Église Saint-Pierre-du-Châtel de Rouen

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Église Saint-Pierre-du-Châtel de Rouen
Église Saint-Pierre-du-Châtel 6.JPG
Vue de l'ensemble de l'église à travers l'abside démontée.
Présentation
Destination initiale
Culte
Destination actuelle
À ciel ouvert
Style
Gothique flamboyant
Construction
XVe siècle
Propriétaire
Ville de Rouen
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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L'église Saint-Pierre-du-Châtel est une ancienne église catholique, aujourd'hui en ruines, située à Rouen, en France[1]. Elle a été très gravement endommagée en 1944.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre-du-Châtel est située dans le département français de la Seine-Maritime, sur la commune de Rouen, rue Camille-Saint-Saëns au sud-est du Gros Horloge. Son entrée principale se trouvait dans la rue des Cordeliers, aujourd'hui disparue.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église en 1871, possédant alors encore sa statuaire et sa charpente

L'église Saint-Pierre tirerait son déterminant du Châtel de l'emplacement du château du premier comte des Normands, Rollon. Châtel est l'équivalent du mot « château » en ancien français.

Reconstruite de nombreuses fois avant d'être refaite dans sa forme actuelle au XVe siècle, l'église était un remarquable exemple de gothique flamboyant. Malheureusement, les éléments sculptés de qualité ont quasiment tous disparus ou été retirés du bâtiment, notamment les sculptures de la tour qui furent sciées et déposées dans les années 1920 avant d'être vendues. Sur les huit statues qui siégeaient au sommet de la tour-clocher, seuls cinq ont pu être rachetées par la mairie de Rouen.

Cette église possédait deux nefs et une toiture avec voûte finement sculptée en bois (ce qui en faisait l'unique église rouennaise à voûte en bois). Après l'incendie de mai 1944, seules les travées et la charpente de l'est vers l'abside survécurent au souffle des bombardements et aux flammes. Ces travées et poutres de charpente, très bien conservées et d'un grand intérêt pour leurs sculptures du XVe siècle en bon état, sont actuellement conservées par la mairie de Rouen qui a procédé en 2016 à une un remontage de l'ensemble en extérieur sur le site de conservation.

En 1775, François-Adrien Boieldieu y est baptisé.

L'église est vendue comme bien national le 24 décembre 1791 à un négociant, Jean-Baptiste Payenneville. Elle sert ensuite de magasin.

En 1922, les éléments de sculptures particulièrement remarquables de la tour-clocher sont sciés et démontés suite à des plaintes du voisinage concernant leur état de délabrement qui les aurait rendues dangereuses. Ce démontage peu scrupuleux est suivi d'une vente des pièces (dont les huit statues de prophètes du dernier étage). Une souscription publique est lancée qui réunit en à peine un mois assez d'argent pour le rachat des pièces retrouvées, c'est-à-dire cinq des huit statues. Elles se trouvent aujourd'hui dans le jardin du musée départemental des Antiquités à Rouen.

L'église est inscrite au titre des monuments historiques en 1926[1].

Lors des bombardements alliés sur Rouen pendant la semaine rouge, le 30 mai 1944, le mur ouest est soufflé, entraînant l'effondrement d'une partie de la charpente et de la voûte de la nef principale. La charpente restante est mise à l'abri. L'effort de reconstruction est long, le quartier environnant change totalement, la rue des Cordeliers disparaît. L'église n'est pas reconstruite sur le moment.

En 1951, pendant un percement de la voirie rue Saint-Saëns par le service des ponts et chaussées, certaines pierres de l'abside sont endommagées et toute l'abside doit être démontée. Malgré la reconnaissance des responsabilités par le service, le remontage de l'abside n'a jamais été entrepris, cependant que les pierres demeurent entreposées.

En 2019, l'église, achetée par la Ville de Rouen en 1958, est mise en vente[2] avec comme condition pour le racheteur de remettre l'église en l'état et l'obligation d'utiliser la charpente et les travées conservées pour refaire la toiture et la voussure des nef.

Architecture[modifier | modifier le code]

La contretable se trouve dans l'église de Saint-Arnoult (Seine-Maritime).

Des statues sont conservées au musée départemental des Antiquités à Rouen.

Des vitraux sont conservés au Victoria and Albert Museum de Londres et au Philadelphia Museum of Art à Philadelphie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Sarrazin, Églises supprimées de Rouen : Saint-Pierre-du-Chatel, Saint-Vigor, Sainte-Croix-des-Pelletiers, Saint-Denis, Rouen, A. Le Brument,
  • Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1850-1900, éd. du P'tit Normand, , 249 p., p. 48
  • Daniel Lavallée, « L'Église de Saint-Pierre-du-Châtel, description et historique », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Société des amis des monuments rouennais, , 518 p. (OCLC 758618632), p. 489-501
  • François Lemoine et Jacques Tanguy (préf. Guy Pessiot), Rouen aux 100 clochers : Dictionnaire des églises et chapelles de Rouen (avant 1789), Rouen, Éditions PTC, , 200 p. (ISBN 978-2-9062-5884-6).

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ancienne église Saint-Pierre-du-Châtel », notice no PA00100826, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Pascale Bertrand, « La Ville de Rouen en quête d'acquéreurs pour quatre des églises dont elle est propriétaire », Paris Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2019)