Éducation à Madagascar

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Éducation à Madagascar
Élèves de l'école primaire publique à Anjozorobe.
Élèves de l'école primaire publique à Anjozorobe.
Système éducatif
Langue de scolarisation Français
Scolarité obligatoire 16 ans
Durée de la scolarité  
· Primaire 6 ans
· Secondaire 7 ans
· Supérieur de 2 à 8 ans
Budget  
· Part du PIB 2,1 % (2013)[1]
Indicateurs
Taux d'alphabétisation  
Scolarisation  
· Primaire 73 %
Diplômés  

L'éducation à Madagascar, ou système éducatif malgache, concerne l'ensemble des institutions publiques et privées de Madagascar ayant pour fonction d'assurer et de développer le système éducatif sur l'ensemble du territoire national.

Le système scolaire malgache est en majorité public, laïc, gratuit (depuis 2020) et il est obligatoire de l'âge de 6 ans jusqu'à 16 ans.

Historique[modifier | modifier le code]

Décrire l’éducation à Madagascar, cela passe par l'évocation des apports et influences extérieures qui ont considérablement marqué l’histoire de la Grande île, en particulier depuis le début du XIXe siècle.

Au XIXe siècle, c’est par le biais de la London Missionary Society que les premières écoles ont formellement vu le jour à Madagascar. En effet, bien que Radama Ier fût soucieux d’instruire le peuple malgache pour en faire "des personnes de métier et de talent", son objectif principal était avant tout d’assurer "l’ouverture de Madagascar au travail et au commerce", non de développer un système d'éducation sur l'ensemble du territoire[2].

Il existe cependant très peu de sources sur l'éducation orale dans ce qui est actuellement la nation malgache avant la période française et la loi du . À partir de cette date, l’institution scolaire malgache a été réorganisée de façon à constituer un instrument d'éducation au sein de l'état français, qui s’étendait à tous les secteurs d’activités politiques, économiques et socioculturelles[3].

L’indépendance de 1960 a plutôt renforcé une gestion des affaires orientée au profit d’une oligarchie nationale et internationale composée de dirigeants, d’industriels et de commerçants. La politique scolaire était alors calquée sur celle de la métropole française. Cette formation plutôt élitiste a été totalement remise en question par les événements de 1972. Cependant, la révolution socialiste qui en était issue n’est pas réellement parvenue à tenir toutes ses promesses en matière de décentralisation et de malgachisation de l’enseignement[3].

Face à la création massive d'écoles primaires par les communautés depuis 1975 destiné à répondre à l'explosion démographique du pays, le Ministère de l’Éducation Nationale ne parvient plus à répondre aux besoins des écoles publiques en terme d'enseignants titularisés. Devant cette situation, les associations de parents d’élèves se voient contraints de pallier cette pénurie en recrutant eux-mêmes du personnel non-formé dans les écoles spécialisées pour prendre en charge l'enseignement de leurs enfants. Ainsi, une nouvelle catégorie d’enseignants contractuels, titulaires au minimum d'un BEPC, apparait : les maîtres FRAM (FRAM étant l'acronyme de Fikambanan'ny ray aman-drenin'ny mpianatra, littéralement : « association des parents d’élèves »). Cette association nationale s’engage alors à les rémunérer de différentes manières en fonction de leurs possibilités (paddy et/ou argent liquide et/ou parcelle de terre à cultiver pendant une durée limitée…). En 2003, l'État prend en charge la rémunération des maîtres FRAM par le biais d’une indemnité mensuelle payée pendant 9 mois, financée par les droits d'inscription que les parents versent au début de chaque année scolaire. En 2007, le montant de la subvention versée à chaque maître FRAM était de 27,5 $US par mois et pendant 9 mois. Le total de ces rémunérations correspondaient à 1,8% du PIB, contre 3,1% pour les enseignants fonctionnaires. En 2007, les maîtres FRAM représentaient déjà 53% des enseignants des écoles primaires. En 2014, les effectifs de ces enseignants avaient doublé en sept ans pour atteindre le nombre de 75 000[4].

