Éducation à l'environnement et au développement durable

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Étudiants observant l'avifaune dans la « lagune de Nador », au Maroc, pendant une activité organisée par SEO/BirdLife à l'occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides
La recherche et l'enseignement en environnement et développement durable au Muséum de Paris.
Salle consacrée à l'environnement et au développement durable au Muséum de Vienne en Autriche.
L'éducation nationale française propose un baccalauréat d'environnement et de développement durable sous l'acronyme "STI-2D".

L’éducation à l’environnement et au développement durable (en abrégé EEDD, parfois aussi EDD pour éducation au développement durable), souvent associée aux notions d’écocitoyenneté, de formation et de diffusion de la culture scientifique, est un courant pédagogique qui s’enracine dans des mouvements anciens tels que l’éducation nouvelle, l’écologie humaine, l'éducation populaire ou la « Société des Amis de la Nature » de Pierre Bovet et qui vise à changer les pratiques de l’humanité en matière d’utilisation et de gestion des ressources de la Terre (voir Bioéconomie/Économie écologique/Géonomie).

C'est en 1972 que l’UNESCO impulse une réflexion sur l’éducation relative à l’environnement. La première conférence des Nations Unies de Stockholm déclare « essentiel de dispenser un enseignement sur les questions d’environnement aux jeunes générations aussi bien qu’aux adultes. » C'est ainsi que le mouvement de l'éducation à l'environnement a été lancé !

En 1997 a lieu le premier rassemblement francophone de l’éducation à l’environnement : Planet’ERE, à Montréal (Québec).

L'éducation tire concomitamment sa dénomination d’une part, de la Charte de Belgrade[1] en 1975 (qui a repris l’expression « éducation relative à l’environnement ») puis de la conférence intergouvernementale sur l’éducation relative à l’environnement, organisée par l’UNESCO à Tbilissi[2] qui a suivi en 1977 et d’autre part du rapport Brundtland de 1987 (qui a lancé l’expression « développement durable ») : les deux sont apparus ensemble en français à partir de 1990[3].

Cela dit, en France, en 1983, un premier réseau national des acteurs de l'éducation à l'environnement se forme : le Réseau École et Nature. De nombreux autres réseaux vont progressivement se développer dans toutes les régions de France et dans de nombreux départements. Les échelles régionales de réseau se dénomment pour la plupart GRAINE : Groupe Régional d’Animation et d’Initiation à la Nature et à l’Environnement (comme par exemple en Poitou-Charente[4]) ou REE Réseau d'Éducation à l'Environnement + la lettre de la région.

En 2019, 28 réseaux territoriaux et thématiques adhèrent au Réseau École et Nature. Actifs et ouverts, organisés sous forme associative, ils mettent en lien plusieurs centaines d'acteurs de l’environnement et de l’éducation de toutes origines (associations, collectivités, établissements publics, entreprises, éducateurs, enseignants...) pour permettre une meilleure accessibilité de l'éducation à l'environnement

C’est une éducation civique qui a pour but « d’amener les individus et les collectivités à saisir la complexité de l’environnement tant naturel que créé par l’homme, complexité due à l’interactivité de ses aspects biologiques, physiques, sociaux, économiques et culturels ». Il faut préciser que parmi les acteurs de l’« EEDD », l’expression « mode de vie soutenable » est de plus en plus préférée à celle de « développement durable », au point que certaines collectivités territoriales ont changé des dénominations officielles[5].

En France, l’article 8 de la Charte de l'environnement adossée à la constitution dispose que « L'éducation et la formation à l'environnement doivent contribuer à l'exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte »[6] ; respectivement par son article 1 qui dispose que « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé »[6] et par son article 2 qui dispose que « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l’environnement »[6].

Définition[modifier | modifier le code]

L’éducation à l’environnement et au développement durable vise « à diffuser des connaissances et des valeurs, à promouvoir des comportements et à développer des compétences nécessaires pour participer de façon responsable et efficace à la prévention et à la solution des problèmes liés à la vie humaine dans l’environnement, et au maintien (ou à la restauration) de la qualité de l’environnement »[7].

Actuellement, l’éducation à l’environnement est de plus en plus appelée « éducation au développement durable », notamment en France, dans les instances de l’Éducation nationale[8]. Cette éducation combine l’approche systémique de l’environnement et l’éducation civique à la gestion intégrée, qui amènent à saisir et à acquérir la complexité environnementale par ses méthodes et l’application de l’enseignement à la perception de l’ensemble du réel.

