Église Saint-Denis de Lugny

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Église Saint-Denis de Lugny
Église St Denis Lugny Saône Loire 5.jpg
L'église Saint-Denis de Lugny.
Présentation
Destination initiale
culte catholique romain
Destination actuelle
Édifice consacré du diocèse d'Autun, relevant de la paroisse Notre-Dame-des-Coteaux-en-Mâconnais (Lugny)
Style
néo-classique
Architecte
Roch fils (Mâcon)
Construction
de 1824 à 1826
Propriétaire
commune de Lugny
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de Bourgogne
voir sur la carte de Bourgogne
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

L'église Saint-Denis de Lugny est une église située sur le territoire de la commune de Lugny dans le département français de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle relève de la paroisse Notre-Dame-des-Coteaux en Mâconnais (qui a son siège à Lugny).

Historique[modifier | modifier le code]

L’église a été bâtie au début du XIXe siècle, entre 1824 et 1826, en lieu et place de l'ancienne église romane (avec chapelle seigneuriale), qui fut démolie en 1823 et dont les matériaux servirent partiellement à rebâtir la nouvelle église.

Elle est, comme la précédente église, placée sous le vocable de saint Denis, patron de Lugny[Note 1].

Elle a donné son nom à la principale rue du bourg de Lugny (rue de l'Église), rectifiée dans son tracé par l'application d'un plan d'alignement des façades de ses maisons dans les années 1860-1870[Note 2].

Description[modifier | modifier le code]

Construite d'après des plans dressés par l'architecte Roch fils de Mâcon, elle a la forme d'une croix latine et dispose, d'est en ouest, d'une avant-nef, d'une nef longue de 16,50 mètres à deux colonnades à entablement[Note 3] inspirée des basiliques paléochrétiennes (cinq travées) flanquée de deux collatéraux et d'une abside semi-circulaire elle-même flanquée de deux chapelles (l'une du Saint-Sacrement et l'autre des fonts baptismaux).

Son clocher, de type clocher porche, abrite deux cloches fondues dans la première moitié du XIXe siècle, la plus ancienne pesant une tonne et datant de 1825[1].

Quant à son chevet, de forme semi-circulaire ressortant d'une construction orthogonale à usage de sacristie, il a conservé sa couverture faite de lave (lauze).

Mobilier[modifier | modifier le code]

Elle abrite plusieurs œuvres remarquables :

  • le retable « Le Christ et les Apôtres », retable en pierre (classé au titre des Monuments historiques en 1903) représentant le Christ et les Apôtres daté de 1528[2] ;
  • une Vierge à l’Enfant (protégée au titre des Monuments historiques depuis 1979[3]) en pierre polychrome – au déhanchement caractéristique de la statuaire bourguignonne – exécutée au XVe siècle[Note 4].

Y sont également visibles, dans ses bas-côtés, un tableau exécuté vers 1950 par l'artiste Michel Bouillot, intitulé « L'Annonce de la Parole en Mâconnais »[Note 5], et, du même artiste, une croix peinte inspirée du crucifix de Saint-Damien visible en la basilique Sainte-Claire d'Assise (Italie)[Note 6].

Parmi les objets ayant été conservés de l’ancienne église romane figurent notamment les fonts baptismaux, qui paraissent remonter au XIVe siècle. Dans l’allée centrale de la nef, quatre pierres tombales en calcaire gris coquillé provenant elles aussi de l'ancienne église forment une partie du pavement[Note 7].

Dans l'avant-nef trône une plaque de marbre ornée d'une pietà[Note 8] que le sculpteur Albert Libeau (1893-1971) de Lugny, futur chef de l'atelier de restauration des marbres du musée du Louvre, façonna à la demande de la paroisse pour rendre hommage aux Lugnisois morts au champ d'honneur au cours de la Première Guerre mondiale. Une devise inspirée d'un recueil de poèmes de Victor Hugo[Note 9] encadre cette plaque sur trois de ses côtés : « Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie, ont droit qu'à leur tombeau la foule vienne et prie. ».

