Élargissement de la zone euro

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Carte sur L'union économique et monétaire (UEM) de l'Union européenne.


L’élargissement de la zone euro est le processus d’adhésion de nouveaux États membres de l’Union européenne à la zone euro. Tous les États membres, à l’exception du Danemark et du Royaume-Uni qui bénéficient d’une option de retrait, se sont engagés à adopter l’euro comme monnaie unique lorsqu’ils rempliront les critères de convergence.

Onze pays membres de l’Union européenne étaient membres de la zone euro lors de sa création en 1999. La Grèce a rejoint la zone en 2001, juste avant que les pièces et billets en euro ne soient mis en circulation. La Slovénie a rejoint la zone euro en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009[1], l’Estonie en 2011[2], la Lettonie en 2014[3], puis la Lituanie en 2015.

Critères d’adhésion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Critères de convergence.

Afin de rejoindre la zone euro officiellement, un pays doit tout d’abord être membre de l’Union européenne, puis doit satisfaire certains critères économiques, dont l’entrée dans le MCE II, qui fixe le taux de change de la monnaie nationale du pays candidat contre l’euro, en respectant une plage de ±15 %.

Les micro-États européens non-membres de l’Union européenne qui ont signé des accords monétaires avec celle-ci ne sont autorisés qu’à utiliser l’euro et à frapper un nombre limité de pièces de monnaie, ils ne sont donc pas soumis aux critères de convergence car ils ne participent nullement aux décisions de la BCE concernant l’euro. Il s’agit de Monaco, Saint-Marin, le Vatican et depuis 2013 l’Andorre.

En 2009, le Fonds monétaire international (FMI) a suggéré que les pays candidats devraient pouvoir adopter l’euro partiellement, ce qui leur permettrait d’utiliser l’euro sans toutefois obtenir un siège à la Banque centrale européenne (BCE)[4].

Critères d’adhésion à la zone euro par pays
Pays[A 1] Inflation[A 2] (IPCH)[5] Déficit budgétaire
annuel au PIB
Dette publique
au PIB
Adhésion au
MCE II
Taux d'intérêt
à long terme[A 3]
Valeur de référence[6] max : 1,5 % max : 3 % max : 60 % min : 2 ans max : 2 %
États membres de l’UE
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1,2 % 2,8 % 29,5 % Non 0 % (juillet 2017)
Drapeau de la Croatie Croatie 1,4 % 0,8 % 84,2 % Non 2,5 % (juillet 2017)
Drapeau du Danemark Danemark 0,4 % (juin 2017) 2,7 % 39,6 % −0,65 % (mai 2017)
Drapeau de la Hongrie Hongrie 0,4 % 2 % 74,1 % Non 0,9 % (juillet 2017)
Drapeau de la Pologne Pologne 1,3 % (juin 2017) 2,4 % 54,4 % Non 1,5 % (juillet 2017)
Drapeau de la République tchèque République tchèque 2,39 % (juin 2017) 2 % 37,2 % Non 0,05 % (juillet 2017)
Drapeau de la Roumanie Roumanie 0,6 % 3 % 37,6 % Non 1,75 % (juillet 2017)
Drapeau de la Suède Suède 1,79 % (juin 2017) −0,3 % 38,4 % Non −0,5 % (juillet 2017)
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 2,89 % (mai 2017) 6,3 % 90,1 % Non 0,25 % (juin 2017)
Pays non-membres de l’UE
Drapeau de l'Albanie Albanie 3,3 %[7] 0,04 % 1,25 %
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 1,5 % 0,35 % 44,1 % 4,42 % (avril 2017)
Drapeau de l'Islande Islande −2,61 % (juin 2017) −5,19 %[A 4] 46,50 % 4,50 % (juin 2017)
Drapeau du Kosovo Kosovo 8,3 % 1,8 % 7 %
Drapeau de la Macédoine République de Macédoine 3,2 % 0,6 % 39,5 % 3,25 % (mai 2017)
Drapeau du Monténégro Monténégro 0,5 % [8] −12,1 % 75,5 % 6,91 %
Drapeau de la Norvège Norvège[A 5] 2 %[9] −17,27 %[A 4] 53 %
Drapeau de la Serbie Serbie 10,3 % 0,48 % 37 % 4 % (juillet 2017)
Drapeau de la Suisse Suisse[A 5] 0,9 % −1,0 %[A 4],[10] 41,3 %[11] −0,75 % (juillet 2017)
Drapeau de la Turquie Turquie 11,20 % (juin 2017) −1,3 %[A 4] 38,8 % 8 % (juin 2017)
Notes :
  1. États membres qui n’ont pas encore adopté l’euro, candidats, candidats potentiels officiels et pays ayant des liens forts avec l’UE.
  2. Elle ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière d’inflation. Inflations par pays publiées par la BCE.
  3. Il ne doit pas dépasser de plus de deux points ceux des trois États membres ayant les taux d’intérêts les plus bas.
  4. a, b, c et d Pays en excédent budgétaire.
  5. a et b De nombreux débats sont en cours en Norvège et en Suisse sur l’adhésion à l’Union européenne et l’adoption de l’euro. Ils ont donc été inclus dans cette catégorie.
Légende :
  •      Critère satisfait

