Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie

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Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie
image illustrative de l’article Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Style dominant Architecture baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1937)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 58″ nord, 2° 21′ 39″ est

Géolocalisation sur la carte : 3e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 3e arrondissement de Paris)
Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie

L'église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie est un édifice religieux situé à Paris (IIIe arrondissement), datant des XVIIe et XIXe siècles. Tout d'abord chapelle du monastère des religieuses du Tiers-Ordre de st François (de 1646 à 1792) puis église paroissiale catholique (depuis 1802) du quartier du Temple et église conventuelle de l'ordre souverain de Malte[1] à Paris (depuis 1938).

Situation[modifier | modifier le code]

Située au 195 rue du Temple. Elle est longée d'un côté par le passage Sainte-Élisabeth. Elle est desservie notamment par les stations de métro Temple et République. Le périmètre de la paroisse s'étend sur une partie du IIIe arrondissement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et consécration[modifier | modifier le code]

La construction de l'église est commencée en 1628 par le maître-maçon Louis Noblet, et la reine Marie de Médicis pose la première pierre le 14 mai 1628. En 1643, Michel Villedo[2] reprend les travaux qui ont été arrêtés en 1631, pour les terminer vers 1646. L’église est consacrée (dédicacée) le , sous la présidence de la reine Anne d'Autriche, par Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, et coadjuteur de l'archevêque de Paris. Elle est alors dédiée à sainte Élisabeth de Hongrie et à Notre-Dame de Pitié. Le parrain et la marraine de la cloche sont le duc d’Angoulême, grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et Charlotte de Montmorency.

Chapelle du couvent de religieuses du Tiers-Ordre franciscain, appelées les Dames de Sainte-Elisabeth.[modifier | modifier le code]

À l'origine, l'église est la chapelle du monastère des sœurs franciscaines du Tiers ordre régulier cloîtré de la stricte observance. Parmi ces religieuses, il y eut mesdemoiselles de Harlay, Trudaine, Berryer, Le Tellier, Voisin…Elle s'occupaient de l'éducation des jeunes filles ainsi que de personnes âgées. Parmi celles-ci, probablement Esprit-Madeleine Poquelin, fille de Molière. Elle comprend alors une nef à 4 travées, terminée par un chevet plat, un bas-côté droit flanqué de 4 chapelles latérales et un choeur (à l'emplacement de l'actuelle chapelle de la Vierge).

Période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Pendant la révolution française, le , les religieuses sont expulsées par les municipaux de la Commune de Paris. Le confesseur des Dames de Sainte-Élisabeth, l'abbé Georges Girault (en religion père Séverin de Saint Jean) est arrêté et emprisonné au couvent des Carmes Déchaux. Assassiné le , il devint le premier martyr des Carmes et fut déclaré bienheureux en 1926. Le père Elysée Guinain, chapelain des soeurs, est arrêté et emprisonné. La chapelle du couvent devient alors un dépôt de farine appelé « le Magasin Elisabeth », ouvert jusqu’en 1802. Le campanile est détruit pendant la Terreur. La famille royale est enfermée à quelques mètres de l'église, dans la tour du Temple. Un tableau de Gustave François, visible dans l'église, représente les adieux de Louis XVI à sa famille, le 20 janvier 1793.

Epoque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'église est rendue au culte au début du XIXe siècle. C'est à cette époque qu'elle devient l'église paroissiale du quartier du Temple, l'église de la paroisse, Sainte-Marie-du-Temple qui se trouvait dans l'enclos du Temple, vers la rue Perrée, ayant été rasée en 1796 ou 1797. Les religieuses et leurs pensionnaires s'installant au 60 rue de Turenne. L'abbé Marc-Antoine de Plainpoint est curé de 1802 à 1813.

En 1815 y est célébrée une messe pour Louis XVI par Hyacinthe-Louis de Quélen, à la demande des baillis, commandeurs et chevaliers de l’ordre souverain de Malte.

Elle est agrandie sous la Restauration par l'architecte Étienne-Hyppolyte Godde (1781-1869). On lui rajoute un chœur, un déambulatoire et deux grandes chapelles dans le bas-côté gauche. Dans le déambulatoire, Godde fait édifier une petite chapelle axiale dédiée à la Vierge, mais elle sera détruite en 1858 lors du percement de la rue Turbigo.

