Élections législatives danoises de 2015

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Élections législatives danoises de 2015
Corps électoral et résultats
Population 5 668 743
Votants 4 145 105
85,89 %
Votes blancs 27 813
Thorning-Schmidt.jpg Sociaux-démocrates – Helle Thorning-Schmidt
Voix 924 940
26,3 %
 +1,4
Sièges obtenus 47  +3
Kristian Thulesen Dahl, politiker, Dansk Folkeparti, Ridder af Dannebrog.jpg Parti populaire danois – Kristian Thulesen Dahl
Voix 741 746
21,1 %
 +8,8
Sièges obtenus 37  +15
Lars Løkke Rasmussen foran Amalienborg 7 april 2009.JPG Parti libéral – Lars Løkke Rasmussen
Voix 685 188
19,5 %
 −7,2
Sièges obtenus 34  −13
Enhedslisten.svg Liste de l'unité – Direction collective
Voix 274 463
7,8 %
 +1,1
Sièges obtenus 14  +2
Anders Samuelsen.jpg Alliance libérale – Anders Samuelsen
Voix 265 129
7,5 %
 +2,5
Sièges obtenus 13  +4
Danmarks kulturminister Uffe Elbaek vid Nordiska Radets session 2011 i Kopenhamn.jpg L'Alternative – Uffe Elbæk
Voix 168 788
4,8 %
Sièges obtenus 9  +9
Den danske uddannelsesminister Morten Oestergaard. Mote i ministerradet for utbildning och forskning i forbindelse med Nordiska radets 64-e session i Helsingfors. Wednesday 31. October 2012.jpg Parti social-libéral – Morten Østergaard
Voix 161 009
4,6 %
 −4,9
Sièges obtenus 8  −9
SFP Pia Olsen Dyhr.png Parti populaire socialiste – Pia Olsen Dyhr
Voix 147 578
4,2 %
 −5
Sièges obtenus 7  −9
SørenPape2.JPG Parti populaire conservateur – Søren Pape Poulsen
Voix 118 003
3,4 %
 −1,5
Sièges obtenus 6  −2
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Helle Thorning-Schmidt
SD
Lars Løkke Rasmussen
V

Les élections législatives danoises de 2015 ont eu lieu le [1], pour élire les 179 membres du Folketing, le parlement danois, pour un nouveau mandat de quatre ans.

Le bloc de gauche conduit par la Première ministre sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt est devancé d'un siège par les partis du bloc de droite au sein duquel le Parti populaire danois nationaliste réussit une percée en devançant le Parti libéral de l'ancien Premier ministre Lars Løkke Rasmussen.

Date[modifier | modifier le code]

Selon la Constitution danoise, les élections législatives devaient se tenir avant le , étant donné que les élections précédentes se sont tenues le 15 septembre 2011. Le Premier ministre pouvant néanmoins convoquer de nouvelles élections à tout moment, à moins que les dernières élections se soient tenues plus de quatre ans auparavant, Helle Thorning-Schmidt a annoncé le que les prochaines élections législatives seraient convoquées le 18 juin suivant[1].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Les 179 députés du Folketing sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans via un système électoral mixte associant un scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre de circonscriptions associé à une répartition par compensation.

Les 179 députés sont répartis comme suit[2],[3] :

Contexte[modifier | modifier le code]

L'actuelle coalition gouvernementale, dirigée par Helle Thorning-Schmidt, est composée des Sociaux-démocrates et du Parti social-libéral. Le Parti populaire socialiste et l'Alliance Rouge-Verte soutiennent quant à eux le gouvernement, sans en faire partie. Le gouvernement est composé de 13 ministres sociaux-démocrates et de 7 ministres sociaux-libéraux.

Jusqu'en février 2014, le Parti populaire socialiste était membre du gouvernement de coalition, avant de le quitter. La coalition connait également des relations tendues avec l'Alliance Rouge-Verte, devant négocier projet de loi par projet de loi, et préférant parfois coopérer avec la Venstre, parti pourtant plus à droite[4]. De façon symbolique, le député Frank Aaen, membre de l'Alliance Rouge-Verte, n'a ainsi adressé ses vœux pour la nouvelle année au ministre des Finances, Bjarne Corydon, que le 28 février 2013, le gouvernement n'étant alors pas parvenu à rencontrer les dirigeants de son parti depuis le début de l'année 2013[4].