Histoire de l’élargissement[modifier | modifier le code]

Le premier élargissement s’est fait avec la Grèce le 1er janvier 2001, avant que l’euro n’entre réellement en circulation en 2002 mais après sa création officielle en 1999. Les premiers élargissements post-2002 eurent lieu en 2004. D’abord la Slovénie remplace son tolar par l’euro le 1er janvier 2007. Ensuite c’est au tour de Chypre et Malte le 1er janvier 2008. Le 1er janvier 2009, la Slovaquie échange sa couronne pour l’euro, suivie en janvier 2011 de l’Estonie puis en janvier 2014 de la Lettonie et enfin de la Lituanie en janvier 2015.

Les nouveaux états membres de l’UE, qui l’ont rejointe durant la cinquième vague d’élargissement (2004-2007), sont tous obligés d’adopter l’euro, selon les termes de leurs traités d’adhésion. Cependant, en septembre 2011, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie préviennent qu’ils pensaient que la zone euro était une union monétaire et qu’elle pourrait bien finir en une union très différente et plus rapprochée entraînant une convergence fiscale, économique et politique. « Tous les sept pays sont d’accord sur le fait qu’un changement juridique de la zone euro pourrait modifier les conditions de leurs traités d’adhésion », qui les « forceraient à organiser de nouveaux référendums » sur l’adoption de l’euro, selon une source diplomatique, proche de l’AFP[12].

Membres du MCE II[modifier | modifier le code]

Adoption de l’euro par les états membres de l’UE
Monnaie Code ISO Cours contre l’euro Date
officielle visée
Date
d’entrée espérée
Drapeau du Royaume-Uni Livre sterling

Drapeau de Gibraltar Livre de Gibraltar

GBP

GIP

Opting-out[B 1] Opting-out[B 1]
Drapeau de la Bulgarie Lev bulgare BGN 1,95583[B 2] [B 3],[13] 2018
Drapeau de la République tchèque Couronne tchèque CZK [B 3],[13] 2017 ou 2019
Drapeau du Danemark Drapeau du Groenland Drapeau des Îles Féroé Couronne danoise DKK 7,46038 Opting-out[B 4] Opting-out[B 4]
Drapeau de la Hongrie Forint hongrois HUF [B 3],[13]
Drapeau de la Pologne Złoty polonais PLN [B 3],[13]
Drapeau de la Roumanie Leu roumain RON [14] 2019
Drapeau de la Suède Couronne suédoise SEK [B 5] [B 3]
Notes :
  1. a et b Le Royaume-Uni a négocié un opting-out lors de la signature du traité de Maastricht et n’est donc pas obligé d’adopter l’euro.
  2. Au 06 mai 2012, la Bulgarie n’est toujours pas membre du MCE II. Mais le lev bulgare avait été initialement lié au Deutsche Mark et est par conséquent lié à l’euro au taux indiqué.
  3. a, b, c, d et e Il n’y a pas de date officielle fixée pour l’adoption de l’euro par ce pays pour le moment.
  4. a et b Le Danemark a négocié un opting-out lors de la signature du traité de Maastricht et n’est donc pas obligé d’adopter l’euro. Cependant, un référendum devrait être tenu sur une possible adoption de l’euro. Une date officielle d’adoption serait alors fixée si le « oui » l’emportait.
  5. La Suède est obligée de rejoindre la zone euro selon les termes de son traité d’accession. Cependant, en choisissant de ne pas faire partie du MCE II, elle ne remplit pas les cinq critères de convergence. Les partis politiques suédois indiquent qu’il n’y aura aucune adoption de l’euro possible sans référendum.

Excepté le Danemark et le Royaume-Uni, qui ont obtenu des opting-out sous le traité de Maastricht, tous les autres membres de l’UE sont légalement obligés de rejoindre la zone euro. Les membres suivants ont accédé au MCE II, dans lequel ils doivent rester au minimum deux ans avant de pouvoir adopter l’euro.

Danemark[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Danemark.

Le Danemark a rattaché sa couronne à l’euro (1 = 7,46038DKK ± 2,25 %) et la couronne demeure dans le MCE. En décembre 1992, le Danemark a négocié un certain nombre d’opting-out vis-à-vis du traité de Maastricht via l’accord d’Edimburgh, qui incluait la non-adoption de l’euro comme monnaie unique. Cet accord était une réponse au rejet préalable du traité de Maastricht par les Danois lors d’un référendum, plus tôt cette même année. Après l’accord d’Édimbourg, le traité fut finalement ratifié après un référendum ultérieur tenu en 1993. Le 28 septembre 2000, un nouveau référendum a eu lieu au Danemark pour l’adoption de l’euro. Le non l’emporta avec 53,2 %.

Le 22 novembre 2007, le tout nouveau gouvernement réélu déclara son intention d’organiser un nouveau référendum sur l’abolition des opting-out accordées au Danemark en 1992, aux alentours de 2011[15]. Plusieurs sondages ont été publiés chaque année, en 2008 et en 2009. Ces sondages montrent que le plus souvent, mais pas toujours, les Danois seraient favorable à l’euro.

La crise économique a aussi ouvert un autre débat : les îles Féroé, un territoire danois indépendant en dehors de l’UE, déclare vouloir adopter l’euro, comme d’autres pays ne faisant pas partie de l’UE. Ceci va au contraire de leur première volonté qui était de garder leur monnaie actuelle, même si le Danemark adoptait l’euro[16],[17],[18].

États obligés à rejoindre la zone euro[modifier | modifier le code]

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Bulgarie.

Le lev bulgare ne fait pas partie du MCE II, mais il est rattaché à l’euro depuis le lancement du MCE II (1 EUR = 1,955 83 BGN). Le lev bulgare était déjà indexé sur un pied d’égalité avec le Deutschmark auparavant. Par conséquent, la Bulgarie a déjà rempli la quasi-totalité des critères d’adhésion à l’UEM et doit, depuis 2009, satisfaire les critères d’adhésion du traité de Maastricht pour rejoindre la zone euro en 2012, date limite fixée par le ministre des finances bulgare Plamen Oresharski.

La caisse d'émission qui rattache l’euro à la Bulgarie a été vue comme bénéfique en permettant à celle-ci de satisfaire les critères de l’UEM très tôt. Mais la BCE a fait pression sur la Bulgarie pour quitter l’UEM, car cette première ne saurait pas comment faire entrer un pays de l’UEM dans la zone euro. Le premier ministre déclara que son pays désirait rester lié à la caisse d’émission tant que l’euro ne sera adopté. Cependant, des facteurs tels qu’une forte inflation, un taux de change irréaliste[évasif] contre l’euro et la faible productivité du pays sont affectés négativement par ce système.

