Élections fédérales allemandes de 1957

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Élections fédérales allemandes de 1957
497 députés du Bundestag
(Majorité absolue : 249 députés)
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 35 400 923
Votants 31 072 894
87,77 %  +1,8
Votes exprimés 29 905 428
Votes nuls 1 167 466
Bundesarchiv B 145 Bild-F078072-0004, Konrad Adenauer.jpg CDU – Konrad Adenauer
Voix 15 008 399
50,19 %
 +5
Députés élus 270  +27
Bundesarchiv Bild 183-21272-0001, Erich Ollenhauer.jpg SPD – Erich Ollenhauer
Voix 9 495 571
31,75 %
 +2,9
Députés élus 169  +18
Reinhold Maier.jpg FDP – Reinhold Maier
Voix 2 307 135
7,71 %
 −1,8
Députés élus 41  −7
3e législature du Bundestag
Diagramme
Chancelier fédéral
Sortant Élu
Konrad Adenauer
CDU
Konrad Adenauer
CDU
wahlen-in-deutschland.de

Les élections fédérales allemandes de (en allemand : Bundestagswahl 1957) se tiennent le dimanche , afin d'élire les 494 députés de la 3e législature du Bundestag. Du fait des résultats et en application de la loi électorale, 497 députés sont finalement élus.

Ce scrutin produit un résultat unique dans toute l'histoire des élections démocratiques allemandes, puisque l'alliance CDU/CSU remporte la majorité absolue des voix et des sièges. Le chancelier Adenauer entame ainsi un troisième mandat, après avoir maintenu sa coalition avec le DP.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors des élections fédérales du , l'alliance CDU/CSU du chancelier fédéral chrétien-démocrate Konrad Adenauer s'impose clairement. Conquérant plus de 45 % des voix, elle obtient 243 députés sur 487, manquant d'un siège la majorité absolue. Elle devance nettement le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) d'Erich Ollenhauer, qui flirte avec les 29 %, envoyant 151 élus au Bundestag.

Restant le troisième parti de la jeune République fédérale, le Parti libéral-démocrate (FDP) du vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires du Plan Marshall Franz Blücher totalise 9,5 % des suffrages et 48 députés. Il est suivi par le Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE), un parti d'extrême droite qui entend représenter les Allemands expulsés d'Europe de l'Est et qui engrange 5,9 %, obtenant 27 parlementaires.

Le Parti allemand (DP) du ministre fédéral des Affaires du Bundesrat Heinrich Hellwege échoue à franchir le nouveau seuil électoral fédéral de 5 %, mais ses accords avec la CDU lui permettent de faire élire plusieurs députés de circonscription, lui garantissant avec 3,3 % des exprimés un groupe de 15 élus. Le Parti du centre allemand (DZP) remporte lui aussi un mandat uninominal, mais son score extrêmement faible ne lui permet pas de compter plus de trois sièges.

Enfin, le Parti communiste d'Allemagne (KPD) et le Parti bavarois (BP) sortent eux de l'assemblée, faute d'avoir obtenu au moins 5 % des voix dans toute l'Allemagne de l'Ouest. Le BP est ainsi victime de ce changement de loi électorale, puisqu'il atteint 9 % en Bavière, ce qui lui aurait garanti d'entrer au Bundestag sous l'empire du droit électoral de .

Le , après avoir formé une majorité très large incluant les chrétiens-démocrates, les libéraux, le GB/BHE et le DP, Adenauer entame un deuxième mandat après avoir été investi chancelier par 305 voix sur 467. Moins d'un an plus tard, le président fédéral Theodor Heuss est largement réélu par l'Assemblée fédérale le . Soutenu par l'ensemble des partis du Bundestag, il reçoit 871 voix sur 920, soit 94,7 % des votants et 85,6 % des inscrits.

Dans le premier semestre de l'année , le GB/BHE puis le FDP passent dans l'opposition. Toutefois, huit députés du Bloc des réfugiés rejoignent l'Union chrétienne-démocrate, tandis que 17 parlementaires libéraux constituent le Parti populaire libéral (FVP) afin de continuer de siéger au sein du gouvernement fédéral. Un important remaniement ministériel permet ensuite au chancelier de traduire au niveau ministériel les nouveaux équilibres de sa majorité.

