Église Saint-Médard de Paris

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Église Saint-Médard
Vue de l'église.
Vue de l'église.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XVe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Gothique flamboyant
Protection Monument historique (1906)
Site web saintmedard.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 50′ 23″ nord, 2° 21′ 01″ est

Géolocalisation sur la carte : 5e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 5e arrondissement de Paris)
Église Saint-Médard

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église Saint-Médard

L'église Saint-Médard est située rue Mouffetard à Paris, sur la rive gauche de la Seine, au sud-est de la montagne Sainte-Geneviève. Édifiée du XVe au XVIIIe siècles, elle est l'église paroissiale des fidèles d'une partie du 5e arrondissement, quartier du Jardin-des-Plantes et partiellement quartier du Val-de-Grâce, ainsi que d'une partie du 13e arrondissement, parties des quartiers Croulebarbe et de la Salpêtrière. Depuis la séparation de l'Église et de l'État, elle est la propriété de la Ville de Paris et est affectée (droit d'usage exclusif et gratuit) au culte catholique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le faubourg Saint-Marceau[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Médard a été construite dans le quartier qui portait jusqu'à la Révolution le nom de faubourg Saint-Marceau[1] et dans lequel plusieurs églises situées autrefois à proximité ont totalement disparu[2] pendant la tourmente révolutionnaire et avec les transformations de Paris sous le Second Empire :

La chapelle Saint-Médard initiale[modifier | modifier le code]

À l'époque mérovingienne, des tombes chrétiennes[5] sont déjà réunies à quelques mètres des murs de l'église actuelle, comme l'ont montré des fouilles réalisées au 43 rue Daubenton. Un cimetière chrétien et sans doute déjà un oratoire, selon l'usage de l'époque, existent donc déjà au VIe siècle ou VIIe siècle. Dès le IXe siècle, après les invasions normandes,une chapelle dédiée à saint Médard aurait été construite le long d'une voie romaine qui menait de Lutèce à Lyon au point du franchissement de la Bièvre. L'existence d'une église et d’une paroisse rattachées au domaine de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris est attestée en 1163 dans une bulle du pape Alexandre III.

La construction de l'église paroissiale actuelle[modifier | modifier le code]

Église de Saint-Médard sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550).
Vue de l'Église de Saint-Médard avec le château de Bisetre (sic) dessin de Philippe de Champaigne en 1656
Portes murées rue Daubenton

La construction de l'église Saint-Médard s'est étalée du XVe au XVIIIe siècles. Elle fut interrompue par les guerres de religion et particulièrement le Tumulte de Saint-Médard, une dispute entre protestants et catholiques qui entraîna le saccage de l'église par les protestants en 1561.

En 1655, la paroisse est placée sous la juridiction directe de l’archevêque de Paris alors qu'elle dépendait jusque-là du seul abbé de Sainte-Geneviève. Elle reste confiée à des curés-prieurs, religieux de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (ou génovéfains) jusqu'à la Révolution française. La paroisse, proche de Port-Royal, fut fréquentée par de nombreux jansénistes, dont Pierre Nicole inhumé dans l'église Saint-Médard, Blaise Pascal et le diacre François de Pâris. À partir de 1727, les convulsionnaires se réunirent sur la tombe du diacre François de Pâris située dans le petit cimetière du chevet de l'église pour y rechercher des transes mystiques, des guérisons et toutes sortes de miracles ; le Roi décida en 1732 d'en faire interdire l'accès ; un inconnu malicieux posa une affichette sur la palissade fermant le cimetière, avec ces mots : « De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu » (on peut toujours voir des portes murées à l'angle de la rue Daubenton et de la rue de Candolle cependant il semble que ce n'était pas celle du cimetière qui était situé au sud de l'église). La paroisse fut un lieu de forte résistance à la Bulle Unigenitus publiée en 1713 et en particulier à partir de mars 1752 avec la question des billets de confession (voir Christophe de Beaumont).

