Église Saint-Pierre de Chauvigny

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Église Saint-Pierre de Chauvigny
Image illustrative de l’article Église Saint-Pierre de Chauvigny
Présentation
Protection Logo monument historique Classé MH (1846)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Commune Chauvigny
Coordonnées 46° 34′ 14″ nord, 0° 38′ 55″ est

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Église Saint-Pierre de Chauvigny

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Église Saint-Pierre de Chauvigny

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Église Saint-Pierre de Chauvigny

L'église Saint-Pierre est une église catholique située à Chauvigny, en France[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français de la Vienne, sur la commune de Chauvigny.

Historique[modifier | modifier le code]

Son origine est mal connue. L'existence d'un chapitre de 10 chanoines y est attestée dans le premier quart du XIe siècle. Il existait donc, à cette époque, un premier édifice, dont quelques pierres sculptées sont réemployées dans le chevet de l'église actuelle.

L'église Saint-Pierre a été construite au XIIe siècle, en commençant par le chœur. Le clocher a été élevé au début du XIIIe siècle.

Elle est le siège d'un archiprêtré sous l'Ancien Régime. Abandonnée à la Révolution, elle est rendue au culte en 1804. Saint-Pierre est alors le siège du doyenné jusqu'au début du XXe siècle. Il est alors transféré à l'église Notre-Dame, en ville basse.

Très endommagée pendant les guerres de Religion (en 1569) et lors de la Fronde (en 1652), privé d'entretien pendant la période révolutionnaire, l'édifice a fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration au XIXe siècle. Ainsi, les peintures datent de 1856.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1846[1].

L'édifice a accueilli 85 000 visiteurs en 2003

Description[modifier | modifier le code]


L'extérieur[modifier | modifier le code]

La croix de l'ancien cimetière est de 1643.


Le chevet[modifier | modifier le code]

Le chevet est bien visible depuis la rue Saint-Pierre. Il frappe par l'harmonieux étagement des volumes et par la richesse de sa décoration sculptée. Les murs au sommet recourbé qui couronnent l'abside et les chapelles rayonnantes ne sont pas des coupoles mais de simples murs-bahuts qui dissimulent la toiture en tuiles.

Son soubassement est décoré d'une arcature sur des colonnes à chapiteaux. Les baies et quelques arcades aveugles sont situées au-dessus. Des contreforts-colonnes, simples sur l'abside, doubles sur les absidioles, portent différentes corniches à modillons. Seuls, les très beaux modillons de l'abside sont anciens. Ils représentent des animaux sauvages : lions, loups, aigles, ours, renards, écureuil(?) et des animaux domestiques : béliers, cochons, chiens... Des têtes de personnage et des masques ont aussi été sculptés.

Les trois baies hautes, percées au-dessus des arcades du chœur, sont encadrées d'arcades aveugles.

Les parapets du bord du toit présentent des remplois sculptés : sagittaire, Saint Pierre bénissant d'une main et tenant les clés de l'autre sous une arcade surmontée de deux oiseaux, scène de poursuite. Les remplois semblent antérieurs à l'église.

À l'archivolte d'une fenêtre du croisillon sud, il est possible d'admirer un rare alphabet roman sculpté.

L'église possède aussi une belle tourelle d'escalier hors d'œuvre.


Le clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher date du XIIIe siècle. Il est situé au-dessus de la croisée du transept. Il est de forme carrée.

Il est sur trois niveaux : le premier est nu, soutenu par des contreforts plats ; le second présente quatre arcades aveugles sur chaque face ; le troisième a des arcades similaires mais les deux arcades centrales sont percées d'une baie.


L'intérieur[modifier | modifier le code]

L'intérieur frappe par l'élévation des voûtes qui donne légèreté et lumière.

La nef[modifier | modifier le code]

La nef centrale avec ses collatéraux élevés date de la seconde moitié du XIIe siècle. La nef a cinq travées. Le vaisseau central est vouté en berceau brisé alors que les collatéraux sont voûtés d'arêtes. Chaque travée est éclairée par deux baies, percées l'une dans le mur sud et l'autre dans le mur nord des collatéraux.

La travée précédant le transept est différente : le vaisseau central est voûté en plein cintre et les étrésillons lient les murs gouttereaux avec les piliers.

