Éducation au Maroc

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Le système éducatif marocain est caractérisé par la cohabitation de systèmes publics et privés, francophone et arabophones.

Le système public est géré par le Ministère marocain de l’éducation nationale alors que les systèmes privés sont gérés par entreprises privés ou par des agences d'enseignement comme l'AEFE.

Les taux brut de scolarisation et taux de d’achèvement du primaire des marocains n'ont cessé d'augmenter régulièrement à tous les niveaux[1] [2]. Le taux d'alphabétisation des adultes marocains atteignait 78% en 2012 contre 52% en 2004[3].

Le système éducatif marocain doit faire face à de très fortes inégalités. Les élèves des milieux aisés et des classes moyennes sont envoyés dans des lycées francophones privés suivent souvent des parcours d'excellence au Maroc (Médecine, Ingénierie, etc..) ou en France (grandes écoles).

À l'inverse le système éducatif public arabisé souffre de graves problèmes. Bien qu'il arrive à produire un petit nombre de très brillants élèves, ses résultats sont globalement faibles selon les classements internationaux et il est régulièrement critiqué par les médias, les milieux patronaux marocains (CGEM), ainsi que par toutes les organisations internationales (Banque mondiale, UNESCO, BAD, BERD, OCDE, FMI).

Histoire du système éducatif marocain[modifier | modifier le code]

Avant la colonisation, l'enseignement était principalement religieux . L'immense majorité des marocains vivait en zone rurale et était analphabètes.

La première université du Maroc, l'université Al Quaraouiyine de Fès est créée en 859.

A la veille de l’indépendance, 96% des enseignants marocains et 42% des enseignants français ne disposaient d'aucune formation pédagogique

Post-indépendance[modifier | modifier le code]

L'école est devenue obligatoire pour tous les enfants marocains âgés de 6 à 13 ans en 1963[4]. Il n'y a en effet pas de système périscolaire de maternelle au Maroc, la plupart des enfants commencent l'école à 6 ans . Pour les parents souhaitant insérer leurs enfants plus tôt dans le système éducatif, il y a soit les écoles étrangères , soit les écoles privées. Ces dernières étant, pour cause de finance, bien souvent réservées aux personnes aisées, leur prix ne correspondant pas au revenu moyen marocain.

Islamisation et arabisation[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, le système éducatif est islamisé puis arabisé. Le ministre Azzedine Laraki est nommé ministre de l’éducation nationale avec le soutien du parti de l'Istiqlal. Azzedine Laraki interdit tous les cours de philosophie. Ensuite, il s'attaque aux cours de sociologie. L'école de sociologie marocaine est interdite et les rares sociologues étrangers comme le professeur Paul Pascon sont expulsés. Le ministre annonce ensuite l'instauration de cours d'études islamiques obligatoires.

Ensuite toutes les matières sont rapidement arabisées, le français reste maintenu seulement comme langue d'enseignement des mathématiques et des sciences dans les cycles du primaire et du secondaire. En 1989, l'arabisation et l'islamisation du système éducatif public sont désormais achevée. Les rares familles marocaines aisés qui envoyaient encore leurs enfants dans des écoles publiques cessent de le faire. Le français reste conservé comme langue d'enseignement des matières scientifiques dans les écoles techniques et professionnelles du secondaire, les établissements d'enseignement technique, les écoles supérieures de technologie et les universités[5].

Les professeurs français sont remplacés par des professeurs syriens, égyptiens ou soudanais, proches des frères musulmans [6].

Pour Pierre Vermeren, spécialiste de l'histoire du Maroc à l'université La Sorbonne, l'arabisation et l'islamisation menées par Azzedine Laraki ont conduit à une véritable chute du niveau éducatif des jeunes marocain et ont encouragé sur le long terme une montée en puissance de l'Islamisme radical [6].

Pour l'universitaire marocain Abderrahman El Bouhmidi : «L’arabisation est une approche sectaire qui a créé des générations incapables de s’exprimer même en arabe, alors que du temps du bilinguisme, les étudiants marocains possédaient deux langues maternelles, l’arabe et le français [7]»

Les Istiqlaliens, défendent en public l'arabisation pour les masses mais optent pour la filière francophone en famille. Les enfants des ténors de l'Istiqlal (Allal El Fassi, M'hamed Douiri, etc..) sont tous formés en français.