Une Vierge à l'Enfant en bois du XVIIIe siècle est exposée dans la chapelle des fonts baptismaux.

Visite[modifier | modifier le code]

Tous les ans depuis 2007, l'église de Lugny se visite dans le cadre des Journées européennes du patrimoine (visites commentées organisées à l'initiative de l'association Lugny Patrimoine).

Elle a par ailleurs été rendue visitable en 2017 à l'occasion de la Nuit des églises, manifestation annuelle à laquelle elle a participé, de nouveau, en 2018.

En images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Lafarge, Paulette Berthaud, Lugny, mémoire de pierres, mémoire d'hommes, Bibliothèque municipale de Lugny, Lugny, 2006 (ISBN 2-9514028-1-3).
  • Brochure de présentation de l'église consultable ici (origine : pastorale diocésaine du tourisme).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Saint martyr ayant donné son nom à l'un des quartiers du bourg, voisin de l'église.
  2. Nom qui lui a été attribué dans le 2e quart du XIXe siècle, période au cours de laquelle furent nommées l'ensemble des voies publiques desservant les habitations du bourg de Lugny.
  3. Chaque colonnade étant faite de quatre colonnes et chaque colonne ayant 4,60 mètres de hauteur.
  4. Cette statue autrefois visible en la chapelle Notre-Dame-de-Pitié de Fissy a une particularité : celle de présenter la Vierge Marie portant des langes évoquant déjà le Saint Suaire.
  5. Œuvre restaurée début 2016 (dimensions : 2 m x 1 m).
  6. Œuvre installée dans le collatéral sud de l'église en janvier 2018 (dimensions : 2,68 m x 1,86 m).
  7. Pierres dont les inscriptions, très effacées, sont aujourd'hui illisibles.
  8. Pietà qui fut exécutée d'après un dessin du céramiste Gabriel Jeandet (1873-1945) de Lugny.
  9. Les chants du crépuscule, recueil de poèmes publié en 1835.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : « Fêlé de cloches ! Entretien avec le père Christophe Lagrange, correspondant de la Société française de campanologie pour la Saône-et-Loire », article de Frédéric Lafarge paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 190 de juin 2017, pages 17 à 21.
  2. Haut de quatre-vingt-neuf centimètres et large de cent quatre-vingt-six, ce bas-relief daté de 1528 montre le Christ entouré des douze Apôtres, ceux-ci tenant un livre ouvert ou fermé – l’Evangile qu’ils annoncent – et leur emblème habituel ou l’instrument de leur martyre. Nommés et placés sous un dais de style flamboyant, les treize personnages représentés apparaissent dans l’ordre suivant : saint Thomas (appuyé peut-être sur la hampe d’une pique), saint Barthélemy tenant le couteau avec lequel il fut écorché vif, saint Mathieu avec une équerre, saint Jacques le Mineur avec une massue, saint André (appuyé peut-être sur sa croix), saint Pierre avec ses clefs, le Christ tenant le globe du monde, saint Jude avec un calice au-dessus duquel apparaît un petit animal fantastique représentant sans doute le démon, saint Paul avec son épée, saint Jacques le Majeur muni de son bâton de voyage et coiffé d’un bonnet arborant la coquille du pèlerin, saint Philippe (tenant probablement le bâton d’une croix), saint Simon tenant la scie avec laquelle il fut coupé en deux et saint Mathias tenant peut-être le manche de la hache qui servit à le décapiter. L’imagier qui a sculpté ce retable l’a signé de son monogramme sur la scie de saint Simon et l’a daté par deux fois, d’abord sur l’équerre de saint Mathieu puis sous le Christ. À côté de cette date apparaît un blason qui, composé de trois croissants posés deux et un, paraît être celui de la famille Cadot originaire de Tournus. À propos de ce retable, consulter : NICOLAS Fernand, « Le retable de Lugny » paru dans « 71-Images de Saône-et-Loire » n° 149 de mars 2007, p. 9.
  3. Notice no PM71001181, base Palissy, ministère français de la Culture

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :