Église Notre-Dame de Dives-sur-Mer

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Église Notre-Dame de Dives-sur-Mer
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L'église Notre-Dame est une église catholique située à Dives-sur-Mer, en France. Elle a été le lieu d'un pèlerinage important qui a duré essentiellement jusqu'aux guerres de religion et la destruction d'un objet soumis à la dévotion des fidèles, un Christ Saint-Sauveur trouvé selon la tradition au XIe siècle par des pêcheurs ; le pèlerinage a repris après jusqu'à la Révolution française.

Si l'édifice actuel conserve des éléments datés du XIe siècle et a subi au fil des siècles des prédations, il est en relatif bon état du fait de campagnes de restaurations successives dont la dernière en cours date du début du XXIe siècle. C'est « le monument le plus remarquable de Dives » selon Arcisse de Caumont[C 1].

Elle fait l'objet d'un classement depuis 1888[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français du Calvados, sur la commune de Dives-sur-Mer.

Historique[modifier | modifier le code]

De l'origine au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le site possédait un lieu de culte depuis au moins l'époque carolingienne voire dès le VIe siècle et VIIe siècle[A 1].

Les pêcheurs découvrent la statue du Christ Saint-Sauveur le 6 avril 1001 selon la date traditionnelle. Le culte est cependant plus récent[A 2]. La croix est découverte trois ans après dans la mer[D 1]. La statue aurait été l'objet d'un litige entre Dives et Cabourg[D 2].

L'édifice est cité dans un texte du duc Richard II daté de 1025[A 3].

Les parties les plus anciennes de l'édifice actuel datent du XIe siècle sans qu'on connaisse quand fut posée la première pierre, sans doute avant[A 4]. Un charte d'Odon datée de 1079-1083 qualifie l'édifice de « vieille chapelle »[A 5]. La tradition attribue la construction à Guillaume le Conquérant, dès 1067[D 3].

On connaît une charte de Guillaume de Breteuil de la fin du XIe siècle dans laquelle le donateur accorde à l'abbaye de Troarn un terrain pour étendre l'église. L'agrandissement de l'édifice daterait de cette époque, la fin du XIe siècle et le début du XIIe siècle[A 5].

Après la conquête de l'Angleterre le fief de Dives fait partie de l'abbaye aux Hommes de Caen dont les droits sont partagés à partir de 1066 avec l'abbaye Saint-Martin de Troarn[A 6]. Les droits de l'abbaye caennaise sont confirmés entre 1066 et 1077[A 3]. Le partage entre les deux abbayes est confirmé par Odon entre 1079 et 1083, comme haut dignitaire du duché et non comme évêque[A 7]. L'abbaye aux Dames possédait la dîme de Dives[A 8]. L'abbé de Caen, y perçoit la dîme, les droits de péage des baleines capturées et les droits sur le sel produit[A 8]. L'abbaye de Saint-Martin de Troarn possède les droits relevant de l'église de Dives, le droit de nommer à la cure[A 9].

Au XIIe siècle, et à une date précise inconnue[A 5] fut fondé un prieuré dont on ignore l'emplacement. L'abbé Bourdier en 1908 évoque une période entre 1179 et 1203[D 4]. L'agrandissement de style roman de l'église pourrait dater de cette période.

L'agrandissement se poursuit aux XIVe et XVe siècles en style gothique rayonnant[D 1], en particulier dans la nef[A 10]. La reconstruction de l'édifice a débuté du chœur et jusqu'aux deux premières travées de la nef[C 1]. La statue du Saint-Sauveur est déposée dans une chapelle haute et surveillée par trois moines disposant de chambres[D 5],[D 6]. La Guerre de Cent Ans entraîne de graves prédations dans l'église qui est « dévastée »[D 3]. Des travaux ont lieu également au XVIe siècle[D 1]. La chapelle haute est encore signalée au début du XVIIIe siècle[D 7].

Elle a été le lieu d'un pèlerinage, ayant lieu deux fois l'an, après la Pentecôte et au mois d'août concernant la légende du Christ Saint-Sauveur. Les pèlerins pénétrant par un portail lisaient la légende du Christ Saint-Sauveur dans les clefs de voûte historiées. La destruction de la statue du Christ Saint-Sauveur est attribuée aux huguenots de l'amiral de Coligny en 1562[D 5]. Celle que l'on voit aujourd'hui est une copie du XVIIe siècle, déposée dans le transept nord[D 5]. Une autre statue a été offerte à l'édifice en 2001[A 11].

