Édouard Poppe

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Édouard Poppe
Image illustrative de l'article Édouard Poppe
Prêtre et Bienheureux
Naissance 18 décembre 1890
Tamise, Belgique
Décès 10 juin 1924  (33 ans)
Moerzeke, Belgique, Province de Flandre-Orientale
Nationalité Belge
Vénéré à Belgique, Flandre
Béatification 3 octobre 1999 Rome
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique
Fête 10 juin

Le bienheureux Édouard Poppe, né le 18 décembre 1890 à Tamise (Belgique) et décédé le 10 juin 1924 à Moerzeke (Belgique), est un prêtre catholique belge du diocèse de Gand qui fut apôtre de l'Eucharistie et de la Mission. Béatifié en 1999 il est liturgiquement commémoré (localement) le 10 juin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Édouard Poppe est né le 18 décembre 1890 à Tamise, en Belgique dans une modeste famille de boulangers installés au bord de l’Escaut. Il est l’ainé des onze enfants de Désiré Poppe et Josefa. Profondément religieux les parents leur donnent une bonne éducation chrétienne. De la fratrie trois mourront en bas âge, deux deviendront prêtres et trois religieuses.

A 13 ans son père voulait l’envoyer à Anvers pour apprendre l’art de la pâtisserie et contribuer au commerce familial, mais il s’incline devant le désir de son fils qui souhaite devenir prêtre. Le jeune homme est alors envoyé au collège de Saint-Nicolas pour y faire les humanités latines.

En 1907 le père d’Édouard meurt, et ce dernier songe abandonner les études pour subvenir aux besoins de la famille. Mais frères et sœurs s’unissent pour lui permettre de continuer sur la voie sacerdotale. En 1910 il passe brillamment so certificat de fin d’études secondaires. Suivent deux ans de service militaire obligatoire (1910-1912) Caserné à Louvain il fait parallèlement des études de philosophie à l’université.

De la caserne il passe au ‘Séminaire Léon XIII’ fondé par le cardinal Mercier et obtient son doctorat en philosophie avec grande distinction, en 1913. Ses études de théologie sont faites au grand séminaire de Gand, diocèse auquel il appartient. Les circonstances de guerre font que son ordination sacerdotale ne pourra avoir lieu que le 1 mai 1916.

Vie pastorale et catéchèse[modifier | modifier le code]

Sa première nomination, en tant que vicaire, fut à la paroisse Sainte Colette, dans un quartier ouvrier de Gand. C'était pendant la Première Guerre mondiale. Le jeune prêtre est d’abord désorienté. C’est la guerre et le quartier connait la misère. Édouard met toute sa foi et son enthousiasme à soulager les pauvres ; il visite les malades et blessés. Il s'occupe aussi activement de l'éducation religieuse des enfants[1]. Il prend conscience alors de la déchristianisation grandissante des populations qui l'entouraient.

À la fin de la guerre, pour des raisons de santé, l'abbé Poppe doit passer la main au centre de catéchèse et quitter la ville. Il est alors affecté, en zone rurale, à Moerzeke où il sera l’aumônier de la communauté des religieuses de Saint Vincent de Paul, de 1918 à 1922. Il profite de ces années plus calmes pour écrire sur les sujets de préoccupation contemporaine, en stigmatisant les problèmes posés à cette époque par l'émergence du marxisme, et le matérialisme qui rongent à la fois l'Église et la société. Il n’oublie pas les enfants : son recueil ‘Geestelijke leiding voor kinderen’ a un grand succès de librairie. Il est en outre grand promoteur de la dévotion eucharistique, surtout parmi les jeunes.

Auprès des jeunes prêtres[modifier | modifier le code]

En 1922 Poppe est nommé directeur spirituel des séminaristes et religieux belges qui font leur service militaire au ‘Centre d'Instruction pour Brancardiers Infirmiers’ [CIBI] de Bourg-Léopold. Le cardinal Mercier avait remarqué l’influence bénéfique qu’Edouard Poppe avait sur les jeunes prêtres de son diocèse.

