Élection présidentielle bulgare de 2021

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Élection présidentielle bulgare de 2021
(1er tour)
(2e tour)
Type d’élection Présidentielle
Mandat
Rumen Radev official portrait (cropped).jpg Roumen Radev – Indépendant[a]
Colistier : Iliana Iotova
Président
Sortant
Roumen Radev
Indépendant

L'élection présidentielle bulgare de 2021 (en bulgare : Президентски избори в България (2021)) a lieu les 14 et afin d'élire pour cinq ans le président et le vice-président de la République de Bulgarie. Des élections législatives sont organisées en même temps que le premier tour.

Contexte[modifier | modifier le code]

Roumen Radev et Boïko Borissov, respectivement président de la République et Premier ministre, s’affrontent depuis plusieurs années.

L'élection présidentielle de novembre 2016 est remportée par Roumen Radev. Candidat indépendant dont la candidature est portée par le Parti socialiste (BSP), Radev l’emporte au second tour contre Tsetska Tsatcheva, candidate de Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), le parti du Premier ministre Boïko Borissov[1]. Le nouveau président met notamment en avant sa détermination à lutter contre la corruption, particulièrement répandue dans le pays, sa posture de fermeté à l'encontre de la crise migratoire en Europe et sa volonté de parvenir à une annulation des sanctions économiques de l'UE contre la Russie[2].

Directement remis en cause, Borissov démissionne, ouvrant la voie à plusieurs mois de tentatives de formation d'une nouvelle coalition. Celles-ci se révèlent cependant infructueuses, et les principaux partis bulgares s'accordent sur la nécessité de nouvelles élections[3]. Les élections législatives organisées en mars 2017 voient arriver en tête le parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) avec 32,65 % des suffrages et 95 sièges sur 240. Ce bon résultat permet à Boïko Borissov de conserver la fonction de Premier ministre, à la tête d'une coalition GERB-Patriotes unis[4].

Un scandale touchant d'importantes personnalités au sein du gouvernement ainsi que du GERB éclate cependant en . Le journal d'investigation Bivol.bg, en partenariat avec Radio Free Europe et l'ONG « Fond anti corruption » révèle en effet que Tsvetan Tsvetanov, le vice-président du GERB considéré comme le bras droit de Borissov, a acheté un appartement de haut luxe à un prix bradé de plus d'un quart de sa valeur réelle. Des soupçons de corruption prennent rapidement forme, tandis que le scandale s'étend à plusieurs membres haut placés du GERB, dont les ministres de la Justice, des Sports, de l’Énergie et de la Culture ; tous ayant acheté ces logements bradés à la même compagnie, Artex Engineering[5]. Le bureau du procureur général et la commission nationale anti-corruption ouvrent des enquêtes, tandis que l'ensemble des personnalités concernées démissionnent de leurs fonctions[6].

Manifestation le à Sofia.

Le scandale est un coup dur pour le gouvernement Borissov, dont la perception devient entachée d'une aura de corruption généralisée. La popularité du parti au pouvoir chute à 13 %, et celle du Premier ministre à 28 %[5]. En juillet et , Borissov est confronté à d’importantes manifestations anti-gouvernementales qui font augurées des élections anticipées, mais le Premier ministre se maintient en place jusqu'aux législatives d'avril 2021[7]. Le scrutin voit se maintenir en tête la coalition menée par le parti GERB du Premier ministre sortant[8]. Celle-ci observe cependant un net recul qui fragilise Borissov, dont les alliés nationalistes, qui se présentaient divisés, perdent toute représentation à l’Assemblée nationale[9]. À l'inverse, de nouveaux partis issus de la contestation anti-gouvernementale y font leur entrée, dont le parti Il y a un tel peuple (ITN) du chanteur et présentateur de télévision Slavi Trifonov — l'un des critiques les plus virulents de Borissov[10] —, ainsi que la coalition Debout ! Mafia dehors ! dont la dirigeante Maya Manolova affirme vouloir « bouter la mafia hors du gouvernement et des finances publiques ». La montée de ces nouveaux partis se fait notamment au détriment de la coalition BSP pour la Bulgarie, dirigée par le Parti socialiste[11].