Les modèles pédagogiques correspondant à cette éducation varient selon l’habitat. Ce discernement entre l’éducation civique et l’éducation à l’environnement contribue à développer des mentalités, des comportements, des usages et des pratiques plus soucieuses de préserver les ressources et les équilibres. Sans ce discernement, l’acquisition de connaissances se réduit à une compétence théorique.

L'éducation à l’environnement réel se distingue dans les différentes cultures humaines par l’importance accordée aux références locales et à la compréhension du rôle écologique de chaque espèce, y compris la nôtre, dans l’objectif de responsabiliser l’action humaine en faisant des citoyens les porteurs de valeurs humanistes et démocratiques, mobilisés pour leur mise en œuvre. Dans cette formule, l’éducation à l’environnement et au développement durable est une école de citoyenneté.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes mentions formalisées de l’éducation à l'environnement semblent remonter au début du XVIIIe siècle, à Jean-Jacques Rousseau qui met en relief l’importance d’une éducation basée sur la notion d’environnement dans Émile, ou De l'éducation. Il évoque les trois maîtres de l’éducation que sont la nature, les hommes et les choses. Et, c’est plus généralement dans l’histoire même de l’éducation populaire et dans le sillon des révolutions (1830, 1848, 1871…) que s’ancre l’histoire de l’éducation à l’environnement.

Plusieurs décennies plus tard, Louis Agassiz, naturaliste suisse, fit écho à la philosophie de Rousseau en encourageant les jeunes gens à « étudier la nature et non les livres » : ses écrits font référence à l’apport parental et aux perceptions de la « mémoire biologique individuelle » qui, selon lui, relie chaque personne au milieu dans lequel elle a grandi.

Cela étant, l’expression « éducation à l'environnement » ne commença à être réellement employée que dans la seconde moitié du XXe siècle, époque à laquelle l’être humain commence, encore marginalement, à réaliser que la Terre et ses ressources ne sont pas infinis et ont des capacités de recyclage limitées.

Très progressivement, cette préoccupation diffuse des scientifiques et des protecteurs de la nature aux éducateurs, aux professionnels de la santé, aux organismes de solidarité, puis aux élus et à des cercles de plus en plus larges de citoyens, jusqu’à être intégrée par certaines entreprises et donner lieu à des forums internationaux. L’éducation à l’environnement devient ainsi une réponse nécessaire aux inconvénients des sociétés industrielles et commerciales qui n’observent plus le principe de respect des ressources et de responsabilité de nos gestes vis-à-vis des générations à venir.

Plusieurs organismes internationaux furent créés comme outils civiques globaux permettant d’accomplir une éducation à l’environnement-développement durable : l'Union internationale pour la conservation de la nature en 1948, ou encore le Programme des Nations unies pour l'environnement, en 1972. Durant les dernières décennies, de grandes dates ont également contribué à mieux établir une définition moderne de l’éducation à l’environnement :

  • juin 1972 : la Conférence mondiale sur l'environnement, à Stockholm, qui aboutit à la Déclaration de Stockholm. Cette déclaration met en évidence « la nécessité d’adopter une conception commune et des principes communs qui inspireront et guideront les efforts des peuples du monde en vue de préserver et d’améliorer l’environnement »[9].
  •  : la Charte de Belgrade, issue du Colloque international pour l’éducation à l’environnement, qui s’est tenu la même année en Yougoslavie. La charte reprend et précise l’essentiel de la Déclaration de Stockholm, à laquelle elle ajoute les buts, les objectifs et les principes des programmes éducatifs à l'environnement.
  •  : la Conférence de Tbilissi, qui s’est tenue en Géorgie, URSS. Elle propose de façon plus approfondie le rôle, les objectifs et les caractéristiques de l’éducation à l'environnement, en explicitant ses buts et ses principes.

Les médias s'en font plus ou moins le relais selon les époques et les régions ou leurs couleur politique ou idéologique[10]

En France, c'est en 1980 que des acteurs commencent a ressentir un besoin fort de mutualisation de leurs actions pour : se professionnaliser, développer leurs pratiques et échanger. C'est alors que le premier réseau naît : le Réseau École et Nature. Ainsi, cette année-là, la mise en réseau des acteurs de l’éducation à l’environnement vers un développement durable (EEDD) fait apparaître des dizaines de "réseaux-relais" en région. Progressivement, les réseaux régionaux, départementaux émergent permettant à tous les acteurs de :

  • se réunir et échanger sur leurs pratiques
  • tisser des solidarités entre acteurs,
  • construire des dynamiques collectives
  • légitimer leur rôle d'éducateur à l'environnement

Ces réseaux sont fondés sur une culture d’action horizontale, participative et démocratique. Ce fonctionnement permet à chacun : individuels (animateurs, enseignants, éducateurs, citoyens...) ou structures (associations, collectivités, syndicats, entreprises...) de s’investir à l’échelle territoriale de son choix.