Un remaniement gouvernemental majeur a eu lieu le 3 février 2014, lors du départ du Parti populaire socialiste, à la suite de la vente des actions de la société publique d'énergie DONG Energy à la banque d'investissement Goldman Sachs. Cela a déclenché une grave crise au sein du parti, et deux anciens ministres ont quitté le parti pour rejoindre les sociaux-démocrates, pour l'un, et le Parti social-libéral pour l'autre[5].

Campagne[modifier | modifier le code]

Partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Danemark propre
Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2011
Parti libéral (V)
Venstre
Centre droit
Libéral-conservatisme
Lars Løkke Rasmussen
(Député)
26,7 % des voix
47 députés
Sociaux-démocrates (A)
Socialdemokraterne
Centre gauche
Social-démocratie
Helle Thorning-Schmidt
(Première ministre)
24,9 % des voix
44 députés
Parti populaire danois (O)
Dansk Folkeparti
Extrême droite
Conservatisme social, nationalisme
Kristian Thulesen Dahl
(Député)
12,3 % des voix
22 députés
Parti social-libéral (B)
Det Radikale Venstre
Centre gauche
Social-libéralisme
Morten Østergaard
(Ministre de l'Économie et de l'Intérieur)
9,5 % des voix
17 députés
Parti populaire socialiste (F)
Socialistik Folkeparti
Gauche
Socialisme démocratique, écologie politique
Pia Olsen Dyhr
(Député)
9,2 % des voix
16 députés
Liste de l'unité (Ø)
Enhedslisten
Extrême gauche
Anticapitalisme, écosocialisme
Direction collégiale 6,7 % des voix
12 députés
Alliance libérale (I)
Liberal Alliance
Centre droit
Libéralisme
Anders Samuelsen
(Député)
5,0 % des voix
9 députés
Parti populaire conservateur (C)
Det Konservative Folkeparti
Centre droit
Conservatisme
Søren Pape Poulsen
(Député)
4,9 % des voix
8 députés
Chrétiens démocrates (K)
Kristendemokraterne
Centre droit
Démocratie chrétienne
Stig Grenov
0,8 % des voix
0 députés
L'Alternative (Å)
Alternativet
Gauche
Écologie politique
Uffe Elbæk
(Député)
créé en 2013
Groenland
Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2011
Communauté inuit (IA)
Inuit Ataqatigiit
Gauche
Indépendantisme groenlandais, socialisme démocratique
Sara Olsvig
(Députée)
42,7 % des voix
1 député
En avant
Siumut
Centre gauche
Indépendantisme groenlandais, social-démocratie
Kim Kielsen
(Premier ministre du Groenland)
37,7 % des voix
1 député
Les Démocrates
Demokraatit
Centre droit
Social-libéralisme
Anda Uldum
(Député du Groenland)
12,6 % des voix
aucun
Atassut Centre droit
Libéral-conservatisme
Knud Kristiansen
(Député du Groenland)
7,5 % des voix
aucun
Îles Féroé
Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2011
Parti de l'union
Sambandsflokkurin
Centre droit
Libéralisme
Kaj Leo Johannesen
(Premier ministre des Îles Féroé)
30,8 % des voix
1 député
Parti social-démocrate
Javnaðarflokkurin
Centre gauche
Social-démocratie
Aksel V. Johannesen
(Députés des Îles Féroé)
21,0 % des voix
1 député
République
Tjóðveldi
Centre gauche
Nationalisme féroïen, social-démocratie
Høgni Hoydal
(Député des Îles Féroé)
19,4 % des voix
aucun
Parti du peuple
Fólkaflokkurin
Centre droit
Nationalisme féroïen, libéral-conservatisme
Jørgen Niclasen
(Ministre des Finances des Îles Féroé)
19,0 % des voix
aucun
Parti du Centre
Miðflokkurin
Centre
Démocratie chrétienne
Jenis av Rana
(Députée des Îles Féroé)
4,2 % des voix
aucun
Parti de l’auto-gouvernement
Sjálvstýrisflokkurin
Centre
Social-libéralisme
Jógvan Skorheim 2,3 % des voix
aucun

Sondages[modifier | modifier le code]

Le Folketing est composé de 179 sièges. 90 sièges sont donc nécessaires pour atteindre la majorité absolue.

