Édouard Otlet

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Édouard Otlet
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Fonction
Sénateur
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
BlanquefortVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfants
Paul Otlet
Maurice Otlet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Édouard Otlet en 1887

Édouard Otlet, né Édouard Barthélemi-Lucien-Joseph Otlet[1], à Bruxelles le et mort à Blanquefort le , est un politicien et entrepreneur belge du XIXe siècle. Il se lance dans le secteur des tramways.

Ses succès lui valent le titre de roi des tramways dans les années 1880[2].

Il est présent dans toute l'Europe. À l'aube du XXe siècle, son entreprise florissante subit des revers répétés. La banqueroute intervient au moment de la crise économique de 1900. Sa collection d'œuvre d'art est alors vendue[3]. Son fils, Paul Otlet, l'un des fondateurs de l'Office International de Bibliographie ou du Mundaneum, hérite de l'esprit d'entreprise de son père.

L'homme des tramways dans la Belgique industrielle[modifier | modifier le code]

C'est en 1867 qu'Édouard Otlet se lance dans la construction et l'exploitation de chemin de fer dans le nord de la France. Il est associé à André Lebon, qui vient de quitter les entreprises Philippart[4],[5].

En 1875, il réoriente son activité et crée sept sociétés de tramways disséminées dans toute l'Europe. Sa fortune est suffisante pour lui permettre d'acquérir en 1880, l'Île du Levant, située en Méditerranée[6]. Il commence à mettre sur pied une collection d'œuvres d'art dans sa demeure, chaussée de Charleroi à Bruxelles. Elle contient des tableaux issus de diverses époques, du Moyen Âge à la période plus contemporaine : un Memling, La déposition du Christ ; Le Christ descendu de la Croix de Jan Mostaert ; un triptyque de Rogier van der Weyden ; un Rubens, le Temps enlevant la Vérité et un Turner, Une vue de Venise[7].

Westende, station balnéaire[modifier | modifier le code]

Après avoir achevé la ligne Ostende-Torhout-Armentières en 1874, l'homme d'affaires acquiert des terrains de chasse à proximité de la ville d'Ostende qui jouit alors d'un développement touristique unique. 64 hectares de dunes sont acquis au hasard d'une promenade pour 35 000 Francs[8]. Le projet est d'y fonder une ville. Édouard et son fils aîné, Paul, vont investir ce terrain. En 1896, une infrastructure hôtelière, l'hôtel des Bains, est ouverte avec sa salle des fêtes, La Terrasse. C'est l'architecte Alban Chambon qui a procédé à l'aménagement intérieur. Paul Otlet prend les rênes de Westende peu après. L'aménagement de son hôtel particulier, l'Hôtel Otlet[9], après son mariage avec Fernande Gloner, lui ouvre des perspectives nouvelles en matière d'architecture[10]. Avec l'aide Octave van Rysselberghe et Henry Van de Velde, l'habitation, située rue de Florence, est construite dans le style Art nouveau entre 1894 et 1898[11]. À partir de cette expérience, l'art et l'architecture vont dominer l'avenir de Westende.

Homme Politique[modifier | modifier le code]

En 1894, Édouard Otlet mène campagne pour le Parti Catholique dans la province du Luxembourg et est élu au Sénat pour un mandat de 6 ans. Lors de ces élections législatives, la représentation proportionnelle entre en vigueur (extension du suffrage). La majorité catholique s'installe donc au pouvoir avec une solide majorité, 173 élus dont 69 sénateurs. L'opposition compte 79 élus, socialistes et libéraux confondus[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Académie royale - Biographie d'Édouard Otlet p.315
  2. Kurgan, Jaumain, Montens, Dictionnaire des Patrons en Belgique, De Boeck Université, Bruxelles, 1996, pp. 496-497.
  3. Catalogue des tableaux (écoles gothique, renaissance, moderne), tapisserie, objets d'art, meubles de la vente collection Otlet, Bruxelles, 1902, 62 p.
  4. Ginette Kurgan - Van Hentenryk, Rail, finance et politique : les entreprises Philippart (1860-1890), Bruxelles, éditions de l'Université Libre de Bruxelles, 1982, 392 p.
  5. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k210066z/f1.image.r=Bulletin%20des%20lois.langFR.swfv
  6. Il la rachète à Madame Philippart selon Françoise Levie, l'homme qui voulait classer le monde, 2007, p.23.
  7. En raison de la banqueroute qui frappe sa société, la collection fait l'objet d'une vente publique le 19 décembre 1902. Catalogue des tableaux école gothique- renaissance- Moderne tapisseries objets d'art meubles de la vente collection Otlet ayant lieu en la salle Sainte Gudule le vendredi 19 décembre 1902, Bruxelles, 62 pages.
  8. Marc Constandt, Westende in de Belle Époque. Van Exclusieve badplaats tot spookstad, Brugge, 2007, pp.9-12
  9. Description de l'Hôtel Otlet sur le site officiel de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale
  10. Voir à ce sujet le livre sous la direction de Jacques Gille : Paul Otlet, fondateur du Mundaneum (1868-1944), Architecte du savoir, Artisan de paix, Les impressions nouvelles, 2010.
  11. Visite de l'habitation
  12. Xavier Mabille, Histoire politique de la Belgique. Facteurs et acteurs de changements, CRISP, Bruxelles, édition complétée 1992, p.193-194.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Dumoulin, notice de la biographie nationale, XLI, fasc.2, 1980, col.601-612.
  • [PDF] Académie royale - Biographie d'Édouard Otlet p.315.
  • L. De Ryck, Otlet en zonen, projectontwikkelaars en bouwheren van een internationale imperium in het openbaar vervoer (1864-1914), thèse V.U.B., 1988-1989.
  • M. Constandt, Westende in de Belle Époque. Van exclusieve badplaats tot spookstad, Brugge, De Klaproos, 2007.