Édouard Thomas Burgues de Missiessy

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Édouard Thomas de Burgues
Comte de Missiessy
Missiessy, lithographie de Charles Jérémie Fuhr (né en 1832 à Bayonne), d'après Maurin (peintre), Musée national du château de Compiègne
Missiessy, lithographie de Charles Jérémie Fuhr (né en 1832 à Bayonne), d'après Maurin (peintre), Musée national du château de Compiègne

Surnom Missiessy-Quies
Burgues-Missiessy
Naissance 23 avril 1756
à Toulon
Décès 24 mars 1837 (à 81 ans)
à Toulon
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Grade Vice-amiral
Années de service 17681832
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution et de l'Empire
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de Saint-Louis
Grand-croix de l'ordre de la Réunion
Commandeur de l'ordre du Saint-Esprit
Comte d'Empire
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (1re colonne)
Autres fonctions Préfet maritime de Toulon
Vice-président du Conseil d'Amirauté

Édouard Thomas de Burgues, seigneur puis comte de Missiessy, né le 23 avril 1756 à Toulon et mort dans la même ville le 24 mars 1837, est un vice-amiral français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Édouard Jacques Burgues descend de la famille des Burguès, une ancienne famille de la noblesse catalane originaire du village d'Estagnol, juridiction et évêché de Girone, dans la principauté de Catalogne. Son origine remonte à l'an 1100 et elle s'installe en France à partir du XIIIe siècle. Elle a fourni au royaume de France un grand nombre d'officiers de marine.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il n'avait pas fait d'études préparatoires pour la marine : il l'aborda en praticien. Il naviguait avant l'âge de dix ans, et, à 14 ans il était garde-marine. Il sentit alors le besoin d'étudier les mathématiques, et il se livra avec ardeur à ce travail. En 1776, une déclaration ministérielle rendit indispensables les connaissances qu'il avait acquises, et annonça que les places d'enseigne de vaisseau ne seraient plus données qu'au concours.

La déclaration de guerre de 1777 amena une promotion dans le personnel actif de la marine, et Missiessy, élevé au grade d'enseigne de vaisseau, fait, sur le vaisseau le Vaillant, sous les ordres du comte d'Estaing, cette campagne qui rendit les premiers services à la cause américaine. Il participe à la guerre d'indépendance des États-Unis. Il reste deux ans avec cette escadre, et prend part à tous les combats qu'elle eut à soutenir contre les Britanniques.

En 1780, il passe comme second sur la Surveillante, une frégate de 32 canons. Le 5 juin 1781, près de l'île de Moyant, il attaque le vaisseau britannique HMS Ulysse, de 50 canons, et après un combat glorieux, il l'oblige à fuir, à moitié incendié et désemparé.

Il est fait lieutenant de vaisseau, et la paix le ramena à Toulon sur le vaisseau le Censeur. Pour mettre à profit son expérience, il rédige un livre des signaux communs à toutes les armées navales; le ministre l'adopte et le fait imprimer. Ses Observations sur l'arrimage des vaisseaux ont le même succès. En 1789, il en publie un traité sur l'ordre du gouvernement.

Un courrier extraordinaire le charge le 2 novembre 1791 du commandement de la frégate La Modeste. Le dey d'Alger avait méconnu le pavillon français, capturé trois navires et menaçait de mettre le consul français à la chaîne : il s'agissait de le rappeler au respect du nom français. La frégate la Modeste était disposée en flûte, en trois jours, elle est armée en guerre : Missiessy part le 5, mouille le 7, obtient du dey audience et satisfaction, et reparaît dans le port de France avant qu'on eût cessé de s'entretenir de son départ.

Lors de la promotion du 1er janvier 1792, il est fait capitaine de vaisseau au choix; il passe alors sur le vaisseau le Centaure, et devint chef de file de l'escadre de l'amiral Truguet.

Contre-amiral un an plus tard, il est incarcéré, au mois de mai suivant, avec plusieurs notables de Toulon. Aussitôt qu'il retrouve la liberté, il part pour l'Italie, où il reste jusqu'en l'an IV.

Il est alors attaché au dépôt des plans et cartes de la marine à Paris, et adjoint ensuite au célèbre Borda, pour mettre en usage, dans les ports et les arsenaux, le nouveau système des poids et mesures. Quelque temps après, il est nommé directeur-adjoint de l'École des constructions navales. C'est en l'an VI, pendant son séjour à Paris, qu'il publie, par ordre du gouvernement, son ouvrage sur l'installation des vaisseaux.

Avec la Révolution française, il est contraint de dissimuler ses origines aristocratiques et signe Missiessy-Quies jusqu'en 1804, puis Burgues-Missiessy à partir de 1805. Chef d'état-major général, de l'an IX à l'an X, de l'armée combinée, réunie à Cadix sous les ordres de l'amiral Truguet, il fut rappelé à Paris avec le titre de préfet maritime.

C'était la première fois que la capitale reconnaissait l'autorité d'un semblable fonctionnaire; c'est que la Seine était devenue un grand chantier maritime, où se faisaient les préparatifs d'une descente au Royaume-Uni. Au mois de messidor an XI, il se rend au Havre avec les mêmes fonctions et la mission spéciale d'accélérer la construction des bâtiments de la flottille. Trois mois après, le gouvernement le met à la tête d'une division de l'armée des côtes de Brest. Il reçoit la croix de membre, puis de commandeur de la Légion d'honneur, les 19 frimaire et 25 prairial an XII.

