Église Saint-Austremoine d'Issoire

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Abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire
Le chevet
Le chevet
Présentation
Culte catholique
Type Église
Début de la construction 1130
Style dominant Art roman auvergnat
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Ville Issoire
Coordonnées 45° 32′ 37″ N 3° 15′ 02″ E / 45.543584, 3.25045645° 32′ 37″ Nord 3° 15′ 02″ Est / 45.543584, 3.250456  

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Abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire

L'abbatiale Saint-Austremoine est une église romane située à Issoire en Auvergne, dans le département français du Puy-de-Dôme et la région Auvergne.

Elle fait partie des cinq églises romanes de Basse-Auvergne dites « majeures », avec la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, la basilique Notre-Dame d'Orcival, l'église de Saint-Nectaire et l'église Notre-Dame de Saint-Saturnin.

Historique[modifier | modifier le code]

L'abbatiale Saint-Austremoine est une ancienne abbatiale bénédictine construite durant le premier tiers du XIIe siècle[1] et plus précisément vers 1130[2], ce qui en fait la deuxième des cinq églises majeures de Basse-Auvergne.

Elle est dédiée à Austremoine de Clermont ou Stremonius, premier évêque de Clermont-Ferrand et évangélisateur de l'Auvergne à la fin du IIIe siècle[1].

Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840[3] : elle fait partie de la première liste de monuments historiques français, la liste des monuments historiques de 1840, qui comptait 1 034 monuments.

Les restaurations du XIXe siècle ont rendu à l'église sa polychromie intérieure (entre 1857 et 1859)[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture est romane.

Structure du chevet[modifier | modifier le code]

L'abbatiale Saint-Austremoine, construite en arkose[1] (une sorte de grès), présente un remarquable chevet roman auvergnat constitué d'un étagement de volumes de hauteur croissante :

  • deux absidioles adossées aux bras du transept
  • quatre chapelles rayonnantes
  • la chapelle axiale rectangulaire
  • le déambulatoire
  • le chœur
  • les bras du transept
  • le « massif barlong » (voir ci-dessous)
  • le clocher octogonal

Des cinq églises auvergnates dites majeures, l'abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire est celle qui possède le chevet le plus imposant, car elle est la seule à posséder une chapelle axiale rectangulaire en plus des chapelles rayonnantes.

La silhouette caractéristique et l'élan vertical des chevets romans auvergnats sont dus au « massif barlong », ce parallélépipède allongé transversalement qui surmonte la croisée du transept et est couronné par le clocher. L'élévation progressive des volumes est encore accentuée par les deux toits en appentis[2] du « massif barlong », qui encadrent la naissance du clocher.

Décoration extérieure[modifier | modifier le code]

La décoration du chevet
Façade méridionale et clocher

Le chevet possède une décoration remarquable par son abondance et sa polychromie, obtenue par l'utilisation de basalte.

Le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, tous couverts de tuiles, possèdent une corniche largement débordante ornée d'une frise en damier et soutenue par des modillons à copeaux.

Sous la corniche du chœur se déploie une mosaïque polychrome de triangles et de rosaces réalisée en basalte. Sous ces mosaïques, les fenêtres du chœur alternent avec des loges rectangulaires abritant chacune trois colonnettes.

Les chapelles rayonnantes et la chapelle axiale sont ornées des signes du zodiaque, symboles, à l'époque, de l'ordre et de la complexité de l'univers[1] et de mosaïques faites de motifs géométriques en basalte.

Les arcs des fenêtres du déambulatoire et des chapelles sont bordés d'un cordon de billettes tandis que l'arc de la fenêtre de la chapelle axiale est orné de claveaux polychromes et surmonté d'un décor de baguettes.

Chacune des chapelles rayonnantes est adossée à un pignon, surmonté d'un fronton triangulaire, bordé d'un cordon de billettes et couronné d'une croix de pierre faisant office d'antéfixe[4].

On retrouve des ornements similaires sur le massif barlong, les bras du transept, le clocher et les façades de la nef : claveaux polychromes, cordons de billettes, frises de damier, mosaïques de basalte, décor de baguettes...

Façades latérales[modifier | modifier le code]

La structure des façades latérales de la nef est en tout point semblable à ce que l'on peut observer à la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand et à l'église de Saint-Nectaire : les fenêtres des façades latérales de la nef, bordées d'un cordon de billettes, sont logées sous de grands arcs de raidissement[5] surmontés de triplets de baies aveugles.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Le chapiteau de la dernière Cène

L'intérieur surprend le visiteur par sa polychromie du XIIIe siècle, restituée par les travaux de restauration effectués entre 1857 et 1859[1]. Ces peintures sont d'esprit roman et ont été réalisée selon la technique de la fresque (a fresco), ce qui est assez rare en France où la technique "a secco" était la plus courante, et qui pourrait suggérer des "origines méridionales, voire italiennes des exécutants de ce décor"[6]. Entre autres scènes: Ève fuyant le jardin d'Eden.

Le chœur est entouré de huit colonnes couronnées de chapiteaux historiés supportant des arcs surhaussés surmontés d'une deuxième série de baies.

Le chapiteau le plus connu est celui de la dernière Cène (deuxième à gauche), reconnaissable à la nappe qui entoure la corbeille du chapiteau.

Chapiteau représentant la Cène

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f L'art roman dans le Puy-de-Dôme, brochure éditée par le Conseil général du Puy-de-Dôme, p.6-7
  2. a et b Rolf Toman, Espéraza Birgit Beyer, Angelika Gundermann, L'art roman, éditions Könemann, 1997, p.150
  3. « Notice no PA00092139 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Il faut remarquer que ces pignons sont présents à Issoire et Saint-Nectaire, mais pas à Orcival
  5. Dr P. Balme, L'art roman en Auvergne, Imprimerie G. de Bussac, Clermont-Ferrand, 1957, p.13
  6. Yves Morvan, Les peintures de la salle capitulaire d'Issoire, Revue d'Auvergne,Volume 106,Numéro 3.1992

Liens externes[modifier | modifier le code]