Le manque de cohésion idéologique des formations sorties victorieuses du scrutin et leur opposition à une alliance avec le GERB arrivé en tête empêche la formation d'un gouvernement de coalition et provoque la tenue d’élections anticipées en . Si celles-ci voient Il y a un tel peuple devenir le premier parti à l'Assemblée nationale, devançant de peu la coalition menée par le GERB, ses résultats sont à peu près identiques à ceux d'avril et ne permettent donc pas de mettre fin à la situation de blocage institutionnel. Comme trois mois plus tôt, les tentatives de formation d'un gouvernement échouent rapidement, tout en étant marquées par la tentative vivement décriée de Trifonov d'imposer un gouvernement minoritaire d'ITN, excluant toute coalition[12]. Le président Radev annonce alors la tenue des nouvelles élections législatives pour le 14 novembre, en même temps que le premier tour de l'élection présidentielle, avancé d'une semaine sur la date prévue, afin d'en réduire les coûts[13],[14].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le président de la république de Bulgarie est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours en même temps que le vice-président. Est élu le candidat qui réunit plus de la moitié des suffrages exprimés. A défaut, les deux candidats ayant obtenu le plus de voix s'affrontent lors d'un second tour organisé dans les sept jours. Le candidat ayant le plus de voix est alors élu. En cas de litige, la Cour constitutionnelle doit trancher dans un délai d'un mois après l’élection[15].

En vertu de l’article 93 de la Constitution, peut être élu président de la république tout citoyen bulgare de 40 ans révolus, qui vit en Bulgarie depuis au moins cinq ans et qui répond aux critères d'éligibilité des députés (citoyen n’ayant pas de double nationalité et ne faisant pas l’objet d'une mise sous tutelle ou d’une peine de privation de liberté)[15].

Candidats[modifier | modifier le code]

Le président sortant Roumen Radev annonce le son intention de briguer un second mandat, avec à nouveau Iliana Iotova pour vice-présidente[16].

Le dirigeant du parti Social-démocratie bulgare, Aleksandar Tomov fait l'annonce de sa candidature le 11 septembre dans la foulée de celle de la tenue du scrutin pour le 14 novembre. Son colistier est Lachezar Avramov[17].

Les candidatures de plusieurs autres personnalités sont évoquées, dont celles de Boïko Borissov, ancien Premier ministre, dirigeant du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), et de Veselin Mareshki, homme d’affaires et chef du parti Volya.

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats de la présidentielle bulgare de 2021
Candidats
(et colistiers)
Partis Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Roumen Radev
Iliana Iotova
SE[a]
Aleksandar Tomov
Lachezar Avramov
BSD
Anastas Guerdjikov
Nevyana Miteva
SE[b]
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 100
Abstention
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. « En Bulgarie, un pro-russe emporte l’élection présidentielle », lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. Corinne Deloy, « Roumen Radev, candidat soutenu par le Parti socialiste, est élu président de la République de Bulgarie », Fondation Robert Schuman, (consulté le ).
  3. « Bulgarie. Des élections législatives anticipées prévues au printemps », sur Ouest France, .
  4. « Des nationalistes dans le nouveau gouvernement bulgare », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. a et b Trust in Bulgaria’s ruling Gerb plunges as apartments scandal unfolds
  6. Tsvetan Tsvetanov quitte le gouvernement après un scandale immobilier
  7. « Manifestations en Bulgarie: les barrages ont repris à Sofia », sur rfi.fr, (consulté le ).
  8. « Bulgarie : le premier ministre, Boïko Borissov, arrivé en tête des législatives, aura du mal à former une coalition », sur lemonde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  9. « La Bulgarie dans l'incertitude face à un Parlement morcelé », sur tv5monde.com, (consulté le ).
  10. Krassen Nikolov, « Le parti du Premier ministre bulgare sortant n'arrive pas à former un gouvernement », sur euractiv.fr, (consulté le ).
  11. Georgi Gotev, « Élections. Un vent de changement souffle sur la Bulgarie », sur euractiv.fr, (consulté le ).
  12. « Bulgarie: le chanteur anti-système Trifonov cherche à composer un gouvernement minoritaire », sur rfi.fr, (consulté le ).
  13. (en) « Bulgaria’s President: Parliamentary and presidential elections will be ‘2 in 1’ on November 14 », sur The Sofia Globe, (consulté le ).
  14. « Sans majorité, la Bulgarie retourne aux urnes », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  15. a et b « Constitution de la République de Bulgarie », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le ).
  16. (bg) « Президентът Румен Радев потвърди, че ще се кандидатира за втори мандат » [« Le président Roumen Radev a confirmé qu'il se présenterait pour un second mandat »], sur dnevnik.bg,‎ (consulté le ).
  17. (bg) Симеон Янев, « Александър Томов влиза в битката за президент », sur News.bg, news.bg,‎ (consulté le ).