Édouard Van Beneden

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Édouard Van Beneden
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Édouard Van Beneden

Naissance
Louvain (Belgique)
Décès
Liège (Belgique)
Nationalité Drapeau de la Belgique Belgique
Champs zoologiste, embryologiste
Institutions Université de Liège
Renommé pour Découverte de la méiose
Distinctions Prix quinquennal des Sciences en 1871, 1887 et 1891

Édouard Joseph Louis Marie Van Beneden, né à Louvain le et mort à Liège le , est un zoologiste et embryologiste belge, professeur à l'Université de Liège, découvreur de la méiose.

Il était le fils du paléontologiste Pierre-Joseph Van Beneden (1809-1894).

Biographie[modifier | modifier le code]

Les informations de cette section sont issues en majeure partie du livre de Gabriel Hamoir[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Édouard van Beneden est fils de Rosalie Valcke et de Pierre-Joseph van Beneden, professeur de zoologie, d'anatomie comparée et de paléontologie à l'Université Catholique de Louvain depuis 1836. Il a quatre soeurs. Il fait sa scolarité au collège du Petit Séminaire de Saint-Trond. Edouard termine sa rhétorique en 1863 avec un 1er prix d'excellence au classement général. Il suit brillament pendant deux ans le double cursus de licence en Sciences Naturelles et en Sciences appliquées. Il hésite sur la voie à suivre. En 1865, il jette un coup d'oeil dans un microscope sur des vers parasites, des Cysticerques, que son père étudiait. Il semble que cette expérience l'ait définitivement motivé pour la biologie plutot que pour l'ingénierie. En 1865-1866, il suit les cours d'anatomie comparée de son père. En 1867, il obtient le titre de docteur en Sciences Naturelles avec la plus grande distinction. Edouard van Beneden est plus intéressé par la biologie fondamentale que par la systématique. Il se lie d'amitié avec un confrère et ami de son père, Theodor Schwann, qui avait été professeur à Louvain mais qui était à ce moment professeur à l'Université de Liège.

En 1868, alors qu'il n'a que 22 ans, l'Académie Royale lui décerne le premier prix et une médaille d'or pour sa réponse à la question "Faire connaître la composition anatomique de l'œuf dans les différentes classes du règne animal, son mode de développement et la signification des différentes parties qui la constitue". Sa réponse, intitulée; "Sur la composition et la signification de l'œuf", démontre, en s'appuyant sur de multiples exemples tirés de la riche collection zoologique de son père, que tout œuf est une cellule composée d'un noyau, d'un protoplasme et d'une enveloppe, et que les différences observées entre espèces sont d'importance secondaire. Il affirme:

« Rien de ce qui vit ne prend naissance par génération spontanée; toute unité vitale procède d'une unité vitale antérieure; l'organisation et la vie ne commencent ni ne se terminent jamais; leur durée est à la fois continue et indéfinie; elles sont continues en ce que le seul mode de reproduction des unités vivantes est la division; indéfinie, grâce à la syncytose (fusion de deux ou plusieurs cellules); la doctrine de l'évolution est donc seule conforme aux principes des sciences positives; elle nous apparaît comme la conséquence des lois de la propagation des êtres. »

Cette déclaration est très conforme aux vues de Theodor Schwann sur l'œuf. Edouard continue à travailler, spécialement, dans le petit laboratoire de biologie marine créé à Ostende par son père à qui il soumet ses découvertes. Grâce aux contacts de son père et de Schwann, Edouard fait un grand voyage en Europe en 1868-1869. En Allemagne il visite Max Schultze à Bonn, Hermann von Helmholtz à Heidelberg, Karl von Siebold à Münich, et Karl Leuckart à Giessen. A Wurzbourg, il rencontre le Suisse Albert von Kölliker, père de l'histologie et embryologiste. Il séjourne aussi trois mois à Concarneau où il étudie les Copépodes, parasites des poissons. Il va aussi à Londres où il rencontre un grand ami, Ray Lankester.

