Élections législatives est-allemandes de 1990

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Élections législatives est-allemandes de 1990
18 mars 1990
Type d’élection législatives
Corps électoral et résultats
Inscrits 12 426 443
Votants 11 604 418
93,38 %
Votes exprimés 11 541 155
Votes blancs 63 263
Lothar de Maizière 2011.jpg Alliance pour l'Allemagne – Lothar de Maizière
Voix 5 544 474
48,04 %
Sièges obtenus 192
Bundesarchiv Bild 183-1990-0222-016, Leipzig, SPD-Parteitag, Ibrahim Böhme crop.jpg Parti social-démocrate – Ibrahim Böhme (de)
Voix 2 525 534
21,88 %
Sièges obtenus 88
Bundesarchiv Bild 183-1989-1117-431, Hans Modrow, Dr..jpg Parti du socialisme démocratique – Hans Modrow
Voix 1 892 381
16,40 %
Sièges obtenus 66  −61
Carte
Président du Conseil des ministres
Sortant Élu
Hans Modrow Lothar de Maizière

Des élections législatives ont lieu en République démocratique allemande (RDA, Allemagne de l'Est) le . Il s'agit de renouveler l'ensemble des quatre cents membres de la Chambre du peuple (Volkskammer), le parlement monocaméral, au suffrage universel direct. Ce sont les premières élections où les citoyens de la RDA aient un choix entre différents candidats, et les premières de ce type dans l'est de l'Allemagne depuis celles de mars 1933. Elles aboutissent à la dissolution de la RDA et à la réunification de l'Allemagne en octobre. Ce sont donc les dernières élections législatives avant la disparition de l'Allemagne de l'Est[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'élections anticipées ; le Parlement élu en 1986 avait en principe un mandat de cinq ans. Les manifestations populaires de septembre et octobre 1989 amènent à la démission du gouvernement le 8 novembre. Le lendemain, le mur de Berlin est ouvert : les citoyens est-allemands peuvent voyager librement à l'ouest. Le 13 novembre, le Parlement élit Hans Modrow à la tête du gouvernement. Le gouvernement Modrow introduit les réformes nécessaires à des élections libres, prévues pour mai 1990, puis avancées au mois de mars.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Précédemment, tous les partis politiques appartenaient à une coalition, le « Front national de la RDA », dirigé par le Parti socialiste unifié (SED). Les autorités attribuent par avance un nombre de sièges à chaque parti, et soumet une liste unique aux électeurs de chaque circonscription. Les citoyens sont invités uniquement à approuver ou rejeter les noms des candidats qui leur sont proposés.

Pour les élections de 1990, les soixante-treize circonscriptions électorales sont réduites à quinze. Chaque parti politique propose aux citoyens une liste de candidats pour chaque circonscription. L'élection se déroule ainsi au scrutin proportionnel plurinominal : les électeurs votent pour la liste du parti de leur choix. Pour la première fois, les différents partis politiques sont donc en concurrence, plutôt que d'appartenir à un front commun. Chaque parti obtient un siège « pour toute tranche de 0,25% des suffrages exprimés en sa faveur » au niveau national, attribués selon les résultats de chaque parti dans chaque circonscription, sans seuil minimal pour être représenté au Parlement[1].

Le nombre de sièges au Parlement, qui était de cinq cents en 1986, est réduit à quatre cents[1].

Partis politiques et campagne électorale[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste unifié, parti marxiste-léniniste dominant tout au long de l'histoire de la RDA, se transforme en Parti du socialisme démocratique (PDS). Au centre-gauche, le Parti social-démocrate est fondé en octobre 1989, s'inspirant de son équivalant ouest-allemand. Quant aux partis de droite, ils s'unissent en une « Alliance pour l'Allemagne », dominée par l'Union chrétienne-démocrate (CDU). La CDU avait subsisté durant l'ère communiste, mais transformée en parti de socialisme chrétien et intégrée au Front national. Fin 1989, elle redevient un parti conservateur, hostile au socialisme[1].