Réaction de Hassan II[modifier | modifier le code]

En 1994, Hassan II qui avait pourtant fermé les yeux sur l'arabisation pour faire plaisir aux conservateurs de l'Istiqlal, commence lui-même à sérieusement s’inquiéter des insuffisances de l’enseignement arabisé et adresse une lettre en ce sens au Parlement marocain. Lors du lancement d'un colloque sur l’enseignement Hassan II affirme qu'au rythme où va l’enseignement marocain "les marocains risquent non seulement d’être des pauvres mais aussi des ignorants"

En 1996, un article paru dans l’hebdomadaire français L’événement du Jeudi se penche sur les appels à la haine et à la violence que contiennent les manuels scolaires marocains. L’article, interpelle jusqu’au Premier ministre Édouard Balladur qui alerte alors le gouvernement marocain sur le sujet. Le Palais s’empare du dossier et crée une commission informelle pour revoir le contenu des manuels scolaires d’éducation islamique.

Le Maroc aurait perdu plusieurs points de croissance économique en raison de l'arabisation[8].

Réformes[modifier | modifier le code]

En 1999, le gouvernement se lance dans un vaste programme de réforme, avec La Charte nationale de l'éducation est adoptée en 1999 et la période 2000-2009 devient « décennie de l’éducation ». Le Maroc a aussi réussi à améliorer l’accès au système éducatif de base avec l'aide de la Banque mondiale et d'autres organismes multilatéraux.

En 2006 Mohammed VI décide de créer le Conseil Supérieur de l'Enseignement.

Le Maroc se dote en 2009 d'un Programme d'urgence pour l'éducation afin de rattraper le lourd retard du pays. Le plan d'urgence couvre la période 2009-2012, s'appuie sur les leçons apprises au cours de la dernière décennie. Dans ce contexte, le gouvernement marocain demande à cinq bailleurs de fonds importants — Union européenne (UE), Banque européenne d'investissement (BEI), Agence française de développement (AFD), Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale — d'aider à la mise en œuvre du programme de réforme du PU[9].

Système de gestion de l'éducation au Maroc[modifier | modifier le code]

Le système d'éducation du Maroc comprend les enseignements préscolaire, primaire, secondaire et universitaire. Les efforts du gouvernement d'amélioration de la disponibilité des services d'éducation ont permis d'accroître l'accès à tous les niveaux d'enseignement. Le système éducatif du Maroc comprend un cycle primaire de six années, un cycle secondaire collégial de trois années, un cycle secondaire qualifiant de trois années et l'enseignement supérieur. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique (MNE).

Le ministère de l'Éducation nationale a décentralisé ses services au niveau de régions créées en 1999, quand les 72 provinces ont été réunies en 16 entités administratives régionales. Ensuite, la responsabilité de la prestation des services d'éducation a été lentement transférée au niveau régional. Ce processus de décentralisation permettra de veiller à ce que les programmes d'éducation répondent aux besoins régionaux tout en assurant une gestion locale du budget. Chaque région dispose d'une Académie régionale d'éducation et de formation avec un directeur régional qui supervise les délégués provinciaux de la région. Les académies régionales sont également responsables de l'élaboration de 30 % du programme pour l'adapter aux besoins locaux. L'administration centrale du MNE continue de gérer les 70 % restants [10].

L'éducation préscolaire[modifier | modifier le code]

Selon la Charte nationale, l'enseignement préscolaire est obligatoire et accessible à tous les enfants de moins de six ans. Ce niveau accueille les enfants âgés de quatre à six ans. Il existe deux types d'écoles pré-primaires au Maroc : les maternelles et les écoles coraniques. Les maternelles sont des écoles privées qui dispensent un enseignement principalement dans les villes. Les écoles coraniques préparent les enfants à l'enseignement primaire en les aidant à acquérir une alphabétisation de base et des compétences en calcul. Les écoles coraniques ont le potentiel de devenir une force majeure dans la lutte contre l'analphabétisme (TIMSS). Près de 80 % des enfants fréquentent une forme d'école coranique pendant une partie de leurs années d'école [10]. En 2007, le taux brut de scolarisation (TBS) des élèves en préscolaire au Maroc était d'environ 60 %, avec le TBS des garçons atteignant 69,4 % et celui des filles 49,6 %. Le TBS des filles a augmenté au cours de ces dernières années, tandis que celui des garçons se situe à environ 69 % depuis 2003[1].

L'enseignement primaire[modifier | modifier le code]

Le cycle de l'enseignement primaire dure six ans et accueille les enfants de 6 à 12 ans. Les élèves doivent réussir un Certificat d'études primaires pour pouvoir être admis dans le cycle collégial de l'enseignement secondaire[11].

Les taux bruts de scolarisation (TBS) du niveau primaire ont augmenté régulièrement au cours des années 2000. En 2007, le TBS total au niveau primaire s'établissait à 107,4 % — 112 % pour les garçons et 101 % pour les filles. Mais l'indice de parité entre les sexes pour les TBS était à 0,89, ce qui montre que le problème de l'inégalité entre les genres persiste au niveau du primaire, sans oublier l'inégalité entre les régions avec des écoles non-équipées sans toilettes. Le taux de redoublement au niveau primaire est de 11,8 %, soit 13,7 % pour les garçons et 9,7 % pour les filles. Les taux ont baissé au cours des dernières années pour les deux sexes. Le taux d'abandon scolaire au niveau primaire est passé de 26,7 % en 2000 à 11,8 % en 2011[12]. Le taux d'abandon des filles est en outre plus élevé que celui des garçons, avec respectivement 22 et 21 %[13]. Le taux d'abandon scolaire reste un problème majeur surtout en milieu rural. Le taux d'abandon reste encore très élevé par comparaison avec d'autres pays arabes, comme l'Algérie, Oman, l'Égypte et la Tunisie[14].

Une classe à Fès

L'enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

L'enseignement secondaire s'ouvre par un cycle d'enseignement collégial de trois ans, dénommé « Collège ». Après 9 ans d'éducation de base, les élèves s'engagent dans l'enseignement secondaire supérieur qui comprend un tronc commun d'un an. Les élèves de première année choisissent entre plusieurs options, lettres, sciences, mathématiques ou une option originelle. Les élèves en deuxième année suivent des cours de sciences naturelles, physique, agronomie, études techniques, ou suivent les filières mathématiques A ou B.

À la fin des études du cycle secondaire, les élèves sont tenus de passer un examen national sanctionnant leurs études pour obtenir le certificat du baccalauréat.

L'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Le système d'enseignement supérieur comprend des établissements privés et publics. Il y a au Maroc une vingtaine d’universités publiques ou privées.

En 2007, 88 137 diplômes universitaires ont été décernés. Le taux brut de scolarisation au niveau universitaire est de 11 % et il n'a pas beaucoup varié au cours des dernières années[14].

L'admission aux universités publiques est subordonnée à l'obtention du baccalauréat, pour les écoles supérieures de technologie (EST), l'admission se fait à base d'une sélection à base des notes obtenues au baccalauréat suivie parfois d'un entretien ou d'un concours, alors que l'admission à d'autres établissements, tels que les écoles d'ingénieurs ou les écoles de commerce, se fait sur concours.

Outre les études d'ingénerie, les autres domaines d'études en forte progression sont la médecine et la gestion des affaires. Selon le ministère de l'Éducation, les inscriptions en études de gestion ont augmenté de 3,1 % en 2003-2004 par rapport à 2002-2003. Un diplôme universitaire de premier cycle exige généralement deux ou trois années d'études et il faut en moyenne deux ans pour obtenir une maîtrise [15].