En 1990, le pays a participé à la Conférence de Jomtien (Thailande) sur l’initiative Éducation Pour Tous à l’horizon 2015. Jusqu'en 2008, la courbe d'acquisition de ces objectifs fixés pour Madagascar évolue positivement et régulièrement par les gouvernements successifs. Cela jusqu’à ce que Marc Ravalomanana, dans sa réforme de l’éducation, revienne sur quelques principes qui avaient contribué au modèle d'éducation malgache. Une des grandes lignes de la réforme de ce dernier fut notamment l’application du taux de redoublement zéro dans l’enseignement public. Ce qui eut pour effet de fluidifier le processus de scolarisation, mais également de fragiliser les acquis scolaires de nombreux élèves[5].

En 2013, les objectifs scolaires du pays étaient loin d'être atteints, avec un taux de scolarisation des adultes d'à peine 65 %[6].

À l'été 2020, l'État prend la décision de supprimer les droits d'inscription auxquels les parents d'élèves devaient s'acquitter chaque année pour assurer la scolarisation de leuurs enfants, rendant ainsi l'enseignement gratuit. Cette décision est exécutoire dès la rentrée 2020-2021[7].

Enseignement primaire[modifier | modifier le code]

C'est en 2014 que les taux de scolarisation du primaire ont atteint le même pourcentage pour les garçons et les filles[1] En 2016, le taux d'achèvement de l'école primaire était de près de 70 % pour les filles et de 65,4 % pour les garçons.

Enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

Enseignement supérieur et universitaire[modifier | modifier le code]

Education spécialisée[modifier | modifier le code]

Dysfonctionnements[modifier | modifier le code]

Les enquêtes réalisées par l'ONG Aide et Action International entre et indiquent une nette tendance à la déscolarisation à Madagascar, à la suite de la crise financière de 2008. La moitié des familles interrogées mentionnent une brusque dégradation de leurs conditions de vie les ayant amenées à réduire toutes les dépenses non vitales, comme l’achat de vêtements ou de chaussures, le logement ou encore la scolarisation des enfants les plus âgés. En 2009, un tiers des enfants interrogés déclaraient ne plus aller à l'école[8].

Financement international[modifier | modifier le code]

Particulièrement depuis 2013, des programmes d'aide internationale viennent s'ajouter aux dépenses d'état en matière d'éducation; ainsi, un financement du PME (Partenariat mondial pour l'éducation) d'environ 80 millions d'euros soutient un projet qui se concentre sur l'accès à l'éducation primaire, la qualité des enseignants et l’amélioration de l'environnement d’apprentissage dans des zones ciblées. Le projet est composé de trois éléments[9]:

  • Faciliter l'accès et la rétention en primaire en réduisant les coûts de scolarité pour les familles grâce à des subventions pour les salaires des enseignants et à des kits scolaires pour les enfants.
  • Soutenir le processus d'éducation en améliorant l'environnement d'enseignement et d'apprentissage grâce à des formations pour les enseignants et les directeurs d'école, à des financements scolaires dans les régions vulnérables, à l'amélioration des infrastructures scolaires, ainsi qu’à l'alimentation scolaire.
  • Renforcer les fondements du système de l'enseignement primaire en reconstruisant la capacité des parties prenantes, et en améliorant la participation communautaire ainsi que la responsabilité sociale.

Le ministère de l'Éducation nationale malgache gère le projet de PME en partenariat avec la Banque mondiale et l'UNICEF. Le programme actuel financé par le PME a contribué aux résultats suivants dans le secteur de l’éducation :

  • Des subventions ont été allouées à 21 653 écoles au mois de et des formations sur la responsabilité sociale ont été dispensées aux associations de parents d’élèves et aux comités de gestion des écoles
  • Environ 600 écoles ont bénéficié d’un programme d'alimentation scolaire profitant à 121 200 enfants
  • Environ 1,8 million de kits scolaires contenant des fournitures de base pour les enfants de l'école primaire ont été distribués à partir de 2015
  • 15 843 enseignants communautaires et directeurs d'école ont été formés dans cinq régions ciblées
  • Les salaires de 21 606 enseignants communautaires ont été subventionnés dans 12 zones ciblées en 2014
  • Un diagnostic du secteur de l'éducation a été réalisé pour préparer l'élaboration du plan sectoriel d'éducation

