L'église Saint-Didier est située en centre-ville de la commune de Bruyères-le-Châtel sur la place homonyme, sur la rive gauche de la rivière l'Orge[1].
De 2019 à 2022, sont restaurés, par le cabinet d'architecture Madelénat[4], la charpente, la toiture, la sacristie, et le porche qui peut faire penser aux caquetoires du proche Gâtinais[5].
Le clocher, flanqué d'une tourelle d'escalier, est à trois niveaux dont le dernier possède des baies géminées sur chaque face[2]. Il est coiffé d'une flèche octogonale aux arêtes biseautées.
La façade occidentale à pignon est épaulée par des contreforts, et percée de deux baies en plein centre qui flanquent le porche.
Colonnettes de la nef, chaire, bas-côté nord
La nef, qui n'a que deux travées, est voûtée sur croisées d'ogives. Celles-ci reposent sur trois colonnettes qui n'ont pas de vrais chapiteaux, mais un décor sculpté de feuillages, le tout étant caractéristique du XIVe siècle.
Le bas-côté nord présente des ouvertures en plein cintre, peut-être plus anciennes.
Le transept Sud est l'ancienne chapelle seigneuriale (clé de voûte armoriée), édifiée au XVe siècle en grès, et non pas en meulière comme dans le reste de l'édifice. Plusieurs marques de tâcherons
Le chœur se termine par une abside polygonale, à cinq pans. Le chevet est percé des quatre baies en arc brisé et d'un oculus sur le pan axial. L'abside est couverte par une toiture en croupe.
Outre des vitraux (six séries de fragments du XVe), trente objets sont classés M.H.[6]. Par exemple :
Deux gisants du XVe siècle, dans le bas-côté Nord, mais qui étaient à l'origine dans la chapelle Notre-Dame seigneuriale du transept Sud. Ils avaient été déplacés à la Révolution, puis transportés hors de l'église et n'étaient plus localisés. Ils ont été retrouvés, en 1998, par l'Association historique du vieux Bruyères[7]. La description de ces deux gisants de femmes (Marguerite de Bruyères et sa bru)[8], et la transcription du texte gravé, figurent dans le livre de 1754 de l'abbé Lebeuf, et dans celui de 1877 de Guilhermy[9].
Egalement dans le bas-côté Nord, la dalle funéraire d'un autre seigneur, marquis de Bruyères, Joachim Le Mairat, président en la Chambre des comptes de Paris, décédé en 1755[8]. Le texte, fort lisible, en est très élogieux[10]. On voit également aux murs, en partie haute, des fragments de sa litre funéraire[11].
L'original de 1622, au Musée de StrasbourgAutel et retable de la chapelle Notre-DameDans le transept nord, le retable est une copie ancienne du Martyre de sainte Catherine par Simon Vouet, daté 1622, pendant sa période romaine, entre caravagisme et manière bolonaise[12]. L'original a été acquis par le Musée des beaux-arts de Strasbourg, en 2019-2023 [13](ill. ci-contre)[14]. Il est un peu étonnant qu'un tel tableau soit entré dans une église, alors que le peintre l'avait conçu fort probablement pour un collectionneur amateur de nudités féminines (sans doute le cardinal de La Valette)[12]. Peut-être cette copie avait-elle été demandée par le seigneur pour la chapelle de son château, consacrée justement à sainte Catherine, avant d'être transférée à Saint-Didier, par exemple lors de la réunion des deux cures, en 1754.
Un retable en bois sculpté du XVIIIe siècle encadre l’autel de la chapelle seigneuriale Notre-Dame, dans le bras Sud du transept (ill. ci-contre). Il est orné d’un tableau représentant Le mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie, copie XIXe siècle d'après un tableau perdu du Primatice[16]. Sainte Catherine était la dédicace de l'église du château. De sainte Catherine également, l'église conserve un buste-reliquaire des XVIe – XVIIIe siècle[17].
Ferdinand de Guilhermy, Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe : ancien diocèse de Paris : tome 3, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Collection de documents inédits sur l'histoire de France publiés par les soins du ministre de l'Instruction publique », , 802 p. (lire en ligne), p. 485-493
Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris : Tome troisième, Paris, Librairie de Fechoz et Letouzey, 1883 (réédition du texte de 1755), 600 p. (lire en ligne), p. 464-475
↑Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe : ancien diocèse de Paris. Tome 3,Série 3 / recueillies et publ. par M. F. de Guilhermy,... [puis par] R. de Lasteyrie,..., 1873-1883 (lire en ligne)