Église du Cœur-Immaculé-de-Marie de Suresnes

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Église du Cœur-immaculé-de-Marie
Image illustrative de l’article Église du Cœur-Immaculé-de-Marie de Suresnes
Présentation
Culte Catholique
Type Église paroissiale
Rattachement Paroisses des Hauts-de-Seine
Début de la construction 1907 (pose de la première pierre)
Fin des travaux 1908 (consécration)
Architecte Édouard Bérard
Style dominant Art roman
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Ville Suresnes
Coordonnées 48° 52′ 18″ nord, 2° 13′ 39″ est
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Église du Cœur-immaculé-de-Marie
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église du Cœur-immaculé-de-Marie

L’église du Cœur-Immaculé-de-Marie est une église située 23, rue de Verdun à Suresnes[1], et réalisée par l'architecte Édouard Bérard en 1908.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne église[modifier | modifier le code]

Suresnes vu depuis l'actuel bois de Boulogne au XIXe siècle : clocher de l'église Saint-Leufroy à droite, mont Valérien en arrière plan.

L'actuelle église remplace l'ancienne église Saint-Leufroy comme principal lieu de culte catholique de Suresnes.

À l'origine, il s'agit d'une chapelle construite vers 910, par la suite transformée en église. À la tête d'une paroisse autonome à partir de 1070, elle ne dépend plus du diocèse de Nanterre et demeure sous l'autorité de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés jusqu'à la Révolution. En 1222, elle reçoit une partie des reliques de Leufroy d'Évreux[2], un des vitraux de l'actuelle église rendant d'ailleurs hommage à cet épisode, en figurant des moines apportant la châsse de saint Leufroy. Au XIIIe siècle, sur l'autre rive de la Seine, Isabelle de France fonde l'abbaye royale de Longchamp, qui entretient des liens étroits avec Suresnes. Au XVe siècle, des ermites s'installent au sommet du mont Valérien et au XVIIe siècle, un calvaire est installé au même endroit, donnant naissance à un célèbre pèlerinage qui conduit les dévots parisiens à traverser la Seine, puis Suresnes, afin de rejoindre le calvaire. En 1590, pendant les guerres de Religion, l'église Saint-Leufroy est détruite par les Huguenots. Restaurée puis agrandie, elle est cependant démolie en 1906 à cause de sa vétusté[3],[4].

Bien que saint Leufroy reste saint patron de Suresnes, la nouvelle église est consacrée au Cœur-Immaculé-de-Marie ; un autel lui était consacré dans le collatéral droit. Par ailleurs, une chapelle dédiée à Saint-Leufroy a été construite en 1948[5] dans un autre quartier de la ville (République), 5 rue Chemin-Vert.

En 1908 est inaugurée sur la place Trarieux un buste à l'effigie d'Émile Zola[6]. Réalisé par le sculpteur Émile Derré avec le bronze des cloches de l'ancienne église Saint-Leufroy, il donne lieu à une vive polémique. L'inauguration a lieu le , avec la participation de Gustave Charpentier et du conservatoire de Mimi Pinson qu’il dirigeait. Le fils de l'écrivain, Jacques-Émile Zola, est aussi présent. Le maire Victor Diederich, anticlérical, déclare lors de la cérémonie : « Cette cloche a suffisamment sonné l'erreur pour proclamer maintenant la vérité… »[7]. L'évènement est perturbé par quelques anti-dreyfusards ; un manifestant est même arrêté et, l'après-midi qui suit, des Camelots du roi essaient de renverser le buste. L'écrivain Léon Bloy s'insurge : « Le buste d'Émile, inauguré à Suresnes en 1908, avec fracas, aurait été fait du bronze des cloches de l'église désaffectée et dépouillée. Quel mortel obtint jamais pareil honneur ? Ce pauvre bronze, autrefois béni pour appeler les hommes à la prière et pour écarter la foudre, transformé par force en un simulacre de la Bêtise et de l'Infamie ! […] Je ne voudrais pas passer, à minuit, devant le bronze béni de cette crapule »[8]. Sur son socle est gravé une phrase d'Émile Zola écrite pendant l'affaire Dreyfus : « Un jour, la France me sera reconnaissante d’avoir sauvé son honneur »[9]. En 1926, le maire Henri Sellier fait transférer le buste dans le square de la bibliothèque municipale. Il se trouve depuis dans le jardin du collège Émile-Zola, dans un quartier adjacent[10].

Nouvelle église[modifier | modifier le code]

Plaque en hommage au curé Jules Marie Jossier qui fit ériger l'église.

