Église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Jean-Baptiste de Folleville

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Église de Folleville
Façade sud de l'église.
Façade sud de l'église.
Présentation
Culte Catholique romain
Type église paroissiale
Rattachement Diocèse d'Amiens
Début de la construction XVe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant gothique flamboyant
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998) (Chemin de Saint-Jacques de Compostelle)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Province Picardie Picardie
Région Hauts-de-France
Département Somme
Ville Folleville
Coordonnées 49° 40′ 36″ nord, 2° 21′ 48″ est

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Église de Folleville

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Église de Folleville

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Église de Folleville

L'église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Jean-Baptiste est une église catholique située à Folleville, en France, dans le département de la Somme. De style gothique flamboyant, elle est classée monument historique[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, le mariage de Jeanne de Poix et Raoul de Lannoy fit entrer la seigneurie de Folleville dans la famille de Lannoy. Raoul de Lannoy qui s'illustra au siège du Quesnoy en 1477 devint bailli d'Amiens sous Charles VIII, puis seigneur de Gênes sous Louis XII. Il fit sculpter son gisant et celui de son épouse et demanda dans son testament qu'ils fussent placés dans un nouveau sanctuaire. C'est ce qu'accomplit sa veuve après son décès en 1512.

Au début du XVIIe siècle, la terre de Folleville échut à Philippe-Emmanuel de Gondi, général des galères de France. Il fit appel à Vincent de Paul pour l'éducation de ses fils dont l'un devint le cardinal de Retz. C'est du haut de la chaire de cette simple église de campagne que Vincent de Paul prononça, le 25 janvier 1617, un sermon qui fut à l'origine de la création de la Congrégation de la Mission (prêtres lazaristes).

Pendant la Révolution Française, les fonts baptismaux et les tombeaux sont protégés par les habitants du village[2].

L'édifice fut classé au titre des monuments historiques en 1862[1] et au Patrimoine mondial par l'UNESCO en 1998 au titre du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Architecture et décoration de l'église[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Cette petite église de campagne, très simple, se compose de deux parties distinctes:

  • une nef de trois travées et
  • un chœur plus élevé, lui aussi de trois travées qui était la chapelle seigneuriale adjointe à la nef au XVIe siècle, dédié à saint Jean-Baptiste.

Une tourelle d'escalier est située à la jonction de la nef et du chœur, côté sud.

Un clocher surmonte la première travée de la nef.

La décoration extérieure de l'édifice se compose de deux statues, saint Jacques au-dessus de la porte d'entrée et la Vierge sur l'un des contreforts du chœur.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Nef[modifier | modifier le code]

La nef très sobre, est voûtée en bois de châtaignier qui laisse apparaître des corbeaux sculptés de têtes humaines. Dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur, elle contient la chaire du haut de laquelle Vincent de Paul prononça son célèbre sermon, et des fonts baptismaux. Sur la vasque en marbre de Carrare, figurent la chaîne et les armes de la famille de Lannoy, le socle en pierre calcaire locale est décoré de feuilles d'acanthe.

Chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur, dédié à saint Jean-Baptiste était la chapelle seigneuriale construite au XVIe siècle, ajointe à la nef. Il est de style gothique flamboyant avec des voûtes de pierre dont les nervures sont décorées de chaînes et de tiges et feuilles de pois.

Tombeaux des Lannoy[modifier | modifier le code]

Dans deux enfeus du côté nord de l'abside, sont situés les tombeaux de membres de la famille de Lannoy. À l'extrémité gauche, les gisants de Raoul de Lannoy et de son épouse Jeanne de Poix sont d'Antonio Della Porta et de Pasio Gaggini, deux artistes milanais qui les réalisèrent de 1506 à 1508. Ces gisants en marbre de Carrare, finement sculptés, furent considérés par Léon Palustre comme « la création artistique la plus admirable de la France septentrionale ».

Raoul de Lannoy porte au cou la chaîne que lui donna Louis XI, son épouse a la tête légèrement tournée vers lui.