Actuellement[Quand ?], la Bulgarie satisfait trois des quatre critères (si on excepte l’adhésion au MCE II) pour rejoindre la zone euro. La Bulgarie ne respecte effectivement pas le fait que son inflation ne doit pas excéder celle des trois États membres de l’UE avec l’inflation la plus basse (Malte, les Pays-Bas et le Danemark) qui ont une inflation de 1 %, tandis que la Bulgarie est aux alentours de 1,7 %. L’inflation de la Bulgarie de mars 2008 à aujourd’hui[Quand ?] atteint 9,4 %, bien au-dessus de la valeur de référence qui est de 3,2 %, disent les spécialistes.

Sur le plan positif, la Bulgarie remplit le critère du budget de l’État, qui stipule que le déficit budgétaire ne doit pas excéder 3 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays. Au cours des dernières années, les spécialistes indiquent que la Bulgarie n’a cessé d’améliorer ses fondamentaux budgétaires et a même enregistré des excédents depuis 2003. Le déficit budgétaire était de 3,4 % du PIB en 2007 et de 3,2 % en 2008 et 2009. En 2011, ce déficit était de 2,8 % du PIB.

En ce qui concerne la dette publique, la Bulgarie s’inscrit également dans les critères prescrits (60 % du PIB max). La dette publique a également constamment décliné, de 50 à 18 % du PIB en 2007, pour atteindre 17,4 % en 2011.

La Bulgarie espérait devenir membre du MCE II en novembre 2009, mais cette date a été repoussée. Le 22 décembre 2009, le ministre des finances bulgare Siméon Djankov déclare que le pays rejoindra le MCE II en mars 2010, mais en raison d’un trop haut déficit budgétaire, la Bulgarie n’a pas pu rejoindre le MCE II en 2010.

Croatie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Croatie.

La Croatie est membre de l’UE depuis le 1er juillet 2013. La Croatie sera ensuite obligée de rejoindre la zone euro. En 2006, la Croatie remplissait les critères de convergence (inflation de 2,6 %, déficit budgétaire -3,0 % du PIB, dette publique 56,2 % du PIB), cependant la Croatie devra toujours être membre du MCE II pendant deux ans. Le premier ministre Andrej Plenković a indiqué fin 2017 vouloir rejoindre la zone euro mais que cela ne se ferait pas avant 2024[19].

Hongrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Hongrie.

La Hongrie avait initialement prévu d’adopter l’euro le . Mais la plupart des études financières, comme celles de Standard & Poor's et de Fitch Ratings, indiquaient que la Hongrie ne pourrait pas adopter la monnaie unique à cette date, en raison d’un déficit budgétaire trop élevé, qui en 2006 excédait de 10 % du PIB. Ce déficit est tombé sous la barre des 5 % du PIB en 2007, et en dessous des 3,8 % en 2008.

Pologne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Pologne.

La Pologne doit, selon le traité d’Athènes rejoindre la zone euro. Elle ne pourra cependant pas satisfaire les critères requis pour adopter l’euro avant plusieurs années. Le złoty ne fait pas partie du MCE II (être membre du MCE II constituant un critère pour adopter l’euro).

Le ministre des Finances Dominik Radziwill a déclaré le 10 juillet 2009 que la Pologne pourrait rejoindre la zone euro en 2014, en remplissant les critères d’adhésion en 2012. En 2010, la crise de la dette de la zone euro engendra un manque d’intérêt de la part des Polonais, avec plus de la moitié de la population opposée à l’euro. Cependant, en décembre 2011, le ministre des Affaires étrangères polonais Radosław Sikorski déclare que la Pologne pourrait rejoindre la zone euro avant 2016 si et seulement si « la zone euro était réformée et bénéfique à la Pologne ».

République tchèque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et République tchèque.

La République tchèque doit, selon le traité d’Athènes, adopter l’euro, même si cela n’est pas prévu pour tout de suite. La couronne tchèque ne fait pas partie du MCE II. Depuis son entrée dans l’UE en 2004, la République tchèque a adopté une politique fiscale et monétaire proche de celle de l’Union européenne. Actuellement, le plus gros problème qui empêcherait la République tchèque de rejoindre la zone euro est son vaste déficit budgétaire.

