Élection présidentielle sud-coréenne de 2017

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Élection présidentielle sud-coréenne de 2017
Moon Jaein in.jpg Moon Jae-in – Parti Minju
Voix 13 387 647
41,19 %
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Hong Jun-pyo (en) – Parti de la liberté de Corée
Voix 7 841 017
24,1 %
Ahn Cheol-Soo.jpg Ahn Cheol-soo – Parti du peuple
Voix 6 982 012
21,4 %
Defaut.svg Yoo Seong-min – Parti Bareun (en)
Voix 2 202 601
6,8 %
Sim Sangjung and Moon Jaein in 2015 (cropped to Sim).jpg Sim Sang-jung – Parti de la justice
Voix 2 011 182
6,2 %
Président
Sortant Élu
Hwang Kyo-ahn (intérim)
Indépendant
Moon Jae-in
Parti Minju

Une élection présidentielle anticipée a lieu en Corée du Sud le 2017. Celle-ci, initialement prévue pour le , a été avancée suite à la destitution de la présidente Park Geun-hye le .

Moon Jae-in est élu président[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

La Cour constitutionnelle a prononcé le 10 mars 2017 la destitution de la présidente Park dans le cadre du scandale Choi Soon-sil. En conséquence, l'élection doit avoir lieu dans les soixante jours, en application de l'article 68 de la Constitution. La commission électorale a annoncé la tenue du scrutin le 9 mai[2].

Après avoir dominé le pouvoir pendant près d'une décennie, le parti conservateur (Parti de la liberté de Corée) aborde l’élection en position de grande faiblesse. Le scandale de corruption dans lequel est embourbé Park Geun-hye et les accusations d'autoritarisme ont sévèrement affecté son image, au point de le forcer à changer de nom. Il s’est scindé en plusieurs partis rivaux, ce qui divise sa base électorale et réduit ses chances : l'élection ne comportant qu’un seul tour, une majorité relative est suffisante pour l’emporter, sans que les différentes factions puissent se regrouper lors d'un second tour. Toutefois, l'accentuation des tensions avec la Corée du Nord est considérée comme un atout pour le camp conservateur en période électorale[3].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le président de la République de Corée du Sud est élu pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Son mandat n'est pas renouvelable.

Nominations[modifier | modifier le code]

Parti démocrate[modifier | modifier le code]

Primaire[modifier | modifier le code]

Le candidat a été choisi par une primaire ouverte. Y participaient les citoyens qui s'y sont inscrits du au et du au . Dans l'ensemble, 2 144 840 personnes se sont inscrites, ce qui constitue un record dans l'histoire coréenne. La primaire a été menée du au dans quatre régions : Honam, Yeongnam, Hoseo, tandis que Séoul, Gangwon et Jeju formaient une région unique. 1 642 640 inscrits se sont effectivement rendus aux urnes, soit un taux de participation de 71,6 %.

Quatre candidats se présentaient : Moon Jae-in, candidat à l'élection présidentielle de 2012, député entre et , président du parti entre et  ; Ahn Hee-jung, gouverneur de la province de Chungcheong du Sud depuis  ; Choi Sung, maire de Goyang depuis  ; et Lee Jae-myung, maire de Seongnam depuis .

Les sondages font de Moon Jae-in le grand favori de l’élection. Il se montre partisan d'un dialogue avec la Corée du Nord et, bien que ne prétendant pas remettre en cause la ligne diplomatique pro-américaine de Séoul, estime que la Corée du Sud doit aussi pouvoir « parfois dire non aux États-Unis ». En économie, il préconise de créer des centaines de milliers d’emplois dans le secteur public et d’augmenter le salaire minimum[3].

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Voix  %
Moon Jae-in 936 419 57,0 %
Ahn Hee-jung (ko) 353 631 21,5 %
Lee Jae-myung (ko) 347 647 21,2 %
Choi Sung (ko) 4 943 0,3 %
Total 1 642 677 100 %

Parti de la liberté de Corée[modifier | modifier le code]

Primaire[modifier | modifier le code]

Le candidat a été déterminé par une combinaison de sondages d'opinion, menée entre le 30 mars et le 31 mars (50%) et les votes exprimés par les délégués à la convention du parti tenue le 31 mars (50%). Les candidats étaient Lee In-je , membre de l'Assemblée nationale (1988-2016), Hong Jun-pyo , gouverneur en exercice de la province du sud de Gyeongsang (2012-présent), Kim Kwan-yong, titulaire du gouverneur du Nord Province de Gyeongsang (2006-présent), et Kim Jin-tae, membre de l'Assemblée nationale pour Chuncheon (2012-présent). La candidature de Hong Jun-pyo était initialement incertaine en raison d'allégations de corruption le concernant[4].

Réputé très conservateur, Hong Jun-pyo est parfois à l'origine de polémiques pour des propos jugés misogynes[3] ou homophobes[5]. Il est en faveur d’une dérégulation de l’économie et d’une mise au pas des syndicats, qu’il veut « passer dans sa machine à laver ». Favorable au déploiement en Corée du Sud du bouclier anti-missile américain Thaad et d’armes atomiques américaines, il accuse ses adversaires de gauche d’être « pro-Corée du Nord »[3].

