Église Saint-Éloi (Île de la Cité)

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Église Saint-Éloi
Façade de l'ancienne église déplacée et remaniée en 1863 devant l'église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Façade de l'ancienne église déplacée et remaniée en 1863 devant l'église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
Présentation
Nom local Église des Barnabites
Culte Catholique romain
Rattachement Archidiocèse de Paris
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville 4e arrondissement de Paris
Coordonnées 48° 51′ 18″ nord, 2° 20′ 47″ est
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Église Saint-Éloi
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Église Saint-Éloi
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Église Saint-Éloi

L’église Saint-Éloi, église des Barnabites ou église Saint-Martial, est une ancienne église conventuelle à Paris. Elle était située sur l'île de la Cité, à un emplacement aujourd'hui occupé par les bâtiments de la Préfecture de police de Paris, 2 rue de Lutèce.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les traces d'occupation du site les plus anciennes remontent à la période romaine (Ier siècle av. J.-C.). Une abbaye de femmes fut fondée en 635 par saint Éloi, ministre du roi Dagobert Ier, à l'emplacement de ce qui deviendra au XVIIIe siècle la rue Saint Éloi. Cette abbaye était consacrée à Saint-Martial de Limoges. Les moniales furent dispersées en 1107 pour inconduite[Note 1] et remplacées en 1134 par des moines rattachés à l'abbaye de Saint-Maur[1]. L'église du couvent fut démembrée en deux parties séparées par une ruelle (ancienne rue Saint Éloi ?) : la nef est reconstruite et affectée aux religieux bénédictins de Saint-Maur, le chœur devenant l'église paroissiale Saint-Martial[2]. Cet édifice d'une nef unique sans transept fut complété d'un chœur en abside reconstruit sous Henri III.

Le couvent possédait, outre une petite censive autour du cloître dans l'Île de Cité, d'un fief autour de la rue Saint-Antoine comprenant, dans un quadrilatère entre les actuelles rues Saint-Paul, Neuve Saint-Pierre et de l'hôtel Saint-Paul, une grange et une prison signe de son pouvoir judiciaire. Il fut rattaché en 1533 au domaine de l'évêque de Paris qui était à cette date abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Maur[3].

L'archevêque de Paris céda en 1631 le couvent en ruine et abandonné à l'ordre des Barnabites établis en France depuis 1622 grâce à la protection de Marie de Médicis. Les Barnabites s'engageaient à restaurer l'église et à reconstruire le couvent. L'architecte Jean-Sylvain Cartaud construisit une façade en 1705. Ce portail enclavé dans une cour entre des maisons particulières était peu visible par manque de recul[4]..

Le , dom Eusèbe de Lagarde, prieur, déclare les biens et revenus du monastère conformément à la loi de confiscation des biens du clergé. À cette date, le couvent comptait encore 10 religieux prêtres et 5 convers [5].

En 1791, cette église conventuelle est transformée en atelier de fonderie monétaire et abrita ensuite les archives de la Cour des comptes[6]. La vue de sa façade est dégagée par les travaux d'urbanisme de la première moitié du XIXe siècle

Elle est détruite en 1858 au moment du réaménagement de l'île de la Cité par le baron Haussmann pour le percement du boulevard du Palais. À cette date, elle était la seule ancienne église encore en place dans la Cité en dehors de Notre-Dame. Un immeuble haussmannien s'élève à son emplacement.

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Sa façade de 1705 a été remontée en 1863 devant l'actuelle église Notre-Dame-des-Blancs-Manteauxpar Victor Baltard avec d'importants remaniements, notamment élargissement pour l'adapter à la nef de cette église et de nouvelles volutes plus épaisses[7].

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Une opération d'archéologie préventive menée par l'Inrap en 2013 à l'occasion de l'édification d'une nouvelle salle pour l'accueil du public a permis d'en mettre au jour quelques vestiges, parmi d'autres remontant notamment à la période gallo-romaine. La partie fouillée comprend l'extrémité de la nef et le début du chœur, le reste se trouvant encore sous les bâtiments de la préfecture, du côté du boulevard du Palais. Une petite partie du cloître, située immédiatement au sud, a été dégagée. Il servait de cimetière : on y a découvert des sépultures médiévales et au moins une pierre tombale.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses du Moyen Âge à la Révolution, Plon, , p. 15
  2. Xaver Dectot, Autour de Notre-Dame de Paris. Chapitre Saint-Martial, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, , 296 p. (ISBN 2-913246-47-8), p. 129
  3. Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses du Moyen Âge à la Révolution, Plon, , p. 15-20
  4. Alexandre Gady, Autour de Notre-Dame de Paris. Chapitre Les Barnabites de Cartaud, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, , 296 p. (ISBN 2-913246-47-8), p. 195
  5. Abbé Delarc, L'Église de Paris pendant la Révolution Française, 1789-1801, Paris, Desclées de Brouwer, s. d. (ca 1900), t. 1, chapitre VII, p. 207-208. Consulter en ligne.
  6. Médaille portée par les ouvriers, Département des médailles de la Bibliothèque nationale de France.
  7. Alexandre Gady, Autour de Notre-Dame de Paris. Chapitre Les Barnabites de Cartaud, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, , 296 p. (ISBN 2-913246-47-8), p. 196

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La charte de 1107 exprime la nature des désordres reprochés : « diabilico instinctu, fragilis ille sexus ad tantam turpidinis prolapsus est miseriam ut […] proposito religionis penitus ajecto, templum Dei speluncam fornicacionis effecerit »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]