En 1845, le curé Eloi Jousselin achète et fait installer dans le déambulatoire les bois sculptés des stalles de l'abbaye de st Vaast. Il fait également installer le grand orgue et les boiseries de la nef et des bas-côtés.

En 1853 est inauguré le grand orgue.

De 1923 à 1947, le curé de sainte Elisabeth est le chanoine et collectionneur d'art Albert Marcadé. Durant son mandat, une nouvelle sacristie et un nouveau campanile (selon le plan primitif) sont construits, un orgue est installé dans le chœur, l'église est classée au titre des monuments historiques (1937)[3] et devient l'église conventuelle de l'ordre souverain de Malte[1] à Paris (1938). Par ailleurs, des Juifs y sont cachés pendant la 2e Guerre mondiale.

En 1985, la ville de Paris procède à des restaurations.

Du au , y est fêté le 8e centenaire de la naissance de sainte Élisabeth de Hongrie, avec notamment une messe pontificale[4] présidée par le cardinal Tauran, la vénération du manteau de saint François[5], une procession[6] vers la cathédrale Notre-Dame de Paris avec la relique du cœur de sainte Élisabeth et une messe pontificale à la cathédrale. Un colloque historique s'est tenu à la mairie du IIIe arrondissement[7].

Le , une plaque rendant hommage au chanoine Marcadé est apposée sur la façade, rue du Temple.

Le samedi , elle a été le point de départ d'une procession organisée en l'honneur de saint Martin pour le 1700e anniversaire de sa naissance[8]. L'abbé Paul Préaux, modérateur général de la communauté Saint-Martin, ainsi que György Károlyi, ambassadeur de Hongrie à Paris, étaient présents. La procession s'est achevée en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (Paris Ier).

En 2017, l'abbé Xavier Snoëk, curé de sainte Elisabeth depuis 2006, est nommé postulateur de la cause de béatification de Madame Elisabeth.

Culte[modifier | modifier le code]

- En semaine, la messe catholique y est célébrée à 12 h 30 et à 19 h. Les laudes y sont changées du mardi au vendredi à h. Les sacrements de la vie chrétienne y sont délivrés ainsi que les obsèques des personnes défuntes. La paroisse propose différentes activités (catéchisme, chorales, service de la liturgie, processions, etc.) - La messe dominicale est célébrée à 11 h en français et à 15 h en mandarin.

- Certains grands offices de l'ordre souverain de Malte et de l'ordre constantinien y sont également célébrés.

Concerts[modifier | modifier le code]

En raison de sa formidable acoustique, de nombreux concerts de musique classique y ont eu lieu. La paroisse accueille dans ses locaux divers ensembles vocaux qui y répètent et contribuent à embellir les célébrations.

Description[modifier | modifier le code]

Exterieur[modifier | modifier le code]

Extérieurement, l'église se remarque principalement pour sa façade d'origine, de style classique, d'inspiration jésuite. Une Piéta de Joseph-Michel-Ange Pollet se trouve sur le tympan. Quatre statues, datant du Second Empire : en bas : Saint Louis et sainte Eugénie (sainte patronne de l'épouse de Napoléon III) ; en haut : sainte Elisabeth et saint François d'Assise.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L'église actuelle est constituée d'une nef et d'une chapelle attenante, de bas-côté, d'un déambulatoire et d'un clocher, d'une sacristie et de différentes salles.

On trouve,

- dans la nef :

- une corniche accompagnée d'une frise ornée de symboles liturgiques et des instruments de la Passion.

- une chaire en bois sculpté, un banc d’œuvres décoré d'angelots

- dans le chœur :

- une demi-coupole ornée d'une fresque représentant « La Glorification de sainte Élisabeth de Hongrie accueillie par les anges dans le ciel » par Jean Alaux (1786-1864). Élisabeth a revêtu l'habit franciscain. Elle est saluée par les trois vertus théologales et par les archanges saint Michel et saint Gabriel.

- 4 colonnes rondes de style classique (XIXe);

- un maître autel décoré de peintures d'anges en adoration et d'un bas-relief de la Résurrection en bronze (XIXe siècle), un autel en bois (XXIe siècle), des stalles, une vierge en bois, deux vitraux : «Le Miracle des roses» et «La Canonisation de sainte Elisabeth par le pape Grégoire» de l'atelier Lobin (1891).

