Élection présidentielle portugaise de 1986

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Élection présidentielle portugaise de 1986
les 26 janvier et
Type d’élection Élection présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 617 257
Votants au 1er tour 5 742 151
75,38 %  −9
Votes exprimés au 1er tour 5 678 108
Votes blancs au 1er tour 46 334
Votes nuls au 1er tour 18 292
Votants au 2d tour 5 937 100
77,99 %
Votes exprimés au 2d tour 5 882 820
Votes blancs au 2d tour 33 844
Votes nuls au 2d tour 20 436
Mário Soares par Claude Truong-Ngoc 1978.png Mário Soares – PS
Voix au 1er tour 1 443 683
25,43 %
Voix au 2e tour 3 010 756
51,18 %
Freitas do Amaral, XV Cimeira Ibero-Americana - Salamanca, Espanha.jpg Diogo Freitas do Amaral – CDS
Voix au 1er tour 2 629 597
46,31 %
Voix au 2e tour 2 872 064
48,82 %
Defaut.svg Salgado Zenha – Ind.
Voix au 1er tour 1 185 867
20,88 %
Maria de Lourdes Pintasilgo 1986 (cropped).jpg Maria de Lourdes Pintasilgo – Ind.
Voix au 1er tour 418 961
7,38 %
Président de la République
Sortant Élu
António Ramalho Eanes
Ind.
Mário Soares
PS

L’élection présidentielle portugaise de 1986 (en portugais : Eleições presidenciais portuguesas de 1986) s'est tenue les 26 janvier et , afin d'élire le président de la République pour un mandat de cinq ans.

Unique élection à deux tours de la IIIe République, le scrutin voit la victoire de justesse de l'ancien Premier ministre socialiste Mário Soares.

Contexte[modifier | modifier le code]

Empêché par la Constitution de se présenter à un troisième quinquennat consécutif, le président de la République António Ramalho Eanes quitte le pouvoir après dix années d'instabilité politique : cinq élections législatives et dix gouvernements ont été formés au cours de ses deux mandats. Intervenant régulièrement dans le jeu politique, il a soutenu la création, peu avant la fin de son mandat, du Parti rénovateur démocratique (PRD).

Aux élections législatives anticipées du 6 octobre 1985, causées par la rupture du gouvernement de grande coalition du Premier ministre socialiste Mário Soares, le Parti social-démocrate (PPD/PSD) d'Aníbal Cavaco Silva l'avait emporté avec une majorité relative très fragile. Pour gouverner, il s'appuie alors sur le soutien du Centre démocratique et social (CDS) et l'abstention bienveillante du PRD.

Bien qu'affaibli par cette défaite, Soares confirme sa candidature à la présidentielle, ratifiée en juillet précédent par les socialistes. En novembre toutefois, le parti connaît un coup dur avec la défection de Salgado Zenha, ancien bras droit du secrétaire général, qui décide de se présenter avec l'appui du PRD, lui qui en 1980 avait soutenu la candidature d'Eanes contre l'avis de Soares, ce qui lui avait valu la destitution de la présidence du groupe parlementaire.

Alors que la gauche se divise, le Parti communiste portugais (PCP) décidant d'avoir son candidat puis d'appuyer Zenha tandis que Maria de Lourdes Pintasilgo annonce se présenter, la droite se rassemble puisque sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates présentent, comme lors du scrutin précédent, un candidat commun. Ils choisissent d'investir Diogo Freitas do Amaral, fondateur du CDS, plusieurs fois ministres et alors en retrait de la vie politique depuis 1983.

Pour la première fois depuis 1976, aucun militaire n'est candidat à la présidence de la République, ce qui signifie que le chef de l'État élu sera un civil pour la première fois depuis soixante ans.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le président de la République (en portugais : Presidente da República Portuguesa) est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois consécutivement. Tout candidat doit justifier auprès du Tribunal constitutionnel d'au moins 7 500 et d'au plus 15 000 parrainages d'électeurs inscrits sur les listes électorales.