Au XVIIIe siècle, l'église Saint-Médard est embellie, notamment en 1784 par Louis-François Petit-Radel qui fut l’architecte de la chapelle de la Vierge et du presbytère qui jouxte l'église.

Durant la Révolution, l'église est fermée et le culte aboli en novembre 1793. Elle est rouverte par un décret de la Convention de mai 1795. La paroisse partage son église avec les théophilanthropes et avec le culte décadaire elle s'appellera Temple du Travail pendant dix mois.

Les transformations des XIXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Église et chapelle des catéchismes
L'église au début du XXe siècle en arrière-plan du marché Mouffetard - Photo Eugène Atget, 1910
Chevet de l'église vers 1900 ( photographie d'Eugène Atget).

Au XIXe siècle des personnalités du Muséum national d'histoire naturelle (Jussieu (1803), Geoffroy Saint-Hilaire (1826) prennent part à la vie de la paroisse dans son conseil de fabrique. Sœur Rosalie Rendu (béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003), responsable de la maison des Filles de la Charité de la rue de l'Épée de Bois, est reconnue pour son dévouement vis-à-vis des malades, des pauvres et ... des émeutiers de juillet 1830 et de février 1848. C'est à Sœur Rosalie que les fondateurs de la Société de Saint-Vincent-de-Paul s'adresseront pour organiser leurs actions de Charité (citons en particulier Frédéric Ozanam, béatifié par le pape Jean-Paul II en 1997 lors des Journées Mondiales de la Jeunesse)[6].

À cette époque, de nombreux aménagements intérieurs et extérieurs sont entrepris dans l'église ; le grand cimetière sud est transformé en square (square Saint-Médard).

En 1901, la Chapelle des Catéchismes est édifiée sur l'emplacement de l'ancien cimetière où fut enterré le diacre Pâris. Des transformations intérieures ont lieu en 1960 ; l'église est ravalée en 1974.

En 2011, un réaménagement liturgique a rétabli un autel en pierre dans le chœur de l'église. Celui-ci a été dédicacé par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 11 septembre 2011.

Description[modifier | modifier le code]

Plan[modifier | modifier le code]

Plan de l'église.

Le plan de l'église reflète son histoire avec trois ensembles homogènes datés respectivement du milieu du XVe siècle, de la période 1562-1620 et du XVIIIe siècle, les parties les plus anciennes étant situées au niveau de la façade occidentale et des travées adjacentes et les parties les plus récentes au niveau du chevet.

Extérieur[modifier | modifier le code]

L'extérieur de l'église a été partiellement dégagé des maisons en 1868-1869.

Vues extérieures

Intérieur[modifier | modifier le code]

À partir des trois premières travées de la nef gothique flamboyante de la fin du XVe siècle, on découvre un chœur élargi du XVIe siècle remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles, et recouvert d'une voûte en bois, unique à Paris, qui à l'origine était provisoire mais qui est toujours en place. La nef est ornée de cinq clefs de voûte imagées.

Nefs et collatéraux
Chœur et autel
Déambulatoire

Les remaniements se manifestement particulièrement au niveau de chapiteaux illustrant le Gothique, la Renaissance et le Classique.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Patrimoine artistique de l'église Saint-Médard[modifier | modifier le code]

L'église est ornée de nombreuses œuvres d'art. On peut citer en particulier la promenade de Saint Joseph et de l'enfant Jésus toile de Francisco de Zurbarán (transept droit), le Christ au tombeau huile sur bois de Philippe de Champaigne (chapelle du Sacré-Cœur), Retable de Sainte Catherine peinture sur bois (anonyme français du XVIe siècle - chapelle Sainte-Catherine), Jésus chassant les marchands hors du Temple toile de Charles-Joseph Natoire (chapelle des Fonts baptismaux), l'Annonciation toile attribuée à Claude Vignon (chapelle de l'Annonciation), Sainte Geneviève toile attribuée longtemps à Watteau et actuellement attribuée à Charles-Dominique-Joseph Eisen (Chapelle Sainte Geneviève), La Religion toile de Charles-Michel-Ange Challe (chapelle Sainte Anne), Saint-Étienne Tapisserie de la Manufacture des Gobelins (transept), le Mariage de la Vierge toile d'Alexandre-François Caminade et Saint-Médard couronnant la première rosière toile de Louis Dupré (Chapelle de la Vierge) ainsi que des toiles de Pierre-Jacques Cazes. Le chemin de croix a été peint par Simone Lorimy-Delarozière, Simone Latron-Flandrin, Marthe Flandrin.