La pratique de l'éducation à l'environnement, de par ses origines d'éducation populaire et nouvelle, se traduit alors par l'animation nature, dans les années 60, menée par des passionnés bénévoles et des enseignants fidèles aux « leçons de choses ». Les premiers professionnels apparaissent dans les années 70/80. L’éducation « pour » et « par » l’environnement vont se rejoindre : les activités et moyens pédagogiques se diversifient. Dans les années 90, le « développement durable » confirme l’importance des notions d’éco-citoyenneté et de démocratie participative. Il se développe une éducation relative à l’environnement qui attache autant d’importance à l’environnement social que naturel.

L’animation comprend clairement une dimension culturelle : l’environnement est perçu non plus comme la simple relation de l’homme à la nature, mais comme le rapport qu’il a avec le milieu dans lequel il vit. L’animation en lien avec l’environnement s’inscrit donc d’une manière générale dans l’éducation à l’environnement vers un développement durable. Elle se destine à chacun et concerne tous les territoires. Les premiers instigateurs de cette évolution des pratiques sont les éducateurs à l’environnement eux-mêmes, qui se reconnaissent aujourd’hui, pour la plupart, comme des « artisans d’un développement durable ».

Néanmoins, le glissement sémantique usité par certains partenaires institutionnels vers « l’éducation au développement durable (EDD)», avec la disparition du mot « environnement », ne va pas sans poser d’importants questionnements aux acteurs de terrain.

En 2020, au vu du contexte environnemental actuel dans toutes ses dimensions (sociale, économique, culturelle ...), l'expression éducation à l'environnement tente de se refaire une place et regagner sa légitimité qui lui est due.

Principes de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Appréhender le réel[modifier | modifier le code]

Sensibilisation à l'environnement d'écoliers de Natitingou, au nord du Bénin.

Dans son aspect global, l’éducation à l’environnement réel est un enseignement requis pour évoluer en dehors des modèles sociaux infantilisants, générateurs de comportements dépendants et de pratiques polluantes. L’enseignement d’une éducation à l’environnement réel développe la perception et la compréhension des enjeux environnementaux et civiques, et permet un engagement individuel : c’est ce que l’on nomme l’« éco-citoyenneté ». Dans son aspect localisé, l’éducation à l’environnement réel identifie le rapport symbiotique entre l’activité spécifique des différentes espèces, entre les habitats et leurs habitants, par-delà diverses identités humaines communautaires, sociologiques ou religieuses.

En lien avec les huit objectifs du millénaire pour le développement durable proposés par l’ONU, l’éducation à l’environnement réel comprend une dimension comportementale à promouvoir. Cette éducation fournit des informations sur les paramètres nécessaires à la réalisation des objectifs, par exemple faire évoluer l’habitat, les modes de déplacement, de production et de consommation. Sur le plan personnel, l’éducation à l’environnement réel permet le développement d’une identité personnelle et collective des personnes, plutôt qu’une identité individualiste et/ou communautariste, dans le cadre d’une culture du respect de la vie.

L’éducation à l’environnement réel s’élabore individuellement selon les savoirs accessibles à chacun. La perception lucide de ce qui entoure l’individu, son épanouissement culturel, sa liberté d’action et d’engagement sont des apprentissages accessibles par l’éducation à l’environnement réel. L’équilibre de la nature, les rapports et relations avec les milieux et l’habitat deviennent des thématiques d’exploration pour une adaptation des cultures humaines modernes aux réalités des milieux de vie dans lesquels elles se développent.

Développer une vision d’ensemble[modifier | modifier le code]

La culture environnementale met en œuvre dans une vision d'ensemble, l’étude des ressources de l'environnement biophysique et de l’environnement humain. Elle applique à la biosphère comme à l'ensemble des activités humaines, les principes de saine gestion consistant à ne pas affecter l’avenir au nom de l’immédiat. Deux axes principaux représentent et identifient la culture environnementale :

  • la perception globale ou « approche systémique », qui permet d’envisager l’ensemble des phénomènes physiques, chimiques, biologiques, géologiques, climatiques, économiques et sociaux, de manière à pouvoir modéliser l’« effet domino » de chaque choix décisionnel ;
  • la « gestion intégrée », qui consiste à agir sur un territoire donné (du jardin familial à la Terre entière) en permettant, avant décision, le dialogue entre usagers, propriétaires, gestionnaires, politiques, spécialistes et scientifiques, dans le double objectif d’une répartition aussi équitable (donc durable) que possible, et de ne pas compromettre l’avenir au nom de l’immédiat.