La décoration des parois, de la voûte et de la façade supérieure de l'enjeu est luxuriante. Elle est l’œuvre d'artistes locaux mêlant les styles flamboyant et Renaissance. On y distingue des sculptures de saints : Antoine ermite, saint Sébastien, saint Adrien ; des scènes bibliques : Piéta, la Décollation de saint Jean-Baptiste ; des symboles funèbres : trompettes de la mort, crânes ; des arabesques et des tiges de pois garnies de feuilles. Les deux pendentifs sculptés de la voûte représentent des saints : Jean, Jacques, Michel, Catherine, Barbe, Marguerite. Au-dessus, une Vierge à l'Enfant dans un grand lys est entourée de fleurs et des symboles des évangélistes. De chaque côté, on reconnaît les statues de saint Claude et de saint Louis.

Partie supérieure de l'autel, devant le côté gauche de la sculpture centrale dominant le chœur.

Le second enfeu, abrite le tombeau de François de Lannoy (fils de Raoul et de Jeanne) et de son épouse Marie d'Hangest. Ce monument, postérieur d'une trentaine d'années au premier, est caractéristique de la première Renaissance française. Ils sont représentés agenouillés et sur la paroi inférieure sont sculptées les vertus cardinales (Justice, Prudence, Tempérance, Force).

Un troisième enfeu, aujourd'hui vide abritait une mise au tombeau transportée par le comte de Joigny dans l'église Saint-Jean de Joigny où elle est toujours. Au-dessus de l'enfeu, on reconnaît sculptés des anges portant les instruments de la Passion et le Christ ressuscité apparaissant à Marie-Madeleine.

Autres éléments de décor[modifier | modifier le code]

Dans le chœur, côté sud, une piscine est sculptée avec des monogrammes de Raoul et de Jeanne de Lannoy.

Au-dessus du maître autel, un crucifix est accompagné à ses pieds d'un groupe sculpté représentant la Vierge et saint Jean l'Évangéliste.

La fenêtre axiale a conservé un vitrail de la Crucifixion pour partie du XVIe siècle et restauré au XIXe.

Dans la nef, sont suspendus trois tableaux représentant les épisodes de la vie de Vincent de Paul[3]:

  • Saint Vincent de Paul au chevet de Louis XIII ;
  • Saint Vincent de Paul recevant les derniers sacrements, tous deux copies du XIXe siècle de tableaux réalisés par Jean-François de Troy en 1732 (tableaux aujourd'hui disparus), reproduits 1737 par les estampes de Bonnart et du graveur Antoine Hérisset. Elles servirent de modèle au peintre. Elles proviendraient du collège lazariste de Montdidier qui en fit don au curé de Folleville en 1913;
  • Saint Vincent de Paul prêchant aux galériens, copie du XIXe siècle du tableau (disparu) de Jean Restout (1732), d'après l'estampe de Bonnart et Antoine Hérisset (1737). Elle proviendrait elle aussi du collège lazariste de Montdidier. Ces trois tableaux sont Logo monument historique Classé MH (2010)[4].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Bazin de Gribeauval, Description historique de l'église et des ruines du château de Folleville, 1849 et 1883
  • Alain Carlier, « Le tombeau de Raoul de Lannoy à Folleville, trois niveaux de lecture », in Geoffroy Asselin (dir.), Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, 3e trimestre 2000, p. 469-484. (ISSN 0037-9204)
  • Pierre Dubois, Folleville (Somme), le château - l'église et les tombeaux, guide du visiteur, 1909.
  • Georges Durand, « Les Lannoy, Folleville et l'art italien dans le Nord de la France », in Eugène Lefèvre-Pontalis (dir.), Le Bulletin Monumental, tome 70, 1906.
  • Pierre Michelin, « L'église de Folleville : ses transformations depuis le XVIIe siècle », in Société des Antiquaires de Picardie, Bulletin trimestriel de la société historique de Picardie, numéro 644, 1997
  • Pierre Michelin, Folleville. La fin du Moyen Âge et les premières formes de la modernité (1519-1617), préface de Jean Estienne, Amiens : Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie - tome 56, 2000, 398 p.  (ISBN 2902829043)
  • Jules Mollet, Montdidier, Géographie historique et statistique de l'arrondissement - Dictionnaire historique des communes, 1889, réédition, Paris, Le Livre d'histoire Lorisse, 1992 (ISBN 2 - 87 760 - 909 - X)
  • Philippe Seydoux, Églises de la Somme, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1973.
  • Jean-Charles Capronnier, Christian Corvisier, Bertrand Fournier, Anne-Françoise Le Guilliez, Dany Sandron, Picardie gothique, Tournai, Casterman, 1995. (ISBN 2 - 203 - 62 004 - 8)

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Références[modifier | modifier le code]