Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne

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Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne
Le reliquaire monolithe (réplique du Saint-Sépulcre)
Le reliquaire monolithe (réplique du Saint-Sépulcre)
Présentation
Culte Anciennement, catholique romain
Type Ancienne église monolithe
Début de la construction VIIIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1912) [1]
Géographie
Pays France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Ville Aubeterre-sur-Dronne
Coordonnées 45° 16′ 21″ nord, 0° 10′ 16″ est

Géolocalisation sur la carte : Charente

(Voir situation sur carte : Charente)
Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne

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Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne

L’église monolithe d'Aubeterre est une ancienne église paroissiale dédiée à saint Jean située à Aubeterre-sur-Dronne, dans le département de la Charente et le diocèse d'Angoulême. Creusée à même une puissante falaise surplombant le village à partir du VIIIe siècle, elle est considérablement agrandie au XIIe siècle par une communauté de moines bénédictins.

Comptant parmi les plus importantes églises monolithes de France, elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de cet édifice atypique demeure assez méconnue.

Sommet de l'architecture soustractive française, la cavité primitive est agrandie au cours d'une première campagne durant le VIIIe siècle : de cette période subsiste une piscine baptismale creusée à même le roc, ornée en son fond d'une croix grecque.

Au XIIe siècle, Pierre de Castillon, vicomte d'Aubeterre, fait agrandir cette église monolithe lors de son retour de croisade pour y installer des reliques, en même temps que celle de Saint-Émilion[2].

L'implantation d'une communauté de moines bénédictins marque le début des travaux, au cours desquels l'édifice prend sa configuration actuelle.

Il devient sans doute une halte pour les pèlerins en route vers Saint-Jacques de Compostelle, au même titre que la collégiale Saint-Jacques toute proche[3].

L'église Saint-Jean a titre d'église paroissiale jusqu'en 1794, où elle est transformée en fabrique de salpêtre, afin d'alimenter en poudre à canon les armées révolutionnaires. Elle est ensuite transformée en cimetière, fonction qu'elle conserve jusqu'à ce qu'un arrêté de salubrité publique mette fin à cette pratique, en 1865[4].

Visitée par 65 000 personnes en 2014, l'église va être l'objet « d'importants travaux de consolidation et de rénovation » sur plusieurs années qui pourraient débuter fin 2015, pour un budget estimé à quatre millions d'euros[5].

Description[modifier | modifier le code]

L'église monolithe d'Aubeterre s'inscrit dans une sorte de grand rectangle de vingt-sept mètres de long pour seize mètres de large[6], dimensions qui en font une des plus grandes églises de ce type en Europe[7]. Elle se compose d'une abside hémicylindrique voûtée en cul de four, précédée d'une large nef, séparée d'un unique bas-côté par une série de piliers massifs présentant la particularité de passer du plan octogonal (à la base) au plan carré (au sommet), et d'un long vestibule à voûte parabolique bordé d'enfeus[8]. Les voûtes, taillées en plein cintre, s'élèvent à presque vingt mètres[6].

À environ quinze mètres, l'église est bordée sur trois de ses côtés par une galerie, sorte de triforium, à laquelle on accède par un escalier taillé dans le roc. Autrefois, cette galerie était également accessible depuis l'extérieur. Un passage reliait par ailleurs l'église au château, situé juste au-dessus, au sommet d'une éminence calcaire surplombant le val de Dronne. Le mur opposé, qui atteint un mètre quatre-vingt d'épaisseur, est percé de trois grandes baies en plein cintre, permettant l'éclairage direct du sanctuaire.

Cette église rupestre abrite un ensemble unique comprenant un imposant reliquaire en pierre (6 mètres de hauteur), joyau de l'art roman, une fosse à reliques, une cuve baptismale paléochrétienne ornée d'une croix grecque et une crypte, antérieure à l'époque chrétienne (des stalles médiévales y sont encore visible).

Trônant au centre de l'abside, le reliquaire s'inspire dans doute du Saint-Sépulcre de Jérusalem, tel que décrit par les premiers croisés. Ce monument, à deux étages, est orné de colonnettes et d'archivoltes, dans la plus pure tradition romane. Des dépouilles en ont été extraites en 1848, correspondant à d'anciens seigneurs d'Aubeterre (dont le maréchal d'Esparbès de Lussan[9]). Côté ouest, s'étend une véritable nécropole constituée de près de quatre-vingt sarcophages à épaulement[6].

L'église Saint-Jean partage des caractéristiques communes avec deux églises « sœurs » de la région : l'église monolithe de Saint-Émilion et, considérablement plus modeste, la chapelle de l'ermitage Saint-Martial à Mortagne-sur-Gironde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00104234 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Jean-Luc Piat, Olivier Sarazin, « Aubeterre, son église, ses secrets », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).
  3. L'église souterraine Saint-Jean, Site d'Aubeterre-sur-Dronne.
  4. in Archeologia, n° 51, « Les églises monolithes d'Aubeterre, de Gurat et de Saint-Émilion », 1972.
  5. Le Mag no 147, supplément à Sud Ouest du 24 janvier 2015, p. 33.
  6. a, b et c L'église monolithe d'Aubeterre, site Rupestre.free.
  7. Aubeterre-sur-Dronne, Les sources du sacre, in Le Devoir.
  8. Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris), , 334 p. (lire en ligne), p. 253.
  9. L'église Saint-Jean d'Aubeterre (PDF).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]