Église Saint-Pierre de Cleyrac

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Église Saint-Pierre
de Cleyrac
Cleyrac Église Saint-Pierre 02.jpg
Présentation
Destination initiale
Église paroissiale
Destination actuelle
Église paroissiale
Style
Construction
XIe, XIVe, XVe et XIXe siècles
Religion
Propriétaire
Commune
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte d’Aquitaine
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L'église Saint-Pierre est une église catholique située dans la commune de Cleyrac, dans le département de la Gironde, en France.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située au bourg, sur la route départementale D672, à l'est de Sauveterre-de-Guyenne et à l'ouest de Pellegrue.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre est d'origine hospitalière[1] ; elle date du XIe siècle et a reçu quelques remaniements aux XIVe, XVe et XIXe siècles.

Église St Pierre de Cleyrac

Elle est de plan rectangulaire, terminée par une abside semi-circulaire, voûtée en cul-de-four. L'abside est couronnée d'une corniche romane supportée par 24 modillons figurés.

Le portail de la façade ouest s'ouvre sous des arcs cintrés, supportés par deux colonnes avec chapiteaux historiés. Au-dessus, se trouve un fronton triangulaire et, dans une niche centrale, une sainte aux bras croisés sur la poitrine.

Ce fronton a été ajouté dans la seconde moitié du XIXe siècle, car dans la description de Marquessac[1], qui date de 1866, se trouvait un appareil réticulé savoir « un triangle garni d'écailles de pierre formant mosaïque » et une corniche à modillons dont « le côté parallèle au sol est découpé en damier, soutenu par quatre corbeaux liés deux à deux ».

Il y a quelques remplois au nord du portail : un pierre tombale ornée d'une croix dans le contrefort nord et, près du coin nord du fronton, une niche contenant une femme nue, assise, les jambes écartées, qui indique son sexe de sa main gauche.

Les flanc nord et sud de la nef comportent chacun deux vitraux représentant saint Pierre, saint Joseph, sainte Anne et sainte Madeleine. Deux autres vitraux sont placées au chevet. Les vitraux datent de 1897.

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Iconographie romane[modifier | modifier le code]

Les chapiteaux du portail sont très détériorés. L'interprétation des restes[2] est impossible uniquement à partir des photographies. Nous mettons en correspondance les descriptions de Marquessac, qui les a vus dans un meilleur état, et les images d'aujourd'hui.

Ébrasement nord
Ébrasement sud
Les chapiteaux du portail

Ébrasement nord : On croirait y reconnaître le simulacre d'une « tête feuillue » ou Homme vert couvrant la totalité de la corbeille. Sur la deuxième corbeille, se trouvent deux personnages éloignés l'un de l'autre. Celui de droite s'affaire devant un autel d'où jaillissent des flammes (un sacrifice d'animal ?). Celui de gauche semble menacer l'homme devant l'autel.

L'interprétation convenue est qu'il s'agit de Caïn et Abel.

Ébrasement sud : L'interprétation de la première corbeille est celle d'Adam et Ève, après la Chute, ou Adam laboure la terre et Ève est en traîne de filer. La seconde corbeille présente deux animaux antithétiques, des lions avec des allures de chevaux.

Ils détournent leurs têtes et chacun lève une patte antérieure de façon que les deux pattes se rejoignent.

À l'intérieur de l'église, l'arc triomphal est orné de deux chapiteaux sculptés. Au nord, l'unique sujet figuré est le buste d'un homme, coiffé d'une toque cylindrique, qui se présente frontalement en position d'orant. Le chapiteau sud montre une plante stylisée, étirée au-dessus de grands feuillages.

La femme impudique et les modillons du chevet

Les sculptures comme la « femme impudique » au-dessus de portail sont souvent nommées des Sheela Na Gig[3]. Leur représentation semble débuter en Espagne vers le XIe siècle, puis se répand en France et aux îles britanniques, sur les églises, en suivant les chemins de retour de Compostelle. Voir les livres de Jerman & Weir[4] et de Bougoux[5] pour plus de détails.

Autour du chevet, on trouve 24 modillons figurés. Il y a des sculptures purement géométriques, des sculptures d'animaux maléfiques, tels que le cochon, le loup, un félin, des monstres démoniaques et deux figures humaines, une femme et un homme. Tous les deux sont nus ; l'homme (ou peut-être un singe) est ithyphallique et la femme expose son sexe. Tous ces modillons sont une dénonciation de la luxure, sans doute à l'intention des pèlerins en route pour Compostelle.

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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem en Guyenne depuis le XIIe siècle jusqu'en 1793 de Henri Marquessac, réédition Lafitte, 1979.
  2. Christian Bougoux, L'imagerie romane de l'Entre-deux-Mers : l'iconographie raisonnée de tous les édifices romans de l'Entre-deux-Mers, Bordeaux, Bellus éd., , 828 p. (ISBN 978-2-9503805-4-9 (édité erroné)), p. 160-162
  3. Sheela Na Gig : mots de gaélique intraduisibles, introduits par un antiquaire irlandais vers 1840.
  4. (en) James Jerman et Anthony Weir, Images of Lust : Sexual Carvings on Medieval Churches, London, Routledge, , 166 p. (ISBN 978-0415151566), p. 11-39
  5. Christian Bougoux, Petite grammaire de l'obscène : églises du duché d'Aquitaine, XIe/XIIe siècles, Bordeaux, Bellus éd., , 233 p. (ISBN 2-9503805-1-4), p. 87-114