Les universités marocaines ont également commencé à intégrer l'utilisation des technologies de l'information et de la communication. Un certain nombre d'universités ont commencé à offrir des cours de génie logiciel et d'ingénierie du matériel. Ce secteur universitaire produit 2 000 diplômés par an dans le domaine des technologies de l'information et de la communication[16]. Les établissements d'enseignement marocains ont également établi des partenariats avec des établissements d'enseignement d'Europe et du Canada et offrent des programmes d'études communs dans divers domaines permettant d'obtenir un diplôme dans des universités réputées[15]

Dans le cadre du renforcement de la responsabilisation publique, les universités marocaines sont soumises à une évaluation depuis 2000, avec l'intention de mettre ses résultats à la disposition de toutes les parties prenantes, y compris les parents et les étudiants[5].

L'enseignement professionnel[modifier | modifier le code]

La formation professionnelle n’a connu un début d’évolution qu’au cours du plan quinquennal 1960-1964. Les effectifs formés sont passés de 1 300 en 1961 à 205 000 en 2004 dont 45% sont de sexe féminin. La part du secteur privé a enregistré une augmentation importante puisqu’elle est passée de moins de 15% des effectifs en 1984 à 32,2% en 2004.

Défis du Maroc dans le secteur de l'éducation[modifier | modifier le code]

En moins d'un demi-siècle, le Maroc réussit à créer plusieurs universités dans les grandes villes du Royaume, à alphabétiser une partie importante de sa population, et il atteint en 2015 la scolarisation quasi-totale des enfants . Il reste néanmoins confronté à de nombreux défis s'il souhaite mieux éduquer sa population afin de pouvoir se développer.

Qualification inadéquate des enseignants[modifier | modifier le code]

La qualification du personnel éducatif marocain est souvent considérée comme inadéquate. Une partie importante des membres du corps enseignant public marocain ont étudié le droit islamique, une matière très rigide plutôt que la pédagogie [17].

Absence totale d'esprit critique[modifier | modifier le code]

Les enseignants ont tendance à reproduire des logiques qui consistent à apprendre sans réfléchir et comprendre, à absorber et mémoriser sans s'interroger. Les élèves ne sont pas encouragés à s’exprimer, à débattre, à communiquer, à questionner, remettre en question, réfléchir [18]. Les méthodes d’enseignement ne tiennent pas compte de la pédagogie moderne, elles ont très peu évolué depuis l'ère des écoles coraniques (msid) où il fallait tout apprendre par cœur au risque de subir des coups de bâton.

Pour Moulay Ismaïl Alaoui, ancien ministre marocain l’éducation, l'école marocaine ne développe pas l'esprit critique : "Le problème c'est qu'on fabrique des têtes bien remplies à défaut de produire des têtes qui sont bien faites [19]".

Important abandons et redoublements[modifier | modifier le code]

L'efficience du système marocain est également faible avec des taux élevés d'abandon et de redoublement. Il existe aussi une demande croissante non satisfaite d'écoles collégiales correspondant aux taux d'accès élevés à l'enseignement primaire[20]. Cela se voit clairement dans les taux de scolarisation qui passent de 99,5% au primaire (2014-2015), à 87,6% au collège et à 61,1% au lycée. Selon les chiffres comparatifs présentés dans le rapport 2014 du Forum économique mondial (2014) le Maroc est classé 104e sur 144 pays [21]

Langues parlées à la maison[modifier | modifier le code]

La mauvaise qualité de l'éducation devient un problème encore plus aigu en raison des problèmes liés à la langue arabo-berbère et à la darija.

Les marocains ne parlent pas l'arabe en famille mais plutôt le berbère, le français ou la darija. Or l'arabe classique est la langue d'enseignement dans les écoles publiques [10]. Le Maroc souffre ainsi de diglossie.

Pour l'universitaire Gilles Kepel : "L'éducation est le principal problème du Maroc. Cela pose un très gros problème, et pose aussi un problème de langue. Quelle doit être la place de la darija, du fousha? du français? (..) Je crois qu'il faut essayer de ne pas voir les choses de façon trop idéologique [22]"

Persistance de l’analphabétisme[modifier | modifier le code]

Malgré les efforts importants déployés, l'analphabétisme persiste au Maroc. Dans les zones rurales et pour les femmes, le problème est encore plus inquiétant. Selon un rapport du haut commissariat au plan en 2014, environ 53% des femmes marocaines sont analphabètes [23]. Plus grave encore, les personnes scolarisés ne sont pas forcément alphabétisées.