Fin 2010, un débat fit surface sur le fait que la République tchèque pourrait négocier un opting-out pour ne pas rejoindre la zone euro. Ce débat fut alimenté en partie par le président tchèque eurosceptique Václav Klaus. Le premier ministre tchèque Petr Nečas déclara plus tard[Quand ?] qu’aucune négociation n’était nécessaire car la République tchèque ne peut être forcée à intégrer le MCE II. Par conséquent, la République tchèque choisira elle-même quand ses critères d’adhésion à l’euro seront remplis, ce qui se rapproche de très près la situation de la Suède. Petr Nečas a aussi déclaré qu’aucune adoption de l’euro n’aura lieu sous son gouvernement, qui a pris fin en 2013.

Roumanie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Roumanie.

La Roumanie a programmé de remplacer sa monnaie, le leu roumain, par l’euro, dès qu’elle aura rempli les critères de convergence. Il est prévu que l’euro soit adopté par la Roumanie en 2019. Selon le gouvernement roumain, la Roumanie ne sera pas capable de rejoindre le MCE II avant 2019-2021.

Suède[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Euro et Suède.

Selon le traité d’adhésion de 1994 de la Suède à l’Union européenne approuvé par référendum (52 % de la population en faveur du traité), la Suède est obligée de rejoindre la zone euro, si elle remplit les critères de convergence. Cependant, 56 % des Suédois ont voté contre l’adoption de l’euro lors d’un deuxième référendum le 14 septembre 2003. Le gouvernement suédois a fait valoir qu’il était légal de rester en dehors de la zone euro tant que tous les critères ne sont pas remplis. En choisissant tout simplement de ne pas faire partie du MCE II, la Suède ne remplit pas ces critères. Le gouvernement suédois a donc mis en place une sorte d’échappatoire informel pour ne pas rejoindre la zone euro. La plupart des partis politiques suédois continuent de croire qu’il serait dans l’intérêt de la Suède d’adopter l’euro, mais tous les partis se sont engagés à respecter le résultat du référendum et aucun ne soulève la question de contester ce référendum pour l’instant.

Les partis politiques sont d’accord sur le fait que la Suède ne rejoindra pas la zone euro avant un nouveau référendum. Le premier ministre Fredrik Reinfeldt déclara en décembre 2007 qu’il n’y aura pas de nouveau référendum tant que le « non » sera majoritaire dans les sondages. Les sondages sont restés plutôt stables, avec une grosse préférence pour le « non », sauf dans certains sondages de 2009 où le « oui » l’emportait. En 2010, les sondages indiquent clairement le refus des Suédois à adopter l’euro.

États ayant obtenu une option de retrait pour ne pas rejoindre la zone euro[modifier | modifier le code]

Danemark[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Membres du MCE II : Danemark.

Le Danemark n’est pas obligé de rejoindre la zone euro mais est cependant membre du MCE II.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

La monnaie du Royaume-Uni est actuellement la livre sterling. Le pays a obtenu une option de retrait afin de ne pas rejoindre la zone euro qui ne pourrait être levée que sur sa demande.

L’euro est toutefois la monnaie officielle des territoires britanniques d’Akrotiri et Dhekelia (situés dans l’ile de Chypre) depuis le 1er janvier 2008 car les accords relatifs à l’indépendance de Chypre prévoyaient que la monnaie chypriote aurait seule cours légal dans les zones demeurant sous souveraineté britannique. Il n’y a toutefois ni émission de pièces ou de billet en euros « britanniques » par la Banque d’Angleterre ou par la Banque centrale européenne. De facto, le régime de ces territoires est proche de celui que l’Andorre avait vis à vis de l’euro avant la signature d’accord avec l’Union européenne le 30 juin 2011.

