Église Saint-Jacques d'Abbeville

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Église Saint-Jacques
Image illustrative de l'article Église Saint-Jacques d'Abbeville
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse d'Amiens
Début de la construction 1868
Fin des travaux 1876
Style dominant Néogothique
Date de démolition 2013
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Ville Abbeville
Coordonnées 50° 06′ 31″ nord, 1° 49′ 42″ est

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Église Saint-Jacques

L’église Saint-Jacques était une église paroissiale de style néogothique située à Abbeville dans le département de la Somme et la région Hauts-de-France.

L'édifice, construit de 1868 à 1876 à l'emplacement d'une église du XIIe siècle, s'étant dégradé progressivement par manque d'entretien au début du XXIe siècle, a été démoli de janvier à mai 2013. En juin 2013, un projet de square a été présenté par la mairie et approuvé par une trentaine de riverains présents. Les travaux sont réalisés début 2015.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue de l'église depuis la grande-rue Saint-Jacques.

Du XIIe siècle au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une église existe à cet endroit dès le XIIe siècle, reconstruite en 1482[1].

Cette dernière église, vétuste, est démolie au XIXe siècle. Un nouvel édifice est construit de 1868 à 1876 par l'architecte Victor Delefortrie[2] dans un style néogothique. Sa première pierre est posée le [3]. L'édifice possède toutefois une cloche plus ancienne, Jacqueline, datant de 1737[1], et une autre, muette, datée de 1645[4].

Pendant la Première Guerre mondiale, Abbeville subit des bombardements, l'église Saint-Jacques n'est pas touchée, mais des impacts proches font éclater les vitraux. Le , la municipalité décide de réparer les dégâts subis par les églises Saint-Jacques et Saint-Sépulcre, ce qui coûte au total 181 Francs à la commune[5]. En 1937, la messe est prononcée pour la première fois en français et non en latin, ce qui est une nouveauté pour l'époque[6].

Dégradations[modifier | modifier le code]

Faisant partie du rare patrimoine abbevillois épargné par les bombardements des deux guerres mondiales, l'église Saint-Jacques, non entretenue, subit des dégradations successives liées aux intempéries. Le , une tempête fait chuter un élément (pinacle ou gargouille) du clocher, qui perce la couverture de la nef : la situation se dégrade alors rapidement. En 2008, l'architecte des monuments historiques remet un rapport chiffrant à 4,2 millions d'euros une restauration, dans une situation d'alternance où ancienne et nouvelle municipalité se renvoient la responsabilité de l'état de l'église[2]. Une partie du mobilier est déposée au musée Boucher-de-Perthes. À l'intérieur, il reste encore notamment l'orgue Mutin Cavaillé-Coll de 1906.

En 2010, une association se crée pour la sauvegarde de l'église Saint-Jacques[7] et une pétition est lancée[8]. Au printemps 2011, alors que les décisions et solutions tardent toujours, l'examen d'un témoin posé sur une fissure 4 ans plus tôt inquiète et le nombre de pierres tombées dans la nef est impressionnant[9].

Démolition[modifier | modifier le code]

Démolition partielle du chevet (début février 2013).
La flèche a perdu la moitié de sa hauteur fin février 2013.

Le , Nicolas Dumont, le maire d'Abbeville, a pris un arrêté de mise en sécurité pour danger immédiat, avec une démolition partielle et préventive[10].

Le 7 février suivant, le conseil municipal a voté sa démolition[11],[12], estimée à 350 000 euros. Le nouvel aménagement de la place est encore à déterminer[13].

De nombreuses questions subsistent quant à la sauvegarde de l'orgue, principalement[14], mais aussi des gargouilles et de la grille, restée en bon état, qui entoure d'édifice. Si le coq et la croix surmontant la flèche du clocher ont été préservés[15],[16], le devenir de la tombe d'un prêtre, dans le chœur, fait débat de la même manière à la mi-février 2013[17]. Après la destruction du chevet, les ouvriers s'emploient, fin février 2013, à réduire progressivement la hauteur de la flèche du clocher au marteau-piqueur[18]. Mais les pierres qu'ils font tomber à l'intérieur heurtent de temps en temps la cloche, ce qui ne contribue pas, bien au contraire, à apaiser la polémique assez vive[19] créée par l'empressement municipal, jugé excessif, à diligenter la démolition sans avoir extrait de l'édifice l'orgue, la cloche, ni la totalité du mobilier[20],[21].

Le , l'orgue a été démonté par le facteur d'orgues belge Thomas[22] mondialement reconnu. D'après lui, l'orgue aurait plutôt bien supporté la situation[23]. Le 25 mars suivant, la cloche Jacqueline a été extraite du clocher par l'entreprise chargée de la démolition. Le 2 avril, la destruction se poursuit avec la démolition de la façade ouest de l'église. Le lendemain, c'est au tour de la façade est d'être démolie[23]. Le 4 avril, la destruction de l'église proprement dite se termine par le transept et le chœur. Ne reste que le clocher, déjà amputé de sa flèche[24]. Celui-ci est démoli du 15 au 17 avril[25]. Les gravats laissés par la démolition de l’édifice sont retirés jusqu’à la fin du mois d'avril en attendant le réaménagement du site[26]. Le 27 avril, le parchemin de la première pierre est retrouvé et conservé par la mairie[3]. Le 2 mai suivant, les corps de l'abbé Paillart ainsi que des prêtres Roussel et Floury ont été exhumés au moment où les derniers gravats de l'église sont retirés[27].

Une des cloches de l'église, datée de 1645, devait passer en vente publique en juin 2013 à Paris[28]. La mairie affirme que cette cloche est en main privée depuis la Révolution, mais La Tribune de l'art prouve qu'il n'en est rien, que la cloche a certainement été volée dans les décombres non surveillés de l'église et accuse la mairie de mentir pour cacher sa légèreté[4]. Cette cloche est finalement récupérée par la municipalité début juillet. Elle sera exposée, avec 96 autres objets sauvegardés (600 au total), à la chapelle du Carmel entre le 3 et le 15 septembre[29]. La cloche Jacqueline est en procédure de classement à l'inventaire des monuments historiques depuis octobre 2013, l'orgue le sera à son tour lorsqu’une nouvelle utilisation lui sera trouvée[30].

En novembre 2013, des gravats de l'église sont utilisés par deux plasticiens, Fontaine de La Mare et Erick Vilquin, pour créer une œuvre d'art contemporain intitulée Construire/déconstruire et exposés au Bastille design center dans le 11e arrondissement de Paris[31].

Reconversion[modifier | modifier le code]

Un square traversé par des allées de gravier bordées d'arbres en fleur.
Vue de la place Saint-Jacques en avril 2015, après les principaux travaux d'aménagement.
Les travaux s'achèvent : mise au point de l'éclairage (abaissement du niveau en cours de nuit et équilibrage du niveau général), équipement de la fontaine en cours) fin mai 2015.

Le futur aménagement de la place laissée par l'église reste indéterminé après la démolition de celle-ci[13]. Le , un projet de square est présenté par la mairie et approuvé par une trentaine de riverains[32]. Le projet est l’œuvre de l'architecte de la ville, Jean-Marc Demoulin, qui a accompagné les désirs des riverains. Un parterre de gazon recouvre l'emplacement de l'église, reprenant la forme et l’orientation de cette dernière, à l'intérieur se trouvent deux allées formant une croix[32].

À l'emplacement du chœur, un mémorial sera érigé pour rendre hommage aux anciens combattants et à Achille Paillart, curé à l'origine de la reconstruction de l'église. La cloche Jacqueline ne reviendra finalement pas sur la place. Un petit bassin occupera l'emplacement du maître autel, entouré des 4 murs du mémorial (reproductions des mémoriaux retirés de l'église avant démolition et conservés par le service patrimoine de la ville d'Abbeville, et illustration de l'histoire des lieux seront réalisés en lave émaillée et intégrés à ces quatre éléments de murs). Des prunus blancs créeront une voûte le long des allées. La croisée du transept sera marquée par quatre chênes des marais. L'effacement des réseaux aériens, la séparation des eaux pluviales, la requalification des réseaux humides et un éclairage raisonné et respectueux de la nuit, accompagneront cet aménagement.

La reconversion prévoit également la création de quarante-deux places de parking sur le pourtour du square, dont trois destinées aux personnes à mobilité réduite. Le trottoir devant la sortie de l'école des Poulies est et sécurisé[32]. Les travaux de voirie sont achevés fin mars 2015. La pose des plaques en lave émaillée du mémorial ainsi que la mise en route de la fontaine érigée à l"emplacement du maître autel sont réalisés début juin 2015[33].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dominique Delannoy, Abbeville, Saint-Cyr-sur-Loire, éditions Alain-Sutton.
  2. a et b « Didier Rykner, « L’église Saint-Jacques d’Abbeville menacée de démolition », La Tribune de l'art »,‎ .
  3. a et b « Le parchemin de la première pierre a été retrouvé ».
  4. a et b Didier Rykner, « Une cloche dérobée à l’église Saint-Jacques d’Abbeville en vente à Drouot », sur La Tribune de l'Art,‎ .
  5. « La Première Guerre mondiale », sur Saint Jacques L'oubliée,‎ .
  6. « Première messe en français », sur Saint Jacques L'oubliée,‎ .
  7. « Saint-Jacques l'oubliée ».
  8. « Pétition « Pour sauver l'église Saint-Jacques d'Abbeville » ».
  9. « Le Journal d'Abbeville »,‎ .
  10. « Visite d'expert et démolition partielle et préventive de l'église Saint-Jacques d'Abbeville ».
  11. « L’église Saint-Jacques d’Abbeville va être détruite », La Tribune de l'art »,‎ .
  12. « Destruction de l'église Saint-Jacques d'Abbeville, la tristesse des habitants ».
  13. a et b « Le Courrier Picard »,‎ .
  14. « Le Journal d'Abbeville-date=13 février 2013 ».
  15. « Le Courrier Picard »,‎ .
  16. « Le Courrier Picard (article accompagné d'un reportage de 39 photos) »,‎ .
  17. « St-Jacques, l'oubliée »,‎ .
  18. « Le Journal d'Abbeville »,‎ .
  19. « Le Courrier Picard »,‎ .
  20. « Le Journal d'Abbeville »,‎ .
  21. « Mise au point de Didier Rykner, La Tribune de l'art »,‎ .
  22. Collectif Saint-Jacques, « L'orgue de l'église Saint-Jacques », Saint Jacques L'oubliée,‎ (lire en ligne)
  23. a et b « Démolition début avril ».
  24. « Démolition du corps de l'église ».
  25. « Démolition du clocher ».
  26. « Les déblais de l'église enlevés en attendant l'aménagement ».
  27. « Eglise Saint-Jacques : la mairie a fait procéder à l'exhumation du cercueil de l'Abbé Paillart ».
  28. « Journal d'Abbeville »,‎ .
  29. « Les objets sauvés de l'église Saint-Jacques enfin dévoilés », sur http://www.courrier-picard.fr/,‎ .
  30. « Jacqueline » vers un classement, sur http://www.courrier-picard.fr/,‎ .
  31. « Des pierres de Saint-Jacques à Bastille », sur http://www.courrier-picard.fr/,‎ .
  32. a, b et c Thomas Diévart, « La place Saint-Jacques ressuscitée », Courrier Picard,‎ .
  33. « Le bassin est en eau sur la place Saint-Jacques », Courrier Picard,‎ .

Liens externes[modifier | modifier le code]