Selon une étude de The Global initiative ESCR, seulement 31 % des enfants parmi les groupes les plus défavorisés (les ménages démunis en zone rurales) ont atteint un standard minimum de lecture en 2011 alors que dans les villes, 84 % des élèves les plus favorisés (ménages riches) ont atteint « un niveau international de lecture » la même année [24].

Un enseignant supérieur fracturé[modifier | modifier le code]

Le taux d'émigration des travailleurs très qualifiés (ingénieurs, médecins) est élevé. Le Maroc perd ainsi une quantité substantielle de main-d'œuvre qualifiée expatriée vers des pays étrangers, les marocains représentent la plus forte communauté d'Afrique du Nord ayant migré en Europe[25]. Cela est particulièrement vrai pour les filles qui constituent une part conséquente des élites marocaines et qui aspirent à la tranquillité des rapports hommes-femmes en Europe [26]

Le Maroc compte 8,6 ingénieurs par habitant contre 40 en Jordanie et 140 en France.

Pour Hichem Karoui, du Middle East Studies Center :

  • "L‘état effrayant des sociétés arabes, au niveau politique, social et culturel, est actuellement le principal motif derrière la fuite de leurs élites. Le fait que dans certains pays on observe une pléthore de partis politiques, n'est d'ailleurs pas signe de bonne vitalité. D'où, une lassitude et une apathie générale envers la vie politique. L'organisation sociale dans les pays arabes comporte en son sein les graines de l'étouffement des libertés. Dans ce système, l'esprit de corps joue le rôle central, assiégeant l'individu, et lui imposant l'obéissance et l'allégeance, ce qui fait de l’organisation (familiale, tribale ou clanique, confessionnelle ou ethnique, militaire) le premier ennemi de l'autonomie individuelle et de la liberté de pensée et d'opinion. Le choix de l'exil des intellectuels arabe est un choix éminemment rationnel. En effet, la liberté n'a pas de prix [27]"

Selon un autre rapport récent publié par le HCP:

  • « Les élites modernistes, que l’on ne peut réduire à la sphère francophone ni aux élites formées à l’étranger, aspirent à des conditions de vie et à une liberté d’opinion et d’action telles qu’on les trouve dans les sociétés européennes. Si les conditions politiques et sociales de la société marocaine rendaient difficiles, voire impossibles, les conditions d’exercice de ces libertés, ce ne serait plus seulement les élites interdites de mobilité ascendante qui pourraient s’expatrier, mais aussi les hauts cadres les plus brillants formés à l’étranger. Cette situation d’évidement des compétences les plus dynamiques pourrait être dramatique pour le Maroc » Pendant ce temps la, les étudiants issus pour la plupart des classes populaires ne parviennent pas à s'insérer sur le marché du travail [28].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Conséquences économiques[modifier | modifier le code]

Pour le patronat marocain, l'arabisation menée par Azzedine Laraki de l'éducation a été une très grave erreur [8].

Le secteur du tourisme et le secteur de l'offshoring sont particulièrement impactés, le cout se chiffrant en centaines de millions, voir en milliards [8] .

En 1991 est créée la première association marocaine des diplômés chômeurs [29]. Depuis, le phénomène n'a cessé de s'amplifier. Issus pour la plupart des classes populaires, ils ne parviennent pas à s'insérer sur le marché du travail [28].

Pour Nadiah Salah du quotidien l'Economiste :

  • "Même pour des tout-petits postes, il n’est pas certain que ces diplômés-chômeurs aient les compétences minimales: trop de fautes, et une façon de raisonner qui entraînerait automatiquement une forte baisse du niveau de l’administration. Pourtant, ils sont là, sur-diplômés et sous-formés. La question essentielle est de savoir par quelle aberration, par quelle négligence de tous leurs devoirs, leurs professeurs les ont poussés d’une classe à l’autre sans jamais se soucier de leur niveau scolaire réel? Bien sûr, on peut incriminer la fraude aux examens, mais la fraude ne fonctionne pas pendant toute une scolarité, pendant 15 ans d’affilée!"

