Élection présidentielle chilienne de 2017

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Élection présidentielle chilienne de 2017
Président de la République
et
Type d’élection Élection présidentielle
Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Corps électoral et résultats
Inscrits 14 347 288
Votants au 1er tour 6 699 627
46,7 %  −2,4
Votes blancs au 1er tour 39 791
Votes nuls au 1er tour 65 814
Votants au 2d tour 14 347 288
49,0 %  +7,1
Votes blancs au 2d tour 20 049
Votes nuls au 2d tour 56 415
Sebastian Pinera (2010) 4x3 cropped.jpg Sebastián Piñera – Indépendant
Voix au 1er tour 2 213 805
36,62 %
Voix au 2e tour 3 795 896
54,57 %
Alejandro Guillier - Población Manuel Bustos, Valparaíso (2017).jpg Alejandro Guillier – Indépendant
Voix au 1er tour 1 370 282
22,67 %
Voix au 2e tour 3 160 225
45,43 %
Beatriz Sánchez (2016) 4x3 cropped.jpg Beatriz Sánchez – Front large
Voix au 1er tour 1 336 622
20,27 %
José Antonio Kast (2009) 4x3 cropped.jpg José Antonio Kast – Indépendant
Voix au 1er tour 522 946
7,93 %
Président de la République
Sortante Élu
Michelle Bachelet Sebastián Piñera
Servicio Electoral de Chile

L'élection présidentielle chilienne de 2017 se déroule les 19 novembre et afin d'élire pour quatre ans le successeur de Michelle Bachelet au poste de président de la République du Chili, celle ci ne pouvant se représenter immédiatement pour un nouveau mandat en vertu de la constitution chilienne. Son prédécesseur, conservateur, Sebastián Piñera, est lui-même candidat et l'emporte au second tour face à Alejandro Guillier, soutenu par Michelle Bachelet.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections parlementaires ainsi que des élections régionales sont organisées le même jour que le premier tour.

Les élections municipales de 2016 ont été marquées par une victoire de la droite et une forte abstention (65 %)[1].

La présidente socialiste Michelle Bachelet fait face à une mobilisation étudiante pour la gratuité de l'université[2] qui est selon l'OCDE la plus chère au monde par rapport au niveau de vie. Toutes les universités (même publiques) sont en effet payantes depuis la dictature de Pinochet[3]. En 2016, le pays enregistre son plus faible taux de croissance (1,6 %) en sept ans[4]. Cependant, le taux de chômage reste en deçà de 7 %[2].

Ces élections sont aussi marquées par l'immigration massive venant d'Haïti. On dénombrerait 60 000 immigrants haïtiens au Chili, ce nombre ayant augmenté suite aux catastrophes naturelles à répétition ayant eu lieu à Haïti. Une coopération s'est mise en place entre les deux pays notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, du logement ou encore de la sécurité avec la présence de soldats chiliens dans le nord de l'île[5].

Selon la directrice de l’institut de sondage Mori, la principale nouveauté de cette élection est l’application de la nouvelle loi électorale. Selon elle, cette loi, votée en 2015, « a mis fin à un système électoral unique au monde, imposé par Pinochet pour favoriser la droite et empêcher la coalition de centre gauche de mener des réformes après le retour de la démocratie »[6].

Candidats[modifier | modifier le code]

La présidente Michelle Bachelet ne peut pas se représenter[2]. Des primaires à droite et à gauche et au centre ont lieu et les candidatures retenues pour l'élection présidentielle sont celles de :

  • Sebastián Piñera, ancien membre du parti Rénovation nationale, président de la République entre 2010 et 2014 et âgé de 64 ans[7]. Homme d'affaires milliardaire, il est accusé de corruption[2]. Il remporte la primaire de la coalition de droite Chile Vamos (en), qui se veut une droite rénovée et débarrassée de l’héritage Pinochet[8].
  • Alejandro Guillier, candidat de centre gauche. Il est le seul candidat aux primaires de la gauche et du centre (Nouvelle Majorité) après le retrait par Ricardo Lagos de sa candidature et à la suite de la décision de Carolina Goic de se présenter en dehors de la primaire. Il est ancien présentateur télé[9] et est depuis 2013 sénateur[10]. Il est par ailleurs soutenu par le Parti communiste (qui faisait partie de la majorité de Bachelet)[11]. Il présente un programme écologiste, favorable à plus de droits pour la communauté mapuche et a comme volonté de dépenser plus dans les domaines de la santé et de l'éducation notamment. Il est aussi favorable à une plus grande coopération régionale[12].
  • Beatriz Sánchez : journaliste et candidate du Front large (coalition de nombreux petits partis et mouvements de gauche)[1].
  • Carolina Goic, candidate démocrate-chrétienne (parti membre de la majorité de Bachelet)[13].
  • Marco Enríquez-Ominami, candidat du Parti progressiste (en).
  • José Antonio Kast[1], ancien membre de l'UDI et candidat d’extrême droite se revendiquant d'Augusto Pinochet[14].
  • Alejandro Navarro, candidat du parti País (en)[15].
  • Eduardo Artés, candidat marxiste-léniniste pour le mouvement Union patriotique (en)[16].

