Église Saint-Hubert de Baisy-Thy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Église Saint-Hubert
de Baisy-Thy
Le clocher et le village vus de l'ouest
Le clocher et le village vus de l'ouest
Présentation
Type Église
Début de la construction 1763
Style dominant Style classique
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1980, no 25031-CLT-0016-01) (orgues)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Ville Genappe
Coordonnées 50° 35′ 37″ nord, 4° 27′ 56″ est

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Église Saint-Hubertde Baisy-Thy

Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon

(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
Église Saint-Hubertde Baisy-Thy

L'église Saint-Hubert est une église de style classique située à Baisy-Thy, village de la commune belge de Genappe, en Brabant wallon.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église se situe au centre du village, cernée de tous côtés par la rue Godefroid de Bouillon.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église de Baisy-Thy existait déjà en 1096 mais s'appelait alors Notre-Dame[1].

Au XVIIIe siècle, les églises de la région tombaient en ruines car les décimateurs, percepteurs de la dîme, ne se préoccupaient pas de leur entretien. L'autorité autrichienne exigea une amélioration de la situation des églises, ce qui explique que plusieurs églises du Brabant wallon ont été reconstruites durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

L'église Saint-Hubert de Baisy-Thy a ainsi été entièrement reconstruite en 1763[2],[3] en style classique.

Anna Pavlovna, grande-duchesse de Russie, princesse d'Orange et reine des Pays-Bas, fit don à l'église d'un ciboire lors de sa visite aux Quatre-Bras de Baisy-Thy le 16 juin 1817[4],[5], deux ans après la bataille des Quatre Bras qui eut lieu le 16 juin 1815, deux jours avant la bataille de Waterloo.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, une stèle fut élevée dans le chœur à la mémoire de Godefroid de Bouillon, né en 1061 à Baisy-Thy, domaine appartenant à sa mère, fille du Duc de Lotharingie[2].

Les orgues de l'église font l'objet d'un classement depuis le 17 mars 1980[6].

Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

Matériaux[modifier | modifier le code]

L'église, couverte d'ardoises, est construite en briques rouges, en calcaire pour le soubassement et en pierre bleue pour les chaînages d'angle et l'encadrement des baies[3].

La tour et la façade occidentale[modifier | modifier le code]

La façade occidentale intègre une tour, en forte saillie[3] par rapport aux façades des collatéraux.

Le clocher en briques comporte quatre niveaux[3] et présente sur toute sa hauteur des chaînages d'angle en pierre bleue ainsi que de nombreuses ancres de façade.

Trois des quatre niveaux de la face occidentale du clocher sont ornés d'une baie de style classique :

  • un portail en pierre bleue à impostes et clé d'arc saillantes[3], à encadrement mouluré et tympan au motif rayonnant ;
  • une fenêtre au premier étage, à environ un mètre au-dessus du portail, recouverte d'un arc surbaissé (linteau bombé) ;
  • une baie campanaire à abat-son au dernier étage, répétée à la même hauteur sur chaque face de la tour carrée.

Le clocher est recouvert d'une toiture à l'impériale (toiture à courbe et contre-courbe), dotée d'une lucarne sur chaque pan[3].

La tour et la façade.
Le clocher vu des champs.
La toiture à l'impériale.
Le portail.

Les façades latérales[modifier | modifier le code]

Fenêtre de la nef.

Les façades latérales de la nef classique sont masquées par les collatéraux, dont la toiture prolonge celle de la nef.

Ces collatéraux présentent chacun trois façades, séparées par de beaux chaînages d'angle en pierre bleue, tranchant nettement sur la brique rouge : une grande façade sud percée de quatre grandes fenêtres de style classique dont l'encadrement de pierre bleue est constitué de piédroits harpés supportant un linteau bombé, une petite façade occidentale ajourée d'une fenêtre semblable et une petite façade orientale aveugle.

Sur la façade sud sont fixées deux grandes plaques en pierre bleue à la mémoire des morts des deux Guerres mondiales.

Monument aux morts.
La façade sud, le chevet et la sacristie.

Le chevet et la sacristie[modifier | modifier le code]

Le chevet et la sacristie.

Le chevet, haut et imposant, est composé d'une travée de chœur et d'une abside semi-circulaire[3]. La travée de chœur et l'abside sont percées de fenêtres classiques en tous points semblables à celles des collatéraux.

Le chevet est prolongé dans l'axe par une petite sacristie de plan carré réalisée dans les mêmes matériaux et percée de petites fenêtres carrées à encadrement de pierre bleue, dont l'axiale possède des montants à deux harpes[3]. Au sud, le chevet est partiellement caché par une seconde sacristie, plus basse et plus récente[3].

Dans le mur oriental de la sacristie est scellée la dalle funéraire de Jean Jacobi, curé de la paroisse mort le comme l'indique l'épitaphe gravée sur la dalle. L'épitaphe est surmontée d'un bas-relief représentant un calice flanqué de deux cierges.

« Ici repose
Le corps du Rd Sr Jean
Jacques dit Jacobi
Natif de Wavre
Bachelier formé
en l'Université de Louvain
Curé de cette paroisse
L'espace de 46 ans
Et décédé
Le 21 Xbre 1813
Agé de 83 ans »

Le chevet.
La sacristie.
La sacristie.
La dalle funéraire du curé.

Architecture intérieure[modifier | modifier le code]

L'intérieur, de style classique, présente deux parties très contrastées : le chœur réalisé en briques rouges et la nef peinte en blanc.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le chœur, très haut, édifié en briques rouges, comporte une abside semi-circulaire précédée d'une travée de chœur. La travée de chœur et l'abside sont séparées par deux hauts pilastres en briques se prolongeant en un arc-doubleau, également en briques. L'abside est divisée en trois sections séparées elles aussi par de hauts pilastres en briques qui segmentent la voûte en cul-de-four et rejoignent l'arc-doubleau. La partie centrale de l'abside est ornée d'un très haut tableau tandis que ses parties latérales, ainsi que la travée de chœur, sont percées de fenêtres de style classique, à arc surbaissé et piédroits harpés en pierre bleue.

