Élections législatives de 2020 à Saint-Martin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Élections législatives de 2020 à Saint-Martin
Voir et modifier les données sur Wikidata
Corps électoral et résultats
Inscrits 23 106
Votants 13 735
59,44 %  −2,4
Votes blancs et nuls 402
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Alliance nationale – Silveria Jacobs
Voix 4 715
35,20 %
 +4,7
Sièges obtenus 6  +1
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Parti populaire uni – Rolando Brison
Voix 3 231
24,24 %
Sièges obtenus 4  +4
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Parti uni de Saint-Martin – Frans Richardson
Voix 1 762
13,19 %
 0
Sièges obtenus 2  0
Premier ministre
Sortant Élu
Silveria Jacobs (intérim)
Alliance nationale
Silveria Jacobs
Alliance nationale

Des élections législatives se déroulent de manière anticipée le dans la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin afin de renouveler les 15 membres de son Parlement.

Le scrutin aboutit à une alternance, les partis d'opposition ayant tous obtenus des résultats en nette hausse. Un gouvernement de coalition est rapidement formé, réunissant l'Alliance nationale et le Parti populaire uni, arrivés en tête des suffrages.

Contexte[modifier | modifier le code]

Leona Marlin-Romeo

Les élections ont lieu de manière anticipée pour la cinquième fois en dix ans à la suite de la chute du gouvernement de la Première ministre Leona Marlin-Romeo le [1]. Cette instabilité politique est notamment due aux difficiles négociations avec le gouvernement néerlandais concernant la gestion d'un fond d'aides au redressement mis en place à la suite du passage des ouragans Irma et Maria, le gouvernement central à La Haye souhaitant conditionner ces aides d'un montant de 550 millions d'euros à des mesures anti-corruption et anti-immigration. Cette instabilité s’ajoute à celle existant de longue date sur l’ile, Saint Martin ayant connue la chute de neuf gouvernements au cours des dix dernières années. À la tête d'un gouvernement de coalition réunissant les sept élus de son parti, Démocrates unis (UD), et l'unique député du Parti chrétien (CP), Leona Marlin-Romeo dispose d'une majorité d'un seul siège au parlement lorsque l'un des élus UD, Franklin Meyers, annonce début septembre son départ du parti pour siéger dans l'opposition en tant que député indépendant[2].

Le , l'Alliance nationale et le Parti uni de Saint-Martin - fort du soutien de Meyers - annoncent disposer de la majorité absolue nécessaire à la formation d'un nouveau gouvernement, et votent dans la foulée une motion de censure à l'encontre de Marlin-Romeo et de cinq de ses six ministres. Celle ci réagit cependant en déclenchant auparavant des élections anticipées pour le . Le décret est signé le lendemain par le gouverneur Eugène Holiday[3].

Après une série de consultations menées par le gouverneur, l'opposition parvient néanmoins a former un nouveau gouvernement chargé d'assurer l'intérim jusqu'au nouveau scrutin, non sans critiquer vivement la décision de provoquer un nouveau scrutin alors qu'elle disposait d'une majorité. La nouvelle coalition se compose de l'Alliance nationale et du Parti uni de Saint-Martin ainsi que de deux autres députés DU frondeurs, Luc Mercelina et Chanel Brownbill. La député Silveria Jacobs, de l'Alliance nationale, succède à Marlin-Roméo au poste de Première ministre, bien que la formation de son cabinet, étalée sur plusieurs semaine, ne permettre à celui ci de ne prêter serment au complet que le suivant[4],[5].

Le gouvernement cherche initialement maintenir le scrutin le , un choix qui entraîne le la démission de l'ensemble des membres de la commission électorale qui l'estime en violation de l'article 23 de la Constitution de Saint-Martin. Ce dernier accorde à l'ensemble des citoyens majeurs résidant dans le territoire le droit de participer aux élections[6],[7]. Or, des élections organisées en novembre auraient conduit à empêcher de nouveaux partis de participer, ceux ci devant s'enregistrer au minimum six semaines avant le jour du scrutin. Cette crise institutionnelle amène plusieurs députés néerlandais à appeler à une intervention du gouvernement central[8],[9]. Confronté à ces pressions, le gouvernement par intérim décide de reporter l'organisation des nouvelles élections au [10].

Système politique et électoral[modifier | modifier le code]

L'île de Saint-Martin est une île des caraïbes dont la partie néerlandaise est organisée sous la forme d'une monarchie parlementaire. L'île forme un État du Royaume des Pays-Bas à part entière depuis la dissolution des Antilles néerlandaises en 2010. Le roi Guillaume-Alexandre en est nominalement le chef de l'État et y est représenté par un gouverneur.

Le parlement est monocaméral. Son unique chambre, appelée États de Saint-Martin, est composée de 15 députés élus pour 4 ans selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal dans une unique circonscription[11]. Les États de Saint-Martin nomment le Premier ministre qui forme son gouvernement. Ce même Premier ministre propose au souverain un gouverneur de Saint-Martin, représentant de la couronne nommé pour un mandat de six ans renouvelable une fois.