Professeur[modifier | modifier le code]

Van Beneden se porte candidat à un poste de professeur de physiologie à l'Université de Louvain. Il n'est pas retenu mais l'Université de Liège lui propose la succession de Théodore Lacordaire. Il est nommé chargé de cours de zoologie et d'anatomie comparée à Liège en 1870, professeur associé en 1871 et, finalement, professeur ordinaire en 1874 pour les cours de zoologie, d'anatomie et physiologie comparées et enfin d'embryologie. Voici ce qu'écrit Édouard à ses parents le 28 octobre 1870 après avoir donné ses deux premiers cours (cité par Hamoir[1] page 34):

« Très chers parents,
Je viens de terminer ma seconde leçon que je considère plutôt comme mon début. J'en suis très satisfait. J'ai toute confiance maintenant dans l'avenir et je suis tranquille. J'ai parlé pendant 1h1/2 sans aucune note. Je me trouvais aussi à l'aise qu'à ma chambre et je n'ai pas perdu du tout le fil de mes idées. J'ai parlé assez lentement pour pouvoir leur permettre de prendre des notes et tous en prennent depuis le commencement jusqu'à la fin de la leçon. L'attention s'est soutenue jusqu'à la fin et je n'ai qu'à me louer de l'attitude de mon auditoire. J'avais plus de 50 auditeurs. Mais je suis très fatigué.Une heure et demie, c'est trop long. Je vous donnerai tous les détails samedi...
Spring a dit hier à Vanlair qu'il avait appris que les élèves avaient été très satisfaits de mon début.
Je vais me reposer aujourd'hui...Adieu, à samedi.
Votre tout dévoué Édouard »

De leur côté, les étudiants seront toujours fascinés par son enseignement. Albert Brachet qui a suivi les leçons d'Edouard van Beneden entre 1887 et 1890 témoigne[2]:

« Dès sa première leçon, il s'imposait à ce milieu complexe, formé pourtant d'une grande majorité d'indifférents auxquels ne se mêlaient que quelques esprits curieux vraiment désireux d'apprendre et de comprendre. Sans jamais s'aider de notes, il parlait assez lentement pour que ses auditeurs puissent prendre un résumé complet de la leçon et reproduire les nombreux croquis dont il accompagnait son exposé. Malgré les complications progressives d'un cours étendu, l'attention ne se relâchait pas. C'est parce qu'un lien solide et continu enchaînait tous les faits particuliers qu'il exposait et que ce lien ressortait, se dégageait peu à peu, et l'on apercevait alors qu'il était fait de deux grandes idées, bases fondamentales de la biologie morphologique, dont il voulait avant tout que ses élèves fussent imprégnés: le transformisme et la théorie cellulaire. » Il faut noter qu'Edouard van Beneden enseignait l'évolutionnisme (Darwin) plutôt que le transformisme (Lamarck), théories que Brachet semble confondre.

Quelques années plus tard, Hans von Winiwarter suit les cours de Van Beneden pendant sa première année d'études de médecine (cité par Hamoir[1] pages 36-37):

« Je me souviendrai toujours de ma première leçon de zoologie qui fut aussi le premier cours auquel j'assistais à l'Université. Ce fut une véritable révélation, mais aussi ce jour-là mon destin fut fixé (...) J'ai la conviction que bien d'autres que moi ressentirent un pareil coup de foudre qui modifia peut-être leur carrière ultérieure ou influença leurs recherches.
De plus Van Beneden possédait un extraordinaire talent d'exposition. Les problèmes les plus complexes comme les questions les plus ardues étaient présentés en phrases simples et claires composées de mots courants, renforcés de temps en temps par des comparaisons imagées mais tout aussi banales. Sa démonstration se déroulait tout naturellement sans difficulté apparente; et tout à coup, la conclusion s'imposait d'elle-même, et, chose plus surprenante, se gravait dans la mémoire au point qu'il n'était plus nécessaire de revoir les notes prises en cours...
Au cours de zoologie, le maître s'attachait aux principes généraux, à l'étude de la cellule et des groupes d'animaux inférieurs, ne rappelant que les grandes lignes des classes les plus élevées. D'aucuns n'ont pas compris la portée d'une telle délimitation. Pour le futur médecin cependant, les animaux inférieurs, surtout les protozoaires, prennent de jour en jour une importance plus grande et la connaissance approfondie de l'organisme élémentaire, la cellule, est indispensable pour la juste compréhension de l'histologie, de l'embryologie et de l'anatomie...
Quand au cours d'embryologie, il constituait un exemple vraiment unique en son genre car Van Beneden l'avait pour ainsi dire bâti de toutes pièces sur des recherches personnelles. »

Après s'être installé à Liège et avoir achevé sa première année universitaire, en juillet et août 1871, il retourne en Allemagne. A Iéna, il rencontre Anton Dohrn, au moment où ce dernier cherche à créer une station zoologique à Naples, ce qui sera réalisé en septembre 1873. Il rencontre également Karl Gegenbaur, grand morphologiste, et Ernst Haeckel, grand évolutionniste.

