Élections législatives irakiennes de 2018

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Élections législatives irakiennes de 2018
Les 329 sièges du Conseil des représentants
Type d’élection Parlementaire
Mandat 2018-2022
Participation
44,52 %
Moqtada Sadr (01).jpg En marche – Moqtada al-Sadr
Sièges obtenus 54
Hadi Al-Amiri.jpg Alliance Fatah (en) – Hadi al-Ameri
Sièges obtenus 48
Haider al-Abadi portrait.jpg Alliance de la Victoire (Parti islamique Dawa) – Haïder al-Abadi
Sièges obtenus 42
Ayad Allawi.jpg Al-Wataniya (en) – Iyad Allaoui
Sièges obtenus 21  0
Nouri al-Maliki in Iraqi parliamentary election, 2018 08 (cropped).jpg Coalition de l'État de droit – Nouri al-Maliki
Sièges obtenus 25  −67
Nechirvan Barzani meets with Ali Shamkhani, Tehan 21 January 2018 (29915) (cropped).jpg Parti démocratique du Kurdistan – Netchirvan Barzani
Sièges obtenus 25  0
Usama al-Nujayfi at US Department of State (cropped).jpg Liste Moutahidoun (en) – Usama al-Nujayfi (en)
Sièges obtenus 14  −9
Ammar al-Hakim in Iraqi parliamentary election, 2018 02 (cropped).jpg Mouvement de la sagesse nationale (en) – Ammar al-Hakim (en)
Sièges obtenus 19  −10
Kosrat Rasul.jpg Union patriotique du Kurdistan – Kosrat Rasul Ali (en)
Sièges obtenus 18  −3
Premier ministre
Sortant Élu
Haïder al-Abadi
Coalition de l'État de droit
Adel Abdel-Mehdi
Indépendant

Les élections législatives irakiennes de 2018 se déroulent le 12 mai 2018 en Irak afin d'élire les 329 membres du Conseil des représentants. Initialement prévues pour septembre 2017, les élections sont reportées du fait de la Seconde guerre civile irakienne et l'occupation du Nord du pays par l'État islamique. La guerre s'achève le 9 décembre 2017, permettant la reprise du processus électoral[1].

Entre juin et août 2018, un recomptage des bulletins a eu lieu, ordonné par la Cour suprême fédérale, ne changeant que l'attribution d'un seul siège[2],[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le Conseil des représentants de l'Irak est la chambre basse du parlement bicaméral irakien. Elle est cependant de facto le seul pouvoir législatif, le Conseil de la fédération censé constituer la chambre haute ne s'étant encore jamais réuni depuis la mise en place de la constitution de 2005. Le Conseil est composé de 329 représentants élus pour quatre ans au scrutin proportionnel de liste ouvertes dans dix huit circonscriptions de sept à trente quatre sièges correspondants aux gouvernorats de l'Irak. Les sièges sont répartis selon la méthode de Sainte-Laguë avec un quota de 25 % des sièges réservés aux femmes. Aux élections de 2014, ces dernières ont totalisé 25,30 % des membres du conseil[4].

Sur les 329 sièges, 9 sont réservés aux minorités religieuses ou ethniques, à raison de cinq sièges pour les chrétiens et un chacun pour les Mandéens, Yézidis, Shabaks et Kurdes Feylis, ce dernier ayant été ajouté en février 2018 sur décision du conseil[4].

Conditions[modifier | modifier le code]

Le droit de vote s'acquiert à l'âge de 18 ans. Seules peuvent être élues les personnes âgées d'au moins 30 ans, diplômées de l'enseignement secondaire. Les membres actifs des forces armées ne peuvent se présenter comme candidats. Sont également exclues les personnes condamnées pour détournement de fonds publics ou pour crime d'honneur, ainsi que les anciens cadres du parti Baas[4].

Candidats[modifier | modifier le code]

Parmi les candidats se trouve Mountazer al-Zaïdi, journaliste, connu pour avoir lancé sa paire de chaussures sur le visage de l'ancien président américain, George W. Bush, en décembre 2008[5]. Il se présente sur la liste de l'Alliance des révolutionnaires réformistes de Moqtada al-Sadr et du Parti communiste irakien qu'il présente comme « une liste indépendante qui veut casser les reins au confessionnalisme »[5].

Le , le groupe terroriste Daech revendique l'assassinat de Farouq Zarzour al-Joubouri, candidat sunnite, dans un de ses anciens fiefs[6].

Résultats[modifier | modifier le code]