Peuvent participer au scrutin les partis représentés au parlement ou ayant recueilli les signatures d'au moins 1 % du nombre de votes valides aux élections précédentes, soit ici 136 voix[12]. La récolte des signatures a lieu le , et voit le Parti pour le progrès (PFP), le Parti populaire uni (UP) et l'Alliance populaire progressiste (PPA) parvenir tous les trois à rassembler suffisamment de soutiens, avec respectivement 311, 205 et 178 signatures[13].

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des législatives de 2020 à Saint-Martin[14]
Sint Maarten Estates 2020.svg
Partis Voix % +/- Sièges +/-
Alliance nationale (NA) 4 715 35,36 Increase2.svg 4,82 6 Increase2.svg 1
Parti populaire uni (UPP) 3 231 24,23 -[a] 4 Increase2.svg 4
Parti uni de Saint-Martin (USP) 1 762 13,21 Increase2.svg 0,02 2 Steady.svg
Parti pour le progrès (PFP) 1 407 10,55 Nv 2 Increase2.svg 2
Démocrates unis (UD) 1 161 8,71 Decrease2.svg 33,70 1 Decrease2.svg 6
Parti chrétien (CP) 759 5,69 Decrease2.svg 3,02 0 Decrease2.svg 1
Alliance populaire progressiste (PPA) 326 2,45 Increase2.svg 0,38 0 Steady.svg
Suffrages exprimés 13 333 97,07
Votes blancs 89 0,65
Votes nuls 313 2,28
Total 13 735 100 - 15 Steady.svg
Abstention 9 371 40,56
Inscrits/Participation 23 106 59,44

Analyses et conséquences[modifier | modifier le code]

Le scrutin est marqué par la progression des partis d'opposition. L'Alliance nationale arrive ainsi largement en tête avec une avance de plus de 10 % des voix sur le Parti populaire uni. Ce dernier tire parti de sa reformation après le retrait de ses membres du parti Démocrates unis - issu de sa fusion en 2018 avec le Parti démocratique -, dont les résultats s'effondrent. Le parti chrétien perd également toute représentation, reléguant dans l'opposition les partis de la coalition pré-dissolution, ceux-ci ne totalisant plus qu'un seul siège[15].

Le récent Parti pour le progrès, qui trouve principalement soutien parmi la jeunesse de l'île, entre au parlement avec deux sièges. Une coalition entre celui ci et l'Alliance nationale est un temps évoquée[16], avant qu'un accord pour un gouvernement de coalition ne soit finalement signé entre l'Alliance et le Parti populaire uni le , avec Silveria Jacobs pour Premier ministre[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Parti existant, mais qui n'avait pas concouru en 2018, ayant fusionné avec le Parti démocrate pour former Démocrates unis

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Nouvelles élections anticipées à Sint Maarten », sur www.lepelican-journal.com (consulté le 9 janvier 2020).
  2. (da) « Sint-Maarten naar de stembus in november », sur Caribisch Netwerk (consulté le 8 janvier 2020).
  3. (en) Editorial Dept., « UPDATE: Parliament passes motion of no confidence against five ministers - The Daily Herald Newspaper St. Maarten », sur www.thedailyherald.sx (consulté le 8 janvier 2020).
  4. (en) Editorial Dept., « Governor requests NA leader to form interim government - The Daily Herald Newspaper St. Maarten », sur www.thedailyherald.sx (consulté le 8 janvier 2020).
  5. (en) Editorial Dept., « St. Maarten has new government - The Daily Herald Newspaper St. Maarten », sur www.thedailyherald.sx (consulté le 8 janvier 2020).
  6. (nl) « Gouverneur St.-Maarten verplaatst verkiezingen », sur Telegraaf, (consulté le 8 janvier 2020).
  7. (nl) « Staatsregeling van Sint Maarten », sur decentrale.regelgeving.overheid.nl (consulté le 5 janvier 2020).
  8. (nl) « CDA en VVD denken aan bestuurlijk ingrijpen op Sint-Maarten », sur Caribisch Netwerk (consulté le 8 janvier 2020).
  9. (hr) « Privacy settings », sur www.trouw.nl (consulté le 8 janvier 2020).
  10. (nl) « Verkiezingen Sint-Maarten uitgesteld tot januari », sur Caribisch Netwerk (consulté le 5 janvier 2020).
  11. Constitution Estates of Sint Maarten
  12. [PDF] (en) Loi électorale sintmaartengov
  13. (en) Editorial Dept., « All 3 parties surpass minimum signatures, qualify for elections - The Daily Herald Newspaper St. Maarten », sur www.thedailyherald.sx (consulté le 5 janvier 2020).
  14. « Overall Party Election Results 2020 », sur www.sintmaartengov.org (consulté le 10 janvier 2020).
  15. « Elections à Sint Maarten : National Alliance obtient 6 sièges au Parlement », sur www.lepelican-journal.com (consulté le 14 janvier 2020).
  16. « Un nouveau gouvernement de coalition envisagé à Sint-Maarten - Martinique la 1ère », sur Martinique la 1ère (consulté le 14 janvier 2020).
  17. « Les deux partis en tête des élections de Sint Maarten forment une coalition », sur www.lepelican-journal.com (consulté le 14 janvier 2020).

Articles connexes[modifier | modifier le code]