Élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019
(1er tour)
(2d tour)
José Mário Vaz 2014.jpg José Mário Vaz – Indépendant
Président
Sortant
José Mário Vaz
Ind.

L'élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019 a lieu les 24 novembre et 29 décembre 2019 en Guinée-Bissau afin d'élire le président de la république pour un mandat de cinq ans.

Les élections sont l'aboutissement d'une longue crise politique entre le président José Mário Vaz et le parti au pouvoir, dans le cadre d'un régime semi-présidentiel.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections doivent mettre fin à plusieurs années de crise politique courant depuis août 2015, lorsque le président José Mário Vaz limoge le premier ministre Domingos Simões Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), au pouvoir et dont fait également partie José Mário Vaz, suite à des dissensions entre les deux hommes. L'investiture du successeur de Pereira, Baciro Djá, est invalidée par la Cour suprème le premier septembre, et le PAIGC l'exclut du parti. Carlos Correia, candidat avancé par le PAIGC, le remplace deux semaines plus tard.

Le président José Mário Vaz

Le , le président José Mário Vaz le limoge à son tour avec son gouvernement[1]. Baciro Djá lui succède[2]. Cependant, le gouvernement refuse de céder le pouvoir[3], et décide de ne pas quitter le siège du gouvernement au profit du gouvernement Djá. En réaction, la Justice bissau-guinéenne fait couper l'eau et l'électricité dans le bâtiment, et en interdit l'entrée aux ministres déjà sortis[4]. Le , il quitte finalement le siège du gouvernement avec ses ministres[5]. Il est alors remplacé par Baciro Djá, désormais étiqueté indépendant.

Un accord de sortie de crise est signé à Conakry le 12 octobre 2016, et Umaro Sissoco Embaló (PAIGC) devient Premier ministre le 18 novembre 2016 avec pour objectif l'organisation au plus vite de nouvelles législatives, mais il démissionne le 12 janvier 2018, considérant que les conditions lui permettant de continuer à exercer ses fonctions n'étaient pas remplies. Les dissensions au sein du parti au pouvoir ont entre temps entrainées le départ de 15 députés sur 57, faisant perdre au PAIGC sa majorité absolue a l'assemblée, composée de 102 sièges. Le président Vaz nomme alors Artur Silva avec le soutien des 15 frondeurs et des 41 députés du Parti du renouveau social (PRS), auparavant dans l'opposition. La crise perdure ainsi au sein de la classe politique[6].

Un nouvel accord de sortie de crise est conclu le 14 avril 2018 à Lomé au sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Celui-ci abouti à la désignation d’un Premier ministre de consensus, Aristides Gomes, chargé de conduire le pays aux législatives, fixées au 18 novembre[7]. Le 19 avril, le Parlement prolonge son mandat, qui devait expirer le 23 avril 2018, jusqu'à la proclamation des résultats des nouvelles élections législatives[8].

En octobre, la Cédéao, l’Union africaine (UA) et les Nations unies se « se félicitent des avancées enregistrées dans la stabilisation du pays »[9]. Malgré un dernier report pour cause de retard dans l’établissement des nouvelles listes électorales, les législatives ont ainsi lieu dans le calme le 10 mars 2019. Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) ne parvient pas à retrouver la majorité absolue, miné par la dissidence de plusieurs de ses membres ayant formé le Mouvement pour l'alternance démocratique G-15, tandis que le Parti du renouveau social, principal parti d'opposition, enregistre également un résultat en très nette baisse. Le déclin des deux grandes formations historiques se fait ainsi au profit du MADEM G-15 et de l'Assemblée du peuple uni (API), qui font leurs entrée au parlement.

Suite à des accords de coalition conclus au cours de la campagne électorale, le PAIGC parvient néanmoins à se maintenir grâce au soutien de l'API et de deux formations mineures, le premier étant considéré comme le « faiseur de roi » de ces élections[10]. Malgré un scrutin ayant eu lieu dans de très bonnes conditions, sans violences et avec une participation très élevée frôlant les 85 %, les résultats inquiètent les observateurs. La reconduite du PAIGC prolonge de fait la mésentente institutionnelle entre le gouvernement et le président Vaz, jusqu'à l'élection présidentielle[11]. Après les législatives, la justice rejette la requête de l'opposition d'attendre la formation du bureau de l'Assemblée pour lancer les consultations visant à la formation du prochain gouvernement[12]. Après le lancement des tractations, le président Vaz refuse de nommer Domingos Simões Pereira au poste de Premier ministre, demandant au PAIGC de proposer un autre candidat[13]. Le 22 juin, à la veille de la fin de son mandat, le président Vaz reconduit le Premier ministre sortant Gomes[14].

