Ego

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Ego est un substantif tiré du pronom personnel latin (moi/je). Il désigne généralement la représentation et la conscience que l'on a de soi-même. Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie) ou comme une entrave à notre développement personnel (notamment en spiritualité).

Les différentes définitions de l'ego[modifier | modifier le code]

Philosophie[modifier | modifier le code]

Selon Vincent Carraud, « Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême - c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Age l'ont ignoré[1]. » Descartes au XVIIe siècle exprime sa certitude quant à l'existence d'un sujet pensant à travers le Cogito ergo sum.

Husserl emploie le terme ego transcendantal pour désigner le « moi sujet » qui anime la conscience[2].

Mais l'ego peut également être défini comme le moi en tant qu'objet de la conscience ; ainsi selon Sartre, « l'ego n'est pas le propriétaire de la conscience, il en est l'objet[3]. » Selon André Comte-Sponville, l'ego « est moins ce que je suis que ce que je crois être, moins le je que le me (par exemple quand on dit « je me connais », « je me sens triste »...)[4] ».

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Cette notion est au cœur de ce qu'on appelle l'ego-psychology, doctrine psychanalytique développée aux États-Unis par Ernst Kris, Heinz Hartmann et Rudolph Loewenstein. Sur le même axe de réflexion, Anna Freud a fait de l'ego le centre de la réalité du sujet.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Pour un certain nombre de courants spirituels, l'ego est la représentation fausse qu'un individu se fait de lui-même. Cette représentation fait écran à la vraie nature de l'homme. Certains auteurs[Lesquels ?] parlent de l'ego comme d'une fausse personnalité constituée de souvenirs et d'expériences. La confusion entre l'ego/"fausse personnalité" et sa vraie nature produit une illusion qui prive ceux qui en sont prisonniers d'une vraie liberté et les enchaîne à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, "perception erronée du monde").

Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaît l'éveil spirituel. Les méthodes pour se libérer de l'emprise de l'ego sont diverses et chaque école spirituelle a plus ou moins la sienne[5].

Dans le champ de la spiritualité moderne et du transpersonnel, l’ego est souvent utilisé en distinction du soi (le moi supérieur). En anglais : self ou higher-self.

Pour certains enseignements spirituels, les relations humaines, et ce qu’elles entraînent à l’échelle planétaire, s’effectuent par “ego” interposés. Pourtant, l'ego n'a pas réellement de réalité, il ne serait qu'un « complexe » produit par des constructions mentales ou des dysfonctionnements psychiques[6].

Religion[modifier | modifier le code]

Hindouisme[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Asmitā et Ahaṃkāra.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme perçoit l'ego comme une construction mentale ne correspondant à aucune réalité tangible. Il n'est ni dans le corps ni dans l'esprit : « Même si nous parlons de l'ego existant comme d'une chose solide qui offre divers aspects, essentiellement il n'y a pas de substance solide. L'ego ne vit effectivement dans le temps que comme un processus continuel de création ; il est perpétuellement en train de mourir et en train de renaître[7]. »

La voie bouddhiste consiste, entre autres, à libérer l'être humain de cette perception qui le place au centre de tout, et surtout, de le libérer de la souffrance, qui a pour cause notamment la croyance à l'existence du moi. Voir le concept de non-soi.

Christianisme[modifier | modifier le code]

L'ego, en tant que sentiment du moi ou du je, est mal perçu dans le christianisme, parce qu'il peut conduire à l’égocentrisme voire à l’égoïsme, qui est l'opposé de ce qui est prôné par la foi chrétienne : l’amour du prochain[8].

Islam[modifier | modifier le code]

L'ego porte le nom arabe de nafs dans l'islam. Il en est l'un des concepts centraux quel qu’en soit le courant de pensée. Le djihad nafs (communément appelé le combat contre soi-même) est essentiel et central en ce qui concerne la vie du croyant. Il consiste à ne pas céder aux désirs que propose les "diables" qui sont assignés à chaque homme. D'après le rapport établi entre psychologie et islam, ces "diables" seront nommés par S.Freud comme étant le ça de chacun des êtres humains.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carraud 2010
  2. France Farago, Frédéric Guillaud et Maël Lemoine, Cyril Morana, Philosophie, terminales L, ES, S, Editions Bréal, (ISBN 978-2-7495-0276-2, lire en ligne), p. 25
  3. Sartre 2003.
  4. André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique, PUF,
  5. Arnaud Desjardins et Lama Denis Teundroup parlent de l'ego
  6. voir Michel Cazenave, Revue 3e millénaire no 79.
  7. Chögyam Trungpa, Méditation et action, Arthème Fayard, , p. 132.
  8. Marc Pernot, pasteur de l'Eglise Protestante Unie de France, « Jésus ne mégote pas sur l’ego (Matthieu 8:5-13) » (consulté le 23 septembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]