districts. Si un parti a remporté des mandats avec la deuxième attribution, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci. Les sièges restants sont ensuite comblés par les candidats des circonscriptions non-élus, dans l'ordre décroissant de leur résultat en pourcentage.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, la taille du Landtag est augmentée jusqu'à rétablir la proportionnalité.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principales forces[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 2006
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Stefan Mappus
(Ministre-président)
44,2 % des voix
69 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Nils Schmid 25,2 % des voix
38 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Winfried Kretschmann 11,7 % des voix
17 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Ulrich Goll
(Ministre de la Justice)
10,7 % des voix
15 députés
Die Linke Marta Aparicio 3,1 % des voix
0 députés

Enquêtes d'opinions[modifier | modifier le code]

Sondages en vue des élections législatives régionales de 2011 dans le Bade-Wurtemberg[1]
Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke
Forsa 24/03/2011 38,0 % 24,0 % 24,0 % 5,0 % 4,0 %
Emnid 20/03/2011 38,0 % 22,0 % 25,0 % 6,0 % 4,0 %
FgW 18/03/2011 38,0 % 22,5 % 25,0 % 5,0 % 4,5 %
Infratest 14/03/2011 42,0 % 22,0 % 21,0 % 6,0 % 4,0 %
Forsa 11/03/2011 40,0 % 26,0 % 20,0 % 5,0 % 4,0 %
Emnid 04/03/2011 38,0 % 25,0 % 21,0 % 8,0 % 4,0 %
Forsa 02/03/2011 39,0 % 26,0 % 19,0 % 6,0 % 4,0 %
Emnid 27/02/2011 40,0 % 23,0 % 22,0 % 6,0 % 4,0 %
Emnid 20/02/2011 40,0 % 20,0 % 23,0 % 7,0 % 5,0 %
Emnid 13/02/2011 40,0 % 19,0 % 25,0 % 7,0 % 4,0 %
FgW 04/02/2011 41,0 % 19,0 % 26,0 % 6,0 % 4,0 %
Emnid 29/01/2011 40,0 % 20,0 % 27,0 % 5,0 % 4,0 %
Emnid 19/12/2010 41,0 % 19,0 % 29,0 % 4,0 % 4,0 %
Infratest 02/12/2010 39,0 % 18,0 % 28,0 % 5,0 % 5,0 %
FgW 26/11/2010 39,0 % 19,0 % 26,0 % 5,0 % 4,0 %
Allensbach 19/11/2010 38,0 % 22,0 % 26,0 % 5,0 % 5,0 %
TNS Forschung 09/10/2010 34,0 % 19,0 % 32,0 % 6,0 % 5,0 %
Infratest 08/09/2010 35,0 % 21,0 % 27,0 % 5,0 % 5,0 %
Dernières élections 26/03/2006 44,2 % 25,2 % 11,7 % 10,7 % 3,1 %

Thèmes[modifier | modifier le code]

Manifestation contre le projet « Stuttgart 21 », en .

La polémique autour du projet ferroviaire « Stuttgart 21 », qui oppose le gouvernement à l'opposition de gauche, et conduit à de fréquentes manifestations de la population à Stuttgart, constitue un thème majeur de la campagne. Avec la demande répétée de l'organisation d'un référendum sur la question, le problème de la démocratie directe devient un autre enjeu de la campagne, un sentiment renforcé par les référendums d'initiative populaire sur les droits des non-fumeurs en Bavière et la réforme éducative à Hambourg. De plus, le gouvernement reste critiqué après avoir décidé de faire disperser une manifestation par la force, la police régionale ayant fait usage de canons à eaux et un homme ayant perdu un œil. Ces événements ont conduit cent mille personnes à défiler à Stuttgart contre « la violence policière et gouvernementale ».

La décision du gouvernement fédéral, soutenu par une coalition identique à celle du gouvernement régional, de prolonger de 14 ans la vie des centrales nucléaires, alors que le premier cabinet rouge-vert de Gerhard Schröder avait décidé la sortie du nucléaire pour , pèse lors de la campagne, dans la mesure où le Bade-Wurtemberg accueille trois centrales de ce type. Cette thématique s'est d'ailleurs nettement renforcée en fin de campagne, du fait de la crise nucléaire au Japon qui a conduit Angela Merkel à reporter l'allongement du durée de vie des centrales, une décision dénoncée comme « politicienne » par l'opposition et l'opinion publique[2].

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives de 2011 dans le Bade-Wurtemberg
Parti Voix Sièges
Votes % MU1 +/- Liste Total +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 1 943 912 39,01 60 en diminution 9 0 60 en diminution 9
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 1 206 182 24,20 9 en augmentation 9 27 36 en augmentation 19
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 1 152 594 23,13 1 en stagnation 34 35 en diminution 3
Parti libéral-démocrate (FDP) 262 784 5,27 0 en stagnation 7 7 en diminution 8
Die Linke (Linke) 139 700 2,80 0 en stagnation 0 0 en stagnation
Parti des pirates (PIRATEN) 103 618 2,08 0 en stagnation 0 0 en stagnation
Autres 174 929 3,51 0 en stagnation 0 0 en stagnation
Votes valides 4 983 719 98,65
Votes blancs et nuls 68 222 1,35
Total 5 051 941 100 70 en stagnation 68 138 en diminution 1
Abstentions 2 570 932 32,73
Nombre d'inscrits / participation 7 622 873 66,27

Analyse[modifier | modifier le code]

Le résultat de ce scrutin présente plusieurs caractéristiques inédites. Ainsi, la CDU reste la principale force du Landtag mais réalise le deuxième plus mauvais résultat de son histoire régionale. Depuis , c'est seulement la quatrième fois qu'elle passe sous le seuil des 40 % des suffrages exprimés. Le véritable succès de ces élections revient aux Grünen. En totalisant 24,2 % des voix, ils réalisent son meilleur score dans une élection parlementaire.

Franchissant pour la première fois la barre des 20 % dans ce type de scrutin, ils parviennent même à devancer le SPD, qui poursuit sa chute et atteint son plus bas historique avec seulement 23,1 % des bulletins valables. Le FDP se trouve dans une position similaire. Avec 5,3 %, il évite de peu d'être expulsé du Landtag et se contente de son pire score depuis .

Les Piraten, bien qu'ils restent hors de l'assemblée connaissent un succès certain alors que la Linke reste exclue du Landtag avec un score en très légère baisse par rapport à .

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le , l'écologiste Winfried Kretschmann est investi ministre-président de Bade-Wurtemberg et forme une cabinet de coalition verte-rouge avec les sociaux-démocrates. Il est le premier membre de l'Alliance 90 / Les Verts à prendre la direction d'un gouvernement en Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]