Initialement proposé pour le 3 novembre, le scrutin est finalement fixé une vingtaine de jours plus tard, le 24, par un décret présidentiel du 18 juin 2019, afin selon les observateurs de donner plus de temps à la mission de médiation de la CEDEAO dans son travail de résolution de la crise politique[15], ce qui est accepté par le PAIGC[16]. José Mário Vaz ayant décidé de rester en poste jusqu'à la présidentielle de novembre, des manifestations appellent à son départ[17]. Le 27 juin, le Parlement décide de son remplacement par le président de l'Assemblée nationale Cipriano Cassamá[18]. Les parlementaires de la majorité menée par le PAIGC le considèrent en effet illégitime passé la fin de son mandat de cinq ans. La Constitution est cependant floue quant à la possibilité d'une prorogation du mandat présidentiel, posant la question du caractère obligatoire de son départ[19]. Le 29 juin, le parquet ordonne l'arrestation de Cipriano Cassamá, président du Parlement et Califa Seidi, président du groupe parlementaire du PAIGC[20]. Le jour même, la Cédéao décide lors d'un sommet que Vaz reste en poste, que le gouvernement exerce ses attributions, qu'un nouveau procureur général soit nommé avant le 3 juillet et un nouveau gouvernement avant le 15 juillet[21]. Ces nominations interviennent le 3 juillet[22].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le président de la Guinée Bissau est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrage est déclaré élu.

Candidats[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nouvelle dissolution d’un gouvernement en Guinée-Bissau - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 29 mai 2016)
  2. « Guinée-Bissau: le nouveau Premier ministre contesté prête serment », sur TV5MONDE (consulté le 28 mai 2016)
  3. « Guinée-Bissau: le gouvernement dissout refuse la nomination de Baciro Djá - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 29 mai 2016)
  4. « Guinée-Bissau: l'étau se resserre autour du gouvernement déchu - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 9 juin 2016)
  5. « Guinée-Bissau: les ministres réfractaires ont quitté le Palais du gouvernement - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 10 juin 2016)
  6. « Guinée-Bissau : le recensement électoral encore prolongé », sur Jeune Afrique,
  7. Décret de nomination du nouveau Premier ministre bissau-guinéen, VOA Afrique, 16 avril 2018
  8. Assembleia Nacional Popular (Assemblée nationale populaire Union Interparlementaire
  9. « Guinée Bissao: la communauté internationale se félicite des avancées enregistrées dans la stabilisation du pays », sur guineelive, .
  10. Législatives à Bissau: le PAIGC bien parti pour constituer une majorité avec ses alliés
  11. Guinée-Bissau: courte victoire du parti au pouvoir aux législatives
  12. https://www.lepoint.fr/afrique/guinee-bissau-l-opposition-perd-une-manche-devant-la-cour-supreme-16-05-2019-2313072_3826.php
  13. « Guinée-Bissau : José Mário Vaz refuse de nommer Domingos Simões Pereira au poste de Premier ministre – JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 21 juin 2019)
  14. « Bissau: le président Vaz reconduit son Premier ministre, trois mois après les législatives (officiel) » (consulté le 22 juin 2019)
  15. « Guinée-Bissau : une présidentielle le 24 novembre, un Premier ministre bientôt installé », sur La Tribune (consulté le 22 juin 2019)
  16. AfricaNews, « BISSAU : le président Vaz reconduit son premier ministre », sur Africanews (consulté le 23 juin 2019)
  17. https://www.dw.com/pt-002/bissau-manifestantes-exigem-nomeação-de-novo-governo-e-saída-de-jomav/a-49336424
  18. « Guinée-Bissau : les députés décident le remplacement du président sortant par le président de l'Assemblée nationale » (consulté le 27 juin 2019)
  19. « Le PAIGC ne reconnait plus la légitimité du président Vaz », sur BBC News Afrique (consulté le 28 juin 2019)
  20. AfricaNews, « Bissau : le parquet ordonne l'arrestation du président "intérimaire" désigné par l'Assemblée », sur Africanews (consulté le 30 juin 2019)
  21. « Bissau: la Cédéao confie les affaires courantes au gouvernement », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 30 juin 2019)
  22. « Guinée-Bissau: le président nomme un nouveau gouvernement », sur Le Figaro (consulté le 3 juillet 2019)
  23. https://www.facebook.com/africanews.fr, « Bissau : le président Vaz se représentera en indépendant (entourage) », sur Africanews, (consulté le 15 août 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]