Depuis le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gravure de l'église au temps d'Arcisse de Caumont.

La statue du Saint-Sauveur est cachée par un habitant pendant la Révolution française. Le pèlerinage s'arrête[D 5].

Des travaux de restauration sont recensés depuis 1842 et se sont poursuivis jusqu'à la fin du XXe siècle. Des travaux sont également menés par la municipalité depuis le début du XXIe siècle[A 1]. L'église fait l'objet depuis les années 1990 d'une importante campagne de travaux de restauration. Une nouvelle campagne s'est déroulée en 2012.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques le [1],[A 12].

Description[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Dives église plan Statistique monumentale

Cette église comprend des éléments de style roman du XIe siècle, avec chapiteaux à entrelacs au niveau de la croisée du transept de la partie pré-romane. Agrandie au XIIe siècle, puis en gothique flamboyant aux XIVe et XVe siècles pour le transept et l'abside. C'est au cours de la reconstruction du XIVe siècle que le chœur à bas-côtés, le transept et la partie haute de la tour carrée, ainsi que la travée orientale furent réalisés.

Les quatre premières travées de la nef furent achevées à la fin du XVe siècle, ainsi que leurs bas-côtés et les chapelles latérales, les deux porches latéraux et la tourelle d'escalier. La tour carrée servait, pendant la guerre de Cent Ans, de guet. Le chemin des gargouilles était autrefois protégé par une balustrade reliant les clochetons entre eux.

Deux porches latéraux situés l'un en face de l'autre permettaient « l'entrée et la sortie des fidèles ». La porte occidentale est « un véritable chef-d’œuvre de sculpture » et était munie d'un porche qui a disparu[C 2].

Le chartrier était conservé au-dessus du porche méridional et le porche nord abritait les chambres des moines et la chapelle haute. Est conservée une cheminée[D 8],[C 3]. Le jubé ou la chapelle haute était située sur « les deux travées qui précèdent le transept »[C 4], la quatrième travée de la nef[C 3]. Sur une des arcades était racontée l'histoire de la statue du Christ Saint-Sauveur, sur une autre était gravé un bateau comportant des marins, une autre portant une « figure de St-Sauveur en croix en relief » et une quatrième une scène de construction avec des charpentiers[C 5].

À noter également le Trou à lépreux consistant en une ouverture extérieure, permettant aux lépreux d'assister à l'office depuis l'extérieur. Il témoigne de l'existence d'une maladrerie à Dives, citée en 1475, peut-être située le long du cimetière mais dépourvue de chapelle[D 9]. La léproserie de Dives et ses biens sont donnés à l'hôpital de Pont-l'Evêque en 1696[D 10].

  • Gargouilles dont une à tête humaine datée du XVe siècle[D 11]
  • Cadran solaire
  • marmousets (l'admiration, le doute, l'ennui)[D 11]

Graffiti[modifier | modifier le code]

La particularité de cet édifice religieux tient dans ses très nombreux — plus de 400[A 10] — graffiti marins, ses sculptures de monstres marins et ses ex-votos d'embarcations, datés du XVe siècle au XXe siècle[A 10].

Les graffiti sont présents essentiellement sur la façade sud, sur le clocher et la tour sud-ouest[A 10].

Ils représentent des bateaux, des personnages, des objets et parfois des inscriptions les accompagnent[A 10]. Ils ont fait l'objet d'un recensement par un archéologue, Vincent Carpentier, publié dans un ouvrage en 2011. Beaucoup de graffiti ont un caractère religieux, les apparentant à des ex-votos[A 10].

Les graffiti sont fragiles et peu protégés en dépit du fait qu'il s'agit d'un « authentique héritage d'une communauté qui, pratiquante ou non, organise toujours autour du sanctuaire paroissial les grands événements de sa vie sociale ou culturelle »[A 13]. Les graffiti sont menacés tant par l'usure des pierres que par les campagnes de restauration des édifices[A 14], en dépit de leur valeur documentaire[A 15]. La proximité de la mer, « univers de danger permanent », a entraîné ces témoignages dont les avatars les plus connus sont les maquettes déposées dans les chapelles des marins[A 16].

Mobilier[modifier | modifier le code]

Au-dessus de la porte d'entrée figure une liste de 475 noms des compagnons de Guillaume le Conquérant, placée par l'historien et archéologue Arcisse de Caumont en 1862[D 12]. L'inauguration de la dalle de 24 m2 a eu lieu le 17 août 1862[D 13].