Cependant des alertes sérieuses, quelques crises cardiaques mineures qui se succèdent, font que l’on commence à craindre pour sa santé. Il doit réduire ses activités. Il est déjà affaibli. Une nouvelle crise cardiaque en mars 1924 signale que la fin est proche. Il apprend à « se livrer, mains vides, au feu du brasier de l'amour de Dieu pour la sanctification de ses confrères ». L’abbé Edouard Poppe meurt, à Moerzeke, le matin du 10 juin 1924. Il a à peine 34 ans.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Le 15 septembre 1920, l'abbé Poppe visite la tombe de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face à Lisieux. C'est en ce lieu qu'il aura une révélation qui engagera son évolution spirituelle. Il témoigne qu'il a reçu là « la plus grande grâce de sa vie ». Dorénavant, la petite voie de Sainte Thérèse sera son chemin intérieur.

Sa maison était ouverte à tous, elle devient lieu de prière et de vie. Il accueille et console, amenant les fidèles sur le chemin de la paix et de la réconciliation.

Le Père Poppe, par sa foi chrétienne profonde et son sens de la Mission a réussi à mobiliser tous les éducateurs pour une campagne de réévangélisation, centrée sur l'Eucharistie.

Inspiré par l’ouverture eucharistique du pape Pie X il a créé pour les enfants la croisade eucharistique qui se diffusera bien au-delà des frontières. Ayant connu la maladie et l'épreuve, il rappellera aux malades que la prière et l'amour de Marie sont les fondements de la mission de l'Église.

Poppe est en avance sur son temps : il s'est investi dans de multiples domaines, la catéchèse, l'apostolat des laïcs, le renouveau liturgique, les mouvements sociaux, avec cette parole : « Toi d'abord, les autres ensuite »[2]

L'abbé Poppe a beaucoup écrit : une dizaine de petits ouvrages, destinés surtout à encourager une vie chrétienne profonde et engagée, environ 300 contributions dans des revues et publications diverses, et des milliers de lettres.

Souvenir et vénération[modifier | modifier le code]

  • En 1960 une chapelle Saint-Pie X fut construite dans le domaine du château près de l’église de Moerzeke pour y recevoir les restes mortels d’Édouard Poppe. Elle est populairement appelé le ‘’’sanctuaire du prêtre Poppe’. Des pèlerinages y sont organisés.
  • Édouard Poppe a été béatifié le 3 octobre 1999 par le Pape Jean-Paul II. A cette occasion le Pape prononça ces mots : « Le Père Poppe, qui a connu l'épreuve, adresse un message aux malades, leur rappelant que la prière et l'amour de Marie sont essentiels à l'engagement missionnaire de l'Église ».
  • Le bienheureux Edouard Poppe est liturgiquement commémoré comme ‘mémoire facultative’ le 10 juin. Dans le diocèse de Gand, cette célébration a le rang de ‘mémoire obligatoire’.

Citations[modifier | modifier le code]

  • À propos des écrits de sainte Thérèse : « Ce livre, m'a donné plus de plaisir et de profit que n'importe quel ouvrage de philosophie; j'y ai appris des choses que des années d'étude ne m'auraient pas fait découvrir».
  • À un prêtre qui le trouve devant le Saint Sacrement et lui demande ce qu'il fait : « Je ne fais rien; je tiens simplement compagnie à Notre-Seigneur. Je suis trop fatigué pour lui parler, mais je me repose près de lui».
  • À un ami député, sensible à la condition ouvrière : « Je demande à Dieu, de vous donner de conformer vos convictions politiques et sociales à l'Évangile. Je serais heureux si même un seul député comptait sur Dieu pour obtenir un résultat valable de ses efforts ».

Écrits[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Martial Lekeux a écrit une biographie d'Édouard Poppe : Le secret de l’apostolat dans la vie de l’abbé Édouard Poppe, aux Éditions Desclée De Brouwer, Bruges, 1950.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’éducation religieuse des enfants deviendra le ‘charisme’ de l’abbé Poppe. Quarante ans avant que le concile Vatican II ne donne une grande importance à la formation à la foi chrétienne (la ‘catéchèse’) il a compris l’importance de prêcher l’Évangile de manière adaptée aux enfants. Il composera plusieurs manuels de catéchèse enfantine et sera l’âme du premier centre de formation pour catéchistes, à Gand
  2. dans le sens que lui donnait son supérieur au séminaire : « Se sanctifier pour sanctifier les autres »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lettre pastorale de Dom Antoine Marie osb, abbé
  • Osservatore Romano: 1999 n.40 p.1-3 - n.41 p.2 - n.51 p.17
  • Documentation Catholique: 1999 n.19 p.965
  • Pastoralia, revue de l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles. Ed septembre 2013.

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Liens externes[modifier | modifier le code]