Élections législatives de 2012 en Nouvelle-Calédonie

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Résultats des élections législatives en Nouvelle-Calédonie en juin 2012

Les élections législatives françaises de 2012 se déroulent les 10 et . Dans la collectivité de Nouvelle-Calédonie, non concernée par le redécoupage électoral, deux députés sont à élire dans le cadre de deux circonscriptions.

Élus[modifier | modifier le code]

Circonscription Député sortant Parti Député élu ou réélu Parti
= 1re Gaël Yanno UMP Sonia Lagarde UDI-CE
= 2e Pierre Frogier[note 1] UMP Philippe Gomès UDI-CE
  1. Son siège est néanmoins vacant depuis son élection au Sénat en septembre 2011.

Campagne[modifier | modifier le code]

Anti-indépendantistes[modifier | modifier le code]

Rassemblement-UMP et Avenir ensemble[modifier | modifier le code]

Le Rassemblement-UMP et L'Avenir ensemble présentent des candidatures communes, avec l'investiture nationale de l'UMP. Les titulaires, tous deux issus du Rassemblement-UMP, sont désignés dès le  : le sortant Gaël Yanno dans la 1re circonscription, le maire du Mont-Dore Éric Gay dans la 2e avec une suppléante de L'Avenir ensemble (Armande Duraisin). Gaël Yanno prend pour sa part comme suppléant, annoncé le , un de ses collaborateurs à la mairie de Nouméa et jeune Kanak (31 ans) originaire de Maré ayant grandi dans le quartier difficile de Rivière-Salée, Shonu Wayaridri.

Calédonie ensemble[modifier | modifier le code]

Le conseil politique de Calédonie ensemble propose le comme candidats Sonia Lagarde et Philippe Gomès, avec comme suppléants Hélène Iekawé et Gérard Poadja respectivement. Une équipe de campagne est également constituée à cette occasion dans la 1re circonscription, avec Philippe Dunoyer comme porte-parole et Frédéric de Greslan et Évelyne Lèques comme coprésidents du comité de soutien[1]. Le parti veut faire des élections législatives un « référendum » pour ou contre la politique menée depuis 2011 par la nouvelle majorité locale formée du côté anti-indépendantiste par le Rassemblement-UMP et L'Avenir ensemble et du côté indépendantiste par l'UC, le RDO, la DUS, le Parti travailliste et l'UC-R[2]. La campagne du parti se fait dans un contexte particulier, avec le lancement le d'un procès contre Philippe Gomès pour « prise illégale d'intérêt et abus de biens sociaux », qui conclut le 7 mai suivant à une condamnation à une peine de cinq mois de prison avec sursis et 2 millions d'amende pour le premier chef d'inculpation (et pour lequel il fait appel) et à un acquittement pour le second.

Les candidats de Calédonie ensemble sont également soutenus par le Mouvement de la diversité (LMD) de Simon Loueckhote[3] et l'Union pour un destin calédonien (UDC) de Nathalie Brizard et Corine David.

Rassemblement pour la Calédonie[modifier | modifier le code]

Le comité directeur du Rassemblement pour la Calédonie (RPC) décide le de présenter des candidats dans les deux circonscriptions, dont Isabelle Lafleur, nouvelle présidente du parti et fille de son fondateur et ancien homme fort de la politique locale Jacques Lafleur décédé l'année précédente, dans la 1re circonscription. Elle présente le son suppléant : Amy Wahéo, enseignant originaire de Maré et ancien conseiller RPCR de la Région des Îles Loyauté et du Congrès du Territoire du au .

Le , les candidats dans la 2e circonscription sont présentés : le titulaire est Cédrik Sangarné, 35 ans, directeur d'école primaire publique à Nouméa et originaire de Ouaco, et sa suppléante est Gisèle Martin, responsable du Lions Clubs Nouvelle-Calédonie Nord, ancienne dirigeante de la section RPCR de Koumac et élue à l'Assemblée de la Province Nord de 2004 à 2009.