Chaque axe permet d’acquérir des connaissances tant théoriques que pratiques, d’apprendre des techniques, des gestes, des pratiques, et de développer des capacités et aptitudes personnelles au niveau de l’action locale comme dans la perspective globale de survie. L’apprentissage de la culture environnementale se fait à travers une éducation parentale et sociale dépassant largement le cadre des activités avec la nature.

Dans certaines cultures humaines traditionnelles comme chez certaines espèces animales, notamment parmi les mammifères, il existe, dans ce que les éthologues appellent le « dressage » des jeunes, une distinction des genres dans la transmission du « savoir-gérer l’environnement » de manière durable et raisonnable. Dans cette séparation des genres, les premiers savoirs sont transmis par la mère : ces savoirs consolident le jeune individu dans ses pratiques de survie dans son milieu. D’autres savoirs sont transmis par le mâle, notamment la socialisation et le développement des capacités relationnelles, notamment dans la perspective de la mise en place des hiérarchies sociales.

L’émergence d’une culture environnementale concerne tous les humains, quel que soit leur âge, leur pays d'origine et leur fonction dans la société. Elle est formelle, non-formelle ou informelle pour les formateurs, enseignants et instructeurs qui la pratiquent. Elle ne cherche pas à former des élites institutionnelles et ses objectifs ne créent en aucun cas d’exclusion. Elle répertorie la diversité et elle sait faire découvrir concrètement que chaque individu, organisme et personne influe sur les milieux. Elle propose les options de développement correspondant au milieu, au climat et aux ressources locales, et suggère des choix volontaires et librement consentis. Qu’ils soient globaux ou locaux, les comportements humains s’adapteront ainsi progressivement à l’environnement réel et modifieront les perspectives du quotidien.

Que ce soit pour l’éradication de la pauvreté, la sauvegarde des milieux naturels ou l’amélioration de la qualité de vie, l’éducation à l’environnement et au développement durable contribue à l’évolution de la culture humaine, de l’hominisation (qui s’est achevée il y a au moins 38 000 ans, avec la généralisation de l’art, transmetteur de la mémoire) vers l’humanisation (qui a débuté il y a quelques millénaires, avec l’apparition de lois visant à régler la vie et ses conflits par des voies autres que la guerre)[11]. Ainsi l’éducation à l’environnement et au développement durable participe à une meilleure gestion des émotions basiques de tout être vivant (désir, affection/lien, peur/fuite, agressivité/prédation) et à la construction d’une civilisation et de personnalités dans lesquelles le principe tout aussi fondamental du plaisir puisse s’accomplir non plus par la prédation et l’appropriation, mais de plus en plus par le partage et la coopération, initiant ainsi un nouveau type de développement qui ne serait plus basé sur le « toujours plus » de l’« exploitation-profit » mais sur le « toujours mieux » d’un « mode de vie soutenable ». Sur le terrain, l’éducation à l’environnement et au développement durable vise à former des citoyens environnementalement responsables, quelle que soit la dimension physique et territoriale, la portée de l’action et le niveau d’intervention.

Enseigner selon des méthodes interactives[modifier | modifier le code]

À la question du « pourquoi » de l’action d’éduquer à l'environnement, le président américain Grant, répondit en inaugurant le parc naturel du Yellowstone en 1872 : « ce qui m’intéresse dans la protection de la nature, ce n’est pas tant le sort des paysages, des forêts et des bêtes, que les qualités humaines que cela développe en nous ».

Concernant le « comment » de l’éducation à l'environnement, la méthodologie se confond avec les patterns d’apprentissage propres à notre espèce, où l’imprégnation[12] est essentielle : ainsi, la pratique sur le terrain favorise une adaptation directe à la réalité. La dynamique de groupe, la création de solidarité et la prise d’initiative pour la réalisation de nouvelles voies du savoir-faire et du « faire ensemble » ne peuvent pas s’élaborer sur un mode d’inculcation en milieu fermé, assis à un bureau. Dans ce contexte, la polyvalence pour une approche globale et l’exercice du débat, préparent les personnes à une pratique de la démocratie locale et globale.