Au niveau de la statuaire, l'église conserve notamment la Vierge de l'Annonciation sculpture d'Henri Lagriffoul (Chapelle Sainte-Catherine)et un Saint-Antoine-de-Padoue sculpture de Marthe Baumel-Schwenck.

L'église possède également de nombreux vitraux, anciens (fragments du XVIe siècle) ou contemporains (1941) de Jean Hébert-Stevens, Paul Bony et Pierre Cellier.

Les orgues[modifier | modifier le code]

Les grandes orgues de Saint-Médard
Détail.

Les grandes orgues, placées au-dessus de la porte principales en tribune, possèdent un buffet du menuisier Germain Pillon de 1645, remanié en 1767 par François-Henri Clicquot. La partie instrumentale est des facteurs Stolz & Frères (Edouard et Eugène) (1880). Il possède 32 jeux (42 rangs), avec trois claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes à transmissions mécaniques avec machine Barker pour le grand orgue. Il est classé Monument historique aussi bien pour son buffet que pour sa partie instrumentale depuis 1980.

Entre 1952 et 1967, c'est André Isoir qui est titulaire du grand orgue et maître de chapelle. Le titulaire actuel est Jean Galard.

Composition :

I. Grand orgue
56 notes
II. Positif
56 notes
III. Récit expressif
56 notes
Pédale
30 notes

Bourdon 16'
Montre 8'
Bourdon 8'
Violoncelle 8'
Prestant 4'
Plein-jeu II-V rgs
Cornet V rgs
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

Bourdon 16'
Bourdon 8'
Flûte harmonique 8'
Salicional 8'
Unda-maris 8'
Flûte 4'
Clochettes III rgs
Trompette 8'
Clarinette 8'
Clairon 4'
Tremblant

Bourdon 8'
Gambe 8'
Voix céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Octavin 2'
Trompette 8'
Basson-hautbois 8'
Voix humaine 8'

Soubasse 16'
Flûte 8'
Bombarde 16'
Trompette 8'


L'orgue de chœur Roethinger a été construit en 1964 et installé dans une chapelle latérale du chœur. Il est doté de deux claviers de 56 notes et d'un pédalier de trente notes. Les transmissions sont mécaniques pour les notes et électriques pour les jeux. Il possède quatorze jeux.

L'église Saint-Médard dans la littérature et au cinéma[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Médard est au centre de l'énigme dans le livre L'élu du serpent rouge de Jean-Paul Bourre.

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Censier - Daubenton sur la ligne (M)(7).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Brongniart, La paroisse Saint Médard au faubourg Saint-Marceau, Paris, 1951.
  2. Marquis de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris par arrondissements, Paris, 1910
  3. Sur le Concile de Paris et les textes qui y furent adoptés voir Jean Gaudemet, Conciles gaulois du IVe siècle Sources chrétiennes 241, Le Cerf, Paris, 1977, p. 89-99.
  4. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 283-284 [lire en ligne]
  5. Michel Fleury, l'Origine mérovingienne de l'église Saint-Médard dans les Cahiers de la Rotonde, n°2, Paris 1978, pp.79-82, 3 fig.
  6. cfr. Gérard Cholvy Frédéric Ozanam L'engagement d'un intellectuel catholique au XIXe siècle, Fayard, Paris, 2003

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]