En l'an XIII, Missiessy commandait en chef l'escadre de Rochefort, composée de trois vaisseaux de ligne, trois frégates et deux bricks. Il portait 3 500 hommes de troupes, aux ordres du général de division Lagrange, et, en outre, 5 000 fusils, 5 milliers de poudre et un train considérable d'artillerie destinés aux colonies françaises, l'ordre était de se rendre aux Antilles avec la plus grande diligence, et, en attendant l'escadre de Toulon, de ravitailler les colonies de la France et de ravager celles du Royaume-Uni.

Missiessy part le 21 nivôse, et après une lutte de douze jours contre la tempête, dans le golfe de Gascogne, il entre, le 21 février, dans le canal qui sépare la Martinique de Sainte-Lucie. Quatre colonies britanniques, la Dominique, Niévès, Montserrat et Saint-Christophe, sont ravagées et désarmées, les navires pris, des contributions frappées, les troupes ennemies prisonnières.
La Guadeloupe, la Martinique, Saint-Domingue sont ravitaillées d'hommes, de vivres, de munitions. Le 21 mars 1805, il envoi des renforts lors du siège de Santo Domingo, qui feront lever le siège. Missiessy est ensuite rappelé en France. Il réaparait, le 30 floréal, dans le port de Rochefort. Il avait perdu deux bâtiments suite à une tempête dont le Topaze jeté sur les côtes du Portugal et Le Faune commandé par le général Brunet pris dans une tempête et capturé par les anglais. A son bord la légion du Midi : des piémontais incorporés dans les troupes française par Napoléon; les hommes de la Faune épuisés par la faim et la soif sont torturés par les Anglais. Certains succombent dont le capitaine Joseph Viansson-Ponté, le 28 août 1805 son corps est jeté à la mer. Le général Brunet est remis en liberté en 1814. Campagne inutile et meurtrière. Le reste de la flotte rentre à Rochefort. Les victoires des Antilles n'attirent pas sur Missiessy les faveurs du gouvernement ; il a même à se défendre de certains reproches que lui adressent les feuilles officielles, et il réclame vainement le grade de vice-amiral ; il ne l'obtient qu'en mars 1809. Il y avait treize mois alors qu'il avait été rendu au service actif et appelé au commandement en chef de l'escadre de l'Escaut. C'était un poste de confiance et d'honneur. Là devait se porter tout l'effort de l'expédition britannique, dont le but était la destruction du port d'Anvers.

Article détaillé : Expédition de Walcheren.

Le 29 juillet 1809, on signale la flotte britannique; elle se composait de 22 vaisseaux de ligne et de 120 autres bâtiments de guerre. Le fort Bathz est abandonné, Flessingue capitule; cependant, le 7 septembre suivant, il ne restait pas un seul vaisseau ennemi en face de la ligne de défense, si puissamment organisée par l'amiral français. L'Empereur confère à Missiessy le titre de comte avec une dotation de 4 000 francs de rente, et, par lettres patentes, il le nomme commandant en chef des côtes du Nord. Cette entreprise, honteuse pour ses armes, coûta au Royaume-Uni 7 000 hommes et 3 millions de livres sterling. Cette appréciation résulte des débats qui ont eu lieu dans les deux chambres du parlement britannique.

Le coup de main de Flessingue avait vivement préoccupé l'Empereur; en 1811, il va lui-même inspecter l'escadre de l'Escaut. Une dotation de 20 000 francs de rente et son élévation au grade de grand officier de la Légion d'honneur prouvent à Missiessy qu'il était aussi satisfait du présent que du passé. Son escadre se composait alors de 17 vaisseaux. L'année suivante, plusieurs bâtiments sortent encore des chantiers d'Anvers, et l'amiral, à cette occasion, est nommé grand-croix de l'ordre de la Réunion.

Les événements de 1813 et 1814 amenèrent sur Anvers les Prussiens et les Britanniques réunis. La ville fut bombardée, et l'incendie menaçait la flotte française réunie dans ce port. Missiessy l'en préserva par l'habileté de ses mesures et il ne désarma que sur l'ordre du roi. 11 se rendit alors à Paris, et vint offrir à Louis XVIII sa soumission et ses services. Il est nommé grand-croix de la Légion d'honneur.

En 1815, à la nouvelle du débarquement de Napoléon Ier, les officiers de marine présents à Paris forment une compagnie dont Missiessy a le commandement. Le 20 mars, il donne sa démission, et il ne reprend du service qu'au mois de juillet suivant, en qualité de préfet maritime à Toulon, et, l'année suivante, il reçut le titre de commandant de la marine. Commandeur de Saint-Louis à cette dernière époque, il devint grand-croix de l'Ordre en 1823, et l'année suivante, il est nommé vice-président du Conseil d'Amirauté qui venait d'être créé.

Charles X l'élève à la dignité de chevalier-commandeur de l'ordre du Saint-Esprit le 2 juin 1827.

Il publie un Aperçu sur le Matériel de la Marine en 1829 et sa justification sur ses choix lors de l'expédition de Saint Domingue à Haïti.

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 1re et 2e colonnes.

Admis à la retraite par ordonnance royale du 23 avril 1832, il est mort le 24 mars 1837.

Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Nord.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]