Van Beneden est admis à l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, comme membre associé le 15 décembre 1870 et comme membre titulaire le 16 décembre 1872.

En 1872, à 30 ans, il effectue un voyage en bateau au Brésil, voyage qui évoque celui du jeune Charles Darwin à bord du Beagle quarante ans auparavant. Il observe méthodiquement la faune aquatique au large de Rio de Janeiro. Il découvre une nouvelle espèce de dauphin, Sotalia Brasilensis.

A son retour en 1873, il crée son propre laboratoire à l'Université de Liège. Il obtient, en particulier la création d'un laboratoire de microcopie qui permet à ses assistants de travailler et aux étudiants qui le désirent d’accéder aux observations microscopiques.

En 1880, il fonde, avec Charles Bambeke, les Archives de Biologie.

Vers 1880, une nouvelle loi introduit l'enseignement des sciences naturelles à l'école primaire et préconise de développer le sens de l'observation des enfants. Les instituteurs de Wallonie sollicite Edouard van Beneden pour leur apporter les connaissances indispensables pour remplir leur nouvelle mission. Van Beneden répond avec enthousiasme. Du 1er au 14 septembre 1881, il réunit les instituteurs et leur prodigue 10 leçons et 7 séances de travaux pratiques. Il rédige un texte de 159 pages illustré de 70 figures. Les années suivantes, le cours d'été est enrichi et donné par Julien Fraipont et Charles Julin, assistants de van Beneden.

Le 16 décembre 1882, à 36 ans, Edouard van Beneden épouse Berthe Dequesne, fille d'un magistrat de Bruxelles. Il auront trois filles.

Statue d'Édouard van Beneden devant l'Aquarium et musée de zoologie

Grâce à son beau-père, Pierre-Joseph van Beneden avait installé, à ses frais, un laboratoire et un aquarium à Ostende en 1843 pour initier les recherches de biologie marine en Mer du Nord. En 1883, Édouard van Beneden et Charles Bambeke installent les bases d'une station de biologie marine publique à Ostende dans un bâtiment appartenant à l'Etat. Ils se procurent un petit chalutier. Van Beneden obtient le soutient financier de l'Université de Liège pour développer la station.

De 1885 à 1888, les professeur Édouard Van Beneden, Constant-François Vanlair et Voltaire Masius élaborent avec l'architecte Lambert Noppius les plans du grand Institut de Zoologie de l'Université de Liège qui est construit sur la rive droite de la Meuse, sur le Quai Édouard van Beneden.

Édouard van Beneden meurt à Liège le 28 avril 1910 à l'âge de 74 ans.

Son élève Paul Cerfontaine publia ses derniers travaux et poursuivit son œuvre après sa mort.

L'influence de Van Beneden fut considérable à Liège, où une importante école d'embryologie comparée et expérimentale se constitue autour et après lui.

Travaux[modifier | modifier le code]

Le zoologiste Edouard Van Beneden apporte une contribution fondamentale à la connaissance du mécanisme de la division cellulaire et de la fécondation de l'œuf par le spermatozoïde. Il montre que l'œuf vierge est bien une cellule vivante détachée de l'organisme maternel et rendu capable de multiplication par la fécondation.

Il est nommé professeur ordinaire à l'université de Liège en 1874 pour les cours de zoologie, d'anatomie et physiologie comparées et enfin d'embryologie. Il devient donc le digne successeur de Theodor Schwann (1810-1882) dans sa charge professorale.

En 1883-1884, dans une mémorable étude des Archives de Biologie, Van Beneden met en évidence dans la cellule reproductive de l'ascaris (ver parasite de l'intestin du cheval) le phénomène de la méiose, c'est-à-dire la réduction des chromosomes des cellules sexuelles et le rôle du noyau dans la fécondation.

Il découvre également le fonctionnement de base de la mitose, qui contrairement à la méiose dote les cellules-filles de l’intégrité des chromosomes.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gabriel Hamoir, La révolution évolutionniste en Belgique. Du fixiste Pierre-Joseph van Beneden à sont fils darwiniste Edouard, Liège, Editions de l'ULg (Université de Liège), , 193 p. (ISBN 9782930322339, lire en ligne)
  2. Albert Brachet, « Notice sur Edouard van Beneden, membre de l'Académie », Annuaire de l'Académie Royale de Belgique,‎ , p. 167-242 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article externe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]