Au total, vingt-quatre partis ou alliances présentent des listes de candidats[1].

La campagne électorale est « marquée par des visites fréquentes de personnalités politiques de la République fédérale d'Allemagne (Allemagne de l'Ouest), accompagnées d'importantes rentrées de fonds pour les partis ». La CDU, en particulier, est soutenue par son parti homologue à l'ouest, et par le chancelier Helmut Kohl. La CDU, dans les deux Allemagne, prône une réunification rapide, à travers une fusion de la RDA dans la RFA. La CDU souhaite par ailleurs la disparition du socialisme et « la mise en place d'une économie de marché ». Les Sociaux-démocrates, favoris des sondages, souhaitent « le maintien de certaines traditions socialistes de la RDA », et « une réunification à pas mesurés pour éviter des problèmes de chômage et de stabilité économique ». Le PDS, pour sa part, fait campagne pour le « maintien de certaines structures caractéristiques de la RDA, soulignant en particulier la nécessité pour l'État d'assurer une protection sociale intégrale »[1].

Résultats et suites[modifier | modifier le code]

Le taux de participation est de 93,38 %. « À la surprise générale », la droite remporte les élections, obtenant 48 % des suffrages et des sièges. Les observateurs attribuent leur victoire au souhait des citoyens de voir une réunification rapide de l'Allemagne. Seuls une douzaine de députés sortants conservent leurs sièges ; le PDS termine troisième, derrière les Sociaux-démocrates. Le Parti social-démocrate et la Fédération des démocrates libres (libéraux) acceptent de rejoindre un gouvernement de coalition mené par la CDU. Le nouveau Parlement élit Lothar de Maizière (CDU) au poste de président du Conseil des ministres. Il est le premier et dernier non-communiste à diriger le gouvernement est-allemand[1].

La réunification procède rapidement ; le Parlement issu de ces élections siège uniquement d'avril à octobre 1990, ayant ratifié le traité d'unification en septembre. La RDA disparaît le 3 octobre. Le 2 décembre ont lieu des élections fédérales à travers toute l'Allemagne[1].

Parti Idéologie Voix % Sièges[1] Changement par
rapport à 1986
Union chrétienne-démocrate
Christlich Demokratische Union, CDU
conservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme économique 4 710 598 40,82 163 +111
Union sociale allemande
Deutsche Soziale Union, DSU
national-conservatisme, conservatisme social, anti-socialisme 727 730 6,30 25 n/a
Renouveau démocratique
Demokratischer Aufbruch
conservatisme chrétien 106 146 0,92 4 n/a
total Alliance pour l'Allemagne - 5 544 474 48,04 192 n/a
Parti social-démocrate
Sozialdemokratische Partei, SPD
social-démocratie 2 525 534 21,88 88 n/a
Parti du socialisme démocratique
Partei des Demokratischen Sozialismus, PDS
socialisme démocratique 1 892 381 16,40 66 -61
Fédération des démocrates libres
Bund Freier Demokraten, BFD
libéralisme 608 935 5,28 21 -31
Alliance 90 progressisme, écologisme, mouvement alternatif 336 074 2,91 12 n/a
Parti paysan démocratique
Demokratische Bauernpartei, DBD
agrarisme 251 226 2,18 9 -43
Parti vert / Association indépendante des femmes
Grüne Partei / Unabhängiger Frauenverband, UFV
écologisme, représentation politique des femmes 226 932 1,97 8 n/a
Parti national-démocrate
Nationaldemokratische Partei, NDPD
libéralisme, nationalisme 44 292 0,38 2 -50
Ligue démocratique des femmes d'Allemagne
Demokratischer Frauenbund, DFD
féminisme, humanisme, équité sociale, anti-fascisme 38 192 0,33 1 -31
Alliance d'action de la gauche unie
Aktionsbündnis Vereinigte Linke
socialisme démocratique, trotskisme, marxisme, socialisme chrétien 20 342 0,17 1 n/a
autres - 52 773 0,45 0 -133

Références[modifier | modifier le code]