Vieille Major

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Vieille Major
Image illustrative de l'article Vieille Major
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale (fermée au culte)
Ancienne cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Marseille
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Ville Marseille (2e)
Coordonnées 43° 17′ 58″ nord, 5° 21′ 55″ est

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Vieille Major

La Vieille Major est l’ancienne cathédrale de Marseille. Elle a été édifiée à partir du XIIe siècle à l’emplacement d’une première église datant du Ve siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Implantation du christianisme à Marseille[modifier | modifier le code]

La ville antique de Marseille comprenait une ville haute où se trouvait l'Acropole et une ville basse. La redécouverte des vestiges des remparts qui ont défendu la ville contre les légions de César a montré que la ville avait une superficie supérieure à 50 hectares. La ville de Marseille avait des contacts avec la Méditerranée orientale, donc avec les premiers chrétiens, comme l'a montré la découverte d'une épitaphe à FORTVNATVS et VOLVSIANVS avec un symbole chrétien qui ont subi le supplice du feu datant du IIe siècle. L'église de Marseille dû commencer à exister au IIe siècle. Oresius est le premier évêque certain, cité dans des documents quand il participe au concile d'Arles, en 314.

Au début du Ve siècle, l'évêque de Marseille, Proculus, s'oppose avec Aix-en-Provence au sujet de l'implantation du siège métropolitain qui était devenu la métropole de la Narbonnaise seconde, et avec Arles dont le pape Zosime avait fait, en 417, la primatie de la Viennoise et des deux Narbonnaises.

Première cathédrale et baptistère[modifier | modifier le code]

Jean-Maurice Rouquette suppose que la première cathédrale de Marseille a été construite à cette époque, en adoptant une implantation identique à celle de la cathédrale d'Arles, à l'intérieur des remparts, mais assez éloigné du centre administratif. La cathédrale Notre-Dame a été construite à l'ouest de la ville, près l'anse de l'Ourse[1] et de la Porta Gallica ouverte dans les remparts nord. La position de la première cathédrale était connue par celle du baptistère, désigné au XIe siècle sous le nom d'église Saint-Jean-Baptiste. Ses vestiges ont été retrouvés au XVIIIe siècle, puis redécouverts en 1850, pendant les travaux de construction de la nouvelle cathédrale par Espèrandieu. Ces fouilles ont montré que c'était le plus grand baptistère de Provence avec un diamètre intérieur de 22 m. Ce baptistère a été utilisé jusqu'au XIIe siècle. L'étude de François Roustan montre que le baptistère se trouvait à l'emplacement du collatéral nord de la nouvelle cathédrale.

Après les invasions du Ve siècle et les occupations par les Wisigoths, les Burgondes, les Ostrogoths de Théodoric, les Francs, les Sarrasins et les Lombards, la ville a connu une récession et s'est rempliée sur la colline Saint-Laurent. La cathédrale a peut-être été abandonnée et l'évêque s'est réfugié dans l'abbaye Saint-Victor.

Deuxième cathédrale[modifier | modifier le code]

C'est en 977, sous l'épiscopat de Pons Ier, fils du vicomte Guillaume de Marseille, et de son neveu Pons II, que la Major est rétablie. L'enceinte de la ville est relevée. La construction de la cathédrale s'est achevée entre 1050 et 1073. L'église du XIe siècle a été remplacée au XIIe siècle.

Troisième cathédrale[modifier | modifier le code]

La cathédrale est entièrement reconstruite au milieu du XIIe siècle. Construite en pierre rose de La Couronne, selon un plan en croix latine, la cathédrale romane est un très bel exemple d'architecture romane provençale. Elle comprend un chœur à abside, avec absidioles et des bas-côtés. Elle est voûtée en berceau, avec une coupole octogonale sur trompes à la croisée du transept et une demi-coupole sur l'abside heptagonale en cul-de-four. Le clocher n'a été édifié qu'au XIVe siècle. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, une travée est ajoutée, avec une travée transversale sur la face nord[2].

Le décor de l'ancienne cathédrale est composé essentiellement de l'autel de saint Lazare, (XVe siècle), en marbre de Carrare sculpté de 1475 à 1481 par Franjo Vranjanin, dit Francesco Laurana, sculpteur croate de l'école italienne. Il est situé dans le croisillon nord du transept, qui présente une arcature jumelée de style Renaissance, une des premières manifestations de ce mouvement en France. Dans la chapelle Saint-Sérénus, on trouve, outre l'autel-reliquaire de Saint-Sérénus en marbre (XIIIe siècle), un bas-relief en faïence d'une déposition de croix - « La mise au tombeau » - attribué à l'atelier du sculpteur italien Luca Della Robbia (fin XVe-début XVIe siècle). Le chœur et le chair en bois de cette cathédrale, a été acheté en 1794 par des marins et transféré à la basilique de St. Nicholas à Pietra Ligure (SV) Italie.

La destruction de l'ancienne cathédrale de la Major, qui s'étendait jusqu'au bord de mer, est décidée en 1852, pour permettre la construction de la nouvelle cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille. Mais, les protestations en 1853 de la Société française pour la conservation des monuments[3], et la pression de l'opinion populaire permettent de la sauver de la destruction totale et de conserver ce qui en subsiste après le début des travaux : le chœur et une travée. Elle est donc amputée de deux travées. Elle est déclassée en église paroissiale lors de la construction de la nouvelle cathédrale, et reste affectée au culte jusque dans les années cinquante. Elle est actuellement[Quand ?] fermée pour restauration.

Elle fait partie des 934 monuments historiques classés dans la liste des monuments historiques de 1840[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Bouiron, Lucien-François Gantès, La topographie initiale de Marseille, p. 23-34, dans Actes du colloque de Marseille, Aix-en-Provence, 2001 (lire en ligne)
  2. Notice no IA13000789, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Note de M. Durand, p. 346-353, dans Bulletin monumental, Société française d'archéologie, 1853 lire en ligne)
  4. Notice no PA00081336, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Françoise Paone, Lensemble ecclésiastique de la Major à Marseille, in: Archéologia, no 490 de juillet-août 2011, p. 32-33, dossier PACA.
  • Jean-Maurice Rouquette, Provence romane. La Provence Rhodanienne, tome 1, p. 407-433, Édition Zodiaque (collection la nuit des temps no 40), La Pierre-qui-Vire, 1980
  • Fernand Benoit, Marseille - La Major, p. 157-172, dans Congrès archéologique de France. 95e session. Aix-en-Provence et Nice. 1932, Société française d'archéologie, Paris, 1933
  • François Roustan, La Major et le premier baptistère de Marseille, Aubertin et Rolle, Marseille, 1905
  • Casimir Bousquet, La Major, cathed́rale de Marseille, Veuve Marius Olive libraire-éditeur, Marseille, 1857 ; p. 681 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]