La nef n'a pour tout décor que celui des chapiteaux, dont le style évolue d'est en ouest vers des formes de plus en plus gothiques.

Les piles quadrilobées présentent des marques de tâcherons.

L'intérieur apparait, donc, comme une halle poitevine classique à trois nefs réunies sous un seul toit en bâtière et avec le berceau du vaisseau central nettement plus haut que celui des collatéraux. Ce décalage trahit l'influence du roman limousin.

Le transept[modifier | modifier le code]

Il est saillant. Il date de la première moitié du XIIe siècle. Sa voûte, en berceau plein cintre, repose sur des colonnes à chapiteaux.

La croisée du transept est surmontée d'une coupole octogonale sur trompes. Elle est portée par quatre piles carrées flanquées de demi-colonnes.

Les demi-colonnes internes sont en encorbellement. Elles se terminent par des culots sculptés. Ils présentent des feuillages, des masques d'animaux et d'humains. Le culot de la pile nord-est présente une sirène qui tient deux oiseaux par le cou.

Les chapiteaux du transept sont ornés d'un décor végétal, d'aigles et de monstres.


Le chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur date de la première moitié du XIIe siècle.

Il ne présente pas de travée droite. Il est composé d'une abside entourée d'un déambulatoire et de trois absidioles ou chapelles rayonnantes, formant un trèfle. Ce type de plan est rare dans le Poitou.

Les sept arcades portées par six colonnes et deux piliers de la croisée délimitent le déambulatoire. Au-dessus de ces arcades, une arcature repose sur des colonnes à chapiteaux. Ils sont décorés de feuillage, d'oiseaux et d'animaux fabuleux. Un de ces chapiteaux représente des lions à l'arrière-train retourné. Ce chapiteau se retrouve au portail occidental de l'église Saint-Hilaire de Salles-en-Toulon.

Trois baies ébrasées éclairent l'abside. Elles sont percées à la naissance de la voûte en cul-de-four.

L'absidiole centrale est relativement profonde. Elle est éclairée par trois fenêtres, alors que les deux absidioles latérales ne comportent qu'une baie. De part et d'autre de l'absidiole centrale, deux baies éclairent directement le déambulatoire.

Les chapiteaux du chœur[modifier | modifier le code]

La collégiale Saint-Pierre de Chauvigny doit sa réputation aux chapiteaux du chœur.

Les colonnes qui séparent le sanctuaire du déambulatoire sont abondamment parées de sculptures. Leur programme iconographique n'est pas homogène : à côté de quelques épisodes de la vie de Jésus, on trouve, en effet, surtout des représentations d'animaux et de démons. Plusieurs chapiteaux portent des inscriptions qui commentent leur contenu iconographique.

Le chapiteau de l'Adoration des Mages fournit l'un des très rares exemples de signature d'artiste qui soit parvenu jusqu'à notre époque. Il est possible d'y lire : "GOFRIDUS ME FECIT".

Les œuvres de Gofridus n'ont pas le raffinement artistique qui caractérise les maîtres de la région toulousaine. Ses personnages sont moins structurés et exécutés presque en méplat. Ils ont des visages larges et portent des vêtements tombants. Ils possèdent, toutefois, une verve puissante et une naïve expressivité dont on ne retrouve qu'un écho affaibli dans les églises de Civaux et de Oyré.

Les chapiteaux, en empruntant le déambulatoire, à partir de la droite :