Pour la Banque Africaine de Développement :

  • "Peu d’emplois à haute valeur ajoutée « décents » sont créés dans les pays du Maghreb pour absorber la main-d’œuvre qualifiée. Par conséquent, les rendements de l’éducation et la productivité de la main-d’œuvre sont faibles (..) En essayant d’élargir l’accès à l’éducation, les écoles du Maghreb ont parfois sacrifié la qualité au profit de la quantité. Les compétences de base des étudiants n’atteignent pas encore un niveau assez élevé pour leur permettre de soutenir la concurrence dans un marché ouvert et mondialisé [30]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Pierre Vermeren, École, élite et pouvoir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b UNESCO Institute of Statistics, 2008
  2. UNESCO à travers le site Edstats, accédé le 1er novembre 2013
  3. (en) « World Bank 2009.Edstats » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  4. Diyen, Hayat 2004,”reform of secondary education in Morocco: Challenges and Prospects.” Prospects, vol XXXIV.no.2, p. 212
  5. a et b (en) « World Bank 2008,MENA Flagship Report.”The Road Not Travelled: Education Reforms in MENA.”World Bank,Washington,DC »
  6. a et b « Entretien avec Pierre Vermeren, historien », sur Histoire pour tous,‎ 2011
  7. « Arabisation: La facture coûte trop cher », sur l’Économiste,‎ 2012
  8. a, b et c « La lourde facture de l’arabisation: Des milliers de postes non pourvus », sur L’Économiste,‎ 2013
  9. (en) « EEP »
  10. a, b et c (en) « USAID2004.Stregthening Education in the Muslim World: Country Profile and Analysis »
  11. TIMSS encyclopedia 2007
  12. UNESCO, à travers le site Edstats, accédé le 1er novembre 2013
  13. UNESCO Institute of Statistics|date=2008
  14. a et b (en) « World Bank 2009.Edstats »
  15. a et b Driouchi, Ahmed.2006.A Global Guide to Management Education
  16. (en) « Hamdy,Amr (June 2007).Survey of ICT and Education in Africa: Egypt Country Report.ICT in Education in Morocco »
  17. « Education. Pourquoi l’école marocaine est nulle », sur TelQuel,‎
  18. « Analyse/Ecole publique: Tais-toi et récite! », sur L'économiste,‎
  19. Education. Pourquoi l’école marocaine est nulle, Tel Quel
  20. (en) « World Bank 2005. “Basic Education Reform Support Program.” Project Appraisal Document. World Bank, Washington,DC »
  21. « http://www.leconomiste.com/sites/default/files/livre_ocp_web.pdf », sur Leconomiste.com
  22. « Keppel : L'éducation est le plus grand défi du Maroc », sur Medias24,‎ 2015
  23. « Au Maroc, une femme sur deux est analphabète », sur Le Figaro,‎ 2014
  24. « L’ONU alerte le Maroc sur le poids inquiétant de l’enseignement privé », sur TelQuel.ma,‎
  25. (en) « World Bank 2008,MENA Flagship Report.”The Road Not Travelled: Education Reforms in MENA.”pp254.World Bank,Washington,DC »
  26. « Maghreb : des élites entre deux mondes », sur http://ries.revues.org/1252,‎
  27. « Essai sur la corruption et l’absence de liberté dans le monde arabe comme causes d’émigration et de fuite des élites », sur http://www.middle-east-studies.net/wp-content/uploads/2010/11/karoui_essai-sur-la-corruption-et.pdf,‎ 2010
  28. a et b « Maroc: les diplômés chômeurs haussent le ton », sur L'Express.fr,‎ 2012
  29. Montserrat Badimon Emperador, « Diplômés chômeurs au Maroc : dynamiques de pérennisation d’une action collective plurielle », sur L'Année du Maghreb,‎ 2007
  30. « Comment lutter contre le chômage des jeunes au Maghreb », sur Banque Africaine de Développement,‎ 2011