Église Saint-Jacques de Canet-en-Roussillon

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Église Saint-Jacques
de Canet-en-Roussillon
Image illustrative de l’article Église Saint-Jacques de Canet-en-Roussillon
Présentation
Culte Catholique romain
Dédicataire Saint Jacques
Type église paroissiale
Rattachement Diocèse de Perpignan-Elne
Début de la construction XIVe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Autres campagnes de travaux XVIIe siècle : agrandissement
XIXe siècle : restauration
Style dominant Gothique.
Protection Aucun
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Ville Canet-en-Roussillon
Coordonnées 42° 42′ 21″ nord, 3° 00′ 30″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Jacques de Canet-en-Roussillon

L'église Saint-Jacques de Canet-en-Roussillon Écouter est une des églises paroissiales de la ville de Canet-en-Roussillon, dans le département des Pyrénées-Orientales, en région Languedoc-Roussillon. Ayant supplanté la chapelle Saint-Martin du Château au XIIIe siècle, elle fut reconstruite au XIVe siècle à son emplacement actuel.

L'édifice d'aujourd'hui, majoritairement en brique, est de style gothique, et a fait l'objet d'une campagne de restauration dans les années 1990-2000.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jacques est mentionnée pour la première fois en 1241. Elle supplante alors l'église Saint-Martin du Château comme église paroissiale. L'édifice se dressait en dehors de l'enceinte du village, à côté du cimetière[1]. Il fut rasé en 1343 par ordre du roi d'Aragon, car trop proche des fortifications[2]. Saint-Martin retrouve alors son rôle paroissial jusqu'au début du XVe siècle : la nouvelle église Saint-Jacques n'est en effet achevée qu'en 1408[3].

Une œuvre de charité est inaugurée en 1510, comme en atteste une inscription, encastrée dans la façade actuelle, à droite de la porte. Il s'agit vraisemblablement d'une réfection de l'édifice, voire d'une reconstruction partielle[4],[5].

Une deuxième campagne de construction est entreprise au XVIIe siècle. L'église est alors agrandie vers le nord, deux chapelles latérales étant ajoutées à la nef[6], et la façade restaurée[note1 1].

En 1794, la quasi-totalité du mobilier de l'église, en majorité de style baroque, fut brûlé sur la place du village. Privée de mobilier pendant de nombreuses années, c'est finalement à partir des années 1850 que de nouveaux ornements sont installés dans l'église. Une grande campagne de restauration fut menée pendant la période 1891-1896 : rénovation du clocher, de la façade[note1 2] et de la toiture, et pose de la décoration intérieure[7].

En 1906, il est nécessaire de faire intervenir le préfet, les gendarmes et l'armée pour faire face à la foule hostile et, avec l'aide d'un serrurier, entrer dans l'église afin de procéder à l'inventaire du mobilier[8].

Dans les années 1990 et 2000, une nouvelle campagne de travaux fut lancée, qui a mis en valeur la maçonnerie en brique, dégagée des enduits qui la recouvraient.

Description[modifier | modifier le code]

L'édifice, construit en brique, présente la particularité d'être englobé, extérieurement, dans un massif plus ou moins rectangulaire, occultant presque intégralement sa disposition intérieure. Compte tenu des diverses campagnes de construction et de restauration, la datation précise des différentes parties de l'édifice est délicate.

L'église est construite selon un axe nord-sud, le chœur étant au sud, flanqué du clocher. Elle obéit au plan classique du gothique méridional, possédant une nef unique de quatre travées, couverte par une charpente reposant sur des arcs diaphragmes, flanquée de chapelles latérales voûtées sur croisées d'ogives, et donnant sur un chœur pentagonal également couvert d'une croisées d'ogives. La première travée possède une tribune. La clef de la croisée d'ogive du chœur est ornée d'une sculpture représentant saint Jacques[9].

La façade nord, où se situe l'entrée principale, possède trois inscriptions dignes d'intérêt, qui proviendraient soit de la chapelle Saint-Martin du Château, soit de l'ancienne église Saint-Jacques, rasée au XIVe siècle sur ordre du roi d'Aragon. Elles sont datées respectivement de 1227, 1304 et 1510[4]. La porte est de plus surmontée d'un bas-relief représentant des anges emmenant un défunt aux cieux. Il est attribué à l'atelier du sculpteur Raymond de Bianya, actif dans le premier quart du XIIIe siècle en Roussillon[10].

Les cloches[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jacques de Canet-en-Roussillon est dotée d'un carillon de cinq cloches fondues en 1897 par la fonderie Bollée au Mans. Elles donnent les notes Ré3, Fa3, Sol3, La3 et Do4. Trois d'entre elles (les plus grosses) peuvent sonner à la volée en mode "lancé-franc", les deux plus petites sont fixes et sont uniquement tintées.

Fichiers audio
Les 12 coups de midi.
Sonnerie de la messe.
Le glas.
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Personnalités[modifier | modifier le code]

Né le , Joseph Cassanyes est baptisé le dans l'église Saint-Jacques[11].

Photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date de 1694, gravée au seuil de la porte d'entrée, en atteste.
  2. Une inscription, encastrée dans la façade, lit "Façade restaurée / 1892 / XAMMA Jques maire"

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saut 1991, p. 56
  2. Saut 1991, p. 54
  3. Saut 1991, p. 57
  4. a et b de Bonnefoy 1858, p. 52-53
  5. Saut 1991, p. 58
  6. Saut 1991, p. 59
  7. Saut 1991, p. 61
  8. Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan, Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », , 141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, notice BnF no FRBNF43886275)
  9. Saut 1991, p. 71
  10. Mallet 2003, p. 99
  11. Robert Saut, Les Quatre saisons du conventionnel Cassanyes, Canet-en-Roussillon, Rivages des arts, , 296 p. (notice BnF no FRBNF34838214)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis de Bonnefoy, « Épigraphie roussillonnaise », Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, Perpignan, vol. XI,‎ , p. 52-53
  • Géraldine Mallet, Églises romanes oubliées du Roussillon, Montpellier, Les Presses du Languedoc, , 334 p. (ISBN 978-2-8599-8244-7)
  • Jean-Bernard Mathon (dir.), Guillaume Dalmau et Catherine Rogé-Bonneau, Corpus des Vierges à l'Enfant (XIIe – XVe siècle) des Pyrénées-Orientales, Presses universitaires de Perpignan, coll. « Histoire de l'art », (ISBN 9782354121853, lire en ligne)
  • Robert Saut, Canet en Roussillon : regards sur 3000 ans d'histoire, Canet-en-Roussillon, Les Amis du Vieux Canet, , 314 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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