Des sondages (de l'institut Tresquintos) datant de la dernière semaine d'avril donne le conservateur Piñera à 41 % suivi de Guillier. La candidate démocrate-chrétienne Goic serait à 3 % d'intentions de vote[13]. Durant la campagne, Alejandro Guillier est accusé par son adversaire conservateur « de vendre du vent », d’être proche de Podemos en Espagne et du président vénézuélien Nicolás Maduro[17].

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidats arrivés en tête au premier tour et second tour par commune :
Résultats de l'élection présidentielle chilienne de 2017
Candidat Parti / coalition Premier tour[18] Second tour[19]
Voix % Voix %
Sebastián Piñera Chile Vamos (en) 2 418 540 36,64 3 795 896 54,57
Alejandro Guillier Nouvelle Majorité 1 498 040 22,70 3 160 225 45,43
Beatriz Sánchez Front large 1 338 037 20,27
José Antonio Kast Indépendant 523 375 7,93
Carolina Goic Parti démocrate-chrétien 387 784 5,88
Marco Enríquez-Ominami Parti progressiste (en) 376 871 5,71
Eduardo Artés Union patriotique (en) 33 665 0,51
Alejandro Navarro País (en) 23 968 0,36
Votes valides 6 600 280 98,47 6 956 121 98,91
Votes blancs 38 543 0,57 20 049 0,29
Votes nuls 64 504 0,96 56 415 0,80
Total 6 703 327 100 7 032 585 100
Abstention 7 643 961 53,30 7 314 703 50,98
Nombre d'inscrits / participation 14 347 288 46,72 14 347 288 49,02

Répartition des suffrages au second tour[modifier | modifier le code]

Sebastián
Piñera
(54,57 %)
Alejandro
Guillier
(45,43 %)
Majorité absolue

Analyses et conséquences[modifier | modifier le code]

Sebastian Piñera a annoncé qu'en cas de victoire et de majorité de la droite, il réinstaurerait l'interdiction stricte de l’avortement (autorisé depuis août 2017 en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère) et s’opposerait fermement à la légalisation du mariage homosexuel[20].

Le résultat des élections suscite des interrogations au sujet de la fiabilité des sondages. Alors que ces derniers estimaient à moins de 10 % les intentions de vote en faveur de Beatriz Sánchez, la candidate du Frente Amplio atteint finalement les 20 %, manquant de peu de se qualifier pour le second tour[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Des primaires ce dimanche au Chili pour désigner les candidats des coalitions à l'élection présidentielle de novembre | MAP Express », MAP Express,‎ (lire en ligne).
  2. a b c et d « Fin de mandat difficile pour Bachelet au Chili », lesechos.fr,‎ (lire en ligne).
  3. « Au Chili, étudiants et professeurs militent pour une éducation gratuite », RTBF Info,‎ (lire en ligne).
  4. « Michelle Bachelet quitte la présidence du Chili sur fond de chute de popularité », sur franceinter.fr, .
  5. « "Les Haïtiens sont très appréciés au Chili", selon l'ambassadeur Patricio Utreras », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne).
  6. Christine Legrand, « Le Chili se prépare dans la morosité à l’alternance politique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  7. « Chili: impopulaire, l'ex-président Lagos retire sa candidature à la présidentielle », RTBF Info,‎ (lire en ligne).
  8. Christine Legrand, « Présidentielle au Chili : le candidat de droite, Sebastian Piñera, en tête du premier tour », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  9. « Alejandro Guillier bouscule le paysage politique chilien », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  10. « Au Chili, l'un des candidats à l'élection présidentielle a quelques points communs avec Donald Trump », France Inter,‎ -20 mars 2017 (lire en ligne).
  11. (es) « Partido comunista proclama a Alejandro Guillier como su candidato presidencial », 24horas.cl,‎ (lire en ligne).
  12. « Au Chili, l'un des candidats à l'élection présidentielle a quelques points communs avec Donald Trump », France Inter,‎ (lire en ligne).
  13. a et b « Chili-Scission de la coalition de gvt avant l'élection de novembre », Zone Bourse,‎ (lire en ligne).
  14. « Piñera, le milliardaire qui veut ramener la droite au pouvoir au Chili », Le Point,‎ (lire en ligne).
  15. (es) « Beatriz Sánchez: Chile necesitaba una visión de izquierda como FA », TeleSUR,‎ (lire en ligne).
  16. (es) « Eduardo Artés ratifica que cambiaría la Constitución chilena », TeleSUR,‎ (lire en ligne).
  17. « Le conservateur et ancien président Sebastian Piñera élu à la tête du Chili », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  18. (es) « SERVEL », sur pv.servelelecciones.cl (consulté le 20 avril 2018).
  19. (es) « SERVEL », sur www.servelelecciones.cl (consulté le 20 avril 2018).
  20. Laurie Fachaux et Romain Houeix, « Présidentielle au Chili : "Michelle Bachelet n'a pas su répondre aux attentes des Chiliens" », France 24,‎ (lire en ligne).
  21. « Election présidentielle au Chili : la gauche émerge », sur www.medelu.org, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]