La nef et les collatéraux[modifier | modifier le code]

La nef, enduite et peinte en blanc[3], est séparée des collatéraux par deux rangées de colonnes en pierre bleue (petit granit), sommées de chapiteaux toscans[3] et portées par des socles octogonaux surmontés d'anneaux toriques. Les extrémités de ces deux rangées de colonnes sont occupées par des colonnes engagées.

Les arcs en plein cintre[3] portés par ces colonnes ont l'intrados orné de moulures rectangulaires.

Les collatéraux sont rythmés par des pilastres en briques dont les chapiteaux toscans en pierre bleue servent d'appui à des arcs également réalisés en briques.

La nef vue du jubé.
Le chœur.
Colonne engagée.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

L'église abrite un important patrimoine :

  • orgues classées en 1980
  • collection d'habits liturgiques et de vases sacrés, parmi lesquels le ciboire offert en juin 1817 par Anna Pavlovna, grande-duchesse de Russie, princesse d'Orange et reine des Pays-Bas[5], qui porte cette inscription : « Don de Son Altesse Impériale la Grande Duchesse Anna Pawlowna, princesse d'Orange. À la cure de Baisy-Thy ».
  • stèle commémorative de Godefroid de Bouillon[3], érigée durant la seconde moitié du XIXe siècle contre le mur de gauche du chœur. Sur cette stèle est gravé l'hommage suivant :

« À la mémoire
De Godefroid de Bouillon
Duc de Lothier
Et Marquis d'Anvers
Premier Roi de Jérusalem
Né à Baisy en Brabant
Mort en Palestine
Le XVII Juillet MC. »

Les orgues classées en 1980.
Ciboire offert par la reine des Pays-Bas Anna Pavlovna.
Stèle à Godefroid de Bouillon.

L'ancien cimetière paroissial[modifier | modifier le code]

Tête de mort.

Le cimetière paroissial qui entourait jadis l'église est aujourd'hui désaffecté mais il conserve deux mausolées de style néo-classique ainsi que plusieurs dalles funéraires qui ont été intégrées aux murs extérieurs de l'église.

Les dalles funéraires[modifier | modifier le code]

Outre la dalle funéraire du curé Jean Jacobi encastrée dans le mur de la sacristie, mentionnée plus haut, quatre dalles funéraires sont fixées sur la façade occidentale de l'église, deux de chaque côté de la tour-clocher.

Trois d'entre elles sont entièrement semblables. Elles prennent chacune l'allure d'un mausolée porté par deux consoles et orné d'un cartouche gravé d'une épitaphe devenue illisible entourée de faisceaux de licteur. Sous le cartouche est gravée une tête de mort. Chaque mausolée est sommé d'acrotères encadrant un fronton triangulaire sur lequel est gravé le motif du serpent qui se mord la queue, l'ouroboros, symbole du cycle de la vie et de la mort.

La quatrième dalle, située à gauche du portail, est beaucoup plus modeste et est constituée d'une simple dalle de pierre sur laquelle est gravée une épitaphe encore parfaitement lisible :

« Ici devant repose
Le corps de Demoiselle
Marie Anne Thomas
Décédée à Baisy le 5 août 1789
Administrée des
Sacrements de Notre
Mère la Sainte Eglise
Agée de 65 ans
Requiescat In Pace »

Un grand fragment de dalle brisée gisant dans la pelouse, au nord de l'église, est orné d'un bas-relief figurant un calice.

Eglise Saint-Hubert de Baisy-Thy - Vestiges du cimetière paroissial - 02.jpg
Dalles en forme de mausolée.
Calice.

Les mausolées de style néo-classique[modifier | modifier le code]

Le mausolée à l'urne funéraire voilée.
Acrotère.

L'ancien cimetière paroissial abrite par ailleurs deux mausolées de style néo-classique.

Chacun de ces mausolées est porté par un large socle à degrés entouré de grilles hérissées de piques et ornées d'une flamme à chaque angle.

Le mausolée situé derrière le chevet de l'église est constitué d'un parallélépipède en pierre bleue, d'environ 2 mètres de haut, couronné d'une corniche moulurée, de quatre frontons triangulaires alternant avec quatre acrotères et d'un gros crucifix en pierre. Chacune de ses faces est ornée d'un cartouche mouluré à crossettes.

L'autre mausolée, situé au nord de l'église, a été érigé en 1872. Il comporte une base carrée ornée de plaques de marbre blanc, quatre colonnes toscanes entourant une urne funéraire voilée (symbole de la mort), une corniche moulurée, quatre frontons triangulaires flanqués d'acrotères et une croix en pierre.

Les acrotères sont gravés d'ornements sur l'un des monuments mais pas sur l'autre.

Le premier mausolée.
Acrotère.
Le deuxième mausolée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Tarlier et Alphonse Wauters, La Belgique ancienne et moderne - Géographie et histoire des communes belges : province de Brabant, canton de Genappe, A. Decq éditeur, novembre 1859, p. 41
  2. a et b Baisy-Thy sur le site de la Ville de Genappe
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m L'église Saint-Hubert sur le site de l'Inventaire du patrimoine culturel immobilier de la Région wallonne
  4. Les Journées du Patrimoine 2013 sur la page de la paroisse Saint-Hubert sur le site notreparoisse.be
  5. a et b Brochure des journées du patrimoine 2013 de la Région wallonne, p.28
  6. Liste des monuments classés de la Région Wallonne