Enseigner via la permaculture[modifier | modifier le code]

En Bourgogne, l'association Alôsnys développe depuis 2012 un jardin pédagogique pour accueillir des écoles lors de classes vertes et des centres de loisirs. Prendre soin d'une plante permet de donner le goût aux enfants de respecter notre Terre Nourricière. Alôsnys est un organisme de formation certifié par l'État et le jardin est cultivé suivant les règles de la permaculture. Alôsnys organise également des stages en permaculture (finançable par votre Pôle Emploi) au sein de son " Oasis ressource ". Lors des stages, il est possible de découvrir la philosophie de la permaculture et atteindre une qualité de vie sans avoir d'influence négative sur l'environnement.

Plus d'informations sur www.alosnys.com

Mise en œuvre au sein de l’enseignement secondaire français[modifier | modifier le code]

L’éducation à l’environnement pose de nombreuses difficultés pour sa mise en œuvre dans un système scolaire institutionnel :

- Sur quel concept s’appuyer : environnement ? développement durable ? transition écologique ? vivant ?[13]

- Quel rapport poser quant à l’implication personnelle, des enseignants et des élèves, quand la règle est la neutralité et la distanciation ?

- Comment aborder des sujets très complexes, sans basculer dans le simplisme ou la culpabilisation ?[14]

- Comment poser des actions concrètes, qui s’inscrivent dans le temps, face aux rythmes de l’école et au départ régulier des élèves ?


On comprend mieux dès lors la prudence de l’Education nationale. Celle-ci structure sa politique autour de deux axes :

- D’une part, les programmes [15] sont très prudents. Ils abordent tout au long de la scolarité les enjeux d’environnement, notamment en SVT et Géographie, mais sans presque citer le « Développement durable » et sans jamais dire « Transition écologique » (la seule véritable évocation est dans le préambule du programme de Géographie de Seconde, pour soutenir le choix d’une acception ad minima du mot « transition » comme outil commun aux sciences humaines).[16]

- D’autre part, toute une série de dispositifs, de labels, viennent soutenir les actions mises en place dans les établissements en-dehors des programmes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UNESCO-PNUE, La Charte de Belgrade, , 5 p. (lire en ligne)
  2. UNESCO-PNUE, Conférence intergouvernementale sur l’éducation relative à l'environnement, Paris, , 103 p. (lire en ligne)
  3. Voir [1], la circulaire n° 2004-110 du 8 juillet 2004 qui a généralisé l'EEDD dans l'enseignement français, et les textes du Bulletin officiel de l'éducation nationale de France du 8 juin 2006 sur : [2] et du 15 juillet 2004 sur : [3]
  4. « GRAINE Poitou-Charentes - Réseau d’éducation à l’environnement en Poitou-Charentes », sur grainepc.org (consulté le 27 octobre 2020)
  5. Par exemple, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a renommé le son service « Environnement et Développement durable » (sur : [4]) en « Pôle de Planification stratégique et Développement soutenable », fruit d'un compromis politique ; en fait ce n'est pas le mot « durable », c'est bien le mot « développement » qui était mis en cause, mais la collectivité, comme les gouvernements, n'est pas encore prête à consentir à la décroissance (voir sur: [5]).
  6. a b et c Conseil constitutionnel, Charte de l'environnement, 2004.
  7. « Textes fondateurs de l'éducation à l'environnement », sur www.planetecologie.org (consulté le 19 février 2010)
  8. Voir les sites [6], [7] et [8]
  9. « Déclaration finale de la Conférence des Nations unies sur l'environnement », sur www.unep.org, (consulté le 20 février 2010)
  10. Ziaka, P. (1995). L'éducation à l'environnement pour les adultes à travers les medias: aspects didactiques dans le cas de la presse écrite (Doctoral dissertation, Paris 7) notice de présentation.
  11. Jean-Louis Hartenberger: Une brève histoire des mammifères, Belin, 2001, (ISBN 978-2-7011-2860-3).
  12. Voir Maria Montessori : L’esprit absorbant de l’enfant, Desclée de Brouwer 2003, (ISBN 978-2-220-05397-4).
  13. Dominique Bourg et Alain Papaux (dir.), Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, PUF, , 1120 p. (ISBN 978-2-13-058696-8)
  14. Fairecours, « Transition écologique: enseigner l'impuissance amère ou l'engagement ? », sur Fairecours.com, (consulté le 1er octobre 2020)
  15. Eduscol, « Programmes du Secondaire », sur eduscol.education.fr, (consulté le 1er janvier 2020)
  16. Eduscol, « Programme d’histoire-géographie de seconde générale et technologique, Page 13 : Géographie : Classe de Seconde : « Environnement, développement, mobilité : les défis d’un monde en transition » », sur eduscol.education.fr, (consulté le 1er janvier 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]