La mise en œuvre formelle du processus de brexit implique, à son terme, toute renonciation définitive à l’utilisation de l’euro hormis pour les zones britanniques de Chypre pour lesquelles le protocole d’adhésion de Chypre à l’Union européenne continuera à s’appliquer.

L’euro sera toutefois accepté au Royaume-Uni, comme cela est le cas pour certaines devises étrangères, dans un but commercial par les opérateurs privés qui le souhaitent[réf. nécessaire].

En dehors de l’UE[modifier | modifier le code]

Islande[modifier | modifier le code]

En raison d’une instabilité importante du cours la couronne islandaise, des débats sont apparus sur la possibilité pour l’Islande d’adopter l’euro. Cependant, selon Jürgen Stark, un membre du conseil d’administration de la Banque centrale européenne, « l’Islande ne pourra pas adopter l’euro avant de devenir membre de l’UE ». La procédure d'adhésion de l'Islande à l'Union européenne a officiellement commencé, mais l’Islande rétractait et gelait sa candidature peu après.

L’Islande a toutefois des problèmes avec les critères de convergence. Sur la période 2008-2009, l’inflation était de 10-15 %, le déficit budgétaire de 6,9 % du PIB et la dette publique représentait 400 % du PIB. Sur la période 2010-2012, l’Islande a fait des efforts : l’inflation s’est ralentie mais la dette publique reste un problème[20].

Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna[modifier | modifier le code]

Les territoires d’outre-mer français Wallis-et-Futuna et la Polynésie française se sont déclarés favorables à rejoindre la zone euro, en remplaçant le franc CFP par l’euro. Cependant, la Nouvelle-Calédonie n’a pas encore pris sa décision. En effet, une consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie est prévue en 2018 et les opinions diffèrent sur l’adoption de l’euro dans le futur. Le gouvernement français a exigé que ces trois territoires se déclarent en faveur de l’adoption de l’euro. Si les trois entités se mettent d’accord en faveur de l’adoption de l’euro, le gouvernement français fera une demande en leur nom au Conseil européen et le passage à l’euro aura lieu quelques années plus tard.

Adoption unilatérale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : euroïsation.

Le Monténégro et le Kosovo ont décidé d’adopter unilatéralement l’euro sans qu’ils fassent partie de l’Union européenne. La Bosnie-et-Herzégovine a choisi de garantir le taux de change de son mark par rapport à l’euro, ce qu’a également fait la Macédoine avec son denar[21].

Résumé du processus d’adoption[modifier | modifier le code]

Article connexe : Critères de convergence.

Les nouveaux états membres, qui ont rejoint l’UE à partir de 2004, doivent adopter l’euro aussitôt qu’ils rempliront les critères. Pour eux, la monnaie unique faisait partie du paquet sur l’Union européenne". À l’inverse du Royaume-Uni et du Danemark, aucune exemption ne leur a été accordée.

Les autres États rejoindront la troisième phase de l’UEM et adopteront l’euro à des rythmes différents  : la Lettonie en 2014 et la Lituanie en 2015. La Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la République tchèque suivront à partir de 2018.

Le 16 mai 2006, la Commission européenne recommande à la Slovénie de devenir membre de la zone euro. Elle le devient le 1er janvier 2007. En mai 2007, la Commission européenne fait la même recommandation à Chypre et à Malte, qui adoptent l’euro le 1er janvier 2008. La Commission européenne agit de même envers la Slovaquie, qui rejoint la zone le 1er janvier 2009. Le 1er janvier 2011, l’Estonie adopte l’euro également. En juin 2013, la Commission le recommande également à la Lettonie, qui devient membre le 1er janvier 2014. La Lituanie intègre la zone euro en 2015.

Être membre de l’UEM est considéré comme une étape pour rejoindre la zone euro. La BCE et la Commission européenne produisent des rapports tous les deux ans en analysant les conditions économiques et autres des États membres de l’UE hors de la zone euro, pour connaître leur aptitude à rejoindre la zone. Le premier rapport incluant les dix nouveaux membres fut publié en octobre 2004.

