Église Sainte-Eulalie de Genillé

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Église Sainte-Eulalie de Genillé
Vue générale d'une église par son pignon ouest ; clocher en arrière-plan
Vue générale.
Présentation
Culte culte catholique
Type église
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1926)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Province historique Touraine
Département Indre-et-Loire
Ville Genillé
Coordonnées 47° 11′ 07″ nord, 1° 05′ 36″ est
Géolocalisation sur la carte : France
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Église Sainte-Eulalie de Genillé
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Église Sainte-Eulalie de Genillé
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Église Sainte-Eulalie de Genillé

L'église Sainte-Eulalie de Genillé est un édifice affecté au culte catholique, église paroissiale de la commune de Genillé , dans le département d'Indre-et-Loire. Édifice composite dont la construction s'est étalée sur plusieurs siècles, depuis le XIe siècle au moins jusqu'au XVIe siècle, elle est surtout originale par des éléments de son décor, extérieur comme intérieur ainsi que par une partie de son mobilier.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Eulalie est située dans le centre-bourg de Genillé, sur la place Agnès-Sorel dont elle occupe la partie nord-ouest. Bénéficiant d'un dégagement important de l'ouest au sud et à l'est, seule une rue la sépare d'autres bâtiments sur le flanc nord de sa nef et de son chœur. Elle est orientée de manière assez traditionnelle, nef à l'ouest et chœur à l'est, observant toutefois une légère inflexion de l'ouest nord-ouest à l'est sud-est.

Histoire[modifier | modifier le code]

La découverte de deux sépultures mérovingiennes au voisinage de l'église actuelle semble attester de l'existence, dès cette époque, d'un cimetière lié à un édifice religieux aujourd'hui disparu. Même en l'absence de source écrite le prouvant, il semble que Genillé forme déjà une paroisse avant la fin du premier millénaire[2].

L'église Sainte-Eulalie de Genillé est dédiée à sainte Eulalie, martyre au IIIe siècle en Espagne.

L'église qui existait au début du XIIe siècle est ruinée en 1145, lors du conflit qui oppose le comte d'Anjou Geoffroy V à Sulpice II d'Amboise. Le nouvel édifice est inauguré en 1215 par Jean de la Faye, archevêque de Tours[3]. La partie basse du clocher date probablement de cette phase de construction, sa partie haute lui étant postérieure d'un siècle ou deux, ainsi que la nef[4]. De l'édifice plus ancien ne semble dater que la partie basse du mur nord du clocher[5]. Bernard Dumont semble être, en 1420, le premier curé attesté de Genillé[6].

Adam II Fumée, seigneur de Genillé à partir de 1523, est probablement à l'origine de la reconstruction totale du chœur de l'église et de l'abside terminale de l'église, ainsi que du décor et du portail sud de la nef, dans un style gothique flamboyant caractéristique du début du XVIe siècle[4]. À la même époque est édifiée la chapelle de la Vierge, sur le côté nord de la nef[5].

Au XVIIe siècle, une chapelle est construite pour la famille Fumée dans le flanc sud du chœur. Elle y prend la place d'une chapelle dont l'architecture est inconnue mais qui est mentionnée dans un cartulaire de l'archevêché de Tours de 1356[5]. Après avoir servi temporairement de mairie entre 1808 et 1823 — une cloison est construite à cette occasion pour la séparer du chœur de l'église —[7], elle est reconvertie en sacristie.

Par arrêté du , l'église Sainte-Eulalie de Genillé fait l'objet d'une mesure de protection au titre des monuments historiques en tant qu'édifice inscrit[1].

Architecture et décor[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

L'église s'ouvre à l'ouest par une porte en arc surbaissé, surmonté d'une accolade typique de le Renaissance française ; une baie gothique à remplage, de même largeur que la porte, la surmonte. L'ensemble est encadré par deux contreforts, décorés à la même époque en manière de pilastres[8].

La nef, simple et sans collatéraux, couverte en charpente, est lambrissée et renforcée par des arbalétriers décorés au XIXe siècle[9]. Elle est éclairée par des baies à remplage dont l'une est ornée du blason de la famille Fumée. Sur son flanc sud, à mi-hauteur, s'ouvre une petite porte du XVIe siècle[8]. La chapelle de la Vierge est implantée au plus près de la travée supportant le clocher[5].

Une travée, voûtée en croisée d'ogives du XIIIe siècle, supporte partiellement le clocher qui repose également sur les deux murs latéraux du prolongement de la nef. De section carrée, sa face nord, aveugle, est construite sur le mur du XIe siècle, vestige de l'église précédente[10]. Le mur sud, reconstruit au XIIIe siècle, est percé d'une baie en plein cintre étroite et haute. Au-dessus, l'étage du effroi est ouvert, côté nord comme sud, de deux baies en plein cintre géminées équipées d'abat-son[10]. Une flèche octogonale en pierre couronne le clocher, une tourelle d'escalier extérieure est plaquée contre son mur nord et une étroite porte s'ouvre dans son mur sud au plus près du chœur[5].