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Résultats préliminaires des législatives irakiennes de 2018
Partis Voix % Sièges +/-
En marche 54 Nv.
Alliance Fatah (en) 48 Nv.
Alliance de la victoire (en) 42 Nv.
Coalition de l'État de droit 25 Decrease2.svg 67
Parti démocratique du Kurdistan 25 0
Al-Wataniya (en) 21 0
Mouvement de la sagesse nationale (en) 19 Nv.
Union patriotique du Kurdistan 18 Decrease2.svg 3
Liste Moutahidoun (en) 14 Decrease2.svg 9
Mouvement national pour le développement et la réforme - Anbar est notre identité 6 Nv.
Mouvement Gorran 5 Decrease2.svg 4
Mouvement du Kurdistan de le la nouvelle génération 4 Nv.
Tahaluf Baghdad 4 Nv.
Tahalof Tamadon 3 Nv.
Mouvement Eradaa 3 Nv.
Alliance arabe de Kirkouk 3 Increase2.svg2
Mouvement national pour le développement et la réforme - Ninive est notre identité 3 Nv.
Front turkmène irakien 3 Increase2.svg1
Coalition de la forteresse nationale 3 Nv.
Coalition capable pour le changement 2
Mouvement Babylone 2
Bannières de la bienveillance 2
Coalition pour la démocratie et la justice 2 Nv.
Le passage 2
Groupe islamique du Kurdistan 2 Decrease2.svg 1
Union islamique du Kurdistan 2 Decrease2.svg 2
Parti national des masses 2
Congrès national chaldéen 1
Conseil populaire chaldéen syriaque assyrien 1 Decrease2.svg 1
Alliance civile démocratique 1
Approche démocratique 1
Parti civil 1
Assemblée des hommes d'Irak 1
Liste Rafidain 1 Decrease2.svg 1
Mouvement national pour le développement et la réforme - Salah ad Din est notre identité 1
Mouvement yézidi pour la réforme et le progrès 1
Indépendants 2
Suffrages exprimés
Votes blancs et nuls
Total 100 329 Increase2.svg 1
Abstentions
Nombre d'inscrits / participation 44,52

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les résultats du scrutin, au cours duquel les sadristes arrivent en tête, font l'objet de contestations, ce qui mène à un audit du scrutin[7]. Le 6 juin 2018, le Parlement sortant demande un recomptage des voix[8]. Le 10 juin, un incendie criminel a lieu dans un bâtiment où était stocké le matériel électoral[9]. Le 21 juin, la Cour suprême annonce le recomptage total puis, le 24 juin, les nouveaux juges de la commission électorale annoncent que le recomptage ne sera que partiel[10]. Le recomptage finit en août 2018 et ne change l'attribution que d'un siège, l'Alliance Fatha (ou Alliance de la conquête) passe de 47 à 48 sièges au détriment d'un petit parti[3].

La coalition sadiste En marche ayant remporté 54 sièges sur 329 aux élections, ce qui est le meilleur score, Moqtada al-Sadr mène, dès mi-mai, des discussions avec d'autres coalitions afin de former un gouvernement[11]. L'Iran et les États-Unis interviennent chacun de leur côté dans les tractations pour que se forme un gouvernement qui leur convienne. La constitution irakienne accorde un délai de trois mois maximum pour former un gouvernement[12].

Le 12 juin, le courant sadriste et l'Alliance de la conquête (Alliance Fatah, dirigée par Hadi al-Ameri, proche de l'Iran) annoncent un accord de coalition. Cet accord s'ajoute à ceux obtenus avec l'Alliance de la sagesse nationale (dirigée par le dignitaire Ammar al-Hakim (en)) et avec le parti Al-Wataniya de Iyad Allaoui, totalisant ainsi 141 sièges sur les 329 de l'assemblée[13]. Le 23 juin, l'alliance du Premier ministre sortant rejoint la coalition[14].

Le 8 septembre, le courant sadriste et la coalition Fatah appellent à la démission d'Abadi après des émeutes à Bassorah[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Législatives en Irak : « C’est l’une des plus importantes élections depuis longtemps » », sur La Croix, (ISSN 0242-6056, consulté le 19 mai 2018).
  2. « Législatives en Irak : vers un recomptage manuel de tous les votes », le Monde,‎ (lire en ligne).
  3. a et b « Irak : après recomptage, le nationaliste Moqtada Al-Sadr remporte les législatives », sur lemonde.fr, .
  4. a b et c « IPU PARLINE database: IRAQ (Council of Representatives of Iraq), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 25 mai 2018).
  5. a et b « Irak : le lanceur de chaussures contre George W. Bush candidat aux élections », sur Le Monde, (consulté le 6 mai 2018).
  6. « Irak: l'EI revendique pour la première fois l'assassinat d'un candidat aux législatives », sur RFI, (consulté le 7 mai 2018).
  7. « L'Irak ordonne un réexamen des législatives après un test de piratage positif », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 25 mai 2018).
  8. « Le Parlement irakien ordonne un nouveau décompte des voix après les législatives », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 6 juin 2018).
  9. « Irak: à Bagdad, l'incendie du dépôt des bulletins de vote est criminel - Moyen-Orient », sur RFI, (consulté le 11 juin 2018).
  10. « Elections en Irak: nouveau coup de théâtre, le décompte des voix sera partiel », sur RFI, (consulté le 1er juillet 2018).
  11. « Législatives en Irak : la victoire de Moqtada Al-Sadr confirmée par les résultats définitifs », sur lemonde.fr, .
  12. « Début de tractations compliquées en Irak », sur Les Échos, .
  13. « Alliance gouvernementale surprise entre Moqtada Sadr et une liste proche de l'Iran », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 12 juin 2018).
  14. « Irak : coalition entre le premier ministre Abadi et le religieux chiite Sadr », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 1er juillet 2018).
  15. « Irak: les deux principales listes au Parlement réclament la démission du Premier ministre », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 9 septembre 2018).