État Objectif Entrée
dans le MCE II
Institution
coordinatrice
Plan de
basculement
Intro-
duction
Période de
double
circulation
Échange
jusqu’à
Double
affichage
des prix
Atelier national de fabrication des monnaies Dessin des
pièces
Volume
nécessaire
Loi Stratégie-
de
communication
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 2014Pas défini 3Inconnue Pas encore approuvé 15 jours Banque centrale : indéfiniment Oui Approuvé
1 dessin
Drapeau de la Pologne Pologne 3Pas défini 3Inconnue Big-Bang Oui Sondage public en cours
Drapeau de la Roumanie Roumanie 2015Pas défini 2012Prévue pour 2019–2020 Groupe de travail inter-institutionnel MoF-NBP 11 mois Oui Pas encore décidé
Drapeau de la République tchèque République tchèque 3Pas défini Approuvé le 11 avril 2007 Big-Bang 5 mois avant l’adoption
12 mois après l’adoption
Oui Compétition
en
cours
230 millions de billets et 950 millions de pièces
Drapeau de la Hongrie Hongrie 3Pas défini 3Inconnue Les travaux préparatoires sont en cours au sein du ministère des finances et de la Magyar Nemzeti Bank (Banque centrale hongroise) Big-Bang avec des possibles phases hors-fonctions 1 mois Oui Pas encore décidé
Drapeau du Danemark Danemark 3Possibilité d’un futur référendum 19991er janvier 1999 Oui
Drapeau de la Suède Suède 3Pas en considération 3Pas en considération
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 3Pas en considération 3Pas en considération

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kubosova 2008
  2. France 24 - 6 août 2010
  3. Le Monde - janvier 2014
  4. La Lituanie pourrait adopter l’euro de manière accélérée., The Baltic Course, 8 avril 2009
  5. Rapport de convergence de la BCE, mai 2010
  6. Valeurs de mai 2010 de la Bulgarie, de la République tchèque, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie et de la Suède.. Mis à jour tous les 2 ans.
  7. Banque d’Albanie
  8. Banque centrale du Monténégro
  9. L’inflation est en baisse de 0,1 %.
  10. Comptes des administrations publiques (2008)
  11. Dépenses, dette – Données, indicateurs (2008)
  12. Les nouveaux États membres veulent s’affranchir de leurs obligations envers l’euro
  13. a, b, c et d (en) « Huitième rapport sur les préparations pour l’élargissement de la zone euro. », Commission européenne (consulté le 7 janvier 2009)
  14. (en) « Rapport sur la situation macroéconomique » [PDF], Gouvernement de la Roumanie (consulté le 31 décembre 2009)
  15. Stratton 2007
  16. Demande des îles Féroé - 4 août 2009
  17. « Les iles Féroé pourraient adopter l’euro. », Fishupdate.com, (consulté le 26 avril 2011)
  18. Icenews - 8 août 2009
  19. « La Croatie veut entrer dans la zone euro dans 7 à 8 ans », sur Le Figaro, (consulté le 22 décembre 2017)
  20. « Informations économiques sur l’Islande », sur le site de la Direction générale du Trésor français (consulté le 27 juin 2013)
  21. « coût de la vie », sur Ambassade de France à Skopje,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allegra Stratton, « Le gouvernement danois veut un référendum sur les relations avec l’UE », The Guardian, Royaume-Uni,‎ (lire en ligne)
  • (en) Lucia Kubosova, « Slovakia confirmed as ready for euro », EUobserver,‎ (lire en ligne)
  • (en) « Euro wanted as currency in Faroe Islands », Icenews,‎ (lire en ligne)
  • « La Lettonie devient le dix-huitième pays membre de la zone euro », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • « Ministers offer Estonia entry to eurozone January 1 », France24.com, (consulté le 26 avril 2011)
  • Løgtingsmál n° 11/2009: Uppskot til samtyktar um at taka upp samráðingar um treytir fyri evru sum føroyskt gjaldoyra, , PDF (lire en ligne)

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]