L'élection se déroule selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Si un candidat remporte au premier tour la majorité absolue des suffrages exprimés, il est proclamé élu. Si ce n'est pas le cas, les deux candidats ayant remporté, après désistements éventuels, le plus grand nombre de suffrages sont autorisés à se présenter à un second tour, au plus tard le vingt-et-unième jour suivant. Celui qui remporte le plus grand nombre de voix est alors élu. Ce cas de figure ne s'est présenté qu'une seule fois, lors de l'élection présidentielle de 1986.

Campagne[modifier | modifier le code]

Candidats[modifier | modifier le code]

Les candidats sont présentés dans l'ordre déterminé par tirage au sort[1].

Candidat Parti Remarque
Francisco de Almeida Salgado Zenha Independente
Partido Renovador Democrático (PRD)
Partido Comunista Português (PCP)
Ancien ministre de la Justice
Ancien président du groupe parlementaire PS
Maria de Lourdes Ruivo da Silva Matos Pintasilgo Independente Ancienne Premier ministre (1979 - 1980)
Diogo Pinto de Freitas do Amaral Partido do Centro Democrático Social (CDS)
Partido Social Democrata (PPD/PSD)
Ancien Vice-Premier ministre
Ancien ministre de la Défense
Ancien ministre des Affaires étrangères
Mário Alberto Nobre Lopes Soares Partido Socialista (PS) Ancien ministre des Affaires étrangères
Ancien Premier ministre (1976 - 1978); (1983 - 1985)

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle portugaise de 1986
Premier tour Second tour
Inscrits 7 617 257 7 612 733
Abstentions 1 875 106 24,62 % 1 675 633 22,01 %
Votants 5 742 151 75,38 % 5 937 100 77,99 %
Bulletins enregistrés 5 742 151 5 937 100
Bulletins blancs ou nuls 64 043 1,12 % 54 280 0,91 %
Suffrages exprimés 5 678 108 98,88 % 5 882 820 99,09 %
Candidat Parti Suffrages Pourcentage Suffrages Pourcentage
Diogo Freitas do Amaral Centre démocratique et social 2 629 597 46,31 % 2 872 064 48,82 %
Mário Soares Parti socialiste 1 443 683 25,43 % 3 010 756 51,18 %
Salgado Zenha Indépendant 1 185 867 20,88 %
Maria de Lourdes Pintasilgo Indépendant 418 961 7,38 %

Analyse[modifier | modifier le code]

Profitant d'une gauche divisée, Diogo Freitas do Amaral arrive largement en tête du premier tour. Il améliore de 300 000 voix le score obtenu en 1980 par le général Soares Carneiro, défait dès le premier tour. Il bénéficie également du soutien du Premier ministre libéral Aníbal Cavaco Silva, alors très populaire dans le pays, notamment les zones rurales du nord et de l'intérieur, où le candidat du centre-droit arrive largement en tête. Son score ne permet cependant pas une victoire dès le premier tour, fait unique dans l'histoire de la IIIe République.

Malgré la candidature de Salgado Zenha et les fortes critiques des communistes, Mário Soares parvient à se hisser à la deuxième place. Il accuse alors un retard de 1 200 000 suffrages sur le fondateur du CDS et ne devance son ancien bras droit que de 260 000 voix. Bien qu'il soit qualifié pour le second tour, il n'est en tête dans aucun district, Zenha étant majoritaire dans le sud que domine habituellement le PCP. Le candidat socialiste appelle alors à l'union de la gauche autour de sa candidature, ses adversaires appelant finalement à voter pour lui afin de faire barrage au candidat chrétien-démocrate.

Lors du second tour, profitant d'un accroissement de la mobilisation des électeurs et grâce au soutien à la fois du sud du Portugal et des zones urbaines, Soares fait plus que doubler son score de premier tour. Avec environ 3 000 000 voix en faveur de sa candidature, il surpasse d'à peine 130 000 suffrages le grand favori de l'élection, qui échoue donc de très peu à devenir le premier président de centre-droit depuis la révolution des Œillets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]