Église Saint-Martin de Vic

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Église Saint-Martin de Vic
Image illustrative de l'article Église Saint-Martin de Vic
L'église Saint-Martin, en 2008.
Présentation
Culte Catholique
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Bourges
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Logo monument historique Classé MH (1964)
Géographie
Pays France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre
Commune Nohant-Vic
Coordonnées 46° 38′ 19″ nord, 1° 57′ 33″ est[1]

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L'église Saint-Martin de Vic est une église catholique française. Elle est située sur le territoire de la commune de Nohant-Vic, dans le département de l'Indre, en région Centre-Val de Loire.

Elle est célèbre pour l'ensemble de ses fresques.

Situation[modifier | modifier le code]

L'église se trouve dans la commune de Nohant-Vic, au sud-est[2] du département de l'Indre, en région Centre-Val de Loire. Elle est située dans la région naturelle du Boischaut Sud. L'église dépend de l'archidiocèse de Bourges, du doyenné du Boischaut Sud[3] et de la paroisse de La Châtre.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la toute fin du XIe siècle[4], entre 1092 et 1099, l'église de Vic est donnée à l'abbaye de Déols. C'est la première trace de l'existence de l'église, mais il ne s'agit probablement pas du bâtiment actuel dont la partie la plus ancienne est le chœur non voûté, sans doute antérieur au XIIe siècle. En 1485, la charpente est lambrissée à neuf, suivant une inscription peinte sur un des entraits. En 1787, un clocher de charpente est placé sur la nef[5]. Pendant la Révolution, l'église est transformée en grange.

Le baiser de Judas, en 2011.
Le baiser de Judas, en 2011.

Les fresques sont découvertes en 1849. L'abbé Jacob en fait un récit vivant[6]. À la fin de 1849, le nouveau curé de la paroisse, l'abbé Jean-Baptiste Périgaud[7], prend possession de la vieille église. Il entreprend de dégager la fenêtre du chœur de l'abside. Il découvre alors des traces de peintures sous les enduits. En grattant ces enduits, il dégage une première fresque. Il continue, et va enlever jusqu'à cinq couches d'enduits qui dissimulent les fresques. En peu de mois, un ensemble de peintures important est mis au jour. George Sand, en châtelaine voisine, vient visiter les lieux le soir avec ses invités du moment[8].

Tout le monde s'agite pour le sauvetage des fresques dans une église dans un piteux état. Le maire de Vic est M. Aulard[9]. En tant qu'amateur d'antiquités, il saisit la jeune administration des Monuments historiques. Le , il envoie un dossier aux autorités, avec copie à l'archevêque. George Sand, de son côté, demande à son fils Maurice, élève de Delacroix, de faire un relevé sommaire des fresques. George Sand porte elle-même les relevés à l'architecte Jean-Baptiste Lassus, spécialiste de l'architecture du Moyen Âge. Entre temps, Prosper Mérimée a reçu le rapport du maire. Dès le , la Commission des monuments historiques donne un avis favorable au classement et promet une première aide de 6 000 francs. Le , l'architecte Regnauld-Brion, désigné par Mérimée, est sur place.

La restauration de l'église comprend l'allongement de la nef vers l'ouest, le remplacement du vieux clocher par un clocher-porche et la construction d'une absidiole attenante à la chapelle au sud du chœur. La toiture et le dallage sont refaits à neuf. Le , l'église est restituée au culte, un jour avant la visite du cardinal Jacques-Marie Antoine Célestin Dupont, archevêque de Bourges.

En 1929, l'entrée de l'abside est reprise. Les fresques sont alors déposées, transférées sur toile, puis marouflées sur le mur consolidé. L'étude faite à cette occasion par M. Jean Hubert[10] a permis d'éclairer l'historique de la construction. Elle a montré que l'abside en hémicycle est postérieure au chœur, mais antérieure à la réalisation des fresques, et que la chapelle méridionale a été construite après la réalisation des fresques. La partie la plus ancienne, le chœur, a dû être édifiée avant le rattachement de l'église à l'abbaye de Déols. Les fresques ont été réalisées après le rattachement de l'église à l'abbaye. La chapelle sud a été construite peu après.

Une nouvelle campagne de restauration de l'église a eu lieu entre 1987 et 1991.

L'édifice est classé par liste en 1862 et classé par arrêté du [4], au titre des monuments historiques.

Description[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Plan de l'église, en 2010.
Plan de l'église, en 2010.

L'église est composée d'une nef simple, mais large, séparée du chœur non voûté par une mur qui ne laisse qu'une très petite ouverture en arcade[11]. Cette arcade est décorée d'impostes ornées de billettes grossièrement taillées. C'est la partie la plus ancienne de l'église. Elle se terminait à l'origine par un simple mur droit à l'est. Le chœur est prolongée en une abside semi-circulaire, en cul-de-four qui a été construite ultérieurement. Le mur sud du chœur a été percé par une arcade en plein cintre dans l'ancien mur gouttereau du chœur pour permettre l'adjonction d'une petite chapelle latérale. Ainsi a été supprimé la partie centrale de la grande scène peinte au registre inférieur. Par contre, il fut nécessaire de murer la fenêtre qui partageait en deux parties symétriques le registre immédiatement supérieur car son appui se trouvait entamé par l'arcade. La petite chapelle elle-même débouche sur une sacristie. Lors de la première campagne de restauration, un porche a été ajouté sur le côté ouest du bâtiment, et il supporte le clocher.

Fresques[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble des fresques du mur sud de la nef, la séparant du chœur, en 2009.
Vue d'ensemble des fresques du mur sud de la nef, la séparant du chœur, en 2009.