L'ancienne église se trouvait dans le quartier historique, rasé dans les années 1970 pour accueillir le centre commercial Suresnes 2 et des tours d'habitation. Les noms des rues (« promenade Saint-Leufroy », « promenade de l'abbaye ») rappellent l'histoire du site. L'église du Cœur-Immaculé-de-Marie est pour sa part édifiée plus au nord, rue de Verdun. C'est l'archevêque de Paris qui nomme l'abbé Jossier pour mener à bien le projet. Alors que le contexte de l'époque est marqué par l'anticléricalisme, il lance une souscription, exaltant le thème de reconquête de la fierté catholique. La première pierre est posée le , un vitrail commémorant cet épisode, et l'église est consacrée le . Disparue depuis, une cité paroissiale est par ailleurs érigée sur le pourtour (école, salle des fêtes et patronage et presbytère), ceinturée par un mur d'enceinte. L'actuel presbytère a été construit dans les années 1980[11].

D'un style architectural sobre, l'église est typique de celles construites à l'époque en banlieue parisienne. Sa façade est faite en briques rouge-ocre, avec quelques éléments décoratifs en mosaïque. À l'intérieur se trouve une statue de la vierge à l'enfant par Jean-Pierre Cortot (1829), en plâtre ou en calcaire selon les sources. Elle avait été commandée par l'abbé Forbin-Janson pour son projet d'église néo-byzantine qu'il voulait édifier sur le mont Valérien, et placée, en attendant les travaux jamais achevés, dans la chapelle du couvent des Pères des missions du mont, détruit au début des années 1840 pour laisser place à la forteresse du Mont-Valérien. En 1832, après que les prêtres eurent été chassés du mont, la statue est transférée en l'église Saint-Leufroy, puis placée dans le chœur de la nouvelle église du Cœur-Immaculé-de-Marie de Suresnes[3]. Du même modèle, il existe une réplique en marbre à Arras, dans la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast, et un moulage d'argent estampé à Marseille, dans la basilique Notre-Dame-de-la-Garde[12].

L'église comprend aussi vingt vitraux historiés, dont certains portent le nom de leur donateur. Réalisés par le cartonnier Henri Brémond et le maître-verrier Henri Carot ils sont consacrés au culte de la vierge (pour leur partie haute) ou à l'histoire religieuse locale (partie basse), par exemple la vie de saint Leufroy, de sainte Marguerite Naseau, la montée du calvaire ou encore les processions des vignerons à la Saint-Vincent (patron des viticulteurs, en lien avec l'histoire séculaire de la culture de la vigne à Suresnes)[13],[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

Vitraux et détails de vitraux
Extérieur
Intérieur

Paroisse[modifier | modifier le code]

Depuis , la commune de Suresnes fait partie du doyenné du Mont-Valérien, l'un des neuf doyennés du diocèse de Nanterre[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Église du Cœur-Immaculé-de-Marie Suresnes
  2. Matthieu Frachon, « Les invasions vikings à l'origine de la naissance de Suresnes ? », Suresnes Mag n°314,‎ , p. 46-47 (lire en ligne).
  3. a b et c Suresnes, Cœur-immaculé-de-Marie, patrimoine-histoire.fr, consulté le 30 octobre 2018.
  4. « L'ancienne église », eglise-suresnes.org, consulté le 30 octobre 2018.
  5. Chapelle Saint-Leufroy, patrimoine-religieux.fr, consulté le 30 octobre 2018.
  6. Monument à Émile Zola – Suresnes.
  7. Jean Prasteau, Voyage insolite dans la banlieue de Paris, Librairie académique Perrin, 1985, p. 105.
  8. Philippe Barthelet, Les écrivains et les Hauts-de-Seine, Cyrnéa éditions, 1994, p. 85.
  9. Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, 1994, p. 386.
  10. « Le 12 avril 1908, le jour où Zola fut statufié », Suresnes Mag n°302,‎ , p. 39 (lire en ligne).
  11. « L'église du CIM », eglise-suresnes.org, consulté le 30 octobre 2018.
  12. Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, 1994, p. 385.
  13. Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, 1994, p. 385-386.
  14. « Carte des doyennés janvier 2010 », sur le site du diocèse de Nanterre (consulté le 18 septembre 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Octave Seron, Suresnes d'autrefois et d'aujourd'hui, Le Livre d'histoire (rééd. 2000), 1926.
  • René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965.
  • Le patrimoine des communes des Hauts-de-Seine, Flohic éditions, 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]