Église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy
| Type | |
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| Fondation | |
| Diocèse | |
| Paroisse |
Paroisse Saint-François-d'Assise-en-Vallée-d'Arve (d) |
| Dédicataire |
Notre Dame des Grâces (en) |
| Style | |
| Architecte | |
| Créateurs |
Jean Bazaine (peinture), Pierre Bonnard (peinture), Georges Braque (peinture), Marc Chagall (peinture), Ladislas Kijno (peinture), Fernand Léger (façade), Jean Lurçat (tapisserie), Henri Matisse (peinture), Germaine Richier (sculpture), Georges Rouault (peinture), Chaim Jacob Lipchitz (sculpture), Marguerite Huré (verrière), Théodore Strawinsky (mosaïque), Carlo Sergio Signori (d) (sculpture), Adeline Hébert-Stevens (d) (verrière) |
| Construction |
- |
| Consécration | |
| Religion | |
| Patrimonialité |
| Adresse | |
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| Altitude |
1 000 m |
| Coordonnées |
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Notre-Dame-de-Toute-Grâce est une église catholique construite dans la première moitié du XXe siècle, de 1937 à 1946, sur le plateau d'Assy, à exactement 1 000 mètres d'altitude, face à la chaîne du Mont Blanc, sur le territoire de la commune de Passy (Haute-Savoie), à l'initiative du chanoine Jean Devémy (1896-1981), par l'architecte savoyard Maurice Novarina. L'église est dédicacée à Notre-Dame de Grâce (it).
Elle doit sa célébrité à sa décoration, réalisée par les plus grands artistes de l'époque. Elle est considérée comme l’un des édifices majeurs du renouveau de l'art sacré au XXe siècle. Au moment de sa consécration, en 1950, cette église résolument tournée vers l'art moderne choqua une partie traditionaliste du clergé français, accoutumée à plus de classicisme.
Depuis le , Notre-Dame-de-Toute-Grâce est classée au titre des monuments historiques[1].

Situation
[modifier | modifier le code]L'église est située sur une petite place du plateau d'Assy, près de la rue de l'Église, et en contrebas de la route du docteur Paul-Émile Davy.
Historique
[modifier | modifier le code]Avant la Seconde Guerre mondiale, le plateau d'Assy est une station sanatoriale réputée, qui accueille les malades atteints de la tuberculose. On y compte alors une vingtaine d'établissements de soins (sanatoriums). Certains ont une petite chapelle ; dans les autres, les malades sont visités par des aumôniers. Mais, dans ce lieu isolé, il n'y a pas d'église.
Dès 1935, le chanoine Devémy, aumônier du sanatorium de Sancellemoz, pense à bâtir une église pour les malades et le personnel sédentaire du plateau d'Assy[2]. Il décide, après accord de Florent du Bois de la Villerabel, évêque d’Annecy, de lancer un concours d'architectes qui a lieu en 1937, et au terme duquel il confie la réalisation de l'église au jeune architecte savoyard Maurice Novarina, qui s'engage dans l'édification d'une église, sans prétention[2]. Pour la construction, il décide d'utiliser les matériaux de la région : une pierre du pays (une carrière est ouverte à cet effet), le bois et l'ardoise. Les travaux sont confiés à des entreprises régionales. Ils commencent en 1938 et sont terminés, pour le gros œuvre, avant la déclaration de guerre.
Alors que l'église sort de terre, le chanoine Devémy a envie de la décorer. Il veut trouver, pour « son » église, un petit « bijou ». Ami de l'artiste et père dominicain Marie-Alain Couturier, il est invité par celui-ci à Paris pour visiter une exposition. Il tombe en arrêt devant un vitrail de Rouault, représentant un Christ de la Passion. Il rentre à Assy, regarde les mesures des fenêtres de son église : l'œuvre de Rouault s'enchâsse exactement dans les cadres de pierre ! C'est, dit-il, « le miracle d'Assy ».
En 1941, l'église est bénie et la crypte ouverte au culte.
Description
[modifier | modifier le code]L'architecture
[modifier | modifier le code]Maurice Novarina a construit l'église en pierre verte du pays, le grès de Taveyannaz, conçue à l’image des robustes chalets savoyards[3]. Enveloppé d'un toit à double pan capable de supporter de lourdes charges de neige, dans une région où celle-ci est particulièrement abondante, l'édifice est solidement ancré au sol.