Ce programme des Nations unies d'assistance à l'éducation à Madagascar continue depuis, avec notamment une demande de fonds d'environ 40 millions d'euros (46M USD) en 2017[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Madagascar / Partenariat mondial pour l'éducation », sur globalpartnership.org (consulté le 4 septembre 2020).
  2. RANAIVO, Velomihanta. Le système éducatif de Madagascar. In Revue internationale d'éducation de Sèvres, 2007, vol.46, p.125-132
  3. a et b Ranaivo, Velomihanta, « Le système éducatif de Madagascar », Revue internationale d’éducation de Sèvres, Centre international d’études pédagogiques (CIEP), no 46,‎ , p. 125–132 (ISBN 978-2-8542-0574-9, ISSN 1254-4590, lire en ligne, consulté le 4 septembre 2020).
  4. « Madagascar. Qu’est-ce que les maîtres FRAM ? », sur www.madagate.org (consulté le 20 septembre 2020)
  5. http://www.fes-madagascar.org/media/publications/Policy_paper_2012/Policy_Paper_Education_a_imprimer.pdf
  6. Taux de scolarisation des adultes de 2011, donné par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans son Rapport Mondial sur le Développement Humain (RMDH) 2011 intitulé « Durabilité et équité : un meilleur avenir pour tous », New York, 2011, p.187.
  7. « EDUCATION – L'Etat réitère la gratuité des inscriptions et annonce le non-paiement des cotisations Fram dans les établissements scolaires publics pour la rentrée 2020-2021 », sur 2424.mg - L'actualité quotidienne en temps réel, (consulté le 20 septembre 2020)
  8. http://www.aide-et-action.org/wp-content/uploads/2014/07/omd-2015-le-mirage.pdf
  9. http://documents.worldbank.org/curated/fr/419391467996695749/pdf/RES21795-PJPR-PUBLIC-PAUET-P132616-Full-RESTRUCT-English-for-disclosure.pdf
  10. « Allocation d’un financement pour la mise en œuvre du programme sectoriel de l’éducation de Madagascar. Janvier 2018 », sur globalpartnership.org (consulté le 4 septembre 2020).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Marie-Christine Deleigne, Un siècle d'école dans l'Androy (XXe-début XXIe siècle) : logiques politiques, sociales et familiales de la scolarisation dans une région de Madagascar, Université Sorbonne-Paris-Cité, 2016 (thèse de sociologie/démographie),
  • Sandrine Rapiera, Comprendre les pratiques des technologies de l'information et de la communication à travers le système des relations : cas de l'enseignement supérieur public malgache, Université Montpellier 3, 2011, [lire en ligne] (thèse de sciences de l'information et de la communication)
  • Sahondra Olivia Rakotoson, L'enseignement de la langue maternelle malgache au primaire, depuis 1958 : l'enjeu de l'élaboration des programmes scolaires dans un contexte multilingue, Université Sorbonne-Paris-Cité, 2019 (thèse de sciences du langage)
  • Nelly Rakoto-Tiana, L'école primaire pour tous ? : Politiques éducatives, demande d'éducation et travail des enfants à Madagascar, Université Paris 13, 2011, 198 p. (thèse de sciences économiques)
  • Velomihanta Ranaivo, « Le système éducatif de Madagascar », in Revue internationale d'éducation de Sèvres, no 46, , p. 125-132, [lire en ligne]
  • Joseph Razafiarimanana, Ouverture, rupture et continuité des politiques scolaires malgaches dans l'enseignement primaire et secondaire de 1820 à 2003, Université d'Amiens, 2012, 357 p. (thèse de sciences de l'éducation)