L'église conserve un lutrin du XVIIIe siècle[D 14]. En outre :

  • retable sud, la Pentecôte
  • Sainte Anne et Marie
  • Anges adorateurs
  • Piéta de 1877
  • Vierge polychrome
  • Baptème du Christ
  • Extase de Sainte Thérèse d'Avila[D 14].

Arcisse de Caumont signale un tableau « d'exécution grossière » représentant la découverte du Saint-Sauveur, et des inscriptions situées près de l'autel[C 6]. Il signale également des pierres tombales[C 3] qui n'existent plus dans l'édifice.

L'édifice conserve trois cloches, datées de 1772 (Marie-Jeanne), 1853 (Marie) et 1891(Marie-Georgina)[D 15]. Arcisse de Caumont signale quatre cloches dont l'une provenait de Trousseauville, deux de 1772 dont Marie-Jeanne et une datée 1676[C 7].

Vitraux[modifier | modifier le code]

Les plus anciens sont Les Anges musiciens, offerts par l'évêque de Lisieux Guy d'Harcourt au XIVe siècle. Déposés lors de travaux dans la verrière de l'édifice, les vitraux intègrent les collections du propriétaire du Village Guillaume le Conquérant. On perd la trace du vitrail bien qu'il soit classé au titre d'objet depuis 1888. Il est retrouvé à la fin du XXe siècle. Ces vitraux sont désormais visibles à l'office de Tourisme de Dives-sur-mer. 8 anges musiciens sont conservés, sur 10 décrits au XIXe siècle. Le vitrail était situé sur la fenêtre du chevet, dans sa « partie supérieure »[C 8]. La même fenêtre conservait des scènes avec « l'agneau, le pélican, et plusieurs scènes de la chute de l'homme » et également « plusieurs saints et des donateurs », le milieu comportant « une clef d'argent sur un fond de gueules à deux fasces d'or »[C 8].

Des vitraux réalisés par Duhamel-Marette ont été mis en place dans la grande verrière en 1875. Le vitrail de La pêche du Christ et le Jugement est placé en 1880[D 12].

  • Rosace du transept sud, médaillon de la Vierge et Saint Dominique[D 16],
  • Vitrail de la Vierge,
  • Vitrail Saint Pierre,
  • Vitrail de Jean-Baptiste,
  • Vitrail du Christ Saint Sauveur[D 17]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • L'église de Dives et ses graffiti marins
  1. a et b Carpentier 2011, p. 25.
  2. Carpentier 2011, p. 25-26.
  3. a et b Carpentier 2011, p. 26.
  4. Carpentier 2011, p. 24-25.
  5. a b et c Carpentier 2011, p. 31.
  6. Carpentier 2011, p. 26-27.
  7. Carpentier 2011, p. 28-29.
  8. a et b Carpentier 2011, p. 29.
  9. Carpentier 2011, p. 30.
  10. a b c d e et f Carpentier 2011, p. 6.
  11. Carpentier 2011, p. 5.
  12. Carpentier 2011, p. 24.
  13. Carpentier 2011, p. 10-11.
  14. Carpentier 2011, p. 21.
  15. Carpentier 2011, p. 11-12.
  16. Carpentier 2011, p. 12-13.
  • Statistique monumentale du Calvados
  1. a et b de Caumont 1862, p. 5.
  2. de Caumont 1862, p. 5-8.
  3. a b et c de Caumont 1862, p. 12.
  4. de Caumont 1862, p. 11.
  5. de Caumont 1862, p. 11-12.
  6. de Caumont 1862, p. 8-10.
  7. de Caumont 1862, p. 14.
  8. a et b de Caumont 1862, p. 8.
  • Vitraux de Dives-sur-Mer
  • Église Notre-Dame Dives-sur-Mer

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. 4 : Arrondissement de Pont-l'Évêque, Caen, Hardel, (lire en ligne), p. 5-14. 
  • Vincent Carpentier, L'église de Dives et ses graffiti marins, Caen, Éditions Cahiers du temps, (ISBN 2 355070393)
  • Francis Salet, « Vitraux de Dives-sur-Mer », Bulletin Monumental, t. 145, no 1,‎ , p. 124 (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2020).
  • Association de sauvegarde de l'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer, Église Notre-Dame Dives-sur-Mer, Dives-sur-Mer, .