Front national[modifier | modifier le code]

Lors d'une réunion de soutien à la candidature présidentielle de Marine Le Pen à Nouméa le , la secrétaire fédérale du Front national en Nouvelle-Calédonie, Bianca Hénin, confirme sa candidature dans la 2e circonscription. Son suppléant est Patrice Peyrolle-Drayton. Après avoir annoncé dans un premier temps ne présenter personne dans la 1re, le nom de Pierre Aubé (ancien vice-président de la fédération de la faune et de la chasse en Nouvelle-Calédonie et professeur de l'enseignement technique à la retraite, ancien adjoint au maire de Coutances dans les années 1970) est finalement avancé, avec pour suppléant Stéphane Chipault (qui était président du comité de soutien « Marine 2012 » en Nouvelle-Calédonie pour l'élection présidentielle).

Candidature retirée[modifier | modifier le code]

Le , Paul Wéma annonce sa candidature sans étiquette comme divers anti-indépendantiste. Ingénieur des mines et fils de Delin Wéma (ancien proche du sénateur Dick Ukeiwé qui fut ministre territorial et élu RPCR puis DECA au Congrès dans les années 1980 et 1990), il dit vouloir moderniser la coutume, promouvoir une « Nouvelle-Calédonie émancipée dans la France » et fédérer les grands opérateurs métallurgiques pour qu’ils mutualisent leurs importations et leurs exportations[4]. Il ne fait toutefois pas partie des 13 candidats retenus officiellement au soir du .

Indépendantistes[modifier | modifier le code]

Les différentes composantes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), mais aussi la Dynamik unitaire Sud (DUS), le Parti travailliste et les mouvements Libération kanak socialiste (LKS) et Unir et construire dans le renouveau (UC-R), appellent à des candidatures communes indépendantistes dans les deux circonscriptions. Mais les tensions restent importantes entre l'Union calédonienne (UC) alliée au Rassemblement démocratique océanien (RDO), à la DUS, au Parti travailliste et à l'UC-R d'une part, et le Parti de libération kanak (Palika), allié à l'Union progressiste en Mélanésie (UPM) et au LKS d'autre part, au sujet de la majorité formée depuis un an localement entre les premiers et les anti-indépendantistes du Rassemblement-UMP et de L'Avenir ensemble.

Après plusieurs réunions infructueuses, le bureau politique du FLNKS présente le les candidats unitaires dans les deux circonscriptions :

Divers[modifier | modifier le code]

Partis de gauche nationale[modifier | modifier le code]

Pour la première fois depuis 1981, deux candidats représentent des partis nationaux de gauche dans la première circonscription indépendamment des formations indépendantistes locales :

  • la section locale du Parti socialiste (PS) annonce le la candidature de son premier secrétaire, le docteur Michel Jorda, avec pour suppléante Marie-Paule Robert, ancienne responsable du centre de traitement des violences conjugales. S'inscrivant dans la continuité de l'organisation de la primaire présidentielle socialiste de 2011 (menée conjointement avec le Palika) et du comité de soutien local à la campagne de François Hollande (réunissant l'ensemble des mouvements indépendantistes), il estime notamment que « dans la première circonscription, et singulièrement à Nouméa, il y a tout un électorat qui se reconnaît dans les valeurs de la gauche sans pour autant être indépendantiste ». Dans la 2e circonscription, le PS néo-calédonien apporte son soutien au candidat du FLNKS (et membre du Palika) Jean-Pierre Djaïwé, « parce qu'il est de gauche, pas parce qu'il est indépendantiste »[5].
  • le Front de gauche, qui a commencé à se structurer en Nouvelle-Calédonie durant la campagne de l'élection présidentielle pour soutenir Jean-Luc Mélenchon (qui a recueilli localement 3,28 % des suffrages au premier tour), avance également un nom aux élections législatives, connu uniquement lors de la publication officielle des candidatures le . Il s'agit de Richard Sio, employé à la mairie de Nouméa et président de l'Union générale des parents d'élèves (de tendance indépendantiste), avec pour suppléante Agnès Mathevon, responsable opérationnelle de l'association de défense des droits des homosexuels « Homo-Sphère » et ancienne présidente du comité de soutien local de Jean-Luc Mélenchon.

