Église Saint-Pierre de Brocas

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Ne pas confondre avec l'église Saint-Jean-Baptiste de Brocas.

Église Saint-Pierre de Brocas
image illustrative de l’article Église Saint-Pierre de Brocas
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement Paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel
Diocèse d'Aire et Dax
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant Architecture romane
Protection Logo monument historique Classé MH (1934)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Landes
Ville Montaut
Coordonnées 43° 43′ 07″ nord, 0° 40′ 21″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Landes

(Voir situation sur carte : Landes)
Église Saint-Pierre de Brocas

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(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Pierre de Brocas

L'église Saint-Pierre de Brocas se situe sur la commune de Montaut, dans le département français des Landes. Elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 21 février 1934[1] et se distingue par son impressionnant portail en arc de triomphe de style gallo-romain.

Historique[modifier | modifier le code]

L’église du hameau de Brocas, aujourd’hui rattaché à la commune de Montaut, est plus vieille que l'église du centre car elle se rapporte à un noyau d’habitat historique plus ancien. Selon le général Constans, vers le Xe siècle, les Bernardins de Citeaux fondèrent à Brocas une importante abbaye dont il ne subsisterait que l'église actuelle. D’autre part, il précise que « Le hameau de Brocas a été incontestablement la tête initiale du Montaut actuel. Son église est restée paroissiale jusqu’en 1685, époque à laquelle Mgr de Fromentières, évêque d’Aire, décida que le siège de la paroisse serait désormais au bourg[2]." »

Au XIIIe siècle, l’église Saint-Pierre, d'architecture romane, est édifiée en pierre de Saint-Aubin. Elle se compose alors d’une nef prolongée par une abside semi-circulaire.

Au XIVe siècle, la famille de Brocas, au service des rois d'Angleterre, fortifie l’église en élevant une tour fortifiée qui domine la région. Ses murs de plus d'un mètre cinquante d’épaisseur à leur base, sont munis de meurtrières et supportent à leur sommet un chemin de ronde avec merlons et créneaux. Au sud, la tour est flanquée d’une tourelle d’escalier polygonale. L’église de Brocas comportait par ailleurs des traces indéniables de l’occupation anglaise. Ainsi, le chanoine Daugé signale en 1930, le mauvais état d'armoiries portant des léopards d’Angleterre. Elles ont disparu avec les années. Notons que les seigneurs de Brocas[3], durant la guerre de Cent Ans, portaient de sable au léopard lionné d'or dans leurs armes.

À partir du XVe siècle, la nef est voutée d'ogives. Elles sont supportées par des contreforts qui obstruent partiellement l’entrée principale, qui est alors murée et déplacée à l’ouest. Le passage en arc plein cintre qui se trouvait à gauche de cette entrée, a également été condamné après la disparition de l’abbaye qui se tenait à la place du cimetière actuel. Entretemps, ce passage a été réduit pour être accolé à une chapelle aujourd’hui disparue.

Après la guerre de Cent Ans, l’église s’agrandit d’un collatéral sud comptant deux travées complétées d’une abside gothique à cinq pans.

Au XVIIe siècle, afin d'établir une symétrie avec l’ancienne nef romane, une travée supplémentaire vient prolonger les deux travées du collatéral sud. Ces travaux s'ajoutent à la construction d'un portail monumental de style gallo-romain qui vient se superposer au portail de la nef dont l'entrée a été précédemment déplacée à l'ouest.

Description[modifier | modifier le code]

L’accès à l’église s’effectue au travers d'un porche ouvert au nord et au sud. Il est cloisonné et dessert la nef et le collatéral au travers de deux portails distincts. Le portail de la nef est doublé par un impressionnant portail en arc de triomphe de style gallo-romain.

Ce portail d’une « perfection toute romaine » a été l’objet de nombreuses interrogations. Sa création remontait-elle à l’Antiquité ? Provenait-il d’une villa des environs ? Une étude de François-Georges Pariset, alors professeur de l’Histoire moderne à l’Université de Bordeaux en 1965, a conclu à un portail Renaissance tardive édifié vers 1600, 1650[4]. Il serait l’œuvre d’un artiste influencé par l’art et les traditions antiques omniprésentes en Italie et qui était très probablement de nationalité italienne. Selon F-G. Pariset, les motifs antiques et les personnages en stuc qui ornent les piliers du collatéral seraient également du même artiste. Sur le portail de l’église de Broca, comme sur celui de l’église Sainte-Catherine de Montaut, se trouvent la tiare de Saint-Pierre et clefs pontificales qui attestent de la consécration de l'église au culte catholique.

Le double portail s’ouvre sur une salle aux murs épais qui se situe sous la tour et qui est éclairée par trois fenêtres ébrasées disposées sur le mur extérieur de gauche. Devant, au-dessus de la grande arcade qui permet d’accéder à la nef, deux baies éclairaient un étage au plancher aujourd’hui disparu. Cette salle quadrangulaire et voûtée remplit actuellement la fonction de porche. À l'arrière, elle est équipée d'une tribune où retombent les cordes du clocher. À gauche, le mur de séparation est encore équipé d’une meurtrière qui témoigne de l'agrandissement de l'église, notamment de la troisième travée du collatéral sud.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Arrêté de classement de l'église Saint-Pierre de Brocas », notice no PA00083985, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 13 avril 2011
  2. David Chabas, "Villes et villages des Landes" T1 P243
  3. The Family of Brocas of Beaurepaire and Roche Court, par Montagu Burrows, Oxford 1886. Famille de Brocas Histoire et documents sur cette famille de gascons au service des rois d'Angleterre. (Texte en anglais).
  4. La date "1619" est inscrite à droite, sur le premier pilier de la nef.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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