Église Saint-Sauveur de Caen

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Saint-Sauveur
Ancienne Notre-Dame-de-Froide-Rue
Image illustrative de l'article Église Saint-Sauveur de Caen
Présentation
Culte Catholique romain
Début de la construction XIVe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Autres campagnes de travaux XVe siècle
Style dominant Gothique
Renaissance
Protection Logo monument historique Classé MH (1889)
Géographie
Pays
Flag of France.svg
France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Commune Caen
Coordonnées 49° 10′ 59″ N 0° 21′ 53″ O / 49.183039, -0.364771 ()49° 10′ 59″ Nord 0° 21′ 53″ Ouest / 49.183039, -0.364771 ()  

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Saint-SauveurAncienne Notre-Dame-de-Froide-Rue

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Saint-SauveurAncienne Notre-Dame-de-Froide-Rue

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Saint-SauveurAncienne Notre-Dame-de-Froide-Rue

L'église Saint-Sauveur est un lieu de culte catholique dans le centre-ville ancien de Caen. Avant 1802, cette église s'appelait Notre-Dame-de-Froide-Rue. Depuis 1802, elle est dédiée au saint Sauveur (Jésus-Christ). Ce monument fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abside peinte par Ambrose Poynter vers 1830

Selon la tradition populaire, l'église Notre-Dame de Froide-Rue aurait été fondée au VIIe siècle par saint Regnobert ; tous les ans, on célébrait la fête de l'ancien évêque de Bayeux comme étant le fondateur de la paroisse. De l'édifice roman primitif, il ne reste aucune trace. Il en va de même pour l'édifice roman construit au XIIe siècle. L'église dans sa configuration actuelle a été composée en trois étapes. Le clocher et la nef la plus à l'est, dédiée à Saint-Eustache, ont été érigés au XIVe siècle. Au XVe siècle, l'édifice a été transformé en église-halle par l'adjonction d'une deuxième nef prolongée par une abside à trois pans ouverts par des baies en arc brisé ; un grand arcs en ogive a alors été percé et la base de la tour a été remaniée pour l'intégrer à l'intérieur de l'édifice. Le portail ouvrant sur la rue Froide et la porte en bois ciselé qui le clôt datent également de cette époque. Probablement ébranlée par la construction de la grande arche séparant les nefs, l'abside de la nef Saint-Eustache est reconstruite au XVIe siècle ; les soubassements et les ouvertures en plein cintre témoignent de cette rénovation dans un style Renaissance, terminée en 1546. Aujourd'hui, la superficie au sol de l'église est de 875 m² (presbytère compris)[2].

Lors de son passage dans la ville, Saint-Ouen aurait déposé à Notre-Dame les reliques de Saint Marcouf ; des inscriptions gravées dans une chapelle rappelleraient cet évènement. En 1153, l'église est érigée en prébende de la cathédrale de Bayeux par l'évêque Philippe d'Harcourt ; le chanoine de Notre-Dame bénéficie ainsi du patronage, de la collation et du déport[3] de cette église. En août 1323, Philippe VI autorise les paroissiens à se doter d'un lieu de sépulture propre, les corps des paroissiens étant jusqu'alors inhumés dans les cimetières des autres paroisses. Des maisons à proximité de l'église sont achetées et on aménage à leur place un cimetière qui est agrandi en 1393. Jusqu'à la Révolution, l'eau bénite est consacrée une fois par an dans les fonts baptismaux pendant la fête de l'Épiphanie ; cet usage, courant dans plusieurs églises orientales, avait pourtant été banni du culte catholique lors du concile de Rouen de 1072.

Le , un séisme frappe la ville de Caen. Des pierres tombent de l'église Notre-Dame et blessent deux personnes[4].

La paroisse faisait partie du doyenné de Caen. L'ordonnance royale du 12 juillet 1791 visant à réorganiser les paroisses caennaises ferme l'église Saint-Sauveur-du-marché et transfère son titre à Notre-Dame de Froide-Rue qui prend alors le nom de Saint-Sauveur[5]. Le culte, supprimé pendant un temps, est rétabli en 1802.

Architecture[modifier | modifier le code]

La totalité du bâtiment est classée monument historique depuis 1889[6]. L'église était autrefois entourée de maison sur deux côtés. Seule les façades sur la rue Froide et la rue Saint-Pierre étaient visibles. Pendant les bombardements de la bataille de Caen en 1944, les maisons cachant la nef Saint-Eustache sont détruites ; lors de la Reconstruction de Caen, on décide de laisser intacte la perspective sur l'édifice en créant la place Pierre-Bouchard.

Du côté de la rue Froide, un escalier intrigue les archéologues. Sa destination reste encore un mystère. Selon Henri Prentout, il ne donne accès ni à une tribune dédiée à de riches paroissiaux, ni à un oratoire privé pour les prêtres, ni à une chaire extérieure. Selon lui, il s'agit d'une monstrance qui servait à montrer des reliques surnommées « le Verdun », du nom de leur donateur[7]. Mais cet usage n'a jamais été véritablement prouvé.

Les vitraux sont réalisés par Max Ingrand.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00111131 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Géoservices du Conseil général du Calvados
  3. Déport : privilège d'un évêque ou d'un autre ecclésiastique en vertu duquel il percevait, pour un temps, le revenu des bénéfices vacants de son diocèse (Source : TFLI)
  4. Georges Dubosc, « Les Tremblements de terre en Normandie », dans le Journal de Rouen du 21 décembre 1909
  5. Louis Huet, Histoire de la paroisse Saint-Etienne de Caen : 1791-1891, Évreux, Imprimerie de l'Eure, 1892, pp. 18–19
  6. Base Mérimée, Ministère de la Culture [1]
  7. Henri Prentout, Caen et Bayeux, Paris, Laurens, 1921, p. 48

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Philippe Lenglart, Caen, architecture et histoire, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2008
  • Gervais de La Rue,Mémoires d'antiquités locales et annales militaires, politiques et religieuses de la ville de Caen et de la Basse-Normandie, Caen, Mancel, 1842 [(fr) texte intégral]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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