L'église, cette arche immobile, est surmontée d'un clocher massif de vingt-huit mètres de haut, dont la verticale contrôlée lui permet de s'insérer sans heurt dans la tectonique du paysage, relançant et allégeant la structure. Par ailleurs, huit piliers massifs soutiennent un auvent profond de cinq mètres. L’intérieur ressemble à une chapelle romane, avec une nef flanquée de deux bas-côtés. Le chœur, en hémicycle à piliers de granit[3], est entouré d’un déambulatoire et surplombe la crypte. Les différents volumes sont séparés par des arcades en plein cintre montées sur des piliers monolithes.
La décoration de l'église : un véritable manifeste d'art moderne
[modifier | modifier le code]Ce qui a fait la notoriété internationale de Notre-Dame-de-Toute-Grâce, c'est sa décoration confiée par l'abbé Devémy aux plus grands maîtres de la première moitié du XXe siècle[3]. De ce fait, l'humble église de montagne s'est transformée en un véritable manifeste des mouvements artistiques de cette époque, marquant un renouveau de l’art sacré.
La décoration est l’œuvre d’une constellation d’interventions artistiques sous l'impulsion des Dominicains (notamment le père Marie-Alain Couturier) qui encouragent le renouveau de l'art religieux en France au tournant des années 1950. De nombreux artistes de la modernité participent à l'élaboration de ce projet dont la cohérence du programme n’est pas stylistique mais intentionnelle, cette effervescence souligne une grande liberté d’esprit et un bouillonnement artistique et spirituel porteur d’un élan nouveau.
Par un jeu d'amitiés sincères, l'abbé Devemy contacte, grâce à son amitié avec le père Couturier, les artistes les plus importants de l'époque, qui acceptent tous de collaborer au projet[3] avec enthousiasme. Parmi ceux-ci, Georges Rouault, Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat, Odette Ducarre, Germaine Richier, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz, Marc Chagall, Jean Constant Demaison, Ladislas Kijno, Claude Mary, Carlo Sergio Signori, Théodore Strawinsky... - vinrent signer peintures, sculptures, tapisserie, vitraux, céramiques, mosaïques, pièces d'ameublement et objets de culte.
Les artistes ont été choisis pour leurs qualités artistiques et non pour leur engagement religieux, ce qui provoqua une vive polémique (la «querelle de l’art sacré»). En effet, le père dominicain Marie-Alain Couturier est partisan de faire appel aux plus grands acteurs de la modernité et il énonce une théorie dans une revue L'Art Sacré : « […] C'est cette idée très simple que pour garder en vie l'art chrétien, il faut, à chaque génération, faire appel aux maîtres de l'art vivant. Aujourd'hui comme autrefois, et pour l’art religieux comme pour l'art profane : car l’art ne vit que de ses maîtres vivants. »[4] Pour Couturier, « rien de naît ou ne renaît que de la vie »[4] et à Assy il souhaite écarter tout ce qui est académique (référence à l'art dit Sulpicien).
Citation du père Couturier sur le projet de l'église d'Assy :
« L’église d'Assy n'est pas un chef-d'œuvre. Elle est loin d'être sans défaut […] on eût aimé plus de rigueur et d’unité […] Mais si c'était à recommencer… Eh bien ! On irait encore plus loin. On serait encore plus absolus, plus durs mais ce serait toujours dans la même direction. Sans regrets. Sans l'ombre d'une hésitation. »[4]
Des artistes de la modernité, d’horizons divers et variés, collaborent pour la réalisation d’une œuvre religieuse qui s’inscrit dans l’art de son temps : l’art vivant.
Dans une conférence qu'il prononça en 1996 devant l'Académie des beaux-arts, l'architecte Maurice Novarina évoqua l'admiration et la reconnaissance qu'il portait à tous les artistes qui acceptèrent de collaborer à cette «épopée architecturale»:
- « Il s'agissait des plus grands noms du moment, tous habitués à des actions personnelles. Aucun n'a hésité à porter son talent dans le cadre unique de cette église répondant à un programme religieux précis, quelle que soit sa confession.»