Évolutions des sondages au Danemark de septembre 2011 à septembre 2013

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Parti arrivé en tête dans chaque circonscription. En rouge les Sociaux-démocrates, en bleu le Parti libéral, en jaune le Parti populaire danois et en orange la Liste de l'unité.
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Danemark propre[6]
Sociaux-démocrates (SD) 924 940 26,3 en augmentation 1,5 47 en augmentation 3
Parti populaire danois (DF) 741 746 21,1 en augmentation 8,8 37 en augmentation 15
Parti libéral (V) 685 188 19,5 en diminution 7,2 34 en diminution 13
Liste de l'unité (EL) 274 463 7,8 en augmentation 1,1 14 en augmentation 2
Alliance libérale (LA) 265 129 7,5 en augmentation 2,5 13 en augmentation 4
L'Alternative (Å) 168 788 4,8 n/a 9 n/a
Parti social-libéral danois (RV) 161 009 4,6 en diminution 4,9 8 en diminution 9
Parti populaire socialiste (SF) 147 578 4,2 en diminution 5 7 en diminution 9
Parti populaire conservateur (C) 118 003 3,4 en diminution 1,5 6 en diminution 2
Chrétiens démocrates (K) 29 007 0,8 en stagnation 0 en stagnation
Autres partis 3 066 0,1 0 en stagnation
Bloc bleu (droite) (V, DF, LA, C, K) 1 837 008 52,3 en augmentation 3,4 90 en augmentation 4
Bloc rouge (gauche) (SD, RV, SF, EL, Å) 1 676 442 47,7 en diminution 3,4 85 en diminution 4
TOTAL (participation : 85,9 %) 3 514 692 100 N/A 175 N/A
Groenland[7]
Inuit Ataqatigiit (IA) 7 904 38,5 en diminution 2,2 1 en stagnation
Siumut 7 831 38,2 en diminution 2,6 1 en stagnation
Les Démocrates 1 753 8,5 en diminution 3,5 0 en stagnation
Atassut 1 526 7,4 en augmentation 0,2 0 en stagnation
Partii Naleraq 962 4,7 n/a 0 n/a
TOTAL (participation : 50,0 %) 20 514 - 2 -
Îles Féroé[8]
République (Tjóðveldi) 5 730 24,5 en augmentation 5,1 1 en augmentation 1
Parti social-démocrate (JF) 5 666 24,3 en augmentation 3,3 1 en stagnation
Parti de l'union 5 500 23,5 en diminution 7,3 0 en diminution 1
Parti du peuple 4 368 18,7 en diminution 0,3 0 en stagnation
Progrès 749 3,2 n/a 0 n/a
Parti du Centre 605 2,6 en diminution 1,6 0 en stagnation
Parti de l’auto-gouvernement 403 1,7 en diminution 0,6 0 en stagnation
TOTAL (participation : 65,6 %) N/A 2 N/A
Bloc bleu (V, DF, LA, C, K) 90 en augmentation 1
Bloc rouge (SD, RV, SF, EL, Å, IA, Siumut, Tjóðveldi, JF) 89 en diminution 3

Analyse[modifier | modifier le code]

Le gouvernement sortant de centre gauche essuie une défaite après une législature passée au pouvoir. Globalement, le « bloc bleu » (partis de droite) est majoritaire dans le pays, avec 52,3 % des suffrages exprimés, contre 47,7 % au « bloc rouge » (partis de gauche)[9].