  • Oiseaux engloutissant des personnages nus. Il s'agirait des oiseaux de l'Apocalypse.
  • La grande prostituée (BABILONIA MAGNA MERETRIX) qui élève la coupe d'abomination et un petit vase à parfum. C'est une image rare dans l'art roman.
  • L 'Annonce aux bergers. GABRIEL ANGELUS. DIXIT GLORIA IN EXCELSIS DEO. PASTORES. PASTOR BONUS. On retrouve, ici, le thème classique du Bon Pasteur.
  • La Babylone maudite (BABILONIA DESERTA) est représentée par un prophète assis dans la pose d'un penseur antique méditant sur les ruines.
  • La pesée des âmes par l'archange saint Michel. Un diablotin s'acharne en vain à renverser la balance en sa faveur.
  • Deux têtes d'homme tirant la langue. La langue tirée est le signe ou l'attribut démoniaque. Ce geste exprime l'astuce et le triomphe du Malin.
  • Dragons à têtes d'homme, queues de serpent et ailes dévorant des personnages nus. Le monstre androphage est un thème récurrent de l'art roman. Il symbolise la faiblesse des hommes. Les dragons et autres monstres représentent dans ce cas, les passions dévorantes et matérielles des hommes qu'ils doivent empêcher d'agir. Les hommes doivent maîtriser ces forces négatives et l'attrait des biens terrestres pour éviter de se perdre.
  • L'Adoration des mages : SANCT MARIA, GOFRIDUS ME FECIT.
  • Annonciation: S.MARIA.
  • L'une des trois tentations du Christ.
  • La Présentation au Temple : SIMEON - IHS XPS - SANCTA MARIA.
  • Lions à têtes d'homme barbu avec queues s'achevant en des mains humaines. La barbe est le symbole de l'homme dans le péché avec tous ses points faibles. La main est le symbole de l'action de l'homme. L'image représenterait donc un être en mutation. L'homme est sur le chemin de la lumière, d'où la présence des ailes, mais dans l'ensemble, c'est encore un pécheur d'où son corps animal et sa barbe. Par ses actions (la main), il est sur la voie qui le mènera vers Dieu. Cette iconographie est proche de celle que l'on peut voir sur un chapiteau de l'église de Colombiers (86).
  • Deux masques.
  • Personnage fantasque dit aussi le danseur, à deux corps se réunissant en une seule tête. On peut y voir le symbole de la dualité, de la matérialité et de la spiritualité résolue. Au départ, l'homme est entièrement plongé dans cette dualité, d'où les deux jambes. Puis au fur et à mesure qu'il acquiert la connaissance, il se rapproche de la tête, symbole de l'unité et de la sagesse. Cette dualité humaine va être reconnue, puis maitrisée et enfin dépassée. L'homme ne sera plus qu'un. Cette sculpture pourrait donc symboliser le chemin parcouru par le vrai croyant. Ce ne serait donc pas un hasard si cette sculpture se trouve dans le chœur de l'église.
  • Monstres divers: un dragon dit amphisbène et deux lions adossés tenant des boules entre leurs pattes; des sirènes oiseaux et un danseur mordu aux épaules par deux lions.
  • Dragons à têtes humaines: deux sphinx qui s'affrontent, à corps de lion et ailes d'oiseau, long cou encapuchonné d'une curieuse cagoule du type cotte de mailles. Le corps du lion peut être le symbole de la force, le symbole de ces énergies destructrices qui sont en l'homme et que l'homme sage doit savoir dominer. Les ailes permettent d'accéder à un état spirituel supérieur, à plus de sagesse voire au ciel. Elles représentent la bonne voie. Après bien des efforts, après avoir écouté les bons conseils, l'homme croyant est en marche vers Dieu. De ce fait; dans cette image sculptée, on peut y voir le nouveau croyant, fort de sa foi, protégé d'une cotte de mailles pour lutter contre les tentations et le Malin. Ce n'est pas encore un être céleste mais uniquement un homme qui s'est engagé sur le chemin de la lumière, prêt à s'envoler vers le ciel.
  • Satan flanqué de deux démons à crêtes et à écailles. Satan est le mauvais conseiller. Il symbolise toutes les forces qui troublent, affaiblissent et assombrissent la conscience de Dieu, tout ce qui détourne le croyant de son chemin. Satan est le roi du monde de la nuit. C'est le seigneur des mondes souterrains, là où vivent des êtres rampants, collés à la terre et incapables de s'élever vers Dieu. C'est pourquoi les diablotins sont couverts d'écailles et de crêtes rappelant les serpents et les lézards.

Mobilier[modifier | modifier le code]

  • Gisant de chanoines du XVe siècle
  • Vierges à l'Enfant du XVIIe siècle
  • Orgues de 1869
  • Tabernacle en bois peint et doré du XVIIe siècle. Ce tabernacle classique à colonnes torses pourrait provenir de l'ancienne église Saint-Léger.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]