Le décor peint s'étend sur l'abside, sur les quatre faces du chœur, et sur le mur de la nef attenant au chœur[12]. La répartition des scènes peintes donne l'impression d'un grand désordre. Leur juxtaposition ne semble pas suivre une suite chronologique, et mêle des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament qui s'éclairent dans une savante combinaison.

Les peintures de Vic sont l’œuvre d'un artiste unique. Pour chaque surface murale, les compositions s'ordonnent suivant un quadrillage régulier. Le peintre suit cette trame en accentuant les diagonales et les courbes. La répétition des visages ronds à peu près identiques avec leurs joues fardés de taches rouges, et leurs sourcils en accolade, le traitement toujours identique des plis des vêtements, en bourrelets concentriques ou en éventail, renforcent l'unité de l'ensemble de l’œuvre[13]. Émile Mâle écrit:

« Le peintre de Vic a une passion du mouvement, une fougue tout à fait extraordinaire pour le XIIe siècle. Les apôtres assis aux côtés du Christ ne se résignent pas à rester immobiles : ils causent entre eux et gesticulent. rien de plus tumultueux comme le baiser de Judas. Judas se rue sur Jésus-Christ, pendant que les autres soldats l'entraînent brutalement[14]. »

La palette de couleurs est composée de quatre pigments minéraux : noir de charbon de bois, blanc de chaux, ocre-rouge et ocre-jaune. Par des combinaisons de ces pigments, en mélangeant, superposant ou juxtaposant ces couleurs, le peintre réussit à diversifier les effets, à créer des ombres et des lumières, à suggérer des volumes. L'étude des couches d'enduit montre que le peintre opérait de haut en bas et de droite à gauche. Ceci montre que le programme d'ensemble était défini préalablement.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de Google Maps, consulté le 10 octobre 2012.
  2. Site de Lion 1906 : Indre, consulté le 10 octobre 2012.
  3. Site de l'archidiocèse de Bourges : Doyenné du Boischaut Sud, consulté le 21 avril 2013.
  4. a et b « Église Saint-Martin de Vic », notice no PA00097413, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 10 octobre 2012.
  5. En 1734, le cardinal Frédéric Jérôme de La Rochefoucauld, archevêque de Bourges, lors de sa tournée d'inspection de son diocèse, passe aussi par Nohant-Vic. Il demande d'« établir un plancher sous les cloches » qui, dans la nef, pendaient directement au-dessus des fidèles. C'est chose faite, après 53 ans (Emile Jacob, 1931).
  6. Emile Jacob, 1931.
  7. Jean-Baptiste Périgaud sera curé de l'église Notre-Dame de Lignières pendant longtemps, et embellira cette église.
  8. « Eh bien, cette grange, cette masure si nue, si laide, si insignifiante est au nombre des choses rares et précieuses. » Extrait d'une lettre de George Sand à Mme Augustine de Bartholdi, le 17 février 1851, citée dans Kupfer 1988.
  9. Monsieur Aulard est le grand-père de l'historien Alphonse Aulard.
  10. Hubert 1932.
  11. La description suit Hubert 1932.
  12. Il y a aussi des fresques, d'un style bien différent, sur le mur sud de la nef.
  13. On peut observer que les personnages « bons » sont vus de face, et les « méchants » de profil.
  14. (Mâle 1922, cité par Jacob 1931).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Favière, Berry roman, Saint-Léger-Vauban, L'Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, coll. « La nuit des temps / Zodiaque » (no 32), , 2e éd. (ISBN 978-2736900595).
  • Michel Maupoix et Xavier Anquetin, Peintures murales de l'Indre : De la couleur au symbole révélé, Conseil général de l'Indre, (ISBN 978-2911948213).
  • Émile Mâle, L'art religieux du XIIe siècle en France, Paris,
    Réédité de nombreuses fois. La 8e édition date de novembre 1998. Armand Colin (ISBN 978-2200017187).
  • Éliane Vergnolle, L'art roman en France, Flammarion, (ISBN 2-08-011296-1).
  • Jean Hubert, « Vic », dans Congrès archéologique de France. 94e session. Bourges. 1931, Paris, Société française d'archéologie, , p. 556-576.
  • Jean Hubert, « Les peintures murales de Vic et la tradition géométrique », dans Cahiers archéologiques (Paris), vol. 1, , p. 77-88.
  • Marcia Kupfer, « Les fresques romanes de Vicq », dans Congrès archéologique de France. 142e session. Bas-Berry. 1984, Paris, Société française d'archéologie, , p. 337-342.
  • Marcia Kupfer (trad. John Ottaway), « L'étude globale d'un décor : L’Église Saint-Martin de Vicq », dans Peintures murales romanes en région Centre, coll. « Cahiers de l'Inventaire » (no 15), , p. 50-63.
  • (en) Marcia Kupfer, Romanesque Wall Painting in Central France : The Politics of Narrative, Yale University Press, (ISBN 978-0300057201).
  • Abbé Émile Jacob, « La grande fresque de Vic-sur-Saint-Chartier », dans Mémoires de la Société des antiquaires de l'Indre, vol. 44, (lire en ligne), p. 67-187.
  • Abbé Émile Jacob, L'album de la grande fresque de Vic-sur-Saint-Chartier, La Châtre,
    Exemplaire consulté aux fonds patrimoniaux de la bibliothèque de la ville de La Châtre.
  • Emmanuel Brune, « Rapport inédit sur les peintures de l'église de Vic », dans Revue du Berry, , p. 288-296
    Ce rapport, publié tardivement, a été rédigé en 1877.
  • Gérard Guillaume, Les fresques de Vic, Paroisse de La Châtre,
    Brochure en vente dans la boulangerie en face de l’église.
  • Gérard Guillaume, Guide des églises de la Vallée Noire, La Bouinotte, (ISBN 978-2-915729-40-5).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]