Par les accords de Luxembourg, signés le de cette même année, les autorités allemandes et françaises s'accordent sur le retour du protectorat de la Sarre au sein de l'Allemagne de l'Ouest. Le , le Land de Sarre est officiellement constitué et intégré à la RFA.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Bundestag est constitué de 494 députés (en allemand : Mitglied des Deutschen Bundestages, MdB), élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose de deux voix : la première (Erststimme) lui permet de voter pou un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le pays comptant un total de 247 circonscriptions réparties entre les dix Länder ; la deuxième (Zweitstimme) lui permet de voter pour une liste de candidats proposée par un parti politique au niveau du Land.

Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges attribués est répartie à la proportionnelle, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau national ou trois mandats uninominaux, puis distribuée entre les Länder. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, ces mandats sont conservés.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Chef de file Score en 1953
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Konrad Adenauer
(Chancelier fédéral)
45,2 % des voix
243 députés
Union chrétienne-sociale en Bavière
Christlich-Soziale Union in Bayern
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Socialisme démocratique, socialisme
Erich Ollenhauer 28,8 % des voix
151 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre
Libéralisme classique, libéralisme économique
Reinhold Maier 9,5 % des voix
48 députés
Bloc pan-allemand/Bloc des réfugiés et expulsés
Gesamtdeutscher Block/Bund der Heimatvertriebenen und Entrechteten
Extrême droite
Nationalisme, conservatisme, irrédentisme
Johannes Brockmann (de) 3,1 % des voix
10 députés
Parti allemand
Deutsche Partei
Droite
National-conservatisme, national-libéralisme
Heinrich Hellwege
(Ministre-président de Basse-Saxe)
4,0 % des voix
17 députés

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Au niveau fédéral[modifier | modifier le code]

Résultats des élections fédérales allemandes de 1957
Partis Circonscriptions Liste Total des sièges
Votes % Sièges +/- Votes % Sièges Total +/-
CDU/CSU 15 161 550 50,28 194 en augmentation 22 15 008 399 50,19 76 270 en augmentation 27
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 11 975 400 39,71 147 en augmentation 17 11 875 339 39,71 68 215 en augmentation 24
Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) 3 186 150 10,57 47 en augmentation 5 3 133 060 10,48 8 55 en augmentation 3
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 9 651 669 32,01 46 en augmentation 1 9 495 571 31,75 123 169 en augmentation 18
Parti libéral-démocrate (FDP) 2 276 234 7,55 1 en diminution 13 2 307 135 7,71 40 41 en diminution 7
Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE) 1 324 636 4,39 0 en stagnation 1 374 066 4,59 0 0 en diminution 27
Parti allemand (DP) 1 062 293 3,52 6 en diminution 4 1 007 282 3,37 11 17 en augmentation 2
Autres 679 832 2,25 0 en diminution 1 712 975 2,38 0 0 en diminution 3
Votes valides 30 156 214 97,05 29 905 428 96,24
Votes blancs et nuls 916 680 3,37 1 167 466 3,26
Total 31 072 894 100 247 en augmentation 5 31 072 894 100 252 497 en augmentation 10
Abstentions 4 328 029 12,23 4 328 029 12,23
Nombre d'inscrits / participation 35 400 923 87,77 35 400 923 87,77

Dans les Länder[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Cette élection n'a pas d'équivalent dans toute l'histoire de la politique allemande. C'est en effet le seul scrutin démocratique au cours duquel un parti obtient une majorité absolue à lui seul, une performance jamais réitérée depuis. Le bloc chrétien-démocrate CDU/CSU, avec 50,2 % des suffrages exprimés, obtient en effet 270 sièges sur un total de 497. Passant sous le seuil des 5 % et n'emportant aucun mandat direct, le GB/BHE sort du Bundestag après seulement une législature de présence, tandis que le DP s'y maintient grâce à ses accords avec la CDU qui lui permettent d'emporter plusieurs circonscriptions en Basse-Saxe et Hesse.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le , Konrad Adenauer s'engage par la suite dans un troisième mandat à la tête d'un gouvernement de coalition entre la CDU, la CSU et le DP avec 274 voix pour sur 476.

Avec le passage dans l'opposition du DP en les chrétiens-démocrates gouvernent seuls jusqu'à la fin de la législature. Il s'agit là aussi d'un cas unique dans l'histoire de l'Allemagne de l'après-guerre : tous les gouvernements suivants et précédents sont en effet des gouvernements de coalition alliant plusieurs partis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]