- dans le déambulatoire :

- une série de 100 bois sculptés en moyen relief du début du XVIIe siècle, installés aux alentours de 1845 et provenance de l'abbaye Saint-Vaast d'Arras, où ils décoraient les stalles. Ils représentent des scènes de l'ancien et du nouveau Testament. Ils portent la marque de la réforme issue du concile de Trente et reflètent la tendance théologique de l'époque 1623. Déposés au XVIIIe siècle puis oubliés, ils réapparaissent au XIXe siècle où ils sont mis en place par les soins de l'architecte Victor Baltard ;

- Le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean, triptyque en bois du XVIIe de style Louis XIII ;

- 4 fresques du milieu du XIXe siècle ; dont Les Béatitudes (de Guermann Von Bohn), les Sept sacrements (de Paul Jourdy), le Jugement dernier (d'Adolphe Roger) et Les Sept œuvres de Miséricorde (de Jean-Louis Bézard). On peut y admirer une œuvre d'Adolphe Roger, Laissez venir à moi les petits enfants.

- L'autel du Sacré-Cœur.

- dans les bas-côtés :

- des fonds baptismaux du XVIIe siècle (1654), provenant de l'église saint Sauveur. Ils sont toujours en usage aujourd'hui.

- des confessionnaux.

- de vitraux remarquables des années 1820. Les vitraux représentant saint Jean l'Évangéliste, saint Jean-Baptiste et saint Joseph ont été réalisés par l'atelier de peinture sur verre de la Manufacture de Sèvres d'après des cartons d'Abel de Pujol[9].

- différentes statues une Piéta du XVIe siècle, attribuée au maître de Chaource ; 2 statues de sainte Élisabeth ;

- une peinture sur bois représentant notamment l'abbé Girault (auteur inconnu) ; un tableau de sainte Geneviève gardant ses moutons.

- un chemin de croix (XXIe siècle).

- des panneaux de bois du XIXe siècle illustrant la vie de sainte Élisabeth.

- dans la chapelle de la Vierge :

- un autel décoré des trois vertus théologales (peintures d'Abel de Pujol) ;

- Une grande peinture «Élisabeth déposant sa couronne au pied de l'image de notre Seigneur» de Merry-Joseph Blondel (1781-1853)

- une statue de sainte Elisabeth en plâtre du sculpteur Louis-Denis Caillouette (1845) ; 2 vitraux ; un portrait de l'impératrice Zita de Habsbourg ;

- une peinture anonyme «Marie de Béthanie en prière» avec, à l'arrière-plan une scène rare : une femme qui se querelle avec le Christ, Marthe de Béthanie, la sœur de Marie.

- dans la chapelle des catéchismes :

- 4 toiles en demi-cintre marouflées du XIXe siècle.

Quelques vues intérieures

Les instruments[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Élisabeth est actuellement riche de deux orgues et d'un clavecin.

L'orgue de chœur, situé derrière le maître-autel est un instrument de Merklin, posé vers 1925 et transformé par la société des anciens établissements Gutschenritter à la fin des années 1950.

Le grand orgue est placé sur une grande tribune au fond de la nef. C'est le plus grand instrument de Louis Suret, inauguré en 1853. Après avoir été modifié profondément par la maison Gutschenritter, l'instrument finit par tomber en panne. Ayant perdu toute son intégrité, il est restauré en 1994-1999 par la manufacture Giroud, qui restitue la composition d'origine à l'exception de l'Euphone du grand orgue, qui est remplacé dans la composition actuelle par un Plein-Jeu, et des jeux à anches libres, reconstitués à anches battantes. De plus, la pédale d'orage disparue est remplacée par un appel des jeux de 16 pieds du grand orgue. Cet orgue est classé monument historique[10]. L'instrument de Suret a succédé à un instrument plus petit des frères Claude (1845), célèbre en son temps pour son « sommier à piston ».

Orgue Louis & Auguste Suret 1853

Les organistes du grand orgue ont été :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. d'Alessandro. Orgues, Musiques et Musiciens à Sainte-Élisabeth, la Flûte harmonique, n°91, 2010, revue de l'Association Aristide Cavaillé-Coll.
  • D. Sabourdin-Perrin - Les Dames de Sainte-Elisabeth - juin 2014 - éditions l'Harmattan

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]