Le chœur composé d'une travée unique et terminé par une abside trapézoïdale est désaxé vers le nord[Note 1]. Chœur et chevet sont voûtés sur croisée d'ogive ; le chœur accueille sur son côté sud la sacristie, ouverte sur l'extérieur d'une porte permettant, lorsqu'elle faisait office de chapelle seigneuriale, aux nobles d'y accéder, sans passer par la nef, depuis leur château très proche[5]. Cette porte est surmontée d'un fronton triangulaire portant l'inscription : « DOMINE DILEXI DECOREM DOMUS TUAE » (« Seigneur, j'aime le séjour de ta maison »[11]). Les parois occidentale et méridionale de cette chapelle étaient pourvus d'une large baie en plein cintre, maintenant murée.

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Décor et mobilier[modifier | modifier le code]

Les contreforts encadrant la porte occidentale sont creusés d'une niche qui a accueilli une statue aujourd'hui disparue. Le décor du mur pignon, entre l'accolade de la fenêtre et la baie a remplages, est composé de rosaces et d'écus sculptés.

L'élément le plus original de ce décor extérieur est une bande courant sur les faces de la nef à hauteur des baies, ornée de blasons dont l'ornementation a disparu mais qui devaient représenter les armes des seigneurs ayant financé la construction de l'église[3].

Sept grands vitraux, sortis de l'atelier du maître verrier Lucien-Léopold Lobin et de son beau-frère Prosper Florence, représentent les scènes du martyr de sainte Eulalie ainsi que d'autres scènes religieuses ; trois d'entre eux sont installés dans le chœur, les quatre autres dans la nef.

Sept objets présents dans l'église sont classés (pour six d'entre eux) ou inscrit (pour le septième) au titre des monuments historiques et figurent dans la base Palissy du Ministère de la Culture.

Les Saintes femmes au tombeau est un tableau du XIXe siècle mesurant 2,20 × 1,50 m, Logo monument historique Classé MH (2002)[12] ;
Une tunique en tissu servant à l'habillage des diacres est datée du XVIIe siècle, Logo monument historique Classé MH (1974)[13] ;
La chaire des abbesses de la Bourdillière, du XVIIe siècle, a été installée dans le chœur de l'église après le démantèlement de l'abbaye de la Bourdillière[9] Logo monument historique Classé MH (1992)[14] ;
Un retable du XVIIe siècle, représentant l'apparition de la Vierge à saint Dominique[9] se trouve dans la chapelle nord, Logo monument historique Classé MH (1913)[15] ;
La tribune d'orgue de la fin du XVIe siècle occupe toute la largeur de la nef et surplombe la porte d'entrée occidentale Logo monument historique Classé MH (1913)[16] ;
Le bénitier en marbre, daté de 1494, porte sur son rebord l'inscription « QUI A DOUNÉ CE BÉNITIER / EN PARADIS AIT SON CHANTIER » Logo monument historique Classé MH (1907)[17] ;
Le couronnement de Jésus-Christ par le Père Éternel est un tableau tableau du XVIIe siècle, Logo monument historique Inscrit MH (1973)[18].


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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette disposition est parfois considérée comme une allégorie du Christ en croix, la tête penchée sur l'épaule, mais les avis des historiens et des spécialistes de l'architecture religieuse divergent sur cette interprétation. Certains n'y voient au contraire qu'une adaptation à des contraintes topographiques ou architecturales (Jean-Louis Humbert, « Donner sens aux formes des lieux cultuels », sur le site du CRDP de Champagne-Ardenne).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Église Sainte-Eulalie de Genillé », notice no PA00097765, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Meunier, p. 31-32.
  3. a et b Meunier, p. 42.
  4. a et b Meunier, p. 43.
  5. a b c d e et f Meunier, p. 44.
  6. Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, t. III, Société archéologique de Touraine, , 419 p. (lire en ligne), p. 180.
  7. Meunier, p. 112-113.
  8. a et b Ranjard, p. 371.
  9. a b et c Couderc, p. 419.
  10. a et b Ranjard, p. 372.
  11. La Sainte Bible, Livre des Psaumes, Ps.25, V. 08.
  12. « Les Saintes femmes au tombeau », notice no PM37001067, base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. « Tunicelle », notice no PM37000215, base Palissy, ministère français de la Culture.
  14. « Chaire des abbesses de la Bourdillière », notice no PM37000214, base Palissy, ministère français de la Culture.
  15. « Retable », notice no PM37000213, base Palissy, ministère français de la Culture.
  16. « Tribune d'orgue », notice no PM37000212, base Palissy, ministère français de la Culture.
  17. « Bénitier », notice no PM37000211, base Palissy, ministère français de la Culture.
  18. « Couronnement de Jésus-Christ », notice no PM37001249, base Palissy, ministère français de la Culture.

Pour en savoir plus[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean-Mary-Couderc (dir.), Dictionnaire des communes de Touraine, Chambray-lès-Tours, , 967 p. (ISBN 2 85443 136 7).
  • Christophe Meunier, Genillé... au fil des temps, Chemillé-sur-Indrois, Éditions Hugues de Chivré, , 255 p. (ISBN 2 91604 310 1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Ranjard, La Touraine archéologique : guide du touriste en Indre-et-Loire, Mayenne, Imprimerie de la Manutention (réimpr. 1986), 9e éd. (1re éd. 1930), 733 p. (ISBN 2 855 54017 8). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]