Paradoxalement, le résultat est plutôt bon pour les Sociaux-démocrates du Premier ministre sortant, Helle Thorning-Schmidt : avec 26,3 % des suffrages exprimés, ils redeviennent la première force politique du pays, statut qu'ils avaient perdu lors des élections législatives de 2001. Ils enregistrent une modeste progression (+1,5 point) qui leur permet de mettre fin à un déclin électoral jusqu'alors sans interruption depuis ce même scrutin de 2001. Le partenaire de coalition des Sociaux-démocrates, le Parti social-libéral danois, subit en revanche une déroute, en perdant plus de la moitié des voix et des sièges qu'il avait gagnés en 2011. La chute est encore plus impressionnante pour le Parti populaire socialiste qui semble payer les frais de la première participation gouvernementale de son histoire (expérience interrompue en 2014 à la suite de différends avec ses partenaires de coalition) : il passe de 9,2 % à 4,2 % des suffrages exprimés, son plus mauvais résultat depuis 1977.

À l'inverse, la Liste de l'unité confirme et amplifie sa percée de 2011 en obtenant près de 8 % des suffrages exprimés, ce qui fait de ce parti de gauche radicale, soutien critique puis opposant au gouvernement lors du mandat d'Helle Thorning-Schmidt, la quatrième force politique du Danemark. À noter également l'apparition d'un nouveau parti de centre gauche, l'Alternative (4,8 %), mouvement fondé en 2013 par un ancien membre du Parti social-libéral se revendiquant de l'écologie politique. C'est la première fois dans l'histoire du Danemark qu'un parti écologiste stricto sensu parvient à décrocher des sièges au Parlement.

À droite, le Parti populaire danois d'extrême droite confirme sa montée en puissance. Après avoir créé un séisme politique lors des élections européennes de 2014 en arrivant en tête avec 26,6 % des suffrages exprimés, il s'impose en deuxième place avec plus de 21 % des voix, devançant nettement le Parti libéral et devenant pour la première fois, la principale force politique du bloc bleu. Le Parti libéral doit lui se contenter de 19,5 %, soit une chute de sept points, son plus mauvais résultat à des élections législatives depuis quinze ans. La droite danoise poursuit donc sa recomposition, d'autant que l'Alliance libérale apparue en 2007 confirme son implantation avec 7,5 % des suffrages exprimés, tandis que le Parti populaire conservateur poursuit son déclin avec un résultat historiquement faible de 3,4 %.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dans la foulée des élections, le leader du Parti populaire, Kristian Thulesen Dahl, refuse le poste de Premier ministre, qui est donc confié au leader des libéraux, Lars Løkke Rasmussen, déjà premier ministre de 2009 à 2011. Aucun autre parti ne souhaitant participer au gouvernement, le Parti libéral gouverne seul, avec l'appui parlementaire du Parti populaire, de l'Alliance libérale et du Parti populaire conservateur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Changement de gouvernement en vue au Danemark », sur Euronews.com, (consulté le 1er juin 2015).
  2. (da) « Folketingsvalg », sur valg.sim.dk (consulté le 13 novembre 2015).
  3. (en) Ministry of the Interior and Health and The Danish Parliament, « The Parliamentary Electoral System in Denmark » [PDF], sur thedanishparliament.dk.
  4. a et b (da) « Det røde ægteskab er gået i stykker », sur Information, (consulté le 13 novembre 2015).
  5. Olivier Truc (Stockholm correspondance), « Au Danemark, la coalition de centre gauche se déchire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  6. (da) « Resultater - Hele landet - Folketingsvalg torsdag 18. juni 2015 - Danmarks Statistik », sur dst.dk (consulté le 13 novembre 2015).
  7. (da) « Kalaallit Nunaanni Qinersinerit - Valg i Grønland - Elections in Greenland », sur valg.gl (consulté le 13 novembre 2015).
  8. (fo) « Tjóðveldi og Javnaðarflokkurin størstir », sur Kringvarp Føroya (consulté le 13 novembre 2015).
  9. « Les populistes deviennent le premier parti de droite au Danemark », sur robert-schuman.eu, (consulté le 13 novembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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