Édouard Malingié

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Édouard Malingié
Malingié113.jpg

Édouard Malingié[1]

Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction

Édouard Malingié (1800-1852) est un pharmacien français devenu un agronome et un éleveur de renom. Il est le créateur de la race ovine de la Charmoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Lille, fils et petit-fils de pharmaciens, Édouard Malingié fait des études de pharmacie à Paris où il est préparateur du chimiste et pharmacien Pierre Joseph Pelletier. Revenu à Lille où il reprend l'officine paternelle, il rentre par son mariage dans une famille d'agriculteurs des environs de Lille, il y prend goût à l'agriculture au point d'acheter une exploitation dans l'Avesnois pour appliquer ses connaissances scientifiques aux pratiques agronomiques. Après le décès de son épouse, il se remarie avec la sœur d'un industriel, Nouel, et découvre le Loir-et-Cher à l'occasion d'un séjour dans une propriété de son beau-frère. En 1835, il fait l'acquisition du domaine de la Charmoise sur la commune de Pontlevoy dans ce département. Il transforme profondément un vaste domaine jusqu'alors composé de bois et de terres très médiocres en faisant appel aux techniques agronomiques déjà éprouvées par les agronomes anglais : drainage, amendements, reconstitution de l'humus grâce aux successions culturales et enfin intégration d'un élevage ovin dans son exploitation[1].

L'éleveur sélectionneur[modifier | modifier le code]

Malingié est un des premiers à avoir rompu avec la conception de "bétail, mal nécessaire" formulée initialement par Antoine Lavoisier et en vigueur chez beaucoup de notables agricoles et d'agronomes de son temps tels que Mathieu de Dombasles, fondateur en 1824 de l'enseignement agricole à Roville[2]. Pour Malingié l'élevage du mouton n'est plus seulement le pourvoyeur indispensable du fumier, fertilisant et pivot de la constitution du complexe argilo-humique, mais aussi le fournisseur d'une ressource nouvelle, la production bouchère, qu'il va développer au travers de la création d'une nouvelle race qui va porter le nom de son domaine.

Un homme de terrain pionnier de l'enseignement agricole et du développement rural[modifier | modifier le code]

Ancienne ferme école de La Charmoise

À ses activités agricoles Malingié ajoute des préoccupations sociales et humanitaires en créant dans son domaine une colonie d'enfants orphelins ou abandonnés tenue par des religieux et en œuvrant pour améliorer la situation hygiénique et sanitaire des populations locales. Son action rencontre l'adhésion des autres propriétaires et des maires des communes voisines au point que ceux-ci organisent une souscription publique pour lui remettre une médaille d'or en témoignage de leur reconnaissance tandis qu'il est décoré de la Légion d'honneur. Il influence les pouvoirs publics en faveur de la création de fermes-écoles dont l'une des premières est installée à La Charmoise en 1847[3]. Il s'y engage personnellement, consacrant ses revenus au fonctionnement de l'établissement et écrivant un ouvrage Considérations sur les bêtes à laine[4] où il qualifie le développement de l'agriculture moderne de "sacerdoce humanitaire".

La création de la race de la Charmoise[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Léouzon, Agronomes et éleveurs (Edouard Malingié, pp 302-315), J.-B. Baillière et fils ed., Paris, 1905
  2. Charles Cornevin, Traité de zootechnie générale (Historique page 15), 1088 pp, J.-B. Ballière et fils ed., Paris, 1891
  3. Thérèse Charmasson, Anne-Marie Lelorrain et Yannick Ripa : L’enseignement agricole et vétérinaire de la Révolution à la Libération, INRAP, Paris, 1992 – (ISBN 2-85944-2022)
  4. Considérations sur les bêtes à laine au xixe siècle, et Notice sur la race de la Charmoise, qui a remporté pendant ces dernières années les premiers prix, aux concours de Poissy et de Versailles; par M. Malingié-Nouel, propriétaire-directeur de la ferme-école de la Charmoise. Paris, 1851. 1 vol. in-8°, avec pi