Dans ses mémoires, il raconte qu'à l'âge de 18 ans il a, avec d'autres, fourni à l'un de ses amis un stimulant sexuel pour droguer et violer une jeune fille, tout en observant que le stimulant n'avait pas eu l'effet escompté sur la jeune fille. Il en a résulté un scandale lors de la présente campagne présidentielle, qui l'a amené à présenter des excuses[6].

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Sondages
(50 %)
Votes des
délégués (50 %)
Total
Hong Jun-pyo 46,7 % 62,9 % 54,15 %
Kim Jin-tae 17,5 % 21,1 % 19,30 %
Lee In-je 24,6 % 5,1 % 14,85 %
Kim Kwan-yong 11,2 % 12,2 % 11,70 %
Total 100 % 100 % 100 %

Parti du Peuple[modifier | modifier le code]

Primaire[modifier | modifier le code]

Le candidat a été choisi par une primaire ouverte (80%) et un sondage d'opinion mené entre le 4 et le 5 avril (20%). La primaire a été menée du 25 mars au 4 avril, avec 7 primaires régionales en cours. Ahn Cheol-soo a été déclaré gagnant de la primaire le 4 avril. Les candidats étaient Ahn Cheol-soo, ancien coprésident du parti (2016), ancien coprésident de la New Politics Alliance for Democracy (mars-juillet 2014), candidat présidentiel retiré en 2012, fondateur d'AhnLab, Inc., membre de l'Assemblée nationale pour le district de Nowon (2013-présent), Sohn Hak-kyu, ancien membre de l' Assemblée nationale de Seongnam (2011-12), ancien gouverneur de la province de Gyeonggi (2002-2006), ancien député de Gwangmyeong (1993-98, 2000-02), et Park Joo-seon, vice-président de l'Assemblée nationale (2016-présent), membre de l'Assemblée nationale (2000-2004, 2008-présent).

Homme d'affaires, Ahn Cheol-soo est le plus riche des candidats à l’élection présidentielle[6]. Toutefois, ses prestations jugées « catastrophiques » dans les débats télévisés entrainent sa chute dans les sondages[3].

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Voix  %
Ahn Cheol-soo 133 927 72,71 %
Sohn Hak-kyu (ko) 35 696 19,38 %
Park Joo-seon (ko) 14 561 7,91 %
Total 184 768 100 %

Parti Bareun[modifier | modifier le code]

Primaire[modifier | modifier le code]

Le candidat a été déterminé par une combinaison de votes d'une commission d'évaluation basée sur 4 débats, organisés dans différentes régions du pays (40%), des votes des membres du parti (30%) et des sondages d'opinion (30%). Les candidats étaient Yoo Seong-min, membre de l'Assemblée nationale pour Daegu (2004-présent) et Nam Kyung-pil, gouverneur en exercice de la province de Gyeonggi (2014-présent). Yoo Seong-min a été nommé candidat du Parti Baerun le 28 mars.

Ancien chef de la tendance anti-Park Geun-hye au sein du parti Saenuri, il devient l'une des figures les plus influentes de la droite conservatrice après la destitution de la présidente. Il défend un programme de libéralisation de l'économie et pro-américain en matière de politique étrangère.

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Voix  %
Yoo Seung-min (ko) 36 593 62,9 %
Nam Kyung-pil (ko) 21 625 37,1 %
Total 58 218 100 %

Parti de Justice[modifier | modifier le code]

Primaire[modifier | modifier le code]

Les candidats ont été déterminés par un vote à huis clos des membres du parti. Les candidats étaient Sim Sang-jung, présidente du Parti de la Justice (2015-présent), membre de l'Assemblée nationale pour Goyang (2004-2008, 2012-présent) et Kang Sang-goo, vice-président de l'éducation du Parti de la Justice institut. Sim Sang-jung a été nommée candidate à la Justice le 16 février.

Sim Sang-jung soutient une désescalade militaire dans les rapports entretenus entre la Corée du Sud et les États-Unis avec la Corée du Nord. Elle est par ailleurs la seule candidate à défendre les revendications LGBT.

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat(e) Voix  %
Sim Sang-jung 8 209 80,7 %
Kang Sang-goo 1 962 19,3 %
Total 10 239 100 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats de l’élection présidentielle sud-coréenne de 2017
Parti Candidat Voix  %
Parti Minju Moon Jae-in 13 387 647 41,19 %
Parti de la liberté de Corée Hong Jun-pyo 7 841 017 24,1 %
Parti du peuple Ahn Cheol-soo 6 982 012 21,4 %
Parti Bareun Yoo Seung-min 2 202 601 6,8 %
Parti de la justice Sim Sang-jung 2 011 182 6,2 %
Total 32 807 908 100 %
Participation 77,2 %
Source :[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Vaulerin, « En Corée du Sud, la victoire de Moon Jae-in, plébiscite pour la démocratie », liberation.fr, 9 mai 2017.
  2. Huffington Post, Deux morts dans des manifestations en Corée du Sud après la destitution officielle de la présidente, 10 mars 2017.
  3. a, b, c, d et e « Corée du Sud: les enjeux de l'élection présidentielle », RFI,‎ (lire en ligne)
  4. (en) « Hong Joon-pyo emerges as presidential contender », The Korea Herald,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « South Korea’s favourite to be president says he ‘opposes’ homosexuality », PinkNews,‎ (lire en ligne)
  6. a et b « Présidentielle sud-coréenne : présentation des candidats (première partie) », Association d'amitié franco-coréenne,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]