Le programme décoratif
[modifier | modifier le code]La façade : mosaïque
[modifier | modifier le code]- Fernand Léger (1881-1955)
Litanies de la Vierge (mosaïque du fronton extérieur de l'église)
Citation de Maurice Novarina : À Fernand Léger est confiée la décoration du mur derrière les colonnes du porche de l'église. C'est une immense mosaïque réalisée par Gaudin. "C'est - écrit Bernard Dorival - une œuvre magistrale de couleurs et de richesse, d'une monumentalité qui prouvait, sans nul doute possible, que l'artiste avait trouvé là son domaine et qu'il était qualifié pour se mesurer avec ce vaste mur." Les lourdes colonnes de [grès] vert, par un contraste calculé, servent à faire valoir en contrepoint l'admirable mosaïque de Fernand Léger qui réchauffe, éclaire et fait rayonner la façade. Fernand Léger a ajouté de la beauté à l'un des plus beaux paysages du monde, tout en s'accordant avec son caractère. Quand Léger est arrivé un beau matin sur le terre-plein devant son œuvre magistrale qui venait de se terminer, j'étais à ses côtés et je le tenais par le bras. Tout à coup, je l'ai senti vaciller et il m'a serré fortement la main. Son émotion était grande, il avait des larmes dans les yeux. Cet homme, d'aspect rude comme un rocher, était d'une grande sensibilité. Je me suis permis de lui dire : "Maître, vous êtes touché par la Grâce !" Un peu bougon et plein de pudeur, il s'est penché brusquement vers moi et m'a dit quelques mots émouvants. La lumière était en lui[5]. »
À l'intérieur de l'église
[modifier | modifier le code]La décoration de l'intérieur de l'église :
[modifier | modifier le code]Tapisserie
[modifier | modifier le code]- Jean Lurçat 1892-1966 (située dans le chœur)
Lorsque nous franchissions le seuil de l'église, nous apercevons dans le chœur une immense tapisserie consacrée à la Vierge Marie réalisée par Jean Lurçat. L’Apocalypse, la Femme et le Dragon est commandée par le père Couturier à Jean Lurçat ; en 1944, l’artiste accepte de participer au projet d’Assy et il dessine les cartons d’une tenture exécutée pour le chœur entre 1947 et 1950. La réalisation de cette tapisserie est une prouesse technique, son iconographie illustre très explicitement un passage de l’Apocalypse[6] et Lurçat figure avec lisibilité et humanité la lutte et le triomphe du bien contre la puissance du mal.
Citation de Maurice Novarina :
- « En pénétrant dans la nef, nous sommes saisis et fascinés par la tapisserie de Lurçat. Œuvre de visionnaire, qui tourbillonne dans un flamboiement de formes exubérantes de noir, de blanc, de couleurs alternées. Cette tapisserie monumentale, au caractère tourmenté, digne des plus belles fresques romanes, est un spectacle saisissant. Lurçat m'a dit, il y a longtemps : "J'ai bataillé durant trente ans pour rendre à la laine sa franchise."[5]
Les vitraux
[modifier | modifier le code]En juin 1939, M.-A. Couturier invite l’abbé Devémy à Paris pour visiter l’exposition de « Vitraux et tapisseries modernes » organisée au Petit Palais par Jean Hébert-Stevens ; pour la première fois des œuvres religieuses « voisinaient fraternellement avec des œuvresprofanes signées de Braque, Picasso, Léger et Lurçat »[4]. Cette manifestation culturelle au cœur de la modernité est peut-être le point d’ouverture des commandes qui allaient donner tout son prix et son sens à cette église de montagne. Il y figurait notamment les trois vitraux de Rouault exécutés par le verrier Hébert-Stevens et parmi lesquels le chanoine Devémy projette la première œuvre qui est installée à Assy en 1940 et dont les dimensions s’enchâssent parfaitement dans l’emplacement archi-tectural prévu : c’est le « miracle d’Assy ». La pose de ce vitrail est symbolique, il s’agit à la fois de l’acte fondateur du projet décoratif mais aussi de la première intégration d’une œuvre conçue par Rouault, artiste moderne, dans une église.
- Georges Rouault (1871-1958)
Trois vitraux commandés à Rouault :
- Flagellation
- Christ des douleurs
- Bouquet de fleurs
Citation de Maurice Novarina :
- « En liaison avec le Christ des douleurs, Georges Rouault conçut les vitraux qui garnissent les fenêtres inférieures de la façade. Deux de ces vitraux sont consacrés aux scènes de la Passion. Dans la chapelle des Morts, sainte Véronique, mélange extraordinaire de pureté et de grâce mystique. On remarque, avec une certaine perplexité, les deux "vitraux aux fleurs", qui prolongent, de part et d'autre de l'entrée, les deux attitudes du Christ souffrant. Chaque bouquet est souligné par ces quelques notes qui déconcertent : à gauche, "il a été maltraité et opprimé" et, à droite, "il n'a pas ouvert la bouche". Mots tirés du prophète Isaïe et qui nous reportent manifestement à la Passion. C'est le thème des cinq vitraux de Rouault et c'est, en même temps, leur unité à travers la trilogie verbale de la Passion, de la souffrance et de la maladie. Pouvait-on mieux qu'au plateau d'Assy, lieu d'attente de la santé, associer la souffrance sous les traits du Christ des douleurs, et l'espoir sous la forme fleurie qui l'évoque ? Je rappelle que Rouault, à qui nous avions proposé cette réalisation, nous avait dit toute sa joie ; mais il avait ajouté : "Pourquoi avez-vous attendu que je sois si près de mon dernier voyage pour me confier cette œuvre importante ?"[5]
- Jean Bazaine (1904-2001)
- «Au-dessus de l'entrée, les vitraux de Bazaine, au niveau de la tribune, sont d'une toute autre nature. Dans l'alternance des jaunes et des bleus, passe un grand flot de lumière victorieuse et d'invincible espérance[5]
- Paul Berçot (1898-1970)
Saint Vincent de Paul et Saint François d'Assise (vitraux des bas-côtés)
- Maurice Brianchon (1899-1979)
Saint Louis et Sainte Jeanne-d'Arc (vitraux des bas-côtés)
- Marie-Alain Couturier (1897-1954)
L'Archange Raphaël et Sainte Thérèse de Lisieux (vitraux des bas-côtés)
- Adeline Hébert-Stevens (1917-1999)
Notre-Dame des Sept Douleurs (vitrail des bas-côtés)
La peinture
[modifier | modifier le code]- Pierre Bonnard (1867-1947)
Saint François de Sales
Citation de Maurice Novarina :
- « Nous retrouvons, ici, les nuances légères, les accords mineurs si chers au cœur de Bonnard. Cependant, la perfection de cette toile mauve, flottant sur des lointains bleutés et des ciels orangés, n'apparaît pas à un regard inattentif ; il faut y adhérer avec une sympathie personnelle qui reçoit immédiatement sa réponse. Pour cette œuvre exécutée quelques mois avant sa mort, Bonnard s'était préalablement beaucoup intéressé à la vie de saint François de Sales, ce grand docteur de l'Église, évêque de Genève. Après de longues recherches et de longues études, son œuvre fut d'abord exposée à Paris, à la Galerie Maeght. Malgré son état maladif et son éloignement de Paris, Bonnard se souvint qu'il avait oublié l'auréole dans le portrait de ce grand saint. Il se déplaça, revint spécialement à Paris pour réaliser cette auréole... et il dit ensuite à son entourage : "Maintenant, vraiment, je peux m'en aller !"[5] »
La céramique
[modifier | modifier le code]- Marc Chagall (1887-1985) Marc Chagall se consacre à la réalisation du baptistère. L'origine de cette participation remonte à la rencontre de Couturier pendant leur exil respectif à New-York. Passage de la mer Rouge (céramique)
- Citation de Maurice Novarina : « Les fonts baptismaux, situés sous le clocher, ont été décorés par Chagall, qui a donné libre cours à son inspiration en exécutant cette céramique sur des thèmes bibliques qui lui sont familiers. Nous devons aussi à Chagall deux bas-reliefs en marbre blanc et deux vitraux aux teintes douces, destinés à matérialiser les rites et les symboles du baptême[5]. »
- Henri Matisse (1869-1964) La céramique de Matisse est située au niveau de l'autel à gauche de la nef, en pendant du tableau de Bonnard et elle représente Saint Dominique. Depuis 1949, Matisse est engagé sur un autre projet décoratif religieux soutenu par le père Couturier, celui de la Chapelle du Rosaire à Vence[7] Saint Dominique (céramique)
- Citation de Maurice Novarina :
- « Au-dessus de l'autel Nord , une céramique de Matisse représente saint Dominique, patron des Dominicains. André Chastel reconnaît dans cette œuvre « une écriture simple et grave[5].
Sculpture
[modifier | modifier le code]- Jean Constant-Demaison (1911-1999)
Moïse et Isaïe, les quatre Évangélistes, Saint Bernard de Clairvaux et Irénée de Lyon (Sculptures de la charpente en bois)
- Jacques Lipchitz (1891-1973)
Notre-Dame-de-Liesse (sculpture)
- Citation de Maurice Novarina : « À droite du porche de l'église, près des confessionnaux, une très belle sculpture de Lipchitz marque l'entrée des fonts baptismaux. L'artiste a signé son travail par ces paroles émouvantes : "Jacob Lipchitz, juif fidèle à la foi de ses ancêtres, a fait cette Vierge pour la bonne entente des hommes sur la terre afin que l'Esprit règne."[5]
- Germaine Richier (1904-1959) :
Christ en croix (sculpture)
- Citation de Maurice Novarina : « Germaine Richier a exécuté un Christ extraordinaire. Elle lui a donné une autre expression que celle d'une indicible souffrance. Le caractère semi-figuratif de son œuvre nous entraîne à une méditation déchirée, qui débouche enfin sur la tendresse et sur un incomparable amour[5]. »
-
- Georges Braque (1882-1963) Symbole eucharistique (bas-relief en bronze à la cire perdue)
- « Sur l'autel, au-dessous de la céramique, Braque avait sculpté, d'un ciseau original et impérieux, le symbole eucharistique très souvent répété du poisson, surmonté par le mot Ixtus. Malheureusement, l'œuvre a été volée et remplacée, grâce à la générosité de la famille Braque, par une deuxième version. Tout le génie de Braque s'est concentré dans cette surface réduite, dont il a su faire un admirable acte de foi[5]. »
- Carlo Sergio Signori (1906-1988) Cuve du baptistère
- Citation de Maurice Novarina : « La cuve baptismale de Signori, en marbre de Carrare, a l'élégance et l'achèvement d'une fleur, ouvrant la pureté de son calice aux eaux jaillissantes de la grâce[5]. »
Dans la crypte
[modifier | modifier le code]- Ladislas Kijno (1921-2013)
- La Cène (peinture)
- Claude Mary (1929-)
- Tabernacle
- Théodore Strawinsky (1907-1989)
- Saint Joseph et Sainte Thérèse de Lisieux (mosaïques)
- Marguerite Huré (1895-1967)
- Vitraux
Sur le parvis de l'église
[modifier | modifier le code]En a été inaugurée la sculpture monumentale Plaidoyer pour les Droits de l'Homme de Gilles Roussi devant la petite église. Cependant, Novarina, s'étant élevé dès 1995 contre la construction de cette sculpture érigée à une cinquantaine de mètres de l'entrée de « son » église, n'assista pas à l'inauguration.
L'œuvre est un obélisque de six mètres de haut, en acier inox poli, sur lequel est gravé le texte de la déclaration universelle des droits de l'homme. Sa base est en béton. Son implantation a été approuvée par les architectes des Monuments de France. Son coût s'est élevé à 800 000 francs français pris en charge pour les trois quarts par la région Rhône-Alpes et pour un quart par des sponsors privés. La logistique a été assurée par la commune. Pour l'anecdote, le sculpteur a remercié « toutes les villes qui ont refusé mon projet […]. Cela ne fait jamais que vingt ans que je me balade avec. »
Visites
[modifier | modifier le code]L'église se visite gratuitement aujourd'hui. L'office de tourisme accueille des visiteurs et propose des visites guidées avec les Guides Savoie Mont Blanc pour tous les publics. De plus, pendant l'été, des guides de l'association CASA (pour Communautés d'Accueil dans les Sites Artistiques) accueillent sur place et font visiter bénévolement l'église pour mieux comprendre ce chef-d'œuvre de façon historique, artistique et spirituelle.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Église Notre-Dame-de-Toute-Grâce », notice no PA00118416, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- 1 2 Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, Montmélian, La Fontaine de Siloé, , 399 p. (ISBN 978-2-84206-374-0, lire en ligne), p. 374.
- 1 2 3 4 Anne-Françoise de Taillandier, Une église où l'art guérit, Famille Chrétienne n°2529 du 4 au 10 juillet 2026, pp. 30-32
- 1 2 3 4 M.-A. Couturier, « La leçon d’Assy », L’Art sacré, n°1-2, septembre-octobre 1950 — Archives historiques diocésaines d’Annecy.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Novarina, Maurice, « L’art sacré en Savoie à l’époque contemporaine », Mémoires de l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Savoie, t. V, 1991, p. 15-34.
- ↑ Apocalypse 12. 1-9 : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d'un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chacune des sept têtes un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L'enfant fut enlevé jusqu'auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s'enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu'elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu'on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui. »
- ↑ La chapelle du Rosaire est érigée de 1949 à 1951 à Vence pour le couvent des Dominicaines, sur les plans de l'architecte Auguste Perret et décorée par Henri Matisse. Matisse y travaille dès décembre 1947, concevant l'édifice dans sa totalité — vitraux, céramiques, stalles, bénitiers, objets du culte… Ce projet nait en 1946 grâce à la relation amicale entretenue entre le peintre et Monique Bourgeois, ancienne infirmière et modèle du peintre, entrée chez les Dominicaines de Vence. La chapelle est inaugurée et consacrée le 25 juin 1951 par Monseigneur Rémond, évêque de Nice, en présence du père Couturier qui donne lecture d’une lettre de Matisse, trop malade pour assister à la cérémonie.
BIBLIOGRAPHIE
Ouvrages
- COUTURIER, Marie-Alain, « Sur le plateau d’Assy, une église dont on parle dans le monde entier », La Vie catholique illustrée, n° 265, 13 août 1950.
- COUTURIER, Marie-Alain, « La leçon d’Assy », L’Art sacré, n° 1-2, septembre-octobre 1950. Archives historiques diocésaines d’Annecy.
- GUICHONNET, Paul, ''Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui'', Montmélian, La Fontaine de Siloé, 2007, 399 p., ISBN 978-2-84206-374-0.
Catalogues d'exposition
- Billot, Marcel, « Le père Couturier et le renouveau de l’art sacré », dans Paris-Paris — Créations en France, 1937-1957, cat. exp. (Paris, Centre Pompidou, 28 mai–2 novembre 1981), Paris, Centre Georges Pompidou, 1981, p. 292-307.
Articles
- DE TAILLANDIER, Anne-Françoise, « Une église où l'art guérit », ''Famille Chrétienne'', no 2529, 4–10 juillet 2026, p. 30–32.
- RINUY, Paul-Louis, « Les arts figuratifs et l’architecture religieuse du XXe siècle, bilan historiographique et perspectives », dans Céline Frémaux (dir.), Architecture religieuse au XXe siècle : quel patrimoine ?, Rennes, presses universitaires de Rennes, 2007, p. 71-72.
Travaux universitaires
- DRILLAT, Laurence, Notre-Dame-de-Toute-Grâce, du plateau d’Assy, mémoire de maîtrise en histoire de l’art (dir. Bruno Foucart), université Paris IV, 1988.
- LEJEUNE, Dominique, ''Les vingt glorieuses de la culture : les années 50 et 60'', mémoire de licence, Université ouverte de Besançon, 2020, p. 38. [https://shs.hal.science/halshs-02966895/document Lire en ligne].
- RUBIN, William S., The Church of Notre-Dame-de-Toute-Grâce at Assy, thèse de doctorat en histoire de l’art (dir. Meyer Schapiro), Columbia University, New York, 1959.
Sites web
- « https://www.passy-culture.com/?page_id=245 Notre-Dame-de-Toute-Grâce», ''Passy Culture'', (consulté le 1er décembre 2023).
- « https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00118416 Église Notre-Dame-de-Toute-Grâce », notice no PA00118416, Base Mérimée , Plateforme ouverte du patrimoine, ministère français de la Culture
- « Passy – Notre-Dame-de-Toute-Grâce https : //www.passy-mont-blanc.com/wp-content/uploads/2021/10/PASSY-NDTG-ATOT_ENG.pdf ''Passy – Notre-Dame-de-Toute-Grâce'' »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
Vidéos et reportages
- Loyse, André, « L’église du plateau d’Assy », Vespérales protestantes, 25 février 1979, RTS. https://www.rts.ch/archives/1979/video/l-eglise-du-plateau-d-assy-26192126.html
- « L’église du plateau d’Assy », Magazine 12-13, reportage de Jérôme Didier, FR3 Grenoble, 25 juin 1990, INA. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/lxc01043417/l-eglise-du-plateau-d-assy-un-lieu-de-culte-et-un-musee-d-art-moderne
- Erhler, Robert, Le Miracle d’Assy, documentaire, 2 novembre 1954, RTS. https://www.rts.ch/archives/1954/video/le-miracle-d-assy-26179787.html
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la religion :
- Ressources relatives à l'architecture :
- « Plan de l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur l'office de tourisme de Passy
- « Article du site Croire.com consacré à l'église d'Assy »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
- Église dédiée à Notre-Dame-de-Grâce
- Église monument historique en Haute-Savoie
- Monument historique classé en 2004
- Édifice labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en Haute-Savoie
- Édifice religieux du XXe siècle en Auvergne-Rhône-Alpes
- Mouvement moderne (architecture)
- Art sacré contemporain
- Patrimoine du XXe siècle
- Passy (Haute-Savoie)