« Accordiste »[modifier | modifier le code]

Stéphane Hénocque, biologiste (et ancien enseignant) spécialisé dans les questions environnementales et assistant du directeur du programme interprovincial « Forêt sèche », annonce très tôt sa candidature, dès . Président fondateur depuis 2008 de l'association « Convergence pays » (qui déclare s'inscrire « pleinement dans le processus de l'Accord de Nouméa » pour « œuvrer à la construction de notre pays » avec pour valeurs « le respect, la tolérance, la solidarité, la justice, la laïcité » et dans le but de construire une « société pluriculturelle » et une identité néo-calédonienne commune, un « développement durable » et une « meilleure gouvernance »)[6], ainsi que trésorier depuis sa création en 2010 du Collectif pour un drapeau commun, il se présente comme « apolitique » et dénonce ce qu'il appelle la « corruption » des dirigeants politiques (citant tout particulièrement les « partis historiques comme l'UC ou le RPCR » qu'il compare à « des plaies »)[7]. Il présente le son suppléant : Seleone Tuulaki du Parti socialiste, ingénieur, membre du comité de soutien néo-calédonien à François Hollande pour l'élection présidentielle, ancien secrétaire général du Rassemblement océanien pour une Calédonie plurielle (ROC Plurielle), parti politique représentant la communauté wallisienne et futunienne appelant au rapprochement entre Polynésiens et Mélanésiens.

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats au niveau néo-calédonien[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 en Nouvelle-Calédonie
Partis Premier tour Second tour Sièges
Voix % Voix %
Calédonie ensemble 23 874 30,2 45 735 53,06 2
FLNKS 21 795 27,57 25 648 29,76
Rassemblement-UMP 19 693 24,91 14 811 17,18
RPC 5 890 7,45
FN 4 277 5,41
Sans étiquette 1 616 2,04
PS 1 272 1,61
Front de gauche 627 0,79
Anti-indépendantistes 55 350 70,02 60 546 70,24 2
Indépendantistes 23 694 29,98 25 648 29,76 0
Inscrits 165 826 100,00 165 748 100,00 2
Abstentions 85 139 51,34 74 918 45,2
Votants 80 687 48,66 90 830 54,8
Blancs et nuls 1 643 2,04 4 636 5,1
Exprimés 79 044 97,96 86 194 94,9

Première circonscription de Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

Député sortant : Gaël Yanno (Rassemblement-UMP)

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 1re circonscription de Nouvelle-Calédonie[8]
Candidat[9] Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Gaël Yanno* Rassemblement-UMP 10 879 30,96 14 811 46,07
Sonia Lagarde Calédonie ensemble 9 404 26,76 17 337 53,93
Robert Xowie FLNKS 5 905 16,80
Isabelle Lafleur RPC 3 697 10,52
Pierre Aubé FN 1 743 4,96
Stéphane Hénocque Sans étiquette 1 616 4,60
Michel Jorda PS 1 272 3,62
Richard Sio Front de gauche 627 1,78
Inscrits 76 453 100,00 76 406 100,00
Abstentions 40 688 53,22 41 331 54,09
Votants 35 765 46,78 35 075 45,91
Blancs et nuls 620 1,73 2 927 8,34
Exprimés 35 145 98,27 32 148 91,66
* député sortant

Députée élue : Sonia Lagarde (Calédonie ensemble)

Deuxième circonscription de Nouvelle-Calédonie[modifier | modifier le code]

Député sortant : Pierre Frogier (Rassemblement-UMP)

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 2e circonscription de Nouvelle-Calédonie[10]
Candidat[9] Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Jean-Pierre Djaïwé FLNKS-PS 15 890 36,20 25 648 47,46
Philippe Gomès Calédonie ensemble 14 470 32,96 28 398 52,54
Éric Gay Rassemblement-UMP 8 814 20,08
Bianca Hénin FN 2 534 5,77
Cédrik Sangarné RPC 2 193 5,00
Inscrits 89 323 100,00 89 342 100,00
Abstentions 44 413 49,72 33 596 37,59
Votants 44 910 50,28 55 746 62,4
Blancs et nuls 1 009 2,25 1 700 3,05
Exprimés 43 901 97,75 54 046 96,95

Député élu : Philippe Gomès (Calédonie ensemble)

Analyse[modifier | modifier le code]

Au soir du premier tour, la mobilisation a été faible dans l'archipel, les chiffres oscillant entre 46 et 50 % de participation. Dans la 1re circonscription, Gaël Yanno est en tête avec 30,96 % et Sonia Lagarde le seconde avec 26,76 %. Dans la 2e circonscription, Éric Gay avec 20,2 % des votes est éliminé. C'est le candidat indépendantiste qui arrive premier avec 36,20 